‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 2)Chapitre 20 sur 77 · AU PAPE (PIE IV · texte numérisé non relu

AU PAPE (PIE IV

{Mémoires de Granvelle, XIII, i36.)

Vienne, a6 juillet i564 ^

Beatissime in Chrîsto pater et Domine, domine reverendissime ; post officiosissimam commendationem filialis nostrae observantiae continumn incrementum. Etsi pro ea qua Sanctitatem vestram prosequimur filiali observantia, mallemus Sanctitati veslrae iaetiora scribere, quia hoc ita visum est Deo Opt. Max., ut hesterna die sub vespera ex bac humana vita ad se vocaret in cœlestem gloriam sacram Cœsaream majestatem praeclarissimae memoriae, Dominum et parentem nostrum colendissimum, scientes quanta benevolentia Sanctitas vestra Majestatem ejus quoque tempore complexa fuit, teneri non potuimus €[uin ipsemet Sanctitatem vestram de Majestatis suae obitu, nobis certe acerbissimo, hisce litteris nostris certiorem redderemus. Unde quem cœperimus dolorem, cum verbis satis exprimi nequeat, Sanctitati vestrae perpendendum relinquimus. Ambo certe facimus jacturam magnam : nam Sanctitas vestra amisit imperatorem et pientissimiun et Sanctitatis vestrae studiosissimum ; nos vero optimo et charissimo parente orbati sumus. Sed cum divinae voluntati in omnibus sit acquiescendum, necesse est ut nos quoque rem Deo committamus.

Caeterum Sanctitatem vestram magnopere rogatum volumus, ut in posterum etiam nos, perînde acdivum patrem nostrum, paterno suo

^ Le cardinal de Granvelle reçut aussi de GranvelU, XIII, i38]; il y répondit le une semblable communication du nouvel 20 septembre. (XIV, i3i.) empereur sous fa même date (Mémoires

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amore complecti , et a nobîs vicissim omni ioco et tempore mutua filialis observantiae studia eipectare velit. Quam quidem integerrimam voluntatem nostram Sanctitati vestrae coram quoque verbis nostris contestabitur magnificus, fîdelis nobis diiectus, Prosper, cornes de ArchiS quem jussimus deinceps apud Sanctitatem vestram oratorem

venir le président lorsque ces seigneurs y sont, elle est bien empeschée pour s'en deffisure, pour ne sambler négocier avec luy sanz eux, qui noblient dl^ntreprendre Tauctorité, mesmes Egmont et le prince, qui prétendait Tentière congnoissance de ce que concerne le gouvernement, et que tous négoces et requestes de justice et religion leur soient adressez; donnant audience aux députés des villes, souvent sur choses de peu d'importance, pour empiéter, et ne se contentent que Ton veult Tadvis des consauk

L'on me dict €[ue Man^eldt est après pour r avoir le gouvernement de Namur par quelque boult que ce soit, que seroit, selon que le président dit, poiu* retirer tous les gouvernementz sous leur ligfac : ce que ces seigneurs prétendent. Je pense que Barlaymont n'en sçait rien , auquel le marquiz de Berghes feict Taultre jour ung tour férial^ luy mandant qu'il hiy désiroit parier ; et comme il estoit chez le conte d'Egmont, Barlaymont y alla, demandant ce que luy plaisoit. Sur ce que le marquiz feit du froid et esbabi sur ce que laultre maintenoit qu'il estoit mandé par luy, qui dit que non , et qu'il ne le dit ny pensa oncques. Et comme celluy qui avoit faict le messaige se trouva sur le lieu , Barlaymont l'appella pour tesmoing ; lorses le marquiz de Berghes dit qu'il estoit vray, mais qu'il l'avoit oblié, et que c'estoit touchant quelque exécution ; et quant il luy avoit tout dit , Barlaymont retourna chez soy, qui at désir escripre au roy des causes de sa retraicte pour quelque temps; mais son altèze luy a deffendu

Le xxi^ de ce mois, fust Renard vers M. le président, disant que puisqu'il n'y avoit apparence de vostre retour et d'avoir une fois lin de son afiaire, qu'il se déUbéroit la y mectre luy*mesmes et retourner au conseil privé, sans demorer tousjours suspendz. Ad ce ledict sieur luy respondit qu'il ne l'avoit miz dehors le conseil , mais que ce avoit esté luyHQEiesmes que avoit prins son congié; que partant il ne luy voulloit serrer la porte ny aussi luy ouvrir, et qu'il se debvoit adresser à son altèze., dont je n'ay entendu jusques ce jourd'huy estre ensuivi aultre chose. U est vraysemblable , s'il rentre audit conseil, qu'il pré-

* Plaisant, réjouissant.

tendra plus avant. J'ai dict au président ^ sur ceste conjuncture, d'avoir entendu quelque vent que le roy avoit ordonné quelque chose à Tendroict de Renard, qui dit qu'il estoit vray et qu'il avoit enchargé son altèze le faire aller en Espaigne , et que elle luy avoit sur ce de-

montrant afifectionnée jusques la vie; et comme luy insistoit sur le chastoy des dogmatisanz, dénommant quelcun, il fut chargé le déclairer à Famand, comme il feict, que luy demanda bien aigrement s'il estoit saison mectre telles choses en avant, et depuis mandit le déféré vers soy, qu il a si bien préadvisé que, aiant troussé bagaige, il est deslogié le second jour après sans trompette. Ui ont prins à Anvers deux héréticques, Tung carme apostat marié, Faultre natif d'Alost, professeur à Heidelberg, lequel le seigneur du lieu faict redemander par son chambellain, envoie pour ce exprez, que faict grande instance vers Madame, que le vouldroit desjà Tavoir faict; mais le président Tat contredit au conseil, alléguant les édictz et qu'il doit souflBr au requérant de retirer joumelement tant de noz gens que luy édifient des nouvelles villes, où sont deux apostatz, Tung frère au pensionnaire d'icy, Faultre à celluy d'Anvers, que ne font que attirer gens; et que si le palatin vouldroit à chascune fois intercéder pour eux, que les édictz seroient Illusoires et que sur iceulx ne sepeult dispenser, sans advertir le roy. Par quoy fust arresté que plus ample information se prendra pour veoir ce c[ue Fon y debvra faire. Le président est en peine pour soubstenir la religion, en ce que Hopperus et Assonleville Fassistent.

Je crains que Fon aurat bien à faire de contenir les sectaires, estant jà notoire que Févesque de Gurck at publié à Vienne, de la part de notre Sainct-Père, «usum calicis pro laicis eum petentibus, modo « absolutionem a sacerdote acceperint^ et quod in Bavaria, praeter * calicem , concessum sit sacerdotibus conjugium. » Aussi Fon commence à semer, tant en ceste ville que ailleurs, des pestilentz livres, et à Malines sont en plusieurs lieux esté trouvez les Institutions de Calvin en flameng, et monsieur le doien, vostre vicaire, m'a dit qu'il crainct deux conventicules, desquelz Fung seroit d'anabastistes. Sur

' Dans une lettre du lo juillet, le ba- nion sous les deux espèces serait adminis-

ron de Bolwiller avait déjà fait connaître trée, à tous les fidèles qui la requerraient,

au cardinal cette publication de Févêque dans Téglise de Saint-Etienne de Vienne .

de G urck, portant qu*à Tavenir la commu- ( Mémoires , XIII , 58. )

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ce iuy ay prié faire diligente enqueste, et m'appeller avant que de rien

faire : car il y fault aller discrètement.

•Les aydes vont entièrement reculant. Les estatz de Brabant insistent cependant sur la conBrmation de leurs privilèges concernant les

miz le feug en une voulsiure ^ dessoubz Jesdictes chartes et pleine de bois, peu devant que Ton les assaillît. Le docteur Hermès, garde desdictes chartres, y at esté 2, mais non poinct des premiers, disant que sa •commission ne le portoit, et n y at volu entrer jusques lendemain, bien adsisté et son varlet devant, de peur de quelque embûche. Touttefois l'on parle de le faire chevalier poiu* s'estre trouvé ad ce siège , butté * en une taverne de vin , affin que le cueur ne luy faillit. Son altèze a fort senti ce faict. Le prestre est desjà condampné ; je ne sçay comme l'on fera des aultres.

Brederode s'est remiz en nouvelle garboille contre ceulx d'Utrecht par armes et force; je tiens quitat à faire d'argent.

L'on cognoist maintenant fort bien , et se dit ouvertement si ceuk d'Anvers n'heussent tant sollicité vers la royne d'Angleterre , que piéçà auroit-elle révocqué ses mandements sur ce des drapz, et eidx-mesmes le confessent

A tant, monseigneur, après m'estre recommandé très^humblement, etc. De Bruxelles, ce xxvi* de juillet 1 664.

AU BARON DE BOLWILLER

( Mémoires de Granvelle, XIII, i44-i47. )

Salins, a 6 juillet i56A-

Monsieur, estant retourné de Nozeroy, j'ai receu voz lettres du xvii^ de ce mois , et avec icelles les billetz des nouvelles que vous

* Voûte. temps membre du conseil privé des Pays-

' Hermès de Wingène était en même Bas. — ' Logé.

avez heu de plusieurs coustelz.Les principales sont du meilleur portement de sa majesté impériale, que Dieu, par sa grâce, nous veuille conserver longuement!. . . .

Quant au prince de Condé, j'euz hier lettres de la court de France, par lesquelles Ton m'advertit qu'il y avoit quelqu opinion qu'il debvoit ftstrft thst fin court, fit d'aultre nart disoît-on auilz se sonttrenvfiz

le resentement des subgetz contre le prince. Mais Ton dira que ce que je regrette la perte desdictes occasions n'est pas le remède ; et je le confesse, comme aussi faiz-je, que je ne suis pas pour le pouvoir donner à telles choses, n estant en ma main, et moins de si loing, la maniance et résolution des affaires, et me grèveroit bien que la faulte du succès des emprinses que madicte dame méritoirement a tant à cueur, s'imputast, en quelque temps que ce peust estre, ou à vous ou à moi, sans nostre culpe. J*ay dict, comme ledict sieur de Sil- Hères reprend et fort bien, qu'il me semble que ii^ mille escuz ne souffiront pour une si grande emprinse, pour ce que ce n'est pas assez de regarder comme l'on entre en icelle, si aussi l'on ne considère comme vraysemblabiement l'on en pourra partir; et si ay dit qu'il n'y aura faulte de difficulté de tirer des mains du roy ceste somme. Et ce que le me faict conjecturer est celle que nous avons heu aux Pays-Bas pour en tirer des mains de sa majesté moindres, pour ses propres affaires et le soubtennement de ses pays en son absence. De dire que l'on n'a pas tousjpurs espeluché si particulièrement toutes difficultez aux mercèdes que l'on a faict, je le confesse, et m'en remetz à ceux qu'ont faict lesdictes mercèdes, bien saichant que plusieurs grandes sommes se sont données libéralement, non pas à beaulcoup près si bien employées comme seroit ceste icy; mais ce n'est à ma culpe et n'y mestz pas difficulté pour l'empescher, mais pour représenter ce que je doubte, ny plus ny moins comme ce que j'ay dict, que je craignoye que sa majesté ne se résouldroit en quoy que ce soit concernant Dannemarque, sans le communiquer par delà, et qu'en absence de sa majesté il y aura de la difficulté. Et je diray dadvantage, comme jà j'ay dict quelques fois, qu'encores en présence y en auroit-il, et ne pourroye affirmer de certain que lesdictes difficultez cesseroyent parla présence; bien que j'espéreroye que y estant son altèze, et se faisant par ceulx qui luy sont affectionnez les offices nécessaires (en quoy de ma part je m'employroye très voluntiers), il y auroit plus d'apparence de vaincre. Mais comme pourroît l'on dire de certain que l'on en viendroit au dessus, estant

17fl PAPIERS D'ÉTAT

chose dépendant de la volunté d'aultniy, et de Testât où lors se pourroyent treuver les affaires? L'on pourroyt dire que tout cecy est alléguer inconvénientz et mestre difficultés sans les résouldre , et je le confesse ; mais je diray que si j'estoye le maistre, je les sçauroye

de mon coustel, et m'en veulx entièrement deschai^er pour non tomber en ce que vous escrivez , que non succédant les choses , et à vous et à moy Ton en pourroit imputer quelque faulte ; et n y pouvant aultre chose, vaidt mîeulx ne plus s'en meslerque de tumber en termes d'en avoir après le maulvais gré sans culpe.

L'on m'escript encores de Flandres, je ne sçay si l'on me forcorapte (je croy que non) , qu'il n'y eust traicté secret aultre que dune petite page de papîer, ne contenant aultre chose sinon que, comme l'on réservoit les actions de mesdames les princesses, se doubtant le roy de Dannemarche que cela luy pourroit préjudicier, et qu'à couleur de ceste réservation feu sa majesté le pourroit envahir; requérant d'en estre asseuré, sa majesté déclara qu'elle feroit ce qu'elle pourroit pour vuyder ce différend amyablement, et qu'à l'occasion d'icelluy elle ne luy mouvroit guerre. Velà tout ce que j'en ai peu entendre.

Du chasteaul de Tortona et du mensual, j'en ay jà escript plusieurs fois; mais l'on ne m'en respond riens, et ne m'en esbehiz : car la duchesse de Parme mesmes n'a responce aux lettres des af*faires de sa majesté despuis le xxiiii^ d'apvril dernier. Aussi a esté sa majesté malade d'une fiebvre continue, lente, pour laquelle elle a esté saignée deux fois et purgée une. Mais, grâces à Dieu, elle se porte à présent fort bien , et si a, au grand contentement de la court, introduict aux affaires d'estat et de justice monseigneur nostre prince, son filz, et donne l'on espoir que tost viendroyent grandes despesches. Je ne sçay encores que s'en sera.

Vous avez faict en amy de si confidemment m'advertir de ce que l'on disoit à Luxembourg. J'en ay heu despuis semblables nouvelles du coustel de Flandres, et qu'aulcungz font ce qu'ilz peuvent vers madame la duchesse de Parme pour me mal imprimer, à ceste mesme couleur de dire que j^aye intelligence avec madame la duchesse de Lorraine mère pour oster madame de Parme du gouvernement et y mestre ladicte dame : chose en quoy je ne pensay oncques, ny penser faict madicte dame la duchesse mère, laquelle sçait fort bien si nous

en avons parlé ensemble; et toutesfois Ton me gecte dessus cestc calumpnie, comme plusieurs autres choses qu'oncques je ne pensay. Quant à nostre entrevue. .... d'icy je m'en voys à Besançon , où j'espère me treuver, au plaisir de Dieu , en dedans trois ou quatre jours au plus tard. Il y a bien près de là ung lieu appelé Beaulpré, qui

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