‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 2)Chapitre 19 sur 77 · BAVE, SECRÉTAIRE D'ÉTAT · texte numérisé non relu

BAVE, SECRÉTAIRE D'ÉTAT

(Mémoires de Granvelie, XIII, 96-98.)

Bruxelles, 16 juillet i56à.

Monseigneur Il ne me reste pour maintenant qu'à respondre

aux lectres de vostre illustrissime seigneurie du derrier du mois passé que receuz hier. Et en premier lieu, je treuve fort bonne la déterminacion qu'elle a prinse de non retorner par deçà, sinon avec le maistre ou par un exprès commandement; car certes, selon que les choses sont à présent et que journellement, voyre et d'heure à autre, les humeurs se changent et altèrent de plus, je ne sçauroye juger synon que sondict retour eût causé une très-grande mutacion, et encoires ne sceye si elle y eût treuvé plus d'empeschement que par adventure elle ne se sçauroit persuader; mais puisque il y a temps, l'on pourra veoir ce pendant ce que succédera, et si entendans sa résolucion, les aydes et rachat du demayne engaigé et vendu s'en accorderont plus aysément, ce que ne me puis persuader selon qu'en vois peu d'apparence jusques à présent. Mais tousjours ne pourra l'on dire que vostre illustrissime seigneurie y aye riens traversé , ny que son retour aye le tout empesché, et verra l'on, en cas que le tout ne succède comme l'on s'imagine , qu elle sera lors excusé , et sur qui se rejectera la culpe. Et aussi tardera-y peu, après que ceste dé-

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terminaclon de vostredicte illustrissime seigneurie sera divulguée, qu on n'entende quelque aultre langaige et nouveau discours; et selon iceulx, et ce que rapportera monsieur de Chantonnay, vostredicte illustrissime seigneurie aura tousjours temps pour, selon ce

Les noveiles que vostredicte illustrissime seigneurie m'a envoyé du couslel de Lyon sont très-bonnes, et prie à Dieu les encheminer tousjours de mieidx en mieulx , mais non toutesfois de sorte qu ilz se puissent tellement renforcer que après en eussions à souflFrir. Mais comme le roy est encores si jeusne , et ses affaires assez mal establiz» j'espère que aurons temps pour nous respirer.

Son altèze envoyé par ce porteur les nouvelles ordonnances pour l'abréviacion de la justice ^ et respond aux lettres de monsieur de

Vergy

Et me recommandant, etc

LE BARON DE BOLWILLER

(Mémoires àe GranveHe, XIII, ioo-io4.)

Florimoot, 17 juillet i56d«

Monseigneiur Pour respondre sur les poinctz de vos lettres

du xui de ce mois, ce que touche sa majesté impériale et son portement, je vous en mande ce que Ton m'en escript par les coppies cy joinctes^, sans néantmoins vouloir faire fondement à rien, sinon que, puisqu'il a pieu à Dieu de le nous garder et si avant, mectant à néant ce que bons médicins humains et bien appreuvez en avoyent jugé, sa majesté divyne le fera pour dadvantaige, dont je l'en prie continuellement.

coup de mousquet au siège de Maêstricht. ' Dans le comté de Bourgogne.

Il avait été gouverneur de Gueidres , puis * Elles manquent dans la collection

de Namur et de Charlemont, et en même Granvelle.

temps chef de rartillerie dans les Pays-Bas.

ao.

Quant à ce de la mort de la femme de M. de Condé, vous verrez ce que Ton m'en rescrlpt, ne m'esbeyssant de rien quant je voidz ces changemens et inconstance en France, puisque vous dictes le prlncioal du gouvernement de ce costé-là est de femme.

la chose de sa part eschauffée, et tant de moyens et de bon droit qui militent pour elle, dé quoy elle se sçayt (et avec raison) bien armée, et que peult-estre, nonobstant Tabsence du roy, veu qu'il demeure tant et que le temps s'escoule, elle vouldroit rechercher et argent et aultres moyens, je doubte que puis aprez elle vouldroit tenter la fortune; et nous deux, en cas de maulvais succez, demeurans tousjours, comme elle dira, la seule cause. Vous aurez veu ce que par mes pénultièmes je vous en escriptz: je dictz, quant aux ii^ m escuz que vous disiés ne pouvoir baster, je tiens que, les ayant, elle pourroit faire avec aultre argent ung bon commencement. Je vous prie me faire entendre Tespoir que vous pourriez avoir de ce que Ton prétend tirer du roy, afin qu'elle se puisse accommoder ad ce qu'elle pourra treuver lui pouvoir proflBter, et que nous en puissions estre deschai^z à temps.

Quant à l'envoy de quelc'ung en Espaigne pour procurer ce qu'elle vouldroit attendre du roy, vous verrez ce qu'elle m'en fait escripre; et n'ay jamais entendu par mon escript que vous deussiez prendre caste peine de paroles en paroles dresser l'instruction pour ce faire , ains seulement pour entendre à quelle personne et où Ton se poiu*roit addresser : car les argumentz que vous dictes et que madicte dame mect tousjours en jeu sont bien souffisans pour faire entendre le roy à luy faire faveur.

Des lettres qu'ay reçues de Romme me mouvoyent de vous resercher pour vous communicquer leur contenu, avec la résolution et esclercissement de ce que l'on m'avoit premièrement mandé, et j'es-

toye sur poinct me mectre en chemin pour vous aller treuver ne fut

que je voidz par voz lectres qu'estes party d'Orchamps et poursuy[vez] d'aller à Salins et à Besançon, et deslà à Bauldoncourt, lequel lieu de Bauldoncourt je treuveroye bien à propoz pour tous respectz ; et là je pourroye aller soub couleur de consulter à Vesoul mon procez que j'ay à intenter contre mons' de Vauldemont, si tant estoit que la chose que je vous veulx communicquer (qu'est de poix) , et où j'ay bien besoing d'img tel conseil que le vostre (comme de celluy qui a le sçavoir et

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rexpérience plus qu'homme qui vyve aujoiurd'huy ) , puisse comporter tant de temps que par discours que j ay faict il y convient avoir, devant que vous y puissiez arriver. Mais il m'est force de parler plustôt devant que je commence Taffaire, car c'est ie meilleur, emportant tout cela erandement au bien de toute la chrestienté. J'attendrav de

LE VICE-CHANCELIER SELD

(Mémoires de Granvelle, XIII, io8- 1 la.)

Mentzingen, 17 et 18 juillet i564-

Rursus video accnrata excusatione apud Celsitudinem vestram mihi opus esse y quod tanto tempore nihil literanim ad eandem dedi, eujus rei non alia causa est quam quod, impetrata a Caesarea Majestate domum ad aliquod tempus proficiscendi îicentia, dum inter eunduni legatione quadam ad arôhiepiscopum Saliiburgensem fungî necesse habui , in itinere mihi tempus propemodum unius mensis consump» tum est; rogo ut Celsitudo vestra id aequi bonique consulat

Spero Gels" V*", posteaquam négocia sua domestica expediveril, propediem in Beigium redituram, ut negociis publicis illic rursus consulat. Audio enim res ibi non usquequaque ex sententia iilorum procedere, qui absente Gelsitudine vestra nihil non (utaudio) se efficere posse sperabant.

De comitiis imperialibus celebrandis nuUus adhuc sermo est, nec facile ad id pervenietur hoc saltem tempore, nisi periculum ex motibus, quos Grumbachius sua occasione nu*sus excitare posset, id exigat. Qua in re non sumus omnino absque soUicitudine. Gertum enim est ducem Joh. Fridericum Saxoniae, quamvis non semel a Gaesarea Maj^ admonitum, tamen Grumbachium a se expellere noluisse, sed eum adhuc domi suae fovere. Praeterea susmrant nonnuUi, non solum Grumbachium, verum etiam ipsum ducem Joh. Fridericum, Lotharingos quoque et alios Germanise principes, nominatiui vero Pomeranos et Meckelburgenses régis Sueciae rebus impense favere; ideo-

que, si quid aliquando in gratiam ipsius tentandum fucrit, eos eate-

nus Grumbachlo, tanquam instrumento, usuros.

Sane commissa nuper inter Danos et Suecos pugna illa navali, qua Dani superiores (ut ipsi existimant) evasere, aiunt in navi prae-

omnibus conviviis ingui^itare solet. PoUicitus est se cffecturum, ut intra quatuordecim dierum spacium , Majestas sua ex lecto rursus se levare, postea vero ita sensim vires recipere, ut, antequam festuiu Michaelisveniat, equo turcico insidens, in venatione circuro cursitare possit. Et hujusmodi ipsius vaticinia mirahiles nonniuiquam habent efTectus. Aliquando enim, cum circa festum Paimarum nobilem quamdam matronam eodem morbo laborantem inviseret,afiBrmavit se effeclurum ut circa festum Paschse ipsa illius opéra ampiius non indigeret. Eventus hoc ita comprobavit : nam intra triduum ilia ab bac luce subtracta est. Deus Opt. Max. hoc omen a Majestate sua avertat ! Et tamen optimus prînceps, post tôt aiiorum exceiientissimorum medicorum admotas manus, etiam hujus curae se concredere non dedignatus est. Tantum valet in hominibus vitœ quomodocumque protrahendse et spes et desideriuml Nihil tamen Majestas sua sumpsit ab iiio, nisi prius ab aliis medicis examinatum, qui professi quidem sunt, se nuliam videre rationem naturalem , cur ea quae ille consulat huic morbo sint accommodata : se tamen intérim fateri quod nihil possint officere. Nunc vero Majestas sua curam banc (ut ab amicis mihi scribitur) laudat; quod tamen magis ex persuasione et confidentia quadam, quam quod in rei veritate morbus alievietur, procedere existimant.

Tractatio illa Rostochiensis , quantum video, nihil adhuc quodalicujus momenti sit, adfert. Nemo enim nomine régis Sueciœ comparet. Imo nec nobilis ille quem Csesar, datis litteris, ad regem destinaverat, usquam gentium apparet, ita ut quidam suspicentur illum per Suecos e medio esse sublatum. Quod tamen adeo indignum facinus ad versus eum committi, qui nequaquam hostis, sed pacificatoris personam sustinet, vix est credibile. Legati Polonici, qui illic sunt, minantur abitum, nisi intra paucos dies Sueci adveniant. Idem exemplum sequuntur etiam alii, ita ut verisimile sit, hune conventum absque uUo fructu propediem dissolutum iri.

Turcœ adhuc vehementer in Ungaria tumultuantur, interfectis ob non solutum stipendium aliquot Turcis qùœstoribus. Minantur idem praefectis suis, qui impetum illorum aegre sustinent. Turcarum

imperator misit ducem quemdam Uruz Lambegum cum nonnullis copiis, qui motus hosce compesceret. Verum îs, cum prope Budam pervenissetf ab ils qui in praesidio su ni non est adooissus, ita quod coactus fuit ante ipsam urbem castrametari. Qualis eventus sit futurus, adlmc incertum est^ nisi quod nostri hommes, qui in liminibus

GIO. JACOMO FUGGER

AL CARDENALE DI GRANVELLA.

( Mémoires de Granvelle , XIII , 1 2 5-a 6. )

TaufiTkirch, alli 31 di luglio i56Â.

111°*^ et R"^ Monsig" mio osservantiss^,

Et quanto al Grumbach, esso sta ancora col Sassone non atteso

che rimperatore gli scrisse uno grand rebuffo» ma esso se scusa con una dîceria, che non è ne calda ne fredda, ny conclude cosa alcuna, et tutto resta nelli termîni che era; fa ofiPerte da parte del Grumbach di venire supplice con li complici , et di far quanto S. M* vorrà , et in questo Telettore Brandenbui^o lo favorisce caldamente ma S. M^ Tha rimesso di cavarse del bando secondo le constitutioni del împerio , che sono a satîsfare alli oflfesi , che sarà may al fine. Molti principi sariano desiderosi se S. M^ lo commandassi a metlere in efPetto il bando, ma essa per Tinfirmità et molli respetti et per non far moti in AUemania, procède assai lentamente; sel sia bono, non so, questo so che serve per coUoro che stanno sul tentativo, et ancora a coHoro che non hanno modo di mantenere garbuglio. Basta! lo intendo che Grumbach sta su la mira attendendo la morte di S. M^, alla quale subito moverà contra Franconici et forse ancora contra Telcttore sassone; in quelio mezzo passa la stagione, et luy perde lo tempo con speranza; Iddio castigi questi turbatorj délia pace secondo il merito. Franconici et la liga, come ancora Telettor sassone , stanno provisti fin hora con grand spesa^

Essendo la M^^ del imperatore consumpta et glà desperata daUi medici ordinarii, fece chiamare qtjel empyrico o per dir meglio incantatore, che amazzô Tultimo vescovo di Cologna, et sta in corte del re di

ai.

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Romani, delto dottore Barthoiomeo Zuinglio dl Medici, etcon aiuto d'unaquache coliuygli fece, torna a riffarsi, non sentendo piùfcbre, la quale sentlva ogni giorno i q hore, essendo tornato Tappetito di raangiare, bere, et dormire, di manera che si spera benissimo. Iddio Faugmenti, et lo conservi, perché temo che con S. M** la fede catholica nonhabbi a morire in AUemania, volendo ogfniuno vivere a modo suo.

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