Bathory et Possevino, p. 211 à 21i, n» LVI
2. TouKGuÉNEv, I, p. 390 à 394, n»^ CCLI, CCIAI; Pam. dipl. snoch.. X, col. 351 à 386; Bathory et Possevino, p. 219 à 240, n»^ LIX-LXIX: Archives d'Etat de Venise, Ruhricario di Borna, Sec, 1572-1584, p. 326 à 328.
mêmes du pape. Témoin de la scène grotesque, l'ambassadeur de Venise n'en revenait pas d'étonnement.
Un consistoire secret se réunit le lendemain de l'audience. Les affaires se réduisaient plutôt à un échange d'idées : Molvianinov manquait de pleins pouvoirs, Ivan s'en remettait à l'avenir, il n'y avait qu'à se féliciter de la trêve, en exhortant les intéressés à ne pas la rompre et à préparer de loin la croisade. Grégoire XIII écrivit dans ce sens à Ivan, à Stéphane et à Zamojski^ L'ancien programme fut donc maintenu : paix en Occident parmi les chrétiens, guerre en Orient contre les Turcs. La mission de propager ces idées dans le monde slave échut à Possevino, chargé en outre de quelques affaires importantes dont il sera question plus bas. Rien ne transpirait encore au dehors, mais des bruits vagues de croisade prochaine continuaient à circuler à la ville et à la cour.
Leonardo Donato tenait à se rendre exactement compte de la situation. Comment s'y prendre? Molvianinov offrait peu de ressources pour les renseignements; ne sachant aucune langue étrangère, d'un accès difficile, ses procédés eurent bientôt compromis sa réputation. Il faisait peu de cas des alliances occidentales, affectait parfois du mépris, se conduisait en barbare, s'attirait les représailles de la plèbe. Les Romains lui jetèrent des pierres dans les fenêtres, un combat dans les rues s'en serait suivi, si les belliqueux diplomates n'eussent été gfardés sous clef. Leur excursion à Tivoli fut un scandale. Le cardinal Louis d'Esté leur ménagea un brillant accueil dans sa villa princière, mais ne parut pas lui-même et n'eut point à s'en repentir. La belle façade de Pirro Ligorio et les fresques des Zuc-