DES CARDINAL DE LORRAINE ET MARÉCHAL DE MONTMORENCY
(Lettres de Morillon, II, 24a.)
lo janvier i565.
Lundi passé viii^ du présent mois, ung peu avant les trois heures après midy, monsieur le révérendissime cardinal de Lorraine, veslu
* Cette relation , sortie de la plume du rency au connétable , son père , relative à la
docteur Louis del Rio , alors attaché à Tarn- même rencontre. Quant à del Rio , qui de-
bassade espagnole en France, n*a jamais vint environ trois ans plus tard membre du
été imprimée. On trouve aussi dans les Mé- conseil des trouUes dans les Pays-Bas,
moires de Granveile, XVII, 76-78, une nous navons point encore dit le dernier
lettre du maréchal François de Montmo- mot sur son compte.
du robbonet chappeau, accompaigné du petit seigneur de Guyse et grande troppe de seigneurs et gens à cheval, venant de Sainct-Denys, est entré en Paris en grand dangier de sa personne par deux bandes armées qui luy sont allées au devant, en volunté dé le fascher et émpescher de entrer en armes à Paris. La première bande, qui estoit de deux prévostz de mareschaulx. Ta rencontré hors la ville sans Tassaillir, ou pour estre de moindre force, ou quelle estoit seuUement envoiée pour descouvrir et remarquer la compaignie dudit seigneur cardinal. L'aultre estoit la compaignie de monsieur le mareschal de Montmorency \ gouverneur à Paris, et de monsieur le prince de Porcian^ qu a esté trop tardive à gaigner la porte pour devancer ledict seigneur cardinal; laquelle compaignie bien armée et celle dudict seigneur cardinal se sont rencontrées de furie en la ville dudict Paris, rue de Sainct-Denys , assez près de Tégiise des Innocens, et ont lasché plusieurs coups de harcpebouzes et pistoletz, tellement que ledict seigneur cardinal, oyant le grand bruyct et se sentant recullé par ses hommes qui estoient devant luy, a esté contrainct mectre pied à terre et gaigner ime petite maison de celle rue, qui a esté soudain environnée de ses gens amassez et faisans teste fort bravement, de sorte que les aultres, ne se pouvants avantagier sur eulx, ont passé oultre par devant ladicte maison tirant au Louvre avec ceste bravade, sans faire aultre, sinon qu en passant de vitesse ont arraché quelques pistoletz et arquebouses à aulcuns des gens dudict seigneur cardinal, et au rencontrer ont esté plusieurs blessez de toutes pars, hommes et chevaulx, et tient-on qu^il y a deux hommes mortz dudict seigneur cardinal et ung du prince de Porcian. Ce faict , ledict seigneur cardinal at esté conduict à pifed avec son petit nepveur jusques en sa maison , que Ton appelle Thostel de Cluny, situé en l'université,
^ François de Montjmorency, t homme hommes, sé^ confidents , de tuerie cardi-
de grand courage et d'une rare probité. > nal de Granvelle, à la sollicitation de ses
' D après une lettre de Paris, écrite par ennemis des Pays-Bas. (Voir Mémoires de
Pero Lopez le lo octobre suivant, ce sei- Granvelle» XX, 254.)
gneur venait de charger quatre gentils-
près des Maturins, qu'est fort loîng du lieu de ladkte rencontre. Tantost après arriva M. d'Aumale, frère dudict seigneur cardinal, venant aussy de Sainct-Denys avec environ de soixante chevaulx , qui n'eurent aulcun empeschement; et prent bien que ledict sieur d'Aumaie n'estoit à la meslée, pour le carnage et mauvais succès que Ton en pouvoit attendre. Du depuis, comme environ une Heure, ledict sieur gouverneur entra au palais et communicqua en secret avec la court de parlement, et sortant de là se joignist avec ledict prince Porcian , que Fattendoit en la place , et fit incontinent publier ung édict à son de trompe defiFensif de porter armes, mesmes harquebouses et pistoletz, à pêne de estre les contrevenantz penduz et étranglez. Sur la nuict, environ les cincq heures dudict jour, messieurs le premier président, prévost des marchantz et eschevins de la ville de Paris sont allez veoir ledict seigneur cardinal en sondict logiz. Le IX* jour dudict mois, les sieurs de Montmorency et prince de Porcian se sont pourmenez par les rues de Paris en assez grande compaignie. Le X* jour, ledict seigneur cardinal , messieurs de Guyse et d'Aumale, sont sortiz de Paris à qiiatre heures du matin, avec leur train, tirantz à Medon. L'occasion qui a m eu ledict sieur de Montmorency de se opposer à l'entrée dudict seigneur cardinsd est lé port des armes. Les raisons dudict seigneur cardinal sont qu'il peult porter lesdictes armes comme premier pair de France et aiant espécialle permission du roy *; davantaige pour estre avec luy ledict sieur de Guyse , grandmaistre de France , qui a charge de plusieurs lances du roy. Et pour ce qu'on desguisera lesdictes nouvelles de toute fachon , je prie vostre seignéiuîe de croire ce qu'est icy dessus descript à la vérité*. De Paris, ce x* de janvier i565. ^
* Le cardind avait demandé et obtenu * Cette querelle fut apaisée par Hude la reine mère, le a 5 février i564> la rault de Chivemy, alors maître des repermission de s*entourer de gardes, et quêtes,. en conséquence des ordres de la c*est avec ce cortège qu*il entra dans la reine mère, capitale.
GLXIV.
AU BARON DE BOLWILLER
( Mémoires de Gran velle , X V 1 , 59-61.)
Besançon, 1 5 janvier i565.
Monsieur j'ay veu ce que vous, escript le sieur de Selliëres
touchant le voyage d'Espaigne, et me suis bien piéçà apperceu que Ton viendroit à ce de vous mettre en avant de prendre ceste peyne* A la vérité, TafiFaire est de bien grande importance, et. convient quHl soit traicté par gens quy Fentendent, et la dame mérite que Ton luy face , en ce que Ton peult, service , oultre que, luy faisant ce service , Ton sert à Dieu et à toute la chrestienté, et y sont, pour le faire court, toutes les raisons que Ton y a souvent considéré. Et véritablement il me faict mal au cueur quand je voy sy belles occasions, doubtant qu'elles ne se perdent : car estant Tung des roys sy bas, et de laultre coustel s'ouvrant le chemin pour venir avec assistence de ce constella à quelque bon eOect que je seroye d'advis que Ton embrassast, et que sy Fon ne peult avoir tout, que pour le moings Fun en ayt une bonne partie, plustost que de demeurer tousjours suspendu en prétension; et ce que me faict craindre est la dôubte que j'ay, que pour estre le maistre sy loing et y avoir d'aultre part [gens] quy traverseront, je crains que Foccasion ne se perde, que ne sera après jamais recouvrable. De vous jponseiller de prendre la charge et d'aller en Ëspaigne sans estre plus certain de ce que vous y pourries faire, je ne m'y ose avancer, et vous sçavez mieulx que personne du monde ce que vous convient en cecy; et me semble que sur ce que vous a esté mys en avant, vous avez respondu très-pertinemment, et que
tous les poinctz contenuz en vostre responce se doibvent considérer. Ce que je crains tousjours est ce que sy souvent jay dict, que Ton consultera aux Pays-Bas, du moings sy Ton veult que de ce constella il y ayt correspojidence , auquel cas je ne voy aussy que le roy puisse « délaisser d^ainsy le faire. Pour assister d'argent, sans faire aultre démonstration quelconque de s'en niesler, en ce y auroit-il moings de nécessité de le communicquer; mais, comme qu'il soit, il n'y a pas tousjours en Espaigne tout le secret qu'il seroit bien requis, et mesme du coustel d'Erasso et d'aultres quy manient l'argent, et son altèze doibt sçavoir ce qu'elle peut espérer du coustel du prince d'Eboli. Quant à moy, je tiens qu'il ne me trompe; et à tout ce que j'ay jamais peu appercepvoir, il m'a semblé très-affectionné serviteur de son altèze; mais de mon coustel je ne m'oseroye avancer à vous résoluement conseiller ou desconseiller touchant ce poinct de faire le voyage , ains m'en remectz à ce que par vostre prudence , et selon que Ion vous respondra sur ce que voz lettres contiennent, vous trouverez vous plus convenir. Sy se proposant la chose , le maistre m'en esCript, asseurez-vous que je tiendray tout ce que je pourray pour ce que convient au service de son ahèze , et pour l'obligation que je luy doibz, et pour les raisons cy-dessus touchées, que m'obligent en conscience à tenir de ce coustel. Et quant aux aultres poinctz dont elle m'a faict informer par son consçillier, et que j'ay peu comprendre par voz lettres, par celles que j'escripz en Espaigne je faiz ce que je puis, mais je crains fort que cela ne sera point assez s'il ny a homme exprès quy de sa part sollicite; et encores seroye d'advis que celluy quy y seroit pour solliciter ne fist mention de moy, pour non faire l'office que je faiz, suspect; et asseurez-vous hardiment qu'en ce que je y pourray luy foire très-humble service, il n'y aura jamais faulte de mon coustel, et me trouvera-l'on austant prompt que l'on sçauroit désirer, et disant franchement, comme j'ay accoustumé , ce queje puis ou ne puis faire.
Au regard de la practique avec monsieur le duc de Wirtemberg, il ne me sembleroit point, à correction, hors de propoztjue, par quelque
bon moyen et dextrement, vous luy fissiez entendre cpie vous estes tousjours attendant ce qu'il vous vouldra faire respondre, afin qu'il ne semble que chose de telle qualité se traicte négligemment, et aussy pour veoir sy Ton en sçauroit tirer quelque finxict dont Dieu et la chrestienté receussent service , et pom: s'esclarcir de sy l'on s'y doibt attendre ou non ; et certes je m'esbéhiz que du coustel de Rome vous n'en oyez phis rien , estans telles choses méritans que l'on en soigne avec plus de vigilence.
Touchant l'emprinse que derechief vous mettez en avant ^ j'ay veu la copie de la lettre que sa majesté vous fit à Montz, et me souviens bien que j'avoye traicté avec le roy nostre maistre de la matière; mais je ne me sçavoye ramentevoir de la lettre que vous aviés heu, et je ne m'en esbéhiz : car, à ce que je voy , elle se déhvra estant le roy nostre maistre à Montz et moy demeuré malade à Bruxelles : car, s'il vous souvient, je suyviz ung mois après et vins trouver sa majesté près de Doiian. Ce que maintenant vous mettez en avant est en aultres termes; car vous désireriés avoir gens de sa majesté, que ne seroit bien praticable d'en assembler sy grand nombre en ce cousteMà sans ce que tout se descouvrist, que rendroit Tempriivse plus difiGicile, et sy estoit ce que vous traictiés lors, en temps de guerre; maintenant je tiens que sa majesté ne s'en vouldroit mesler ny y estre nommé, sy sur ce printemps, du coustel des voisins, l'on ne faisoit chose que donnast occasion, et conviendroit plus d'y employer le nom de l'Empire. Il y a aussy que lors l'on ne vouloit rien avoir que la chose ne fust efiectuée , mais bien demandoit-l'on , oultre la rente , quarante mil escuz pour fournir aux firaiz et employer entre ceulx qui y assisteroient; et maintenant vous vouldriés avoir argent pour lever gens et faire les apprestes, et mectre sa majesté en fraiz, fiist que la chose réuscist ou non, par où je ne sçay sy la négociation se gousteroit, la proposant; et ne faiz mon compte d'en faire encores semblant jusques à ce que d'Espaigne j^aye responce sur aulcunes choses que j'ay escript, que me donnera plus cler
' Sur la cité de Metz.
moyen de faire conjecture de s'il conviendra de mettre en avant ou non; mais il vad bien, comme qu'il soit, que vous m'ayez envoyé copie de la susdicte lettre de sa majesté et vostre nouveaul mys en avant, pour, selon que le temps nous monstrera, m'en pouvoir servir. Et ne laisse de considérer toutesfoys ce que vous dictes, que plus ira le temps avant, et plus difficile se fera la practique.
Je vous mercye cordialement les nouvelles que vous me participez, et ne vous en puis donner aultres poiu* change, synon que monsieur le mareschal de Vielleville, retournant de Suysse, a passé par icy pour me veoir et a logé céans, quy me dict avoir achevé de traicter leur lighe avec les quantons, horsmys ceuk de Berne et Zurich, et qu'il s'en alloit veoir sa fille mariée, avec le filz du feu seneschal deLorrayne, quy se tient assez près de la maison du Ringrave, et que doiz là il alloit à Metz , dont il est encores gouverneur, ores qu'il y a maintenant lieutenant mys de par le roy \ que la citadelle estoit achevée et en défense ; que doiz là il iroit pour quelques mois en sa maison, ayant esté ahsent d'icelle quatre ans entiers. Aussy me dict-il que noz gens en Corsica avoient prins Porto-Vechio par force , et que Sampetro Corso y avoit esté attainct d'ung coup d'arquebouze, s'estant avec tout cela saidvé ; l'on sçaura tost ce qu'en est. Le marquis de Pescare y debvoit aller pour général de la part de sa majesté.
Don Garcia de Toledo a esté à Rome fort bien receu du pape ; Dieu doint que ce soit le chemin poiu* ,rabiller ce du resentement causé sur la prétension de la précédence«
L'on faict grand cas de l'entreveue du cardinal de Lorraine avec le prince de Condé , et du gtand fruict que l'on en espère et du resentement qu'en ont les Chastillons, spécialement l'admirai; Dieu doint qu'enfin il en succède quelque chose de bon et tost.
Aulcuns veullent dire que le chancellier de France^ soit mort; mais je ne l'ose croyre, tant désireroye-je qu'il fust, pour la craincte que j'ay qu'il ne face encoires du mal assez à la chrestienté.
Madame de Parme envoyé auxnopces du duc d'Holsten , de la part
^ Le sieur d*Au8ance. (Voir tome VU, page âoo.) — * Michel de TH^piUd.
DU CARDINAL DE GRANVELLE. 607 du roy nostre maistre, le sieur d'OoxtrateS cjuy pourtera ung riche carquant^ à la dame de nopces, fille du lantgrave de Hessen
Les aydes sont tousjours aux mesmes termes, et n'y a encores nouvelles que ceulx de Brabant veuUent signer l'accord, mais au contraire sy meuvent journellement nouvelles difficultez , et je ne sçay quand Ton achèvera^de les vuider; et se font beaucoup de choses dont je me doubte que le roy nostre maistre n'aura pas à la fin grand contentement. Et doibt l'on treize mois aux gens de guerre /que sont les grandz miracles que l'on a faict pendant mon absence; Dieu y mecte la main pour ayder au remède, et veuUe inspirer nostre maistre afin qu'il vienne tosti
Madame de Parme attend le prince son filz, conune l'on me l'escript de là, pourPasques-flories, et se doibvent faire là les nopces; mais je me doubte qu'il n'adviendra sy tost.
Je n'ay rien entendu, synon par voz lettres, de la renunciation que le Turcq debvoit avoir faict de son empire à Soltan Sélim son filz, ny aussy de la deffiance faicte à sa majesté impériale; et sy ay-je lettres assez fi:*esches du vis-chancellier Seld, que ne me font aussy mention du voyage de sa majesté impériale vers Praghe; mais il ne pourra tarder que de Tung €t de l'aultre, s'il en est quelque chose, les nouvelles ne viennent.
Encores est la royne mère avec la court de France au coustel de Narbonne, espérant quelque entrevue : je ne sçay ce qu'il en sera.
Il me desplaist très-fort d'entendre ce que ypus escripvez que commissaires espaignols ayent donné occasion aux AUemaps retournez du Pignon de Vêles, de se plaindre de la paye pour l'estimation de la monnoye, et me doubte que, de ce que s'y sera faict, lesdicts commissaires en profiteront plus que sa majesté ; et à la vérité il n'est convenable qu'en choses de ceste qualité l'on chippotte pour peu de
^ Antoine , comte de Hochstrate , marié l*épou9e de Pierre-Ernest , comte d& MansàEléonore, fille deJoseph de Montmorency- feld. Nivelles. La sœur de celle-ci, Marie, était ' (Goliier ou chaine de ^erreries.)
chose. Ce n'est pas comme s'il estoit question d'accreue desoulde,
en quoy Ton ha plus de regard pour la conséquence.
Je n'ay rien entendu du combat de monsieur d'Aumale avec le prince de Porcîan; et quant au conte d'Elfenstain, je vouldroye bien que luy ou aultre allast tost pour solliciter le mariage d'Escosse : car choses de ceste qualité ne vaillent rien traînées; et vous mercye cordialement de Tasseurance que vous avez donné de mon afiPection et voulenté envers la maison d'Austrice, en quoy vous pouvez fort bien répondre poiu* moy, estant asseuré que en ce ni en aultre chose, s'il plaît à Dieu, feray-je faidte
CHARLES DE LARGILLA'
(Mémoires de Granvelle, XVI < 7a.)
Landrecies, 1 5 janvier i56S.
Jtfonseigneur Quant aux afferres, s'est tousjoiu*s le mesme,
synon que Ton dit que les Anglois sont acordés à se que Ton voUoit par dessà; et quant aiuc huguenots de France, y sont tousjours prêtz à se remuer. L'on dit que Andellot est du côusté d'Allemagne, commensant à tenir gans prêt, et que en Loreine y se sont levés bien sinq cans personnes du Pont-à-Mouson ^t allantour, qui se sont allé rendre à Mets, pour vivre en liberté^.
Le prince de Condé est à Nessy^ lequel doict bien tost partir pour
* Il commandait alors à Landrecies, et ' ( De conscience.)
demeura attaché an cardinal de Granvelle ^ Peut-être Anet
jusqu^à sa mort, arrivée en février 1676.
aller trouver le roy de France à Blois et doict passer par vers le connestable bien encompagné de huguenos; car Ton dit qui ne sont pas bien d'acort, ou pour le moiens y Tan font le sanblant; toutefois y Tùe samble qu'il y at de la dissimullasyon , et je me doubte qui ne nous fessent ungne piesse.
Et quant au cardinal de Loreine, y s'est veu avecques ledit prince de Condé, pansant de trêter le maryage de la raine d'Escosse et de luy^.et de son filz^ avesques la fille de Guise ^; mas les huguenos ne treuvent pas bon le mariage d'Escosse, car y crégnent que syll estoit hors de France y qui n'arriont point de chief ; et quant à madame de Guise, Ton m'an dit estranges nouvelles; Ton disoit de mons' de Nemours et d'elle : elle a bientôt hoblié son mary ; « desdichado del « que muere sy al paraiso no va '. »
Et autre novelle y at ; Madame d'Estouteville a donné ungne terre au prince de Condé qui vaut dis mille frans de rante ^ de laquelle y joyt et s'y tient à présent.
L'on a fet ung prêt de deux moies à nous pouvres soldas, et restent dis; sy le roy ne vient par dessà, je doubte qui seront bien maltraités, et que les affaires ne se pomleront guère bien de nuls costés.
Je ne sçais sy votre seigneurie illustrissime at esté adverty come le cardinal de Lorène at pansé estre tué mecredy dernier passé, entrant à Paris, des huguenos du prince de Porciane, et sy avoit deux cens arquebousiers de sa garde, et mons' d'Aumale autre cens arquebousiers; lequel entrât k Paris, par ungne autre porte. Je ne say à quel effect; mais sy le seigneiu* cardinal ne se fut geste dans ungne maison d'ung marchant, le poure marchant, sarrant la porte, fut tué à coup de pistoUés.
' Louis, prince de Condé, avait eu cinq Marie, fille de François, duc de Nevers. fils de sa première femme, dent deux * Catherine, issue de François, duc de
moururent dans Tenfance. L*ainé des sur- Guise, devint en 1670 la seconde femme
vivants, auquel il est fait ici allusion, se de Louis, duc de Montpensier. nommait Henri, et n'était encore âgé que ' « Malheur à celui qui meurt, ft*il ne
de douze ans. 0 épousa , en Tannée 1673 , « va point en paradis I »
PAPIEB5 D'ÉTAT. — VIII. 77
L'on fait quelques geos de pied à i'entour de Noyouy et il y at à Crépy trois bandes d'ordonnance; Ton dit que les gens de pied sont pour envoïer à Mets, et autres disent qu'il ont quelque entreprise sus main et qu'il ont davantaige de gens aillieurs , et nous viendroit bien
mal à point, estant les affaires comme elles sont et le mestre si loin
Je baise les mains à votre illustrissime seigneurie, priant à Dieu, etc.
LA DUCHESSE DE PARME