FRAGMENT
AloDSodel Canto estamuy desavenido con todos estas senores, y tanto mejor.porque yendo â Espana diga la verdad, pero temo que del présidente dira aun mas que la verdad. Otros me ban querido tambien dar à entender que ei dicbo présidente ha andado doble con
TRADUCTION
LE SECRÉTAIRE AGUILON
Bruxelles, ii décembre i564-
Alonso del Canto est tout à fait mal avec les seigneurs et tant mieux; car lors de son voyage en Espagne il dira du moins la vérité , quoique , à i'^ard du président, je crains qu'il ne dépasse le but. D'autres ont également cherché à me persuader que ce dernier a joué constamment au fin avec votre seigneurie illus-
* Pierre Aguilon, Espagnol, était chargé de François Alava, ambassadeur d'Esdes affaires du cardinal dans les Pays*Bas, pagne à Paris. Après un assez long séjour et le servit en qualité de secrétaire jusqu'en dans cette résidence, il fut nommé, en 1 564 « que le roi lui donna le même titre. 1 676 i cons^er des finances à Bruxelles ; , Quatre ans après, il fut nommé secrétaire mais, pett de temps après , les Liégeois ,
V. S. I. y holgado destas rebueltas pOr tener mas crédito y authoridad, pero que tiene su pago, porque dize que Madama Do haze mas cuenta dél que de un çapato viejo, y que jamas négocia cou él sin que Armenteros esté présente, y que le ha dicho en la cara, que hastaqui lahan traydo enganada. Dizen, que Masio es agora el factotum con Madama, y el chancilier de Brabante y Armenteros dos cuerpos en un aima , y que andan buscando uno que sepa todas lenguas para hazer los despachos sin servirse de Van der Aa ny de otros. Que los oficios se venden pùblicamente lo dize ya todo el mundo, y que ya no se tiene consulta, sino que Madama lo haze todo A aolas, y mas me ha dicho Damhouder que embian hasta adonde estan los oficios para saber quien darà mas por ellos; que haviendo ofrecido los Lombardos cinco d seys mil florines â la corte porque puedan poner un liarte
TRADOCTIOÎ*.
trissime: voyant daus le fond avec plaisir tous ces troubles, qui lui semblaient devoir augmenter son autorité et son crédit ; mais qu'en revanche il a reçu le salaire de ses services , car Ton dit que Madame ne fait pas plus de cas de ce personnage que d'une savate ; que jamais elle ne traite avec lui uneafTairequelconcpie sans qu' Armenteros soit en tiers , et qu'elle lui a dit en face qu'on l'avait trompée jusqu'à ce jour. On prétend aussi que Masius est actuellement le factotum de son altesse, que le chancelier de Brabant et Armenteros ne forment qu'une âme dans deux corps différents, et quils s'occupent maintenant de trouver un secrétaire qui connaisse toutes les langues , afin d'écrire les dépêches sans avoir besoin de Van der Aa ni d'autres. Quant à la venta publique des emplois, c'est un fait connu de tout le monde; on ajoute qu'il n'y a désormais plus de conseil, mais que Madame traite seule toutes les affaires. Damhouder m'a dit, en outre, qu'on envoyait jusque dans les lieux où existaient des offices vacants, paur savoir qui en donnerait le plus; que les Lombards ayant offert daq ou six mille florins à la cour pour obtenir l'autorisation d'augmenter d*un
chez lesquels il s'élaU réfugié après le sac vante. Habile et très-affectionné à M. de
de Maestricht par les Espagnols, Tempri- Granvdle, il mourut eq i583, probable-
sonnèrent par mesure de représailles , et ment dans son pays natal, il ne recouvra sa liberté que Tannée sui-
DU CARDINAL DE GRANVELLE. 541 mas de interesse sobre cada libra de gruessos la semana , que importaria cient mil^âennes al.ano sobre la pobre gente, y dicho el dicho Damhouder su parecer en ello conforme à consciencia, dîz que dijo despues Madama à Barlaymont y otros que parecia que Damhouder quisiesse bazer como Martini, y que assi no hay hombre que pueda dezir libremonte lo que siente, ny él ha osado ny osa escrivir à V. S. I. lo que querria , de miedo que las cartas pudiessen ser interceptas
TRADOGTION.
h'ard Tintérét des sommes prêtées à la semaine, ce qoi eût fait un impôt dç cent mille florins par an sur le pauvre p^ple , et Damhouder ayant donné son avis à ce sujet tel que le lui dictait sa conscience , Madame dit ensuite à Barlaymont et autres que Damhouder voulait faire probablement comme Martini ; de telle sorte qu'il n'y a plus un seul homme qui puisse dire librement ce qu'il pense , et Damhouder lui-même n'a point encore osé écrire à votre seigneurie ce qu'il voudrait , dans la crainte que ses lettres ne fussent interceptée^
AU SECRÉTAIRE BAVE (Mémoires de Granvelle, XV, aSG-abg.)
Besançon , i a décembre 1 564*
Mon coïnpère les estatz^ se sont teanz, et nonobstans toutes
les remonstrances de monsieur Granjan, et ce que y ont faict mon-
' De FrancheComlé.
sieur le ^uvemeur et moBsieur le président \ et les bons offiees que s'y sont faictz par plusieurs gens de bien, affectionnez au service du maistre, poiu* considération de la chierté grande r^nant et de la peste, et que Ton a recueilly peu de vin et de pain ceste année, avec la maidvaise apparence qu'il y a jusques à ores en ce qu'est semé pour Tannée prochaine, Ton ne les a peu amener plus avant qu'à donner à sa majesté, pour ce coup, cinquante mille firancs^, payables en trois ans, et vingt mille francs pour récompenser ceulx qu'avoient faict service au pays. Stratius' y appourta ime lettre de monsieur le prince d'Oranges, contenant seullement tesmoignage de l'affection qu'il pourte au pays et du désir qu'il eust eu de se trouver présent, et de la voulenté qu'il a et aura tousjours de fure service audit pays; lesquelles lettres» quand elles furent leuttes, aulcuns baptisarent {deynes de gluz, et aussy se voyoit dérement à quoy l'on prétendoit par icelles. Incontinent après, se dressa le billet comprenant ceulx que l'on jugeoit debvoir estre récompensez, auquel Ton ^voit nommé monsieur le prince , monsieur deVergy, moy, monsieur de Chantonay, monsieur de Baulme\ le sieur don Fernande', monsieur de Tboraise, monsieur le président de la court de parlement, ces quatre derniers comme commis aux affaires d'estat du pays; monsieur Granjan, monsieur le président Viglius et vous; et
' Pierre Desbarres, qui présida le parlement de Dole pendant plus de vingt ans. 11 en avait quatre-vingts à Tépoque de sa mort, arrivée le 8 juin 1 565. « Il fut homme 1 de bien , tant que la timidité qu il avoit u en luy le luy consentoit. » (Voir Mémoires de Granvelle, XIX , Ai « et dans la présente collection, tome Vil, page 3a 4*)
' « Moron ayant fait hmire qu'il y avoit < cent soixante mille francs dans les caisses " du domaine, a déterminé ce vote si mes- 0 quin , lequel sera de peu de contentenaent • au roi et de réputation au pays : voilà le 0 profit du babil de certaines gens. > (Let-
tre du receveur général Marchand au cardinal, écrite à Salins le i8 décembre; Mémoires de Granvelle, XV, 287.)
^ « Stratius, au nom du prince d'Orange, « a offert aux états d'employer, pour le sou- « lagement du pays , corps, biens et propre (* vie. Dieu sçait comme aucuns ont déjà fait « valoir ces offres. • (Lettre de Bonnet- Jacquemet, trésorier de Salins, au cardinal; ihid, a4o.)
^ Guillaume de Poupet, abbé de Baumeleff-Moines. (Voir t. IV, page 95o; t. VU,
p. âa4.)
' De Lannois , beau-firère du cardinal.
sont icy mys selon Tordre que Ton les avoît posé au billet. Incontinent qxte monsieur de Bauhne le vit, il s'altéra grandement de deux choses : Tune que Ton y eust mys tant de gens, qu'estoit, comm'ii disoit, faict à droit propoz, afin que n'estant la soomie que de xx"' francs , Ton peust tant moings donner A monsieur le prince d'Oranges, et faultre, pour ce qu'à son advis l'on l'avoit mys bien bas, y ayant, comm'il disoit, xxx ans qu'il £iisoit de grands services au pays; et usa de quelques propoz fascheux, se resentant que Ton eust mys au billet monsieur de Chantonay, qu'il a baptisé à aulcuns son ca* pital ennemy, et que s'il a faict service en l'ambassade de France, sa majesté l'avoit récompensé. Auasy parla-il de mons' de Vergy, disant qu'il n'y avoit pourquoy luy donner^ pour ce qu'il n'estoit gouverneur, mais mons' le prince d'Oranges; mais pour ce que c'estoit entre ceux de l'Eglise seullement, il ne s'en est faict aultre bruyt, synon que le s' don Fernande, accompaigné seullement de mons' de Provenchière\ celiuy quy fut blessé devant Saint-Quentin, se trouva devers mes* sieurs de l'Eglise où estoit.ledit s' de Baulme, où il déclara que nonobstant que j'eusse tousjours faict au pays les services que chascun sçavoit et que je fusse de la qualité respectable que l'on veoit, que quelquesfoys l'on m'avoit donné aux estatz et quelquesfbys non, et que toutesfoys je n'avoye jamais délaissé de m'employer ny plus ny moings en ce que j'avoye peu pour le bien de pays, et que le mesme feroyeje à l'advenir; que quant à mons' de Chantonay, aussy estoit-il notoire qu'il avoit servy bien et honorablement en la charge de France, et que sa majesté avoit bien^f^nstré combien il tenoit ses services aggréables, l'ayant sybien honorablement recogneu; ce qu'il dict à droict propoz pour veoir sy mons"" de Baulme picqueroit sur ce poinct, pour luy respondre : mais: tout le temps qu'il par]|| ledit de Baulme tint la teste baissée, et encores un quart d'heure après. que ledit s' don Fernande fut party de la compaignye , il demeura sans pouvoir dire ung seid mot, quelque matière que l'on luy proposast; et continuant ledit s' don Fernande son propoz^ dict que pour non dimÎAuer la somme
' Antoine, l'a$né des deux fils de Jean Brenot, sieur de Plroyenchére.
que, avec toute raison, se debvoit donner bonne à mons'le prince, n*ayant rien heu aux aultres foys, il requéroyt que l'on myst nions' de Chantonay et moy hors du billet des récompenses , et aussy luy et mons' de Thoraise , et que ce que leur eust peu advenir se répartist entre ceulx. de la noblesse plu» nécessiteux, qu avoient faict service au pays. Et finalement conclut ledit s' don Fernande par dire qu'il sçavoit bien qu'il y avoit aulcuns petitz galandz qu'avoient procuré de naettre altération entre mons'' le prince d'Oranges, aulcuns aultres seigneurs et moy, mais qu'à la fia tout cela se rabîUeroit et que l'intelligence se retourneroit bonne, au préjudice de ceulx qui iaisoient telz maulvais offices. Et comm' il entra en ce propoz, mons' de Besançon le cuida entrerompre, disant qu'il n'estolt bien entrer là en propoz de partialité; mais il le requist de le laisser achever son propoz, et qu'il n'estoit partial ny diroit chose de partialité, ny se trouveroit aulcune de son coustel. Ledit de Baulme et aultres avoient reboutté fort loing ce que l'on vouloit donner à mons' le président Vi^ius et à vous, sans auhre raison ny couleiu*, synon que tous deux fussiés riches. Aultres faisans leulr debvoir remonstrarent là peyne que tous deux vous avez continuellement prins pour le pays, estans ceulx quy nianiez les affaires d'icelluy en court, et qu'à vous deuix recourent ceulx de par deçà en -tout ce que s'adonne, voyre jusques aux grâces des crimes et délictz , et aultres requestes particultères. A Grandjan l'on ne vouloit rien donner ny ainsy ny aultrement, et futon là longuement que, quelques remonstrances que se feissent et diligence qu'il usa soubz main , l'on ne vouloit monter plus haut que de iiii*^ francs ; et ces difficultez croissoient, pour ce que des xx" francs, mons' le prince et mons' de Vergy, selon le premier pourject, empourtoient xiiii'" francs^ ne restoit que vi"* à répartir, et le nombre des demandeurs estpit fojrt grand. La résolution fut qu'il n'y auroit personne nommée au billet des estatz, synon mons' le prinœ pour vni°* frans et mons' de Vergy pour vi*", et que les aultres vi"" se répartiroient par commis choisiz de chascun bailliage, lesquelz n'auroient plus que chascun cinquante francs, pour éviter qu'ils ne tum-
DU CARDINAL DE GftANVELLE. 545
bassent en ce que se fit Faultre foys, que les députez prindrent chascun deux cens frans poiu* honnne, estans xvm ou xii. Sur le choyz de ces commis il y a eu de grandes brigues , voyre que» comme Ton me dict, mons^ de Balançons le matin avec la lantemette , alloit devant jour de maison en maison pour gaigner voix pour ses amys; sy ne s'y fit-i] à beaucoup près de ce qu'il vouloit, et j'entendz qu'entre ces commis 4 la résolution a éHé prjinse que à mons*; le président Viglius, à mous' le président de la court du parfement et à mons'. Grandjan l'on donne à chascun vni^ firans, et à vosis v^; qu'est tout ce que l'on a sceu £aire, et n'ay entendu qu'ils ayent donné ung seul denier à mons^le trésorier de Salins; et vous sçavez tbutesfoys s^l ne le mérite. La reste se répartit entre ceulx qu'avoient donné requestes len bien grand nombre, et sont esté les partz bien petites. Mons' de Dissey^ demeura malade à Balançon, mais doiz là il escripvit lettres et à mons' de Besançon et à mons' de Baulme, avec fort grande instance pour faire continuer les estatz jusques après les Roys, et perdit l'on ung jour entier pour débattre sur ce poinct; mais enfin l'on n'y w)ulut tenir regard et passa l'on oultre. Les villes vouloient faire remonstrance afin que estrangiers, subjectz d'aultres princes, et non des pays patrimoniaulx de sa majesté, ne fussent entremys aux affayr^s secretz du pays, ce que l'on disoit pourMorron, non pas pour lemectre par condition, mais par requeste: il fut débattu en* la chambre de l'Église et en celle des nobles; et en ladite des nobles y eust diversité d'opinions, trouvans aulcuns bien maulvais que l'on eust employé Morron*, homme qu'estoît subject du duc de Savoye, avoit pourté les armes contre luy pour France, et que devant la fin
* et * Gérard de Rye, seigneur de Balançon, vivant encore en i&ya. Marc de Rye, seignear de Diss^, lun de ses frères, quoique moins âgé, mourût en 1667, le à août, au château de Boucians.
' n avati été renvoyé à Bruxelles par les autres commissaires, ses collègues, àTeffet d^obtenir des pouvoirs plus amples, et PAPIERS d*Ètat. — vin.
notamment la faculté d^ordonner des arrestations, sans avoir besoin de recourir au parlement. D devait en même temps proposer: i** la, mise à ferme des salines, qui produiraient de cette manière cinquante mille francs de plus chaque année; a* la vente ou mise en ferme de tous les offices du comté de Bourgogne, dont on
de ladite guerre estoit retourné de soncoustel, et que Ton ne sçait comm' il estoit party de France; qu'il estoit présentement en bien maulvaise intelligence avec le duc, son prince naturel, et que luy nionstrant les secretz de la fortification et munitions, comme l'on Tavoit faict à Dole, où il a mesuré avec fil et plomb la hauteur des murailles, largeur et profondeur des fosselz, la grandeur des portes et aultres choses à la vérité trop curieuses pour personage suspect, s'il n'en avoit charge, et disoient que s'il retoumoit une aultre foys sa robbe, comm'il n'y a que fier en telles gens, il poiuroit faire desservice à sa majesté. Et dict entre aultres choses ledit s*^ don Fernande, que s'il venoit à Gray, à luy et aux aultres commis ensemble monstreroit-il bien les munitions, mais à luy seul non, ores qu'il pourtast lettres du roy, que premier il n'eust adverty sa majesté de la qualité du personaige, pour, après icelle entendue, en faire ce que sa majesté commanderoit ; et ce pendant le feroyt suivre par ung ou deux souldartz, afin qu'il ne s'ingérast d'aller sur la muraille ny veoir les fortifications. Aultres disoient que ores que ce fust ung diable , non pas pour veoir les fortifications et secretz du pays, en quoy ilz disoient tous que ledit s' don Fernande avoit grande raison, mais pour le demaine et augmentation d'icelluy, toutes sortes de gens y peuvent estre employez, et c'estoient de ceulx quy pensoient que l'on proposeroit de, sur l'accreue, faire des hommes d'armes et chevauix-ligiers. La conclusion fut que l'on n'en feroit point d'aultre remonstrance, et aussy n'a l'on parlé desdits hommes d'armes et chevauix-ligiers ^ Il y eust aultres disputes bien grandes quant aux deniers que restoient bons pour le pays entre les mains des députez^, que aulcuns
tirerait une grande somme ; 3"* le retrait des domaioes engagés , et V ToUigalioa qui serait imposée k tous les sujets , nobles ou non nobles, de produire les titres et établir Torigine de tous leurs biens , c ce « qui revîendroit i grande ânance. » (Bave au cardinal , le lo décembre; Mémoiret de GraiivsUs^XV, a3i-Q3Â.)
' « Messieurs des villes > avaient déli-^ béré de rejeter cette proposition « comme «chose insupportable au pays. > (Lettre de Jean Froment i lieutenant dAval, au cardinal, du lo décembre; ihid. 2^8.)
* « Dont ils font leur profit particttlier.» (Expression d^uaelettrede BonnetJacquemet au cardinal^ du lo déc iUdL aAo.)
vouloient estre mys à rente» aultre^ en tuo^ coffre et que ceulx quy les ont en vuydassent leurs mains; auUres que ceulx quy les ont en main fussent obligez donner caution, pour, en cas que le pays en eust de besoing et qu'ilz en feusseat sommeg, de deans ung mois les délivrer. Et à ceste dernière opinion s'est Ton arresté. II2 eussent à mon adviz mieuk fsdct pour conteitf er sa majesté , de oultre les h^ irans donner xxx™ desdits deniers restans entre les mains des députez pour venir jusques à ini'^if; mais ceulx quy les ont en mains (quy sont ceulx que vous sçavez) font soubz main ce qu'ilz peuvent afin qu'ilz n en perdent la veue«
Au reste, les choses s'y sont traictéeâ avec plus de modestie et meilleur ordre qu'en estatz que l'on ait faict de xv ans eoçà, combien que mons' de Baulme, voyant que l'on ne luy donnoit rien, tomba en altération sy grande , que, tout tremblant de col^^ il se fit mener en son logis, abandonnant la coknpaignye, et dict qu'il veult mettre en compte tQus les voyages qu'il a iaici depuis xxx ans ençà, pour les faire payer â sa majesté et au pays; et aulcuns s'en ryent, voyres, sur o^a foy, jusques 4 ses gens projures*
Mons' dç Besançon partoit pour Arbois pour y aller recepvoir ven* dredy prochain la dame et le sire de nopœs^ que mons'' de Kye ra^mène de France; et comme j'entendz. Ton a aussy traicté le mariage de mons' de ChemiUy, filz de feu mons' d'Andelot et de madame la mareschale^, avec une fille de mons' de Balançon de xxii ans, boussue et boiteuse, et une bouche jusques aux aureilles, et bien haulte en ses armes et fort coupperosée par le visage : ainsy la m'a l'on dépeinct et n'en parle que par ouyr dire, car je ne l'ay v-eue; le jeune homme peult avoir xxv ans, beaul et grand et de bonne sorte. L'on dict que,
^ S*agirait-il de Laurent II, fib de Jean du second mariage de Jean d'Andelot, séide Gorrevod, seigneur de Gondes et de gneur de Myon, Jonvelle, etc. premier Salans, qui épousa vers ce temps Pé- écûyerdeCharies-Quint.avecGuiUemette ronne de la Baume , sœur de Tarchevêque dlgny, veuve de Claude de la Baume de Claude? Mont- Saint -Soriin, maréchal de Bour-
' Gaspard d'Andelot, baron de Che- gogne. Il épousa Antoinette, fille de Gé-
milly, Breurey , Fleureyet Cbarmoille, né rard de Rye-Balançon.
lé mariage consommé, Ton le veult envoyer en Italye; je ne sçay sy,
après qu'il sera marié, la dame vouldra consentir ce voyage.
D'mie chose se plaignoient fort aulcuns de ceuix quy sont esté aux estalz , que les conseilliers de la court du parlement briguoient pour estre députez des villes, tant pour comparoir aux estatz pour icelles, que pour les régalementz et s'entremettre aul affaires desdits estatz; et que pour ce, et pour entendre aux exécutions des sentences et enquestes, et pour se mesler des affaires du puitz à Salins, ilz font beaucoup d'absences, et que pour cela ne se viddent les procès; pour à quoy remédier, Ton demandoit augmentation du nombre. Mais ceulx que Ton y adjoindroit brigueroient semblables occupations, et dient très-bien que se trouvans auxdits estatz, les villes n'oserolent faire plainctes des désordres qu'il y a en la justice du coustel de la court, et que ladite court a bien respondu sur ce qu'il falloit remédier aux bailliages sur les plainctes des pénulthièmes estatz , mais qu'ilz n'ont touché à ce dont l'on se plaignoit de la court. Je m'en remectz à ce qu'en est : mais je vous ay bien voulu donner entier advis des nouvelles que j'ay eu de Dole, que je vous prie communiquer à mons*" le prévost, et d'en faire la part que vous jugerez convenir, sans importuner, à mons' le président. Et me recommandant, etc.
De Besançon, ce xii^de décembre i564.
LE PRÉVÔT MORILLON
( Lettres de MorilJoD , I , a a o. )
Saint-Amaod, 13 décembre i564*
Monseigneur, je n'ay volu délesser de donner advertissement à vostre illustrissime seigneurie du trespas de mons' de Toumay\ que
fust hier au seoir, environ yiii heiu^es, asse^ subit M. le duc son
nepveur* Festoit venu veoir et est venu en temps audit décès
Je crains que ledit trespas n^advanchera le faict des aydes, et que venant le despesche de Tongerloo , Ton prendrat nouvelle excuse pour Affleghem, où il convient bien que sa majesté face choix de quelc*un que luy soit affectionné et au publicq, et avec ce homme que saiche et ose parler : car c'est luy qui doibt rompre la glace et donner la première opinion aux estatz.
Dieu pardoint au défunct. Je croy que s'il £ust esté suyvi de ceulx de sa profession, que les affaires se fussent aulcune fois mieulx porté
Pay envoie, durant nostre séjour icy, mon homme à Aire, tant pour entendre à mes affaires', que ce que Ton dit de Tassamblée des Françoys, que y ôont esté en grand nombre; mais, ad ce que Ton m'escript,
^ Charles de Croy-Porcien. (Voir t. VI, ^ La prévôté d'Aire, dont MoriHon était
p. t8o.) n eut pour successeur le proto- pourvu « est de si petit revenu, > disait-il
notaire Guibert d'Ogpies, son vicaire gé- dans une lettre du 1 5 juin i566, «que ce
néral et coadjuteur, qui tint le siège pen- « n*est pour nourrir un homme de bien. »
dant dix ans. Il en évaluait à quatre cents florins le pro-
' Philippe, second duc d*Arschot, et diiit annuel, prinee de Chimay.
ilz se retirent. Noz frontières sont estez grandement sur leurs gardes. Le bruict est qu'il y avoit quelque emprinse sur Saint-Omer^; mais on la trouvera plus munie que Ton ne pense. Aultres dient que c estoit pour la garde de Calais , que at receu grand dommaige par les ventz qu'il a faictz dix ou douze jours ^ plus impétueulx que Ton n'a veu de long temps.
Mons'' Garnier, que est icy, dit qu'il y at esté conununication entre m^ le cardinal de Lorraine et le prince de Condé sur le mariaige de luy avec la royne d'Escosse, etqu'ilz se sont entreuveuz. Mais il ne sçait aulcune certitude. Dieu veuille par sa grâce que là» icy et ailleiu's, tout puist demorer en paix, luy suppliant, monseigneur, etc.
JEAN DE SILLIERS
AU BARON DE BOLWILLER
(Mémoires de Granvelle, XVI, 7-8.)
S. 1. i5 de décembre i564.
Quant ad ce que dictes estes marry son altèze [de Lorrayne]
estre résolue de non poinct envoyer en Espaigne, semblablement ]a raison est contenue en ma précédente lettre; mais est à considérer que ce n'est point une résolution finale : car peult-estre que si son altèze
^ « On dit que le prince de €ondé ades « les choses sont en brattle d'advenir pis
« inteHigences arec hs huguenots de Flan- « qu*en France. • ( Bordey au cardinal , du
« dreft ; H a renforcé les gartiisons des fron- 1 6 décembre ; Mémoiru do Grmvelk, XV,
ttièreb et a voyagé lui-tnesmes en icelles. 376.) Déjà Bonnet -Jacqueraet, trésorier
« On le croit maintenant à Calais. Si Dieu de Salins, dans sa lettre du 7 novembre
« n'y pourvoit et si le roy n'y mect remède , précédent, mandait au prélat c que les'hu-
avoit coQgDOÎssance des moyens que dictes, que le négocié que sçaves ne seroit communicqué, joinct que le roy ne deûst sitost venir, icelle pourroit bien changer d'oppihion, c est à sçavoir d'y envoyer. Bien est vray que la principale difficulté seroit à treuver personnaige qui vou* lust pour Tamour de son altèze entreprendre ceste charge, et qm eust semblable affection que la vostre à Tendroict du subject, lequel mérite bien estre traicté par personne nige et de qualité; car, oultre qu estant traicté par telle main, j'en espéreroye bien bonne yssue, je sçay aussy que son altère ne luy seroit poinct princesse îngratte. Et certes, monsieur, il y a longtemps que si je n eusse pensé vous déplaire , j'eusse volentier conseillé son altèze qu'icelle vous en eust faicte très-instante requeste : car je sçay que congiaoissant la grandeur du subjeot, lequel est participant de tant d'aidtres grans et publicques et par* ticuliers [intérêts] , mesmement que le service de sa majesté y est con*joinct, il ne vous en heust sceu revenir qu'honneur et grandeur; vous suppliant néantmoins, monsieur, me vouloir excuser si je me suis de tantadvancé à vous dédairermonoppinion pour estre, à mon advis, la vraye voye d'en tirer une résolution fmale, soit que fussions secondé de sa majesté ou non, et selon ce, lors bazarder la forUme; estant bien de vostce oppinion qu'estantes les armes en mains, et le chef bien résolu et avec noz moyens, on en pourroit faire ung tel eschec qu'on en pourroit bien matter l'ennemy : remectant néantmoins le tout à vostre bojme discrétion et prudence.
Il y a ung gentilhonune françoys, natif de Normandye, lequel partit de France pour la religion, plusieiu'sans sont, et se retira en5uède, où il s'est maryé haultement, et pervenu à tel degré qu'il estl'ung des premiers conseillers du royaume, cappitaine de la garde du roy, colonnel de toute l'infanterie du royaume et général de toutes les fron-
« guenoU veulent recommencer, la guerre, « Lui-même ne sait que penser; mais Nos-
• quils se disent les plus forts v et espè- «tradamus, encoresque Ton ne doive lui
« rent que du coustel de Flandres on fera le « croire , menace fort de guerre au cous-
« semUable, tenant pour cerlain que tous « tel d* Angleterre et des Pays-Bas. » (Mé-
« les Pays-Bas sont entachés de leur venin. « moires de Granvelle, XV, àS-UQ»)
tières contre Dannemarcq ^ Le susdit personnaige a r«script une
lettre à son aitèze, dattée du xxvii® d'octobre derrier et receue par
son altëze le jour d*hier, requérant à très-grand instance sadite altëze
iver moyen de lui envoyer quelque personnaige
j'il fust, bas ou auhre, moyennant qu'il fust seur,
it, il advertira par icelluy à sadite aitèze moyens si
our pervenir à son patrimoine , qu'elle n en sçau-
ûtter de meilleurs : qui est la cause qu'elle m'a
commandé vous escripre que, si vostre subject practiqué par delà,
duquel avez faict mention ces jours passez, fust encoires près de vous,
et vous le jugeissiés capable de faire cest office, elle seroit contente
de l'employer poiu* l'effect susdict, pour veoir et entendre quelz
moyens le suàdit personnaige pourroit mectre en avant. Vous aurez,
s'il vous playct, sur ce poinct la considération digne du subject, veu
qu'il le mérite.
Le départ de Soisson a esté remis à une aultre fois, avec bien bonne espérance de quelque alliance entre eulx.
Son aitèze a entendu de bon lieu que le conte de Schwarzemburg est sorty de Dannemarcq, et ung Dannois estre en son lieu.
n y a, comme l'on dict, ung ambassadeur dannois en la court de l'empereur; ainsi l'a entendu madame de Lorrayne.
^ Serait-ce Pontis delà Gardie P A la vé- emplois militaires un autre gentilhomme rite, il était du diocèse de Narbonne, et français , le sieur de Varennes, originaire le roi de Suède avait encore dans les hauts de la Picardie.