‹ Papes et tsarsChapitre 63 sur 135 · Pani. di/)l. aiiocli., X, col · texte numérisé non relu

Pani. di/)l. aiiocli., X, col

^. Archives d'Etat de A'onise, Geniiaiiia. Dispacci, YIII, p. 4 4 à 50.

186 l'arbitrage pontifical

le plan de la ville qu'il avait fait lever pour son maître; la lettre ducale au sceau d'or ; quant à la chaîne avec la médaille de Saint-Marc, elle ne quittait jamais son cou; il la préférait à celle moins pesante du pape, tout en prévoyant que l'une et l'autre seraient confisquées à Moscou ; à peine espérait-il garder sa robe de brocart cramoisi. A l'arrivée de Possevino, autre banquet, cette fois au collège des jésuites, alors assez nombreux à Prague. En fait de lettres, il y eut un échange de bons procédés. Sur le désir de Chévriguine, des messages furent adressés à Ivan, au boïar Nikita Piomanovitch, frère de la défunte tsarine Anastasie, et au diak Stchelkalov, chargé des affaires étrangères. A son tour, l'envoyé russe délivra un sauf-conduit avec une lettre pour le tsar, en autorisant Possevino, quoique en vain, à déchirer celle de Venise ^ En général, il se montra aimable et prévenant à Prague, peut-être pour faire oublier le fâcheux accident de Pallavicino. Toutefois, certains détails de la vie romaine furent de sa part l'objet d'une vive critique, ce qui faisait prévoir qu'il tiendrait les mêmes discours à Moscou et ailleurs. Quelle impression lui eut faite la Rome de la Renaissance ou la Rome fastueuse de Jules II et de Léon X, s'il trouvait encore à redire au lendemain de la réaction ? Plus compétent et meilleur juge, l'ambassadeur de Venise écrivait, en 1581 : « Rome tient maintenant le milieu entre la licence et la rigueur, et tout le inonde s'en trouve bien -. »

Fidèle à son système de s'entourer de lumières, Possevino s'aperçut sans peine, grâce aux confidences du chancelier de Bohême, Pernstein, qu'à Prague on n'é-

1. Pain, dipl. snocli., X, col. 35 à 38. La lettre à Slciielkalov n'a pas été imprimée.

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