‹ Papes et tsarsChapitre 86 sur 135 · OusPE.NSKi, Pérégovory, p. 1 à · texte numérisé non relu

OusPE.NSKi, Pérégovory, p. 1 à

L\ TRÊVE DE lAM ZAPOLSKI 297

Possevino partageait les mêmes sentiments à un point de vue quelque peu différent. Dans ses lettres au cardinal de Côme*, où se peignent les premières impressions, il se félicite surtout de la forme donnée au traité : l'autorité du pape a été invoquée, tout s'est fait en son nom, les chartes officielles l'attestent, ce témoignage passera à la postérité. Tel avait été, en effet, dès le principe, le but suprême du médiateur : la paix sous les auspices du pape; la même pensée se retrouve dans toutes les démarches, elle les inspire, elle en est la règle et la mesure. Sympathisant plutôt avec Bathory, qui est le client du Saint-Siège, l'ami du cœur, l'homme de l'avenir, dont la cause est plus juste, Possevino fait sa part aussi grande que possible; la Livonie est adjugée entièrement au roi, des efforts sont tentés pour lui obtenir quelques forteresses de l'Ouest, mais toujours à condition que la paix ne soit pas compromise. Aussi lorsque les Russes opposent une résistance invincible, les Polonais sont exhortés à fléchir, les concessions leur sont arrachées de vive force. En vue de la même fin, le jésuite sacrifie ses propres désirs, car il eût préféré laisser à Ivan un débouché sur la Baltique, si les rivalités nationales l'eussent permis. Cette façon d'agir uniforme et constante, celte tendance vers le même résultat à travers mille détails divers, se laissent contrôler par les lettres du médiateur datées de Kivérova Gora : avec Bathory l'entente est parfaite, rien ne lui est caché, les démarches les plus importantes lui sont communiquées d'avance, il est tenu au courant des succès remportés; vis-à-vis d'Ivan, il y a plus de réserve, c'est la nécessité de la paix qui lui est le plus souvent in(;ulquée, les menaces d'une nouvelle cam-

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