LA REINE D'ECOSSE
A LA DUCHESSE DARSCHOT.
(Mémoires de Granvelle, XVI, aSA.)
Lisiebourg, 6 novembre i56d«
Ma tante , ayant entendu que ceste navire partoit demain pour aller en Flandres, je ne Tay voulu laisser aller sans vous faire ce mot, pour me ramentevoir en vostre bonne grâce, et aussi pour vous advertir que j*ay eu des nouvelles de France avant-hier par ung de mes gens, lequel Tévesque de Glasco, mon ambassadeur par delà, m'a envoyé, et entre autres choses de quoy je suis advertie , j*entends que le prince de Gondé ma demandé à madame ma grand-mère et à monsieur le cardinal, mon oncle, à qui il a Tait toutes les belles offres du monde, tant de la religion que d'autres choses, et surtout il veult bs^iller ses enffans en ostaiges qu'il asseurera les myens de tous leurs ennemys, leur en laissant avoir justice jsolemnelle. Et pour cest effect me doibt envoyer ung gentilhomme de ce pays , assez grant faiseur de menées, s'asseurant qui! fera tant avec les seigqeurs de ce pays qui sont de la religion des protestans, quilz me priront d'y entendre. Mes voisins sollicitent une autre chose que je n'ay pas grand envye non plus^; mais j'ay bien voulu vous mander ce que j'ay entendu là-dessus^ pour afin que m'en donné responce avec tout le reste : car le connestable a asseuré mes gens du mariage de celluy que sçavez^ et d'autre aussi, avec Taynée fille du nouveau esleu*.
' Voir ci-après une aatre lettre de la * Le prince d'Espagne?
reine Marie, du 3 janvier 1 564* V. S. * Anne, fille de Fempereur Maximi-
* Son mariage avec lecomte de Leicester? lien U. '
PAPIERS D'BTAX. VIII. 6l
Voilà ce que sans cyflfre je vous puis dire , mais si j'ay de voit nouvelles , je vous en mandray plus au long ; ce pendant je vous prieray vous asseurer de moy, comme de la plus aÛectionnée parente et amye que vous ayez, et en cest endroit je vous baiseray les mains d'aussi bon cueur que pour fin je prie Dieu vous donner, ma tante, en santé très-heureuse et longue vie. De llsleboiu^g, etc.