‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 2)Chapitre 62 sur 77 · AVEC LA RÉPONSE · texte numérisé non relu

AVEC LA RÉPONSE

(Mémoires de Granvdle, XVII, 35.)

Messieurs, je vous viens ofifrir en général et particulier tout le plésir et service que je vous pourray faire, et pour vous faire entendre que je suis venu en ceste ville ^ au commandement de monsieur mon cousin^, qui est icy près, afin deTobéyr en ce qu'il me commandera, aussy que Ton a voulu donner quelque impression aux citoyens de ceste ville qui n'est encoires du tout efifacée ; vous suppliant croyre que le seigneur Dieu ne m'a encoires si peu assisté qu'il me voulust permectre que je feisse une émotion, pour donner moyen aux larrons et pillardz de pouvoir exécuter une partie de leur avaricieuse et insatiable afifection de saccager, de laquelle je ne pourroye rapporter aultre fruict sinon une perpétuelle ruyne de ma maison et la veue d'une misérable et piteuse désolation de bonnes et notables maisons que je congnois en ceste ville ; mais au contraire, je ne désire rien plus que de continuer le peuple en son debvoir et en la pure obéissance des édictz du roy. On a voulu dire que j'estoye entré avec plus grand nombre qu'en mon trahin ordinaire , dont la compaignye tesmoingnera; j'ay admené trois cens chevaulx qui sont de ma suytte ordinaire, et pource que je ne m'asseuroye trop de quelxqu'imgs qui ne

' Arrivé le 32 janvier dans la capitde, ' Le maréchal de Montmorency,

il en repartit le 29.

me sont amys en ceste ville, j'ay prié mon cousin de m'ayder de quelxquungs des siens, lequel m'a envoyé cent chevaulx de sa garde, non de garde privée, mais de garde royale. Au surplus, messieurs, je vous supplie que ceulx de ma religion, quilz ne sont en petit nombre en ceste ville, puissent par votre moyen jouyr du fruict des édictz du roy, ainsi que jeusques icy vous avez bien voulu permectre, suyvant rintention de sa majesté, et que à ceste occasion ilz ne soient molestez ny travaillez en aulcune sorte.

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