ANNEXE B
EXTRÂFT D'UNE LETTRE jéCRITE [PAR LE COLONEL SGHWENDi] À LA DUCHESSE DE PARME.
(Mémoires de Granvelle, XIV, 33 1.)
Et combien que telz desseings semblent avoir peu de fondement et moyens pour estre mis en exécution, et que mesmement du passé Ton aye cogneu par expérience que souvent ils soyent passé en air, si est que vostre altesse y peult bien estre sur sa guarde , et y modérer d'aultant plus les affaires de la religion, affin que, par quelque intempestive rigueur et extrémité, les subjectz ne soyent entièrement deshontez et désespérez, et se y adonnent tant plus à prester Toreille aux practiques des estrangiers. En quoy vostre altesse se trouvera aussy plus asseurée, quand elle gouverne et traicte les affaires par les principaulx des pays, lesquelz, par leur auctorité et bienveillance, y retiennent tousjours le peuple plus en quelque contentement, honte et respect, que ceulx Testât et profession des-
quelz est maintenant quasi fatalement hay et abhorry du populaire, et desquelz tous les actions, quelz qu'ilz soient, sont prins pour le pis. Et véritablement, les gouvernements qui s'opposent trop aux humeurs et au temps, et le pensent forcer à leur appétit, se trouvent souvent bien enveloppez, et donnent occasion de grandz maulx et troubles