TOUCHANT MON SÉJOUR PAR DELÀ
(Lettres de Morillon, I, 11/4.)
£n juillet i56à.
J'escripvoys par cy devant par delà la résolution que j'avoye pris de m'en retourner incontinant que j'auroye remis ung peu d'ordre à mes affaires f comme à la vérité je pensoye faire, me sociant peu de ce que l'on semoit par delà que Ton m*eust commandé sortir, et que je ne retorneroye, puisque la vérité tousjours vient en lumière. Et sa majesté, par ce qu'elle a escript à madame, que s'est leu en conseil, ha bien clérement effacé telles disées^; et véritablement je me contentoye tant plus voulentiers du séjour que m'ont forcé faire les affaires à quoy je suis venu, sur espoir que, pendant mon absence, ou l'on feroit quelque chose de bon poiu* le service de sa majesté, comme [l'on en avoit] donné l'espoir, et que les aydes s'accorderoient, et comme aulcuns offroient que l'on achèveroit que les estatz se chargeroient des debtes de sa majesté pour les payer; ou que, non s'effectuant, l'on verroit que ce sont paroles et mis en avant sans fondement , pour penser sur ce gaigner crédit. Mais ifaaintenantj'entens que l'on veult, là et allieurs, persuader que Tespoir que je donnoye de mon retour empesche [que] toutes ces belles choses ne se peuUent achever; quoy entendant et de lieu principal, je me suis résolu, comme celluy qui n'ay fin plus principale que le service du maistre et bien du pays, pour n'y rien em-
^ Indication écrite de la main du car- 1 soient légitimes, mab qu'il savoit la faulte dinal de Granvelle. « qu*en recevroit son service^ » ( Le secré-
* Le roi a écrit à la duchesse de Parme taire Courtewille à Granvelle, Mémoires, au sujet du congé qu*dle a accordé au XII, a 66.) cardinal, tque les motifs lui en parois-
là.
pescher, de non retourner par de là que sa majesté ne vienne, si ellemesme expressément ne me commande aultre chose. Et j'espère que ceste venue de sa majesté sera plus tost que Ton ne pense, et que lors Ton voira si tout ce que Ton ha ouffert se sera pour mon absence
resuelto de no volver alla àntes de la venida de S. M., si él mesmo ûo me manda otra cosa, y espero que esta venida sera mas en brève de lo que algunos piensan.y que mi vuelta no se differirà mucho, y veremos lo que entretanto alla hazen , que plegue à Dios sea lo que conviene al servitio de S. M. y beneficio de aqueUos estadosi
TRADUCTION
mes désirs les plos ardents, j'ai pris la ferme résoiation de ne point rentrer en Flandre avant Tarrivée de sa majesté , à moins d'un ordre contraire et exprès de sa part. Ce voyage aura lieu plus tôt que certaines gens ne l'imaginent ; mon retour ne saurait être par conséquent différé longtemps encore, et d'ici l,à nous verrons ce qu'ils vont faire. Dieu veuille que ce soit précisément ce que réclame le service du monarque et le bien du pays lui-même I
JEAN DE SILLIERS^
AU BARON DE BOLWILLER
( Mémoires de Granvelle, XIII, à^.)
S.], s juillet i564.
Quant aux secretz que dictes que je sçaymieulx que vous,
vous me pardonnerez : ce n'est poiact ainsi que je Tenteiidz, comme bieu se peult comprendre par mes lectres. Et ne se doibt-on esbéyr, à mon advis, qu'il semble que je veuille changer mes premiers discours : car cela convient selon que les estatz changent, s'il ce ne fust qu'on peust maintenir les affaires en ung mesme estât comme seroit
^ Gniseiller de la duchesse de Lorraine, nard d'Amondans. (Voir tome V. page près de laquelle il avait remplacé Léo- a3i.
celiuy de présent, ce qui n'est poinct fésable; aultrement en vain seroit dict, Post est occasio calva, et pour if m. escuz en fauidra quattre cens milz ; et encoires que je voye fort bien qu'on est résolu d'attendre la venue du roy, si est-ce qu'on peult bien ce pendant entretenir les correspondences par les discours de ce qui se passe journellement. Par ainsy je tourneray à dire que, pour les mesmes occasions et difiBcultez alléguées par monsieur le cardinal et vous, Madame tâchoit de priver le conseil des Peys-d'embas de la congnoissance de ce faict; sur quoy pouvez juger par ce qu'elle vous a mandé, si les moyens qu'elle a mis en avant estoient fondez , sinon il ne le fault poinct faire; car de le remectre à l'oppinion des Peys-d'embas, Madame n'en attend nulle bonne yssue, comm'il est vray-semblable, si on veult prendre garde à toutes les circonstances qui en deppendent : or, puisque croyez qu'il ne se peult faire aultrement, il le fault remectre au temps.
' Quant à entrer en lighe avec le Suédois, je le penseroye faisable par voye d'alliance : lors cesseroyent toutes voz doubtes. Je sens bien avec vous que ce nous seroit grand avantaige, et tousjours a esté telle mon oppinion que de les entretenir en guerre; mais pourquoy est-ce que tout le mondé tâcbe, contre nostre desseing, à les accorder?
Je vous veulx bien adverty que ceulx de Dietmarche ont envoyé vers nous ung personnaige des leurs avec une lettre signée de vingt tesmoins principaulx, requérans seulement que par son consentement ilz puissent dresser son enseigne en son nom, le tout sans or, argent ny gens de guerre ; quoy accordé , révolteront et se mecteront dix milz honunes en armes, et la jureront princesse héréditaire : sur ce demandant résolution finale. Je vous laisse penser si j'ay cause de plaindre à perdre une telle occasion, et si ung boncueur d'homme ne debyroit poinct désirer de se treuver parmy eulx, et si on leur doibt respondre qu'il fault attendre la venue du roy d'Espaigne et le consentement des Peys-d'embas.
GIO. JACOMO FUGGER
(Mémoires de Granvelle, XIII, 16. )
Augusta, à diloglio i564.
Avanthieri vienni qua per certi negotii con ii parenti, et passando dal 111™^ di Baviera trovai che alcuni complici d' una rebeiiione a conto délia religione et altre cose, erano chiamati etaccusati, et che il principale hebbe gratia délia vita et pregione perpétua, et cosi successive penso sarà delli altri, che sono da cinque in sei, et lacosa passa con honore et utile di S. Ex% et timoré di popoli, che parevano alquanto sfirenati , sentendo et sperando un non so che.
^ ha grand paura ; scrisse di qua a uno fidato corne il conte
d'Embs levô 1 o bandere todesche per il re nostro, et di più un altra per Fimperator per il contado di Tyrol , per castigar non so chi a cauaa délia religione. lo nop ho sentito nulla, et credo che sia di queHe sue chimère.
Il duca Giovane di Sassonia hebbe espresso mandato di S. M^ di scazziare Grombach; queQo farà non se sa, perô assai se ne dubita.
Stiamo aspettando il successo de ï infermità di S. M^, et passando la stagione a poco a pooo, forse ci darà riposo quest' anno.
Quelli di Franconia stanno in sospetto, et quando manco lo pensaranno, dubito non siano assaltati; fanno hora dieta, ma non vi è speranza de qualche effetto, essendo tra loro disuniti.
Di qua il morbo ha cessato, ma sul Rheno, verso Alsatia,dicono,
' Ici se trouve le signe indicateur <]*un certain personnage dont nous n* avons pu découvrir le nom.
comincia assai forte. Et non havendo per bora altro degno di avisarla
gli bascio le mani con tutta afiettione et me gli offero et raccomando.
D'Augusta, alli 4 di luglio 1 564.
Di V. S. ni""» et R°«.