‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 2)Chapitre 58 sur 77 · AU ROI D'ESPAGNE · texte numérisé non relu

AU ROI D'ESPAGNE

(Mémoires de Granvelle, XVI, i4o-iÂi.)

(Bruxelies) 17 janvier i565.

Monseigneur, j'ai veu ce que vostre majesté me respond sur mes précédentes lettres quant au concilie , et la difficulté qu'elle treuve sur la clause apposée sur la fin de la minute de l'acceptation des dècretz dudict concilie, que vostre majesté vouloit faire publier par deçà ^ Estant ce point de si grande importance, et esté tant meurement pesé et débatu ce que le concerne, tant par les consaulx provinciaulx que ceulx des consaulx privé et d'estat de vostre majesté lez moy^, il ne m'ha aulcunement semblé convenir y prendre aultre résolution, sinon avecq la participation de ceulx qui avoient esté avec moy en la précédente délibération , ausquelz j'ay commimicqué ce que vostre ma-

^ VigUuft, daus ane lettre écrite au car- « plus seur de paaser la chose ainsi, pour

dinai le 3o janvier (Mémoires de Granuelle, ■ non donner occasion à plus de garboilles

XVI , 1 38) , est tont ^ fait d*aocord avec la « et mettre le tout eo dispute. >

diicbesse, « c«r (ajoutât-il) selon que nostre * Auf^rès de moi. «peuple est desjà embouehé, il swnUe

Digitizec^by

jesté m^en ha escript de ladite difficulté, laquelle vostre majesté treuve en fadjunction de la réservation des droictz, haidteurs, préémi-^ nences, régalles et jurisdiction de vostre majesté et de ses vassaulx et aultres subjectz séculiers. Et certes, monseigneur, tant eulx que moy ne désirons riens plus que de nous accommoder du tout à la bonne intention et plaisir de vostre majesté, ne tendant ce que par nostre opinion ha esté représenté à icelle , sinon pour plus facilliter Teffect et exécution des décretz dudit concilie, et éviter les oppositions et inconvéniens qu^en pourroient sourdre, si dois le commen* chement n y fût pourveu. Et après avoir le tout par lesditz du conseil en ma présence esté derechief au long débattu et examiné, ii n ha samblé à ceulx du conseil que ladite acceptation se sçauroit ainsi faire purement et absolutement, sans tumber en grandes disputes avecq les estatz, vassaux, villes et subjectz de vostre majesté pardeohà , ausquelz sambleroit que , par ceste acceptation sans aucune ré* serve, elle auroit quicté leursditz droictz, esquelz toutesfois vostre majesté leur a juré et promis de les maintenir; dont aussy sambloit, soubz très-humble supportation, qu'il n'appartenoit à ceulx du concilie d'en disposer, estantz mesmes lesdictz droictz fondez, non seullement es anciennes usances et privilèges, mais aussy en raison et selon que pour le bien, quiétude et tranquillité de la république se treuve convenir. Et faict à craindre que venans à ceste occasion lesdits eAâtz et subjectz, incitez par les voisins à contredire ceste accej>* tation, selon que en ceste saison Ton ne se monstre que par trop prompt à nouvelletez , aulcuns mauvais espritz cercheroient aussy mectre en dispute ce que est bien le principal des décretz dudit concilie, les articles de la doctrine; par où il ha samblé que il vault mieulx hoster ceste pierre à laquelle teh gens se pourroient ofiFendre, que de tumber en hazard de chose plus dangereuse, comme ilseroit si Ton vînt mectre scrupule es choses sainctement et catholicquement esclarcies et déterminées par ledit concilie. A quoy tantnoz voisins, estantz quasi tous infectez et contraires à ladite doctrine, que une infinité des subjectz ne prestans que par trop Toreille aux nou-

veiletez, aideroient facilement pour pousser la chose plus oultre; dont ne pouvons icy aultrementjuger^ sinon que nostre sainctpère, estant adverty de ces considérations, n en fera difficulté quelconque, comme aussy n^est à présumer que lesdits du concilie, parce qu^ilz ont touehé en leurs décretz au contraire, quant aux droictz des princes souverains, leurs vassaulx et subjectz séculiers, en choses plus temporelles que ecclésiastiques, leur ayent voulu hoster leurs droictz sans lés ouyr, oires que en ce regard ilz fussent en ce. esté juges compétens, que Ton vouldra toutesfois prétendre que .non.

Aussy, monseigneur, ha semblé que combien que par la limitation que se feroit en l'acceptation dudit concilie par deçà , se trouveront quelques difiFormités avec celles des autres royaumes et pays de vostre majesté, que cela se peult facillement excuser pour la diversité des ungs aux aultres, et que estans ces pays tant environnez des sectaires et que pour la hantise qu'ilz y ont Ton se peult mal garder qu'ilz n'y laissent quelque semence, l'on ne doit trouver estrange si , pour éviter plus grand mal , l'on y use de plus grande cautelle.

Et voyant, monseigneur, par ces raisons ceux du conseil persister en ladite limitation, je miz conséquemment en délibération si Ton ne sçauroit trouver quelque aultre expédient, ou du moins coucher ladite clause de limitation de sorte qu'elle feist l'effect par eidx prétendu, et d'aultre costé l'on le trouva moins estrange; et combien que su» cecy l'on mectoit en avant que vostre majesté pourroit sur ce obtenir quelque dispense ou déclaration de sa saincteté , ou le réserver jusques à ce que vostre majesté l'eust faict commimiquer à icelle, et que ce pendant riens ne fust innové quant à ce que touche lesdits droictz, donnant par ce tant mieutx à entendre que vostre majesté respecte l'auctorité de sa saincteté, l'on auroit moindre occasion de le calunmier; toutesfois coipme cela seroit mecire l'affaire en longueur, et que vostre majesté pourroit faire difficulté de traicter de cecy en ceste saison avecq sa saincteté, et que, oultre ce, sambleroit que l'on se submectroit en cecy à sa t;otaUe détermination,

il a enfin samblé que si vostre majesté ti^ouvoit ladite clause , ainsi qu elle ha estée couchée en la forme envoyée à icelle , par trop ample et générale, que, au lieu d'icelle, par peu de motz se pourroit dire le tout, « saulfz les droictz de vostre majesté et de ses vassaulx « et subjectz, • et que tousjoiurs vostre majesté satisfera à sa saincteté, luy faisant déclairer quelle accepte les décretz dudit concilie, sans que pourtant elle se oblige de commander à s.es vassaulx et subjectz choses contraires à leurs privilèges et serment que vostre majesté leur ha faîct. N'ayant ainsy sceu trouver que cydevant des concilies passez soit esté, par les prédécesseurs de vostre majesté en ces estatz, faicte semblable acceptation et publication solemnelle , ains que concernant iceulx concilies pour la pluspart. Testât ecclésiasticque, les chiefz d'icelluy en leurs synodes ont advisé, sur l'observance d'iceulx; remectant néantmoins le tout au bon plaisir de vostre majesté , à laquelle je n'ai, pour ma descharge, voulu délaisser représenter le tout. Et si nonobstant toutes ces considérations, elle se vouldroit déterminer que ladite acceptation se feist purement et simplement sans aulcune réserve, et actendre les inconvéniens que cy-dessus sont représentez, vo&tre majesté sera obéye, ne servant ce que dessus sinon pour ma deschai^e et de ceulx du conseil, si les inconvéniens que l'on craint s'en ensuy voient

LE PRÉVÔT MORILLON

(Lettres de Morillon, II, 186-189.)

Bruxelles > 18 et 22 janvier i56S.

Monseigneur, ceste servira pour advertir vostre illustrissime seigneurie que M. le président at faict demander son congé à

son altèze , que ne le luy at volu donner et moings en escripre au roy, dont il l'avoit aussi requiz ; ce qu'il dict avoir faict par le courrier que partit hier. Et m'a prié de supplier vostre illustrissime seigneurie de sa part, que pour ce coup elle ne Tempesche, alléguant son indisposition ^ et qu'il congnoist qu'il n'at plus l'expressive, ce qu'est ainsi M. d'Egmont l'a fort pressé de résigner

Testât de président et demorer chief du conseil d'estat, dont il s'est excusé, veuillant estre desporté de tout, ou demorer, tant qu'il debvra servir, ainsi comme il est

Ledit sieur at parlé à son altèze en faveur de M. Hopperus, auquel elle a commandé de faire comme il at commencé, adjoustant qu'elle le désire advancer. Le mesme entendz-je luy avoir esté dict par ledict sieur, que se remectoit ad ce qu'il entendroit de son altèze , et a dict qu'il en parlera à sa majesté.

L'on me dict que le chancelier de Brabant, aussitost que le président fust indisposé , escripvitau confesseur du roy. Si ne pensé-je qu'il seroit au goust des seigneurs, non plus que Assonleville , que at perdu crédit vers eulx. Aulcuns ont parlé de Bruxelles, aultres de

' Vig^us venait d*ètre frappé d*une pa- quelques jours apl^, «sauf la langue, ralysie de tous les membres , qui disparut « qu*est parfois mal entendable. »

Maes, que est continuellement vers M« d'Egmont et le prince d'O* range.

Le voiage dudit s*" d'Ëgmont at continué, de sorte que les instructions dressées par ledit président, par avant sa maladie, sont esté revenez et augmentéez en aulcuns poinctz , dont le marquiz de Bei^e at esté le secrétaire- J'entendz que Ton y a regretté Tabsence de Renard. L'on voulloit donner ceste charge audit marquiz , que s'en est excusé à cause de son indisposition et corpulence. Aussi font M. de Homes et son frère ^

Son altèze at escrit ces joiurs passez en Espaîgne et despesché hier seoir courier exprez pour préadvertir de la venue. Aussi traictat-elle devant-hier au soupper ledit conte d'£gmont,M.le prince d'Orange, lesdits sieurs de Homes et Berlemont, auquel chaseun faict maintenant grande caresse, encores qu'il tient ferme pour le maistre et la justice.

Ce matin est parti ledit conte avec ses chevaulx , et vat coucher à Mons et dimenche à Camhray, où il attendra son sauf-conduict du roy de France, qu'est à Narbonne. Il trouvera du trouble à Paris, aîant le sieur de Montmorency volu tuer le cardinal de Lorraine, le VIII® de ce mois, ainsi qu'il entroit audict Paris, accompaigné de son nepveur de Guise et de quelque compagnie armée, que ledit Montmorency, selon l'édict du roy, voulloit faire lesser les armes, et l'auitre disoit qu il avoit congé particulier du roy et de la royne mère. Sur ce que s'esmcut le débat, et tint à peu que ledit cardinal ne fust attainct d'un coup de pistolet que tira ledit Montmorency contre luy, assignant^ le trésorier dudit sieur de Guise, que demeura mort sur la place. Les Parisiens se sont levez contre ledit Montmorency, que s'est retiré en la Bastille. Il fust esté plus seur que ledit sieur' se fust party desguisé; plusieurs gens de bien n'en sont à leur aise. Je prie Dieu luy donner bon voiage. Ce seroit dommaige si

' Floris, baron de Monligny, fils de * (Visant?)

Joseph de Moiitaiorency-Nîvelles et d'Anne ^ (D'Egmont.)

d*Egmont-Buren. {Voir t. VI, p. 676- 677.)

616 PAPIEHS D ÉTAT

mal luy advînt et le pays y perdroit. Les seigneurs Culemboui^^et

Tambruges(?) vont en sa compaignie avec xvi ou xviii chevaulx.

Les discours que Ton faict sur ledit voiage sont divers, s'estant dressé à Fimpourveue. Del Canto pense que les seigneurs ne sont à leur aise, pour quelque advertence venue d'Espaigne , et que le roy ne dort. Le sommaire de Tinstruction est que la religion se perd , le pays extrêmement povre, la justice non respectée, les subjectz non affectionnez comme du passé; de sorte que le pays est en mille dangi^rs, et que c'est miracle qu'il s'est si longuement tenu, et qu'il n'y a remède si ce n'est que sa majesté y viegne ou qu'elle y pourvoie, conune entendrez par les lettres de M. le président. Je croy bien qu'il ne sçait poinct tout et ce que l'on at chargé en particulier, ayant les seigneiu^ esté en si bon nombre , Meghe et Mansfeld y appeliez , et aussi Noircarmes^ et Warluzel. L'on at tenu plusieurs consaulx secretz, Berlemontat esté idem, quant il at esté évocqué, nonobstant touttes caresses.

Du moings ne dirat l'on par ladite instruction chose que vostre illustrissime seigneurie n ayt piéçà prédit. Dieu pardoint à ceulx que sont cause que tout ne vad comme il doibt. Quant les officiers ne veuillent suivre les placardz , quant l'on consulte si l'on peult et doibt faire morir quelc'un pour la foy, et que l'on ose dire que ce n'est le remède pour extirper les sectes, il ne se fault esbahir si la religion souEFre. Le second poinct de la doléance est bien loing de l'espoir

^ La terre de Culembourg, attendu la part ai activA que ce seigneur prit aux troubles des Pays-Bas dès leur origine , fut confisquée par ordre du duc d'Albe» et son château ruiné jusqu aux fondements : il mourut au mois de septembre 1 5go. (Voir tome VU, pug. 2bi, a6a.)

* Philippe de Sainte- Aldegonde , fils de Jean , baron de Noircarmes , indépendamment de ses autres emplois (voir t. VII, p. a 1 8 ) , était encore général des armées

royales, grand-bailli de Cambrai et de Saint-Omer, gouverneur de Valencieimes et de Tournay. U nK)urut ai^ mob de février ib'jà à Utrecht, à la suite des blessures qu*il avait reçues. Tannée précédente, au siège de Harlem. • Il ne peut être que « cet bpmme dure , a écrivait Morillon (Let' très, VII, ai8), « étant par trop fondé sur «la gloire, Tavarice et menteries. » Jean^ baron de Selks , dont il sera parlé ci-après , était le frère de Philippe.

DiQitized by

que l'on avoit donné de paier les debtes du roy. Aussi n'est merveille si là justice dort, par laquelle seulle se poulroient remédier lesdits deux poinctz, puisque chacun en use, en son gouvernement, ainsi qu'il luy plaist : exemple en Mansfeld. L'on veult que tout passe au conseil d'estat, et abolir le conseil privé et finances. Homes, pour remédier les altérations deGeldres, mect en avant de oster le conseil du roy et menasse de tuer le drossart de Brabant, s'il exploite sur sa terre. L'on se resjouyt de veoir la ville de Bruxelles en opposition contre le conseil de Brabant.

Si le roy ne vient et qu'il doibve entendre à la provision , je tiens qu'elle se démandera telle, que l'on poulra veoir que ce n'est pour

remédier, mais pour gaster dadvantaige et que chascun se fera

maistre en son gouvernement, commandera à la justice, et les forces seront vers eux et les hommes, comme je vous ay escript m'avoir dict un joiur, post pocula, Cobel; et les François l'entendent bien ainsi

J'entendz que Moron at la teste vers Espaigne^; car icy ne obtiendrat-il rien et s'en yra comme il est venu. Hopperus at esté commis avec le trésorier Schetz pour communiquer avec luy, en ce quoy ledit Moron s'est monstre de peu d'esprit, ne sçaichant donner coleur ad ce qu'il at miz en avant, dont il se départ avec la mesme légierté qu'il l'at proposé; et s'est conformé à l'advis de ceulx des finances, que ce n'est raison de commencer par destitution ny se saisir des papiers et tiltres des particuliers. Il parle fort indiscrettement, à ce que me dict Hopperus, de M^ nostre prince, disant que ce n'est rien de luy, qu'il croit tout ce que l'on luy dit, et que si l'on luy disoit qu'il est mort, il le croiroit^. Il mérite bien d'estre entremiz pour le prouffit

^ Où il trouva la mort, comme nons «si morae, si mélancolique et pensif, et

l'avons dit ailleurs. (Voir tome VI, p. la, «qu^il ne prend plaisir à chose que soit,

et tome VU, p. 66-67.) « Je crains bien que le chef et les membres

* On lit dans la lettre d'un anonyme au « de ce coustè-là n'arriveront jamais aux

cardinal , de la fin de Tannée 1 564 « un ju- « vertus des trépassés. > (Mémoiru de Gran-

gement sur don Carlos qui diffère assez velle, XVI, i65.) peu de ce lexte : c Notlre prince est à st*heure

du roy, puisqu'il porte tel tesmoingnage à son héritier et fik unicque, ne servant ceste détraction que pour mal imprimer ses futurs subjectz de luy.

Ceulx de Brabant ont promiz le xv* de signer leur accord \ que sera de peu de prouffit, Taiant le temps mangé, et qui! couste si chier au maistre. M. d'Egmont les traicta devant hier et furent bien XL à table , le festin grand et opulent et force malvisée ^, que donna à la teste de plusieurs, mesme du pensionnaire Martini, que ne fault jamais de donner des attaiches ^ à ceulx du conseil de Brabant, quant il peult, et ne Foblia lors. Le trésorier est après pour lever une partie de Tayde pour ce que Ton luy doibt. Mais j'entendz qu'il y aura du contredit. Les impôtz se remectront sus.

Ceulx de Flandres et Hollande ont leur accord prest, pourveu qu'ils veoient la signature de ceulx de Brabant. Aussi ont ceidx de Haynnault, où il at esté dit en plains estatz qu'ils se gardent de faire comme Brabant

Le prince d'Oranges démonstre qu'il n'est content de Armenteros, disant : « Serons -nous doncques gouvernez par Armenteros? » Sur lequel les seigneurs, estatz et abbez de Brabant commencent à crier, et diton qu'il at heu pour sa part de ladite provision six mil florins ; je me remectz ad ce qui en est. Il faict ses foingz ce pendant qu'il at beau temps ; il prend l'auctorité et feict ce que luy plaist ; les seigneurs et Schetz vont négotier vers luy

J'ay parié avec del Canto *, que est fort bien informé, et aultant ou mieulx que moy en ce de la religion et justice, « odio in derum et togatos, • et de l'auctorité du roy allant par terre. Il dit que le président est trop flosche en ce de la religion , et ot fort maulvaise opinion de B^asdorp. Il se plainct fort de la connivence des officiers, nommément

* « Les prtiatz et nobles oût signé le xx ; ' Mot à mot épingles , coups d*épmg^.

« les vîHes diffèrent jusque Ton ayt purgé ^ Ce personnage correspondait directe-

« leurs demandes, que se feît le xxi. » ( Note ment avec le roi , dont il possédait alors

de Morillon.) toute la confiance.

' Malvoisie.

de Bruxelles et d'Anvers ; que Ton at faict morir en Anvers, pour les tumultes de Taultre jour, ung que avoit peu faict et que Ton a dissimulé avec ceulxque heussenttué, en plain jour sur les rues, la femme qu avoit déféré le prescheur héréticque que fiit dernièrement exécuté audit lieu , si elle ne se fust saulvé en une maison ; et quant l'on a commandé d'en faire correction, que l'on a dict que c estoient des enffans qui Tavoient faict II sçait fort bien comme se conduisent aulcuns pensionnaires, tant en ce de la religion que au service de sa majesté.

Ledit del Canto parle très-bien à son altèze, qui le crainct plus qu'elle ne l'ayme. Il dit que ce que les seigneurs envoient vers le roy est, suivant ce qu'il leur ha escript, d'envoier quelc*un poui* communicquer; mais en cela s'abuse-il, car c'est mota propria qu'on le faict , encores qu'ils font courir le bruict conforme à l'opinion del

Canto Les choses vont fort mal en ceste ville, et il y a un monde

de conventicules.

Castillo m'a dit que son altèze at déclaré quelque mécontentement contre D, et j'ay entendu que c'estoit à cause que le roi est admonesté sur la vendicion des offices, que l'on veult imputer à D. Je crois que c'est del Canto qui l'aurat faict, mais l'on ne lui ose dire

Le sieur de Montigni vat à la communication de Bruges avec les Anglois au lieu de M. d'Egmont, et va traicter aussi et conclure à Mons son mariage avec la fille de la princesse d'Epinoy, qu'aiura LX°* florins de dot^: ladite communication est remise pour trois sepmaines, qu'est bien, selon que V. S™^ a prédit, pour donner la main aux An^ois, qui s'en tiendront plus fiers.

M. Gislain a esté exécuté par l'eppée en Anvers.

' Voir tome VI, page 676, oà ce mariage est fixé par erreur à Tannée i564- .

AL REY D. FELIPE IL

(Mémoires de Granvelle, XVI, 8a -85.)

Besançon , â ao de enero x 565.

(Supiico à V. M. muy humilmente que esto sea para ella sola.) Escriveme ei présidente que todo va en Fiandes muy mal, y urge mucho para que se solicite la brève venida dç V. M. con la quai todo con muy grande facilidad se remediaria, y sin ella es impossible; y creo que dize verdad, que en el consejo se habla, sin que lo coutraduction.

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