PREFACE. XIII
Et c'est qu'il était peintre en efTet, homme de reg-ard, homme vivant par les yeux, et de qui la vie intérieure elle-même avait besoin de s'exprimer en images visibles pour rentrer en lui sous cette forme et pour qu'il en prît réellement conscience.
Ainsi faisait Balzac, avec cette particularité qu'il fallait que son premier jet fût non seulement manuscrit, mais imprimé. Il ne remaniait que sur épreuves, terreur, pour cette cause, des imprimeurs et éditeurs. A cet égard, la différence est profonde entre Balzac et Hugo. Non seulement Hugo corrige sur manuscrit et non sur épreuves, mais encore on voit que les épreuves lui sont antipathiques, n recommande, en faisant remarquer que son manuscrit est très précisément arrêté, de ne lui envoyer qu'une seule épreuve faite avec le plus grand soin et sur laquelle il puisse donner le bon à tirer. L'épreuve l'ennuie ; elle n'est pas sur quoi il puisse travailler encore. Qui sait si le personnalisme aigu de Victor Hugo ne se retrouve pas ici? Son manuscrit, c'est lui-même. C'est écrit de sa main. C'est une partie de sa personne. C'est son moi objectivé. H peut travailler sur cela, et sur cela, en effet, il travaille de tout son cœur. Mais l'épreuve, c'est déjà quelque chose où