‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 2)Chapitre 42 sur 77 · FRAGMENT · texte numérisé non relu

FRAGMENT

J'ay veu ce que m'avez escript des vi c. m. escuz. Vraye-

ment, ce seroit un fort bon argent, et duquel 1 on feroit ung grand commancement sur quelque chose, et qu*i] vauldroit bien la peine de faire courrousser^ quelc'ung. Et si celluy qui Ta. mis en avant le pouvoit mectre es mains de son altèze à saulveté , et moyennant que faigent, lors de la surprinse, ftist es mains du Dannois, en empruntant le nom du Suédois, cela seroit un grand bien, et je le conseilleroye. Mais de faire quelque chose contre Télecteur^, qu'est prince d'empire, et estant Targent en ses mains, ce seroit contre le Lanitrfried^, et mectre tous les eartatz de Tempire contre Lorrayne. Une chose vous laissè^je à penser, si c est peu de chose de mectre par terre et ruer sus une telle somme d'aigent. S'il c est en monnoye ou talerdz , il &ut avoir plusieurs coches montées de bons arquebouziers, pour les tenir assurées. Si en escuz (présumant que Ton le feyst par gens de chevaulx), il y fauldra^ bien des bougettes pour charger chacun cheval ^letseroità craindre que ledict àigent ne vi endroit pas tout, qu'il n'y en demeurant une bonne partie es mains des soldatz. Si cela doibt estre par eaù , il y a apparence qu'il doibt plus tost estre fèsable. Mais en «omme, qu'on regarde bien qu'entreprenant cecy en quelque sorte que soit, l'on ne se descoeuvre pour

* (Mettre en courroux.) — * ( Augusie de Saxe.) — ' Paix publique.

456 PAPIERS DÉTAT

rien, et qu'il n'advienne comme il feit (selon qu'Esope le dict) d'ung chien qui, passant ung ruisseau et ayant une pièce de cLair en la gorge, veit l'umbre d'une aultre pièce de chair qu'aultre chien tenoit; la pensant happer, lasche la sienne, que fut perdue par le cours de l'eau, et ne peut venir au boult d'avoir Tautre : dont il fut contrainct d'en morir de faim; qu'est tout ce que je peultz respondre sur cela

LE BARON DE BOLWILLER

(Mémoires de Graiivelle, XIV, 384-385.)

Florimoni, aS octobre i56d.

Monseigneur, j'ay receu les lettres qu'il vous a pieu m'escripre du TLXf de ce mois

Vous verrez i s'il vous plaît, ce que mons*^ de Silliers m'a escript au billet cy-joinct^; et en ce qu'il parle du marlaige qu'on traicte entre l'occupateur dannois et la royne d'Escosse, je ne le peultz tenir vray semblable, pour n'estre si mal conseillez les Escossois de forcer leur royne à cela, meins de se mectre sur les bras une guerre : car ce seroit donner occasion à la royne d'Angleterre de tant plus tôt faire alliance avec le Suédois, quilz, joinctz ensemble, pourroyent bien faire quelque chose; et je croidz que tout ce que s'en propose vient de la meutte et jalousye des connestable et prince de Condé, pour par ce moyen se servir et à leurs desseings. Des vi^ M escuz dont ledit sieur de Silliers escript» le billet joinct à ceste* vous fera entendre la responce que je luy en donne, à quoy je me remetz

' Voir cidevanl, au i3 octobre, n* CXII. — * Voir le numéro précédent.

Ce n'est pas à propoz, ains ung bien grand mal, que le roy ne

vienne ceste année, et me doubte que sa trop longue demeure par

delà ne luy apporte quelque grand inconvénient, ce que Dieu ne

veuille.

démence ses 1ère, et sa mai-

îstoyent )vyer et contrarier, j'ay fait et faiz tout ce que j'ay peu et peultz , et feray tousjours en quelque endroit que soit en tel cas; et de mesme ay faict que Messieurs du régiment d'Angnessey ont escript au sénat dudit Agnau bien perlinentment et comme il convenoit, pour les advertyr de leur maulvaise intention; ce que me contente grandement : car ledit sénat verra par ce Tappuye que j*ay de ce costé deçà , et les pourra bien refroidir. Et encoires plus me contente de ce tjue pièce d'eulx ^ ne veult confesser qu'ilz ayent jamais esté en intention de susciter nouvelleté; le contraire de quoy toutesfois ung dudict sénat m'a adverty, et mesme qu ilz en avoient escript au duc de Wirtembei^ de les pourveoir de prédicant. Hz sont morts audict Hagnau bien trois milz personnes et plus : je ne sçay pas quelles gens se seront ny de quelle qualité ; mais sçay-je bien que quant j'en partiz (qu'estoit au mois de juing passé) la dixième partyé de la ville n'estoyent luthé* riens , et que j'eusse aysément chassé les héréticques par les boui^eois mesmes.

Le un* ou VI* du mois de novembre prochain, s'il plaît à Dieu,

* Cependant, un peu plus tard, le rec- accrédité près de Maximilien, t toute son

teur de Tuniversité de Vienne défendait «indignation pour une telle impiété,» té-

aux étudiants d'assister à la procession du moignait res|>oir que Tempereur, son

saint sacrement le jour de la Fête-Dieu. A beau-frère , en ferait une éclatante justice,

la vérité, le roi d'Espagne, en exprimant (Mém. de Chantormay, IX.) à M. de Chantennay, son ambassadeur, ' (Aucun d*euh.)

je prendray mon chemin pour me tenir en un monastère deux lieues d'Agnau et deux lieues de Strasboui^, que s'appelle Steffansfeldt \ là où, comme Ton dit, de vyvant d'homme n'est mort personne de la peste , s'il ne survient aultre chose quil me contraigne de demeurer, et là temporiseray quelque temps; car, comme l'on m'escript, la peste commence à cesser audit Agnau, où je feray, comme je vous le dict cy-dessus, tout mon possible pour la conservation de nostre religion. Mons"^ l'archiduc Ferdinand m'a escript, et entre, aultre me mect à ma discrétion si je le doihtz aller treuver, et ses affaires le comportent ainsi, ou de demeiurer en mon gouvernement jusques il vienne en sespeys; à quoy je ne me suis encoires résoult, ce que je feray toutesfois en brief , me voulant guyder comme je verray les affaires disposées.

Au faict de la pratique dont mes lettres à Rome deppendent, j'en useray en conformité de ce qu'il vous en plaît m'escripre.

Aux affaires de madame la duchesse de Lorrayne mère , j'ai rescript ce que m'en mandez, au sieur de Silliers (sauf ce que dictes: « et n'est vers moy que ledict sieur de Silliers doibt protester, etc- »), afin qu'ilz ne se fourcomptent, en prenant aultre espoir que celluy que lousjours et si souvent avez déclairé ; et suis bien de vostre oppinion qu'ils doibvent envoyer en Espaigne, et user du chemin que letu* démonstrez,' ce que je leur ay conseillé r me remectant ad ce qu'ils en feront

Tay ces jours passez, et paravant bien et au long adverty messeigneiïrs les archiducz de vostre bonne volunté en leurs endroitz, et faict tel office que le sçauriés désirer de moy, et croidz que tantost j'en auray nouvelles d'eux, dont serez incontinent adverty. ....

Quant à l'emprinsè proposée sur Metz, je n'ai non plus c|ue vous rière moy les papiers co^cemans ce qu'en a esté traicté , ains sont à Agnau; mais si tost que j'arriveray par delà, je vous feray tenir la coppie de ce qu'en avoit esté premièrement accordé, mesmes de la lettre du roy que contenoit que sa majesté devoit donner viii" escuz

* C'était un hôpital dans la dépendance de celui du Saint-Esprit de Besançon.

de rente es Pays-Bas, en seigneurie et en fief pour masles et femelles, et vingt milz escuz contans, sans tiltérieurs fraiz, à celluy ou ceulx quilz luy rendroient ladite ville , ce que je vous répéteray lors. Mais vous veulx-je bien dire que les personnaiges de la correspondance ne sont mentionnez esdites lettres, ny ne fiurent jamais nommez. Bien est vray qu'il fut faicte une contrechifïre que se debvoit donner à ung personnaige (que Ton disoit seroit le conte d'Aremberg) auquel la ville se debvoit rendre; et je croidz bien qu'il se treuvera à cette heure quelque changement. Mais en somme Tentreprinse se pourroit bien foire à présent en la sorte que je le vous ay escript.

J'ay bon espoir que ce ne sera rien de la inort ny duroy de France ny de roons'" de Nemours, et certes s'il estoit ainsi, ce ne seroit proffit en la France ny aillieurs.

Je suis marry que ceulx des pays de Brabant se démonstrent tant inobéissans et mal affectionnez à leur roy au faict de ces aydes, et bien ayse de veoir que l'on ne peult fonder la difficulté sur vous, disant que vostre présence par delà en estoit cause, puisque je voidz que dez qu'en estes party, l'œuvre et le myracle que les aultres y ont

faict n*a esté grand Et à tant, etc. De Florymont, ce xxv* en

octobre i564.

AU PRÉSIDENT VIGLIU§.

( Mémoires de Granvelle, XIV, 4oo-&o3. )

Baudoncoart, s8 octobre i56ii.

Mons', j'ay reçu ensemble vos deux lettres. Tune du m* de ce mois, escripte à Gand, Taultre du x^ à votre retour à Bruxelles, et vous

remercye très-afFeclueusement la faveur et la continuation de vostre bonne volunté en mon endroit, que j'apperçoys clérement en ce et auitres choses. Sur ma foy, je suis en grande peyne pour le respect du publicque, quand je considère ce que vous m'escripvez de Testât auquel sont les choses , et que vous n y soyez plus secondé et favorisé comme il conviendroit à la bonne conduicte des affaires ; mais je me console parce que vous dictes que vous avez bon courage, et que vous faictes et ferez ce que vous est possible , disant librement ce que convient quand Ton vous vouldra escouter;et sy sa majesté ne vous escript, ny à mons*" de Barlaymont, considérant ce que m^escript sa majesté, je suis en opinion qu'il escript à Madame afin qu'à vous deux elle porte tout respect ; et ce poinct n'ay-je garde d'oblyer de recommander et à sa majesté et auitres quy luy peuvent ramantevoir, et qu'elle luy recommande son auctorité, la religion et la justice ; ce que faisant, sa majesté tient lès choses en frein, et vous appercevez, comme je pense, clérement que à chacune foys qu'il vient lettres d'Espaigne, il y a plus de ferveur. Le mal est que les lettres d'Espaigne debvroient venir plus souvent et la correspondance de ce coustel-là estre meilleur et continuelle. Quant à moy, je vays mon chemyn , et de sorte que l'on me trouvera tousjours d'une manière désireuse que le service du maistre soit advancé , sou auctorité et de la justice défendue, et la religion entretenue comme il convient, et avec ce laisse dire et menasser quy veult.

Je sentz fort que les estatz de Flandres ayent prins là mouche sy expressément contre l'inquisiteur; véritablement il a bon zèle, mais il est en aulcunes choses indiscret et esclandreux ; sy le fault-il aulcunement supporter, afin que l'on ne lui mecte telle bride que son auctorité soit du tout énervée. Et le fauldroit soulz main emboucher, et le mesmes les théologiens de Louvain, afin qu'ilz réveillassent le confesseur, luy faisans piainctes de ce qu'il ne vad, quant à la rehgion, comme il convient; mais ces gentes sont si inconsidérez et parlent si voluntiers, que l'on ne sçait, comme drapper avec eulx. Sy est-ce que cela serviroit de beaucoup , et presseroit ce poinct austant que nul

àultre la venue du maistre, et ce pendant le feroit tant plus soigneux pour en icelluy escrire à son altèze, à vous et au conseil ce que convient, que vous donneroit plus de moyen de faire de votre coustel les oflGces requis. Et pour Dicul quoyque Ton eslongne de vous parler à part comme Ton souloit, ne vous ^n eslongnez, mais prenez toutes les occasions pour ce faire, et plus tost demandez-luy audience à part à heure extraordinaire , et luy dictes exprès que c*est pour luy parler seulle; et sy elle appelle lors aultres, luy dire aultres choses générales; luy disant en sortant que quand elle sera seulle, vous lui direz ce que vous vouliés dire. Sy deux ou trois foys vous tenez ce chemin, elle n'osera fuyr de vous ouyr seul, quand vous direz que ce sera pour le service de sa majesté et le sien , et lors luy déclarez Testât auquel Ton est et ce en quoy Ton pourroit tumber suyvant ce chemin, et dire que vous faictes cest ofiEice pour vostre debvoir, et obéyr à ce que sa majesté vous a commandé , et pour son propre repoz et pour la craincte que vous avez des troubles auxquelz elle pourroit tumber, et comme il ne peult estre quil ne succède quelquesfois des choses, desquelles il luy sefoit bien dilEcille de sortir sans ayde. Sy Ton vous appelle, prenez occasion et soyez tousjours prest, et vous servez des resentimens qu'elle peult prendre, pour diverses causes, d'ung et d'aultre, pourrons insinuer et luy ouvrir les yeulx, et pour lui faire entendre la vérité.

Aussy ne voys-je comme vous vous puissiés excuser de donner au maistre une foys cler advertissement de ce que passe, le conjurant du secret et parlant généralement du mal quy y est, sans nommer personne, et excusant Madame par dire que vous pensez qu'estant sa majesté absente, elle ne doibt oser plus pour non se mettre et les pays en plus grande confusion et dangier; suppliant sa majesté qu elle ne vous responde et quelle voye que vous ne luy osez escrire. Cela le fera penser et donner crédit à ce que je faiz de, mon coustel, et rompra les déseings des aultres. Et je suis assuré que , mettant sur la lettre en ses propres mains, et luy reconunandant le secret, il le gardera; et vous pourrez couvrir vostre lettre d'une couverte cachetée

d'aultre cachet que du vostre, et superscripte d'auhre main, afin que ny Tisnacq ny aultre en preignent jalousie, uiectant aussy sur la couverte en ses propres mains; cela faict une foys, vous en estes deschargé pour longtemps, et éviterez ce que Ton vous pourroit imputer d'avoir [trompé] le maistre par les lettres de Madame que passent par vos mains, non luy ayant faict entendre la vérité , laquelle entendue 11 dira après qu'il y eust pourveu; mais ne le désespérez: qu'il entende que, venant, tout se peidt encores remédier; car, à mon advis, s'il vient, tout est encores remédiable et sans grande aigreur : car venant, chacun sercheroit de faire du bon valet et luy complaire, et à peu de choses l'on pourroit remettre le tout en fort bon chemin. Quant à ce que ceux de la justice cerchenrt maintenant de gaigner legrey des gouverneurs, et dissimulent; à mon advis, ilz se rangeront plus soubz vous, comme estans du mesme mestier, sy vous les embrassez comm'il convient et je tiens que vous faictes; car ilz ne compourteront voulentiers tant de servitudes, et plus leur veult l'on aller à la main et les assubjectir, et quelques fois les violenter à choses non convenables» plus s'eslongneront-ilz d'eulx, s'ilz treuvent quy les pourte K Et de penser laisser couler les choses, pour estre plus à repoz à la retraicte, je tiens qu'en ce il y auroit mescompte, parce que le princfe, appercevant cy-après le désordre, prendra à desdaing ceulx qui y debvoient mettre Tordre, s'ils ne l'ont faict à leur pouvoir et donnant advis; et lors ceulx quy font présentement le mal s'en deschargeront sur ceulx qu'en ont la chaîne : c'est chose tout ordinaire, comme l'expérience en Naples, Milan, Sicile et Ëspaigne me le monstre. Je diz en tout cecy mon seul advis, sans en estre requis, et debvroye payer l'amende; mais mon debvoir et affection que je pourte au service du maistre et bien publicque et à vous m'y constrainct , remettant le tout à vostre prudence.

Vous faictes fort bien de vous ayder de mons' Hopperus, qu'est certainement tel que vou9 dictes, et j'ai faict fort expressément l'of-

' (Soutient.)

fice vers sa majesté; mais procurez que mous' d'Egmont le face de son coustel, pour les raisons que j'ay escript. ....

La commission des commissaires quy sont par deçà fust esté mieidx , conmie vous escripvez, après les estatz tenuz. Je me doubte que, pour le bien et service de sa majesté» ilz ne feront grande chose; ilz ne diront que je les aye empesché, car doiz^quilz sont par deçà, je me suis tenu icy bien loing. Ils sont à Salins et ont prins leurs instructions de Dissey, qui, à cest elfect, est allé teinir mesnage à une sienne nouvelle acquisition deux petites lyeues de Salins, où lesdits commissaires sont esté quatre joints; mais je tiens que luy-mesme est bien loin d'entendre lès affaires de la saulnerie, et que les commissaires y seront bien empeschez K.

Je faiz mon compte de me partir d'icy, au plésir de Dieu, deans VIII ou X jours et approcher Besançon, et je suis sy loing de leur donner destourbier, que quoy qu*ilz signifient leur Commission estre contre moy et les miens, je faiz ce que je puis afin que mons"^ de Vergy, quelque resentement qu'il ait desdits commissaires, leur donne toute assistance et faveur en ce que, pour le service de sa majesté , ilz vouldroient entreprendre. Mais regardez où va ta malice et renarderie, car c'est invention sienne pour penser altérer la noblesse contre moy, et la joindre à ceulx quy sont jà altérez par delà ; ilz ont semé qu ilz augmenteront le domaine , et que de ceste augmentation Ton entretiendra des hommes d'armes et des chevaulx^égiers par deçà, pour entretenement de la noblesse, que, pour n'estre amy d'icelle mais populaire, j'ay jusques à ores empesché, mais qu'en mon absence lei seigneurs de par delà l'ont incontinent résolu. Ce

* «Ces commissaires n entendent que « des témoins à charge contre les officiers «des salines qu*on accuse être tous des « larrons, t Ils font courir le bruit que tous ceux qui se mettront de leur côté t contre «la maison de Granvelle, obtiendront les «emplois occupés en grand nombre par « les membres de celle-ci : de manière que

« les délateurs deviennent nombreux. » Moron refuse d'accueillir la justification des officiers inculpés comme malversateurs , et s'élaye de la protection du prince d'Orange, «qui lui a mandé de passer outre « sans crainte de qui que ce fût. > (Bonnet- Jacquemet, trésorier de Salins, au cardinal. Mémoires de Granvelle, XV, âS-^Q. )

464 PAPIERS DÉTAT

seroît le vray chemin pour tost faire perdre au roy ce pays, pour les raisons que souvent s'y sont considérées, et les gens de bien, nobles et aultres , Tentendent ainsy ; et sy Ton le communiquoit aux estatz , Ton le verroit.

Depuis lors que je fuz à Gy au mois de may , je n'ay veu mons' de Besançon; mais lui ay bien faict entendre par mes lettres et par ses gens qu'il n a de quoy se plaindre de liciteur ou de soy-mesme. Enfin, sa ca à faire de parvenir à ce qu'il prétend plainctes de tout le monde , et du moi cations, comme rondement je luy a] tout tombera; mais il sent que cela d

Quant à Angleterre , je suis tousjon oste les édictz , et que Ton admette les cation se face à Bruges , que nous aur avions pour y négocier ; et qu'en la c et y serons payez de paroles, ou Ton j munication se fist premier pour, se quant aux édictz ; et de ce ne se pour l'on ne prétendroit aussy que leurs i

roient les choses égales, qu'ostent toutes occasions de plainctes; et moings se plaindroient, pour non donner à entendre qu'ilz ont besoing de vendre leurs draps par delà. Car ils veullént persuader que l'on ne peult vivre sans eulx ny sans leurs drapz , mais qu'ils n'ont besoing de personne; et tenant ainsy les édicts sur pied et en vigueur, l'on viendroit plustost à la communication et plustost s'acbéveroit et avec fruict. Je m'en rapporte à ce que plus saiges y adviseront.

Ce d'Anvers m'a donné, grande peyne,et n est advenu que pour ce qu'ilz ne s'y faict nulle justice. Ils Texténueront tant qu'ils vouldront, mais cent lettres s'en escriront en Espaigne que diront la vérité; de moy je n'en ay voulu faire semblant quelconque, ny en bienny en mal.

Le roy m'escripvoit du premier d'aoust , qu'il tenoit les aydes

de Brabant pour toutes accordées; regardez combien Ton hiy debvoît avoir escript devant que tout estoit faict, et quelle cause de grand contentement il aura^ sçachant que, au x® de ce mois, encores n' estoit ce faict quant aux vieilles, estant ce des garnisons; comme voussçavez que n'est pas avoir faict beaucoup en ce doiz mon partement , ny y donnoit grand empeschement ma présence, quoy que Ton en ayi voulu dire après mon partement; car vous sçavez que Ton entretint Vandenesse et le conterôleur trois sepmaines, afin que par eulx Madame donnast à sa majesté advertissement du final accord, qu'estoit en janvier dernier.

Touchant Renard, je n'ay rien entendu de luy doiz qu'il est en chemin ; ce que je désiroye vous escripvissîés en Espaigne l'opinion que l'on en ha là estoit afin que le maistre nepensast que je fusse seul contre luy. Et oultre ce que je vous en ay escript, Assonleville et aulcuns aultres du conseil diroient bien les nouvelles qu'il leur disoit près du feug journellement, devant ou après le conseil, des affaires de France ati temps de la guerre de la religion, et où elleô tendoient et ce qu'il dict pour les mutiner, lorsque sa majesté Tappella la première foys, que j'ay tout noté. Je ne m'en veulx plus rompre la teste; je nay que craindre de luy, ny ne prétendz rien en ce qu'il peult prétendre , et est trop bas pour me mettre la main sur la teste. Sy le maistre m'en demande; je lui en escriray mon advis; s'il veuJt informer contre luy, je donnerai matière assez au fiscal, et sy demeure [je] libre pour, quand il aura faict avec le maistre, lors demander copie des requestes qu'il a donné faisant mention de moy, pour regarder sy je m'en doibs ressentir et comme, et sy je veulx conniver avec luy sans entrer en aultre accointance, selon qu'il m'a faict tant poursuyvre d'apppintement; je suis certain, que comme il me çràinct, que venant en crédit, il fera plus poiu» moy que pour ung aultre, et m'en pourroye servir sans m'y fier, et auroye lors meilleur moyen de le deffàire. Au reste, je le laisse pour tel qu'il est; bien sçay-je qu'il a esté pernicieulxpar delà, et vous le sçavez aussy, estant publicque et notoire. Et me recommandant, etc. De Bauldoncourt, ce xxvin* d'octobre 1 6B4.

PAPIEHS D'iStAT, VIÏI. 59

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