SUR LA VINGT-DEUXIESME SESSION
Sur les î*' et 5* articles, représentent aulcunes choses les consaulx; ains les entendant sainement, semble qu'ilz ne portent nul préjudice , et semble que les commutations des dernières voluntez
mentionez au 8® article ne se doibvent faire sans le sceu du prince ou de ses ofi&ciers, et que le contenu dudict 8® article parlant des exécutions des testamens et superintendence des lieux pieux , se doibt entendre selon droict commim et disposition du testateur ou fondateur. Et quant à la rendition des comptes devant Tévesque , mentionnée
où par la généralité de la cognoissance qu'on attribue aux évesques, il semble que les causes possessoires bénéficialles s'ostent au juge lay, se treuve que en bien regardant lesdicts articles, ilz parlent aulcuns aultrement; et quant à la reste, qu'on y remédiera par ladicte clause générale.
tant de la diminution que de l'empeschement desdictqs excommunications, et au surplus comment le juge ecclésiasticque aura à procéder, ayant regardt tant au droict escript que aux adviz des consaulx, et entre aultres de celluy de Boui^oigne, qui en ce [point] propose aulcuns moyens fort bons. Et semble en oultre, sur le 4* article.
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rire, partim fluctibus maris demergi. Addunt nonnulli , quod cum pauci quidam incisae navis malo, et arreptis hinc inde tabulis, insidere, hocque modo utrumque genus mortis evitare tentassent , manus et brachia a furentibus Suecis in mediis undis eisdem fuisse amputata. Potest tamen esse quod fortassis et haec in Suecorum invidiam vel conficta sint , vel saltem in majus elata. Damnum quod Lubecenses in bac re perpessi sunt œstimatur ad quinquies centena millia florenorum.
Danus una cum Lubecensibus dicitur habere instructam classem triginta octo navium, quae tamen numerum Suecicanun non exaeiquat, ut quae quadraginta quinque continere fertur.
Interea piratœ omnis generis egregie sese exercent, nullum inter amicos aut inimicos facientes discrimen; adeo ut existimetur, re etiam inter hosce reges composita, tamen magni laboris esse futiurum ut Maria illa hoc bominum génère nu^us repurgentur.
Mordisius, electoris Saxoniae legatus, nunc apud imperatorem est; is, nomine principis sui, tam locum quam tempus celebrandorum comitiorum plane in M*" suse arbitrio reponit.
Marchio Georgius Fridericus, intercedente tam eodem Saxoniae quam Brandenbui^ensi electoribus, apud Cœsarem instat, ut cum marchionis Alberti creditoribus, sub certis quibusdam conditionibus , transigere possit, quas ipse quidem tolerabiles esse jactat, reiiqui vero duriores existimant, quam quod sperandum sit a creditoribus easdem acceptatiun iri.
Prœterea pro certo mihi scribitur, rebelles Ungaros rupisse nuper indutias cum D. Caesare Ferdinando inclytœ memoriae pactas, ita ut nunc ex parte nostra necesse sit, justis copiis in campum contra illos progredi. Expecto de eare quotidie certiora et magis particularia nova.
Eidem Gel* v"^* me quam humillime commendo. Datum Augustae, 1 septembris, anno 64-
E Cels. V* obsequentiss.
G.S. SELDIUS.D.
estimant qu'il ne se treuvera peu esbay quant Ton Tenvoiera tenir garnison quelque part. Mess" d'Egmont , de Homes et de Montigny sont continuelement chez luy; et tiens pour évangille que si sa majesté n'jeust sonné la grande cloche, il se fust piéça remyz au conseil d'estat.
Le xxv^ du passé furent chez et avec M. de Homes, en conseil, le prince d'Orange, le marquis de Berghes, Montigny et le vicomte de Gand\ qui est ici depuis longtemps, et tel que sçavez, et Farchevesque de Cambray avec eulx, depuis neuf heures du matin jusques trois heures après disner. Touttefois il dit qu'il souffre pour votre illustrissime seigneurie : « Quod mihi parum fit verisimile ; sed scio « quod a dominis ridetur. »
Armenteros se porte mal, et je m'apperçois qu'il n'ose comme du passé ^; ce que me faict penser qu'il doubte la prognostication de V. I. S. Il prend maintenant le tiltre de conseillier, et Schetz mène l'eau au molin.
Ce de la rehgion, par faulte des officiers, va Hochement, et ont ceulx de Bruges osé emprisonner le sindicq de l'inquisiteur de Flandres, siu» prétext qu'il auroit faict contre le^riviléges; et at esté ledict inquisiteur, pour ne tomber au mesme inconvénient, bien aise de le désadvouer. Et icy est détenu ung anabaptiste auquel l'on ne dit rien; et partant ne se fault-il esbahir si Anvers garde bien les dogmatisans.
L'on ne dit icy encores guerres du pouvoir de Tévesque de Gurck ;
' Maximilien de Melan , « chevalier de ainsi
marque, » était gouvernear d'Arras. Hu- « Quai is
gués, prince d'Épinois, son frère aine, «que ^-
avait péri au siège d'Hesdin en i553. «néfic
(Voir tome VI, page 676.) Tous deux de- « Quai \t
vaientle jour à François de Meiun, baron ilisen ^ ^ 3-
d' Antoiog et chevalier de la Toison d or, • bout et la tète nue , cependant qu Armen-
qui mourut en 1537. « teros est couvert et assis. » (Mémoires de
* Cependant, deux jours auparavant GrxmveUe, XIII, 545-349*) {21 août), le secrétaire Bave s'exprimait
cens, pour chastier ses paysans, dont son altèze n'a rien sceu jusques Robles l'en at adverti; et touttefois, quant elle luy at pris par cy-devant de moindre nombre, et pour le service du roy, il luy a faict difficulté, selon que j'entendz. Lesdictz prisonniers, que sont douze, que Ton veult rançonner de grande somme , sont déiibérei se plaindre au roy et aux estatz de Brabant, et ne sont sans conseil, estantz leurs voisins et amyz fort irritez
Quant à la charge donnée aux conunissaires et leur chief Moron \
vostre seigneurie Taurat cognu par Bave J'entendz que ledict
Moron avoit proposé que Ton debvroit déposer les premiers trois officiers^ pour ung an, affin de mieulx cognoistre la vérité; que nat esté trouvé raisonnable , comme ne debvoit estre que ledict Moron , qui est délateur, entreviegne en ladite commission
Ce que me plait le plus aux affaires de France , c'est que le prince de Condé, les Châtillon avec leur suite n'ont ny force ny crédit; et certes il n'est possible que si malheureux desseingz se puissent maintenir.
LE BARON DE BOLWILLER
AU CARDINAL DE GRANVELLE (Mémoites de Granvelle, XIV, i5-ao.)
Fiorimont, 4 septembre i564.
Monseigneur, j'ay , dez mon retour de Lorrayne , que fust JQudy passé, receu deux' voz lectres : l'une dattée du xx* de ce mois passé, l'aultre du xxviii® d'icelluy; et, après vous avoir remercyé comme je faiz très-humblement la part que me faictes de voz nouvelles ,^ je respondray à vosdictes lectres distinctement comme est cy-après. Et
* Envoyés en Bourgogne pour vérifier Tétai du domaine.— * (Des salines de Salins.)
mesmes, sur la première, en ce que touche monseigneur Tarchi-
duc Ferdinand je luy ay desjà rescript par deux fois siu* le faict
de maintenir nostre religion , et adressé mes lectres en ses propres
que je vous ay mandé de luy,.et que, plus est, je sçay que le prince
d'Orenges Fa rescrità Nancy Mais ne veult Schwendi, vers le-
qu^ j'ay passé à mondict retour, rien croire quant à ce , se fondant sur ce qu il a receu lettres de la court de l'empereur, du xii* du mois d'aoust passé, que nen £siisoyent aulcune mention.
Madame de Lorrayne mère a esté en biea grand dangier de morir; mais à présent les médicins asseurent qu'elle en est dehors, comme je le tiens : car elle porte assez bon visaige et bien bonne myne. Je vous prie, si entendez quelque chose de* certain de ce mariaige entre Dannemarcq et la seur dudict prince d'Orenges , de m'en faire part.
Quant à Taultre de vosdictes lettres, il n'y a chose au monde que plus je désireroye que d'entretenir les enfans de feue sa majesté impériale en bonne amité et correspondence avec la majesté catholicque ; car, combien que je né suis redebvable ny subject qu'à ung seul, si est-ce que je tiens lung et l'aultre yssuz de ceste maison d'Austriche pour mes princes, et ne fauldray en ce poinct faire tout mon debvoir au pouvoir que j'y pourray avoir.
Du faict de San-Petro Corso, le cardinal de Lorrayne na'a dict le mesme que vous dictes et que les François nyent, et que de cela n'en est rien aussy, mais, au contraire, qu'ilz ont adverty dez longtemps la majesté catholicque de ce que ledict Corso traictoit.
Madame de Lorrayne mère , comme aussi ledict sieur cardinal, dict avoir receu lettres d'Espaigne que les médicins par delà asseurent fermement que la royne catholicque soit enceincte de trois mois, comme l'escripvez; et avec ce sont advertiz par lettres de ce costé-là, comme aussi est madame de Lorrayne de la royne de France , sa mère , que le prince d'Espaigne doibt venir brief par deçà, au lieu que l'on avoit bruict le roy catholicque son père ; et que jà estoit arresté et conclud en conseil, qu'estant ledict seigneur prince arrivé, il demanderoit en mariaige et espouseroit la fille de l'empereur moderne*.
L'archiduchesse Anne, née le i*' no- mise àrinfant don Carios, mais devint, en vembre 1 549* Elle fut effectivement pro- 1 670 , la quatrième femme de Philippe IL
Ledict sieur cardinal me dict que ledict seigneur à présent empereur luy avoit nouvellement escript, s'excusant de ce qu'il n'avoit donné response sur le mariaige que Ton luy avoit requis d'entre le roytrès-chrestien etsafiUe, ainsy que ledictseignêur empereur Tavoit
que ledict sieur duc fut coutrainct luy recharger quil deust chercher aultre logis. Lors ledict Andelot feit responce que si ledict sieur duc luy couiinandoit quil le feroit; sur quoy luy fut dict, de la part du duc, qui luy répétoit ce quil luy avoit faict dire : adonoques ledict Andelot se partit. Mais il n'a pas pourtant délaissé que samedy, il y a heu à celluy passé huict jours, qu'il ne soit venu treuver ladite dame en un villaige nommé Essey, demy-lieue de Nancy, front k âront et à plaine veue du palaix, au faict d'accomplir ce mariaige, estant accompagné de cent chevaulx et faict la salve d'arquebouzerie à son entrée audict lieu à la mode des reytters ; estant à Nancy ledict sieur cardinal deLorrayne, duc, duchesses et monsieur de Guyse\ sans mouvement aulcim, conune ainsi j'ay veu. Sçay-je bien que, pour ceste salve, ledict sieur cardinal fut fort marry, et le petit sieur de Guyse avoir dict , estant à une fenestre dudict paiaix vis à vis dudict Essey, et oyant trompettes, voyres parler ce qu'on disoit dans ledict lieu, tant est-il proche de Nancy, n'estant que la rivière entre deux, « qu'il ne désireroit que d'avoir quelque arquebouze à orocq qui peust * tirer contre ces villains » (ainsi nommoit-il Andelot et sa suytte). Le* quel estant ainsi arrivé audict Essey, mondict sieur le duc de Lorrayne envoya incontinant devers luy, luy interdire de sa part qu'il ne deust à faire prescher là, ny y tenir leurs nopces à Thuguenotte; pourquoy jç tiens qu'elles seront estées faictes à Metz. La mère de ladicte dame et ses frères, ce jour-là, ny le jour de dimenche suygnant , quant se faisoit le plus grand festin audict Essey, ne bougearent de Nancy, démonstrans grandement ressentir cest acte , et n'ont jamais rien sceu de ce traicté de mariaige ^ qu'a esté soUicité cautement^ par ung prévost de Nancy, bon huguenot, autresfois chambellan de feu monsieur d'Auxonville^ et par luy mis en cest estât de prévost; lequel monsieur ]e duc a faict prendre et gecter en fond de fosse, où il est rudement
' Henri, duc de Guise, était alors âgé roi Henri m, pendant la tenue des états
de quatorie ans. En 1 670 il épousa Cathe- de Blois. (Voir aussi tome Vil, page il66- ) rine, fille de François, duc de Nevers, et * Voir du Bouchet, Prtmitôi de la maison
mourut en i588, assassiné par ordre du de CoUgi^, 1 1 ia*i 1 15. — ' Par ruse.
traicté, si qu'il n'a lumière qu'il soit, et tient Ton qu'il le fera fort
comme il est à croyre, et le mena dans ung bois, sans que jamais Ton ayt sceu qui soit devenu; mais j'ay tousjours congneu au parlé dudict prévost de Lunéville, que là il soit esté pendu. La fenune dudict prédicant a esté avec ses en£Fans à Nancy pour réavoir son mary, accusant ledict prévost de Lunéville qu il avoit son mary en main ou qu'il Tavoit faict morirs mais elle n a obtenu aulcun appoinctement.
Le conte de Schvartzemburg est malade et a renvoyé sa femme dez Dannemarck en sa maison; il y a eu, entre le roy et luy, grande dissention, et les a accordé George Van Hol : ne sçay Ton si Taccord sera de durée.
Ledict roy de Dannemarck a imposé de grandes tailles en son peys, sans espergner la noblesse; encoires que, comme avez entendu, ilz sont esté contrainctz de donner poiu* la contribution toutes les chaynes, bagues et joyaux de leurs femmes.
L'on attend en Lorrayne, à toute heure, le retour de Peter Ochs, qu'a esté secrettement en Dannemarck; et si doibt venir bientost en Lorraine ung ambassadeur de Schwèden en grand équipaige.
Madame son altèze me donne espoir de vouloir encoires entretenir quelque temps les affaires et praticques de Dannemarck, et si le roy catholique ne vient, d'envoyer vers luy, et d'user des termes que m'avez dit appart
Au reste , monseigneur, conune vous véez le discours que l'on faict de la venue du prince d'Espaigne par-deçà, et non sa majesté catholicque , et que je ne sçay maintenant où je pourray chercher ma raison de ce que m'est deu, estant le prince non informé de mon affaire, je vous prie très-humblement de me donner conseil, comme en ce cas je me pourray conduyre. ....
J'ay oblyé, quelque temps avant mon allée en Lorrayne, de vous advertir que l'on a voulu faire au duc de Bavières le mesme qu'au duc de Saxe , électeur : mais je m'asseure que l'aurez jà entendu; jà a esté condampné en prison perpétuelle ung de la maison de Fribourg, son marchai, [qui est] l'ung des conspyrateurs, et a l'on prins le secré-
taire du conte d'Ortembourg , lequel conte s'est saulvé; mais le secrétaire , après que Ion lûy a donné la genne , a recongneu et descôuvert
la menée, et est retenu en prison et en vye poiur, comme Ton pré- ^ 1^ ^^«.r * JL »:i !a 1 i7x L JL X ^x^
reur en ladite assemblée, pour quelques navires quavoient estées prinses par les Dannemarcquois à ceuix de Rostoch , leur avoit commandé, de part l'empereur, qu'ilz les heussent à rendre, luy fut respondu par lesdits Dannemarcquois qu'ilz n avoient d*obéir à auitre sinon au roy de Dannemarcq, leiu* roy, empereur et seigneur.
GIO. JACOMO FUGGER
AL CARDENALE DI GRANVELLA. ( Mémoires de GranYelle, XIV, a4-26.)
D'ÀDgutta, alli 5 di septembre i56d.
Con quest' ordinario hebbi la sua di Besançone , dalli 1 8 del passato ; et circa Timperatore nuovo, S. M. fin hora se ha mostrata catholica, circa Tessequie, come ancora d'havere riceputo ilZithardo perpredicatore ordinario délia corte come soleva esser con lo padre, et si spera bene da tutti; Iddio gli die la sua santa gratia. Il detto Zithardo scrissi a N. S^ una epistola délia morte del imperatore Ferdinando, la quale essendo al parère mio degna d'esser letta, la mando a V. S. DI"" et R™", dove troverà molti boni passi. L'arciduca Ferdinando fii aVienna, et partirono li firatelli molto amorevolmente ogni cosa, tomando Farciduca a Praga dové restarà gobematore, come il fratello Carlo in Austria, tanto che Timperatore facci diète in Boemia et nel imperio, et deliberi in che loco voglia residere. Il duca nostro non manca di far il debito con S. M. in ogni conto; molto importarà la dieta, che la sia ben incaminata et govemata, che secondo essa, il resto délia vita sua bavera a seguitare , et non mancaranno d'ogni parte chi combateranno Tanimo suo, omni génère machinaram. Restano nello consiglio
secreto Trautson, Harrach, Seld, il vice-cancelliere D"* Weber et Zasio, Gienger, benchè D^ Seld sia ancora di qua nella comissione sua, perô n'ha (^i ordinario lettere di afiretare la sua veouta, la auale esso vorrîa differire alla dieta. L'essemiie cérémonial] se faranno
che o intendano di fare qualche moto o almeno mostrono di esser vigilanti per famé paurra a chi la vorrà havere, et vedere corne ogniuno s habbi a govemare. Se Grombach andasse ail' altro mondo se troveria rimedio forse alli altri.
V. S. 111™* et R"* sa già che il negotio in Rostock è a fumo; questi barbari se hanno a consumare, usando grand crudeltà con li priogioneri tagliandogli mani et piedi.
Inglesi al fine ancor loro tomaranno alla buona strada; se diceva qui perô senza fondamento che haveano mandato li soi panui a Cologna, et volendoli condurre sul Rheno a Franchefort, il duca di Cleves gli habbi tolto, per non so chè domanda che prétende havere contra Inglesi dal tempo che sua sorella fu regina. lo intendo che il conte di Arondel rese alla regina il bastone con certe brutte paroUe; in fine il goberno di donna gyra come il cervello loro.
Il re di Franza ha accordato con mercanti il grande partito, et tutt'il mondo crida Franza, Franza, dando adosso al patrone. Saria bene di trovar modo con li circuitori d'accomodàre quello debito, se non in tutto, al manco in parte; se ne parla bruttamente circa il falto del Schetz, allô quale se attribuisce grande colpa, io non so quello ne sia et sel sia da vero o per invidia.
Francesi fanno a modo loro, il conestabile non vuol ruynare li parenti , et cassarà il cargo ad altri trovandose honnai vecchio, et cosi se darà occasione d'incaminaft nuove prattiche. Il re ha mandato un suo cameriere dal in)peratore con offerte grandissime dal regno et délia persona sua al solito , non poi aiutar a se stes^o et ne vuol fare miracoli per altri.
Brutto scherzo fa San-Pietro Corso a Genovesi , che si tienne per prattica de Francesi ad impedire Tarmata nostra, et se il patrone et Franza fossero alquanto più riffatti, faria occasione d'attaccarsi di nuovo. Fu amazzato il primo rebbelle dapoi San-Pietro Corso, come scrivono, in una imboscata; se il simile accadesse a San-Pietro, saria speranza d'acquietare il tutto
Ancora stanno, le tre figliole del imperatore morto, come h dissi,
à Renard. Aussi Ton me dit que les adhérens et deppendans dudit Renard ne sont si braves comme ilz estoient devant l'arrivée du dernier courrier venu d'Espalgne;encoreô que quelcW d'eulxa dit que les prognostications seront bon marchief ceste année « puisque vostre seigneurie at si bon loisir pour en forger à Besançon. Je croy qu ilz dient comme ilz ont ouy dire audit Renard
La peste, que règne fort au plat pays de Liège, se commence à jecter par icy
Tous les consaulx , et mesmes de Brabant, sont fort empescfaes pour adviser sur le concile de Trente. Son altèze s'est résolue d'escripre à sa majesté les difficultés que s'y retreuvent.
Il y a bruict icy d'ung national concile que se tiendroit en Espaigne à la poursuitte des évesques, « qui vellent pontificem in ordinem redigi; » si cela se permect, ce serat pour tout perdre. Les seigneurs ne peulvent digérer que le roy Ta si absolutement accepté sans leur rien demander. Le président Viglius me dit que aulcuns du conseil privé dient que l'exécution dudit concile n'est pour remédier aulx maulx que sont en l'église ; mais que l'on doibt hoster les biens que sont pour les poures. Dieu doint que ledit concile ne cause quelque altération.
L'on parle du voiage de son altèze pour Flandres; la saison est fort advancée, et si les pluies viegnent, je tiens qu'elles luy romperont son propos
Monsieur le président m'at enchargé de communicquer avec monsieiur Sonnius poiu: répartir le diocèse d'Anvers entre vostre illustrissime seigneurie et luy, et d'adviser où l'on trouvera l'aultre moictié du dot, puisque les abbez de Brabant ne donnent que les huictmil florins, que se trouvera bien difficilement eu Brabant. Je vouldroie que vostre seigneurie escripvist audict sieur président sur la {Murt qu'elle debvrat prendre auxditz huit mil florins : car je veoy que l'on s'incline de donner audict Sonnius^ les cincq mil florins, dont les
^ Dans une lettre très -peu antérieure de satisfaire. Verma, dit-il, nikil illi satis écrite au cardinal, Viglius se plaint de Ta- est U était né dans la Gonpine brabanvarice de Sonnius , c[u*il n est pas possible çonne, et avait été chanoine d'Utrecht,
troisi seront sur Tongherloo, et deux mil sur Saint-Bernard; de sorte que vacant Affleghem, vostre seigneurie n auroit que les trois mil que Ton y mect dessus : en ce qu'il ny auroit apparence, et que le 8u£Bra£:ant heust plus gue le métropolitain. Car Pauius IV at ordonné
jesté , puisqu'il est tant requiz que les principaulx ministres soient d'entière religion, dont il a tousjours faict profession et mesmes vers les seigneurs, combatant les argumentz que luy sont esté objectez plus d'une fois; ce qu'il peult mieulx que aulcuns autr-es, poiu* estre solide et avoir beaucop leut. Je suis seur que le publicq en sera bien servi et que V** 111°^ Seig"* le treuvera tousjours très-affectionné serviteur tel que je l'ay tousjours treuvé. Et me recommandant, etc.
LE PRÉSIDENT VIGLIUS
(Mémoires de Granvelle, XIV, 34.)
Broxeilest 8 septembre i564.
Monseigneur, ayant passez cincq jours escrîpt bien proliiement à V. I. S. et ladverty des occurrences d'icy, n'y est depuis succédé aultre chose , sinon que ceulx du privé conseil sont par deux fois esté appeliez en hault au conseil d'estat, pour de nouveau délibérer sur la publication des décretz du concile, selon que sa majesté avoit commandé; et veu que la pluspart dudict privé conseil avoit esté d'advis d'acquiescer à l'ordonnance de sa majesté, avec quelque réservation des droictz et régales de sa majesté, et en attendant l'idtérieure détermination d'icelle sur les difficultés meues par les consaulx provinciaulx, toutesfois, comme les seigneurs n'avoient gousté ceste opinion , et que aucuns dudict privé conseil , es communications privées avec lesdicts seigneiurs, s'estoient déclairez plus avant, son altèze fist sçavoir à tous dudict conseil qu'elle entendroit à la
résolution dudit affaire, et que chascun y povoit librement et sans aucun scrupule dire ce que luy sambleroit; et estans lesdicts sieurs des consaulx assamblez , avec une préfation enhorta autre fois ^ que chascun y opinast librement : ce que a esté faict ainsi , avec grandz discours contre les ecclésiastiques qui veulent maistriser les princes séculiers et suppéditer leur auctorité; et, à la fin, Hopperus et moy sommes demourez singuliers, estans d'advis que, voyant l'ordonnance de sa majesté si expresse de publier son acceptation dudict concile , et que par lettres closes envoyant aux évesques et consaulx le mandement de sa majesté, Ton povoit réserver à sa majesté de déclairer son ultérieure intention sur les difficultés représentées par lesdicts consaulx; et enfin a esté la résolution que Ton doibt suspendre ladicte publication, et dresser ung aultre forme de mandement d'acceptation avec telles clauses de restriction et réservation qu'on treuvera convenir, et escripre à sa majesté aflfin que si elle veult publier par deçà son acceptation, qu'elle se face en ladicte forme; envoyant quant et quant à sadicte majesté copie de toutes les rescriptions des archevesques, évesques, consaulx et universités avec l'advis de ceulx du conseil d'estat et privé, afiBn que, voyant le tout, elle y ordonne à son bon plaisir. Ayant esté par plusieurs treuvé maulvais que sa majesté détermine sur affaires de telle importance en Espaigne , sans ouyr ou donner part à ceulx de par deçà; auquel propos l'on na laissé ramentevoir comme sa majesté s'estoit trouvée d'avoir ainsi volu user en l'érection des eveschiés et quelques aultres affaires, sans donner part à ses consaulx et estatz. Pour moy, il me souifit de dire* aussi librement ce que me semble pour sustenir l'auctorité du maistre, et espère que icelluy ne m'imputera si je ne sçay plus faire que ne puis. Ung bien y a, que nos seigneurs ont tousjours protesté qu ilz ne veuUent disputer les articles de la doctrine approuvez par ledict concile, en quoy Dieu les vueille confirmer. ....
Je adjousteray aussy que son altèze, y a quatre jours, a faict lire au conseil d'estat, en présence des s" prince, Egmond et moy, la re-
* Une seconde fois.
PAPIERS D'iTAT. VIII. 4o
queste de Renard, tendant, avec plusieurs propoz aigres, à ce que son altèze fist ouyr les seigneurs sur ce que Ton luy impose d'estre cause de leur înimiclié contre V. I. S. et moy, pour déclairer ce qu auroit esté treuvé contre luy es rapportz que sont esté faictz du procès de Quiclet et aultrement. Les seigneurs se sont ofiertz de dire ce qu'ils sçaivent; moy je me suis excusé de dire advis, puisqu'on me vouloit produyre pour tesmoing, ne yeullant refuser, quant je seray déuement constrainct et interrogué, [de déclairer] tout ce dont il me pourra souvenir; mais que son altèze considère, si veuUant le roy prendre la cognoissance de ceste matière , ne convient mieulx que son altèze en laisse disposer à sa majesté; et à la fin, comme je demouroy sur mon thème, après plusieurs impertinences, la chose est demourée ainsi, et croy qu elle laissera au roy ordonner sur ladicte requeste. Et n'a cecy servy sinon pour donner contentement audict Renard, et par aventure aussi aux seigneiu-s qui le favorisent» et pour me tirer le vers du nez; je ne pouvois laisser de dire ung mot, que son altèze sçavoit mieulx que aultre l'intention de sa majesté sur cecy, « et quod me- « lior est obedientia quam victima. »
Son altèze envoyé le s' de Zweneghe pour condoloir la mort de feu l'empereur, et congratuler la succession à l'empereur^j Maximilien. Je tiens que le service se fera icy le xx de ce mois^ et icelluy achevé, sadite altèze iroit voluûtiers en Flandres, si avant que cependant elle puisse achever le faict des aydes avec ceulx de Brabant, « quae est conditio valde incerta, et supervenientes pluviae autumnales « forsitan mulabunt hoc consilium. »
Il me faict bien mal d'estre privé si longuement de la présence de V. I. S., et me souaide mille fois par delà; Dieu vueille ayder que quelque jour puissions venir au dessus de ces tribulations. Et me recommandant, etc. De Bruxelles, ce 8 de septembre i564.
* Ce service funèbre eut lieu le 19 sep- nonçale panégyrique. (L*écuyerBordey au lembre. L'archevêque de Cambrai fut le cardinal , du a octobre i564 ; Mémoires, prélat officiant, et Tévèque de Namur pro- XIV, 1 8y el suiv.)
quel espoir l'on pourra avoir de la practique , et sur la vostre feroye-je plus de fondement que sur les discours de mons' le cardinal de Lorrayne en ceste matière : car je me doubte qu'il n'entend pas bien les practiques des Âllemandz. Dieu doint que enfin, par quelque bout que ce soit, Ton en puisse parvenir à quelque bonne yssue.
L'on m'escript d'Augspurg et d'autre part, qu'il n'est riens de ce du duc de Saxe; je diz de l'effect, mais bien que l'on abeu practiques pour intenter, et que la chose a esté descouverte. Je n'ay encores riens entendu, sinon par voz lettres, de ce que Ton aye voulu intenter le semblable contre le duc de Bavière; mais bien voidz-je tout clèrement comme la licence que preignent les subjectz, par ces nouvelles opinions de religion , cause tout cecy, et en donne bon exemple ce qu'est passé en la France et ce que nous voyons en Lorrayne , aux Pays-Bas et aillieurs. Et quant à Swendy, je le treuve tel que punctuellement vous le me descripvez; et vous asseure bien que sa conversation es pays d'embas n'a pas, quant à ce poinct, faict grand bien au service de sa majesté, laquelle luy a derechief donné congé pour deux ans, afin qu'il puisse aller servir l'empereur en Hongrie. Et a derechief sadicte majesté commandé à Renard qu'il se parte des Pays-Bas et qu'il voise en Espaigne, et l'on pense qu'à ce coup il obéyra , bien que aulcungz n'en seront contentz ny luy-mesmes le vouldroit ; mais sans nulle doubte il est à Bruxelles pemicieulx et par trop préjudiciable à sa majesté.
Ce que l'on a dict du mariage de monseigneur l'archiduc Charles avec la royne d'Angleterre est chose vieille. Je penseroye qu'il y auroit plus d'apparence avec celle d'Escosse, lequel mariage je vouldroye se fist, et que ce fust par le moyen du roy nostre maistre , pour ce que je pense que grand bien et proffit en pourroit résulter à la chrestienté; et nous debvons tous procurer le bien de tous ceulx de la maison d'Austriche, et qu'il y aye bonne intelligence entre eulxtous, comprenant avec eulx le roy nostre maistre , qui en est , si nous voulons faire ce que leur convient : car nous ne sçaurions faire chose plus pernicieuse à eulx, ny que leurs ennemys vissent plus voluntiers.
que de consentir qu'il y eust umbre, et vous sçavez combien plusieurs ont procuré tousjoiurs le discord, pour leur prouflBt particulier, au dommage de ladicte maison; mais, grâces à Dieu, jusques à oyres, les choses se sont bien maintenues, et Dieu sçait ce que je y ay en tout temps traveillé, comme i'espère de faire tant aue îe vivrai,, en tout
citer le recouvrement de quelque somme que ChristoflBe Haller prétend lui estre échue, voyant qu'il ne sçavoit venir au boult de luy, dict audict Eras&o rondement qu'il déclareroit les sommes de deniers qu'il avoit receu de luy pour estre payé; et dadvantage quelques grandes sommes et deniers dont ceulx de Niu^uibei^ lui avoyent faict présent, et il les avbit accepté pour estre payé de ce que feu sa majesté impériale nostre maistre luy debvoit, que peult-estre sont les intérestz dont vous avez ouy parler; et qu'ayant ouy cela, le contador Portillo luy dict qu'il cessât de tenir telz propoz et qu'il feroit tant qu'il seroit payé. Et si par ce chemin l'on en pouvoit tirer quelque chose, il semble qu'il y auroit moyen, pour de vostre part lui faire dire quelque chose semblable; mais je ne suis pas bien asseuré que cest advertissement soit certain , et le mal est que vous n'avez là maintenant personne pour luy parler, et si me doubte que ceidx du pays ne se voiddront mectre à luy tenir telz propoz. L'on m'escript que despuis deux ans en çà il a acquis des biens pour ii*^ mille ducatz , que ne peult estre ny de ses gaiges, ny, comme je me doubte, de gain fort licite. Mais enfin ce que l'on ne sçait de certain , il n'est pas bien de le mectre en avant, et suis en opinion que, poiu* voz affaires et pour les siens propres, le roy nostre maistre ne sçauroit mieulx faire que de venir aux Pays-Bas, et soit Tung ou Taultre, nous regarderons ce que
s'y debvra faire, et pour moy me y employeray très-volentiers
J'ay lettres du roy pour madame la duchesse de Lorrayne , et à ce que je voys par ce que sa majesté m'escript, ny en ce du mensual , ny en ce du chasteau de Tortone , icelle ne peult faire aulcime chose : fung, pour l'exemple et que tout Testât paye ledict mensual pour l'entretenement des gens de guerre, et que l'on prendroit fort mal qu'il s'employast en aultre chose ; l'aultre , pour estre le chasteaul dudict Tortone fortiflîé plus que lieu qu'il aye en Testât de Milan, et que pour tant il convient y tenir gens de guerre, et que ce seroit chose mal convenable à ladicte dame d'avoir sa résidence et de sa court entre telles gens, que ne pourroit rendre la garde de la place sinon plus difficille. Bien m'asseiure sa majesté de la singuhère affection
porte mieulx. Nous verrons ce que rapportera Pieler Osschs; et d'alllieurs aussi l*on m'escript que à Rosthoch riens ne s'est faict, et s'il y a raoyen d'entretenir les choses ainsi sans que l'accord s'ensuyve » ce n'est pas le pis que pourroit advenir à la chrestienté : car oultre la considération de ce que convient aux affaires de ladicte dame, il n'est pas mal que ce quartier de septentrion, de où vient le mal et à la Germanie et à la reyste de la chrestienté , soit ung petit empesché. Une chose crains-je, que ceste ambassade si solempnelle de Suède fera grand bruict, et pourra donner sentement au landgrave de Hessen et aultres ; et pour moy suis en opinion que menées de ceste qualité se font mieulx secrettes que avec tant de démonstrations. Du mariaige de la sœur du prince d'Oranges avec le roy de Dannemarche, je n'en ay entendu aultre chose que ce que je vous ay escript, et est l'advertissement de personnage que l'a entendu incidamment du propre frère du prince, en devises familières au grand secret; ne sçay si cela se disoit pour amuser le monde ou à aultre fin; et comme ledict frère se partit lors pour Allemaigne , ledict personnage ne l'a veu despuis. Mais si j'en entendz quelque chose dadvantage, je ne fauldray le vous faire sçavoir.
Tay entendu, et par voz lettres et d'aillieur^, la particularité de ce qu'est passé aux nopces du s' d'Andelot, et le sentement que madame la duchesse, la mère et les frères de la damoiselle en ont monstre; mais, à la vérité, j'ay treuvé estrange que la tenant au palais et s'estant déclarée qu'elle se vouloit marier avec ledict sieur d'Andelot, et veuillant sortir de là à cest effect, l'on le luy àye permis; et sans doubte si elle eust heu à faire à moy, elle n'en fust sortye et l'eusse fort bien gardée de se marier avec luy ny avec aultre, plustost que de consentir que, à leur barbe, elle aye prins pour mary ung ennemy mortel du sang de son seigneur. Et est insouffrable l'insolence dont il use, que monsieur le cardinal eust -grande cause de sentir; mais il y eust heu moyen de faire dadvantage que de se contenter d'en avoir sentement, et venoit de bon cueur à monsieur de Guyse ce qu'il en dict, ne comportant son eage de faire dadvantage. Et certes, tous
ceulx qui en oyent parler treuvent, comme moy, fort estrange que
Ton aye laissé partir ladicte damoyselle de la court pour s^aller marier.
Si Ton a faict du prédicant venu de Genesve à Leiméville ce que
vous avez peu comprendre des propoz du prévost d'illecq, c'est bien
serons contrainctz à rentrer en nouvelle guerre, n'estant, à ce que Ton m'escript d^Espaigne, Tintention de sams^esté de en façon quelconque le comporter. Bien dissimidera-on ce que s'est faict jusques à oyres, si Ton ne passe plus avant, pour éviter les troui>les de la chrestienté.
Je tiens qu'il ne tardera que nous n'ayons nouvelles de nostre armée de mer, et que selon ce qu'elle aura aprins des provisions d'Aflfricque, elle se sera attachée quelque part où elle aiu'a apperceu les choses moins en ordre; de ce que j'en entendray, vous en serez
adverty Et me recommandant, etc. De Baudoncourt, ce x* de
septembre i56A.
LE SECRÉTAIRE BAVE
( Mémoires de Granvelle , XTV, 84-86.)
Bruxelles, i A septembre i564«
H y a environ huit jours qu'il y arriva ung courrier de marchans
sans lettres particulières que auxdits marchans, par lesquelles Ton advertissoit que nostre royne estoit mal-portante et en grand dangier
de sa vy« et depuis est arrivé ung aultre courrier avec lettres
du roy contenans ce que dessus, mais que, grâces à Dieu, sa majesté réginalé se refaisoit et estoit hors de tous dangiers. Et m'escript mons' Tisnacq, que la voyant désespérée par les médecins, hors d'espoir, tellement que les saintes huiles estoient desjàprest en la garde-robe^ le médecin particulier de ladite royne, qu*est Italien, demanda au roy, puisque le tout estoit en désespoir, de pouvoir donner une mé-
324 PAPIERS DÉTAT
LE BARON DE BOLWILLER
(Mémoires de Granvelle, XIV, 87-90.)
Florimont, 1 A septembre i564.
Monseigneur, j'ay receu les lettres qu'il vous a pieu m'escripre du X® de ce mois et y respbndant, je suis tousjours en semblable terme à l'endroit de la majesté de Tempereur comme par mes dernières lettres, et n'ay encoires reçuaulcun escfipt d^elle, mais bien de mons^'Trautson, qui est chief de son conseil, et de mons' de Newfaausen, chancelier de Bohesme, par lesquelles (que sont fort cortoises et amyables) je ne peultz comprendre que je doibge estre aultrement qu'en bonne grâce de sa majesté. Je n'ay encoires peu escripre la coppie de ce que j'ay mandé à Rome, pour estre à Polveiller et ne m'ayant souvenu de l'envoyer querre dez mesdites derrières; mais tousjours n'est-ce aùltre (avec quelque chose adjoustée) de ce que nous avons parlé ensemble; et comme j'attendz de jour en jour responce et résolution des costez qu'il convient, je vous enverray tout d'ung chemin le tout.
Quant à ce que l'on vous escript du costé d'Auspiu'g au faict de rélecteur de Saxe, l'on m'en escript le mesme, et m'esbeys grandement comm' il ne peult estre rien de ce que cy-devant je vous en mandé , m'estans venues ces novelles de si seures gens que sont ceulx qui le m'ont escript et si correspondans, et que cela estoit une chose toute publiée par toute TAUemaigne. Quant à ce du duc de Bavière, cela est certain, et que ceulx que je vous ay nommé ont faict la machination; mais de la particularité poiuxpioy et comme, je n'en suis encoires adverty.
Touchant ce qu'escripvez qu'il seroit mieulx le mariaige de rnons' larchiduc Charles avec Escpsse que non pas en Angleterre , avec l'intervention contenue en voz lettres, j'en suis bien de vostre oppinion, et pleut à Dieu que jà il fust faict; et seroit très-bien faict de tousjours
de Frize et Christofle^ conte d'Oldemburg; je ne sçay à quel effect, mais ce ne sera sans y avoir faict quelque ouvraige de son mestier. Il dict qu'il m'envoyera Gaspar Gamaut pour me compter le tout; si le faict, je vous serviray puis après de tout son dire» combien que je croidz que ledit Gamaut passera jeusques vers vous pour se réconcilier, d'austant qu'il présume vous debvez en brief retourner es Peys- Bas. Ledit Sturmius m'escript, au commencement de sa lettre, du tort que Ton luy faict à cause de l'argent qu'il avoit respondu pour madame de Roye^, et qu'encoires en estoit deu vingt mil florins, et après dit ces paroles : « In magna spe sumus; velim me posse fœlici « sœculo nostro aliquantisper adhuc vivere, et esse et spectatorem et « adjutorem in juvanda republica etretinenda pace atque ocio; » mais à la fin de sa lettre il oblye ladite félicité de nostre temps, car il dict : « Nos hic in saevitia pestis versamur. »
Tay entendu de vous ce que pourroient causer les praticques de Sampetro Corso ; et combien que s'il s'en inténtoit guerre entre les princes mentionnez en voz lettres, je n'en pourroye que mieulx valoir, et la comporteroye mieulx que la paix, je dictz en mon particulier. Si est-ce que je ne désireroye qu'ainsi advinst, pource que de cela souldroit grande diminution de nostre saincte religion et seroit sa totale ruyne; mais bien que ces princes demeurassent en bonne paix et accord.
Je désireroye volontiers sçavoir s'il est certain ce que madame la ducesse d'Arscot manda à Nancy de l'accord faict entre les François et Anglois, et en quelle manière.
Tavoye faict mon compte d'à la fin de ce mois m'en retourner sur mon gouvernement; toutesfois, je crains qu'il me sera difficille à cause de la peste y régnant si grandement, si qu'en tout ce costé-li l'on ne peult estre seur. U y a bien une abbaye prez d'Agnaw encoires en bon poinct; mais comme aulcuns des conseilliers audit lieu, mes amys, y sont et qu'ilz n'ont aultre moyen pour se saulver, je leur ay
' Ou plutôt Christian. (Voir tome Vn, ' L'épouse récemment morte de Louis,
page 43o.) prince de Condé.
voulu faire ceste place; ce que me vient bien mal à propoz pour la