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296 l'arbitrage pontifical

bassadeurs ne cachèrent plus leurs sentiments de sécurité et de joie. La source en est facile à découvrir : la première minute d'Ivan* leur avait constamment servi dérègle; à force de marchander, ils avaient sauvé les points essentiels qui n'admettaient pas de transaction; quelques avantages secondaires avaient été même obtenus sans épuiser toutes les facultés octroyées par le tsar. Après des doutes cruels sur le sort qui les attendait au retour, Eletski et ses collègues pouvaient être sûrs désormais de garder leurs têtes sur leurs épaules; une nouvelle lettre d'Ivan vint les confirmer dans cet espoir. Ignorant encore le grand événement, le tsar leur envoyait, le 20 décembre, des indications supplémentaires dans le sens le plus conciliant. Malgré les nouvelles plutôt rassurantes rapportées de Pskov par le courrier Boltine, le désir de la paix restait prédominant au Kremlin comme au quartier général des Polonais. Si le langage altier de la veille était remplacé par des instructions de plus en plus pacifiques, c'est que l'annonce de la paix définitivement conclue correspondait à l'attente du tsar et rentrait dans ses calculs d'avenir; ses vœux pour le moment n'allaient pas au delà. Nulle part la joie n'éclata avec plus d'expansion que dans la ville assiégée, qui voyait enfin arriver le terme de ses rudes et sanglantes épreuves. Oubliant leurs rancunes, et justement fiers de leur succès, du haut de leurs murs imprenables, les Pskoviens acclamaient l'armée polonaise qui, bannières en tête, reprenait le chemin de la patrie. Encore un siècle, et Pskov inscrira dans ses annales un fait également Sflorieux : ses héroïques défenseurs feront échouer Gustave- Adolphe.

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