‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 2)Chapitre 65 sur 77 · CLXXVIII · texte numérisé non relu

CLXXVIII

EL REY D. FELIPE II

(Mémoires de Granvelie , XVÏ , 1 56-i 67.)

De Madrid, a 3 de hebrero iS65 '.

Don Phelippe, por la gracia de Dios, rey de Espana, etc. Muy reverendissimo in Christo padre, cardenal de Granvela, aunque holgue

* Sorte de juge dans le pays wallon.

* Après lui avoir accusé réception de la lettre dans laquelle Granvelie a discuté la question d'une ligue à traiter pour le Mi-

lanais avec les cantons de la Suisse, lettre qui porte le cachet de son expérience consommée dans les affaires, et à laquelle il ne peut répondre pour le moment, Philippe

mucho con vuestra caria de xii de octubre, en que me embiais vuestro parescer sobre lo de la liga con Suyços, porque es tan acertado como yo lo esperava de vuestra gran prudencia, y del zelo y attencion con que mirais las cosas de mi servicio ; por agora no puedo responderos particularmcnte à ello, mas de que sepais que la dicha viiestra carta llego â tiempo que me avian venido otras de don Gabriel de la Cueva, y del conde Juan de Anguisola,y senador Molina, que como sabeis estân en el negocio, y ha sido muy â propôsito para resolverme, ver lo,que me scrivis, y assi os agradezco mucho la diligencia que en ello usastes, y de la resolucion que tomare os mandaré avisar con el primero, para que lo sepais como es razon.

Lo que al présente ay que deciros es , que ha muchos dias que la reyna christianissima, madré del rey de Francia mi hermano, me ha embiado à dezlr assi por medio de su embaxador que aqui réside, como de otras persona9, senaladamente de mis embaxadores que alli ban residido, que ella desseava mucho que nos viéssemos en la frontera de Perpiîian, o deBayona, y aunque yo la quiero tanto que holgaria mucho de verla y conoscerla , y por dalle el contentamiento quç ella recibiria de verse con la reyna mi muger y su hija ; todavia no me Re resuelto en ello, assi por no dar lugar mis negocios y occupaciones forçosas que aqui tengo, como por otras causas que me lo ban estorvado. Agora ultimamente viendo que se acercava â las fronteras destos reynos, y que esta va ya en Monpeller, me ha tomado â

annonce au prélat l*entrevue qjui doit avoir lieu prochainement à Fontarabie entre la reine mère de France et la reine d* Elspagne , sa ûUe. Sollicitée depuis longtemps par Catherine de Médicis , cette entrevue avait été constamment différée pour plusieurs motifs; mais enfin Topporlunité des circonstances et les désirs réitérés de Tépouse du roi ayant déterminé oe monarque à céder aux instances des deux reines, elle 9 effectuera probablement dans le cours de

Tété, mais les nombreuses occupations de Philippe ne lui permettront pas d*y assister. Elle n'aura aucun but secret ni politique , et il importe de présenter cette réunion sous son véritable jour à tous ceux qui en auront connaissance. Le cardinal est chargé de ce soin, tandis que le roi écrira de son côté dans le même sens à plusieurs souverains dont la liste est annexée à cette dépèche.

instar sobre estas vistas, diziendo y encaresciendo el gusto y contentamiento que recibirâ de verse con la reyna mi muger, agora que se ofifresce la occasion de estar tan cerca que quiçà en rauchos anos no se ofiFrescerâ otra semejante , y que si yo pudiesse tambien hallarme en ellas, séria su contentamiento cumplido; visto eslo, y la instancia que la reyna mi muger me ha hecho tambien sobre ello, y por satisfazellas â emtrambas en este su desseo, te hemandado responder à la dicha reyna christianissima que yo huelgo mucho de que la reyna mi muger se vaya à ver con ella à la parte de Fontarrabia, y que yo no me puedo hallar en estas vistas, por las forçosas occupaciones que acâ tengo; y assi, plaziendo â nuestro Senor, las dos reynas se verân esta primavera, de lo quai os he querido avisar con tiempo, assi para que lo sepais como es razon, como porque podria ser que por alla se publicassen las dichas vistas , y se tomassen à otro fin y de otra manera que ellas son, y vos tengais entendida la verdad de lo que acerca desto passa, y con vuestra prudencia lo podréis dar à entender â quien os paresciere que convenga, porque no se pueda interpretar de otra manera que ello es, que ya podeis pensar del inconveniente que séria no entenderse assi, y por esso lo escrivo tambien â algunos principes del Imperio , y avisamoS eys de lo que eh ello passare , y como intendiéredes que por alla se avrâ tomado, que holgaré de saberlo. Muy reverendissimo cardenal, nuestro muy caro amigo, sea Nueslro Senor en vuestra continua guarda. De Madrid, â m de hebrero mdlxv.

Las personas â quien S. M. scrive lo de las vistas de la reyna nùestra senora y de la christianissima de Francia, su madré, son â Ibs seys electores del Imperio, y â los duques de Baviera, Jidiers y Brunsuich el viejo, como â losmas principales y mejores amigos y servidores de S. M.; al embaxador Chantonay, que lo diga al emperador y emperatriz y archiduques ^ ; â todos los potentados de Italia; à madanfia

' Cette seconde dépêche, adressée a nal , se trouve dans les Mémoires de Gran- M. de Ghanlonnay, à peu près dans les velle, XVI» i63, i64, ainsi que dans les mêmes termes que celle écrite au cardi* Ambassades deChantonnay, I,p. i etsuiv.

de Parma; al embaxador Guzman de Sylva, que lo diga à la reyna de

Inglaterra.

LE CARDINAL DE LORRAINE

AU BARON DE BOLWILLER

( Mémoires de Granvelle , XVI, 279.)

Joinville, 5 février iS6i, V. S.

Mons' de Polweiler, pour ce que je n'ay point de meilleur moyen qiie le vostre poiu* faire tenir les lettres que j'escriptz à sa majesté S je vou§ ay bien voulu addresser celle que vous trouverez en ce pacquet, que n est que pour faire responce aux lettres qu'il luy a pieu m'escripre, et luy rendre compte du faict du marFage^ dont vous m avez escript cy-devant, m'asseurant que sa majesté prendra contentement de ce que je luy en escriptz et de toutes nos aultres occurrences; vous priant luy faire tenir mon pacquet le plus tost que vous pourrez, et s'il luy plaît me faire response, la m'envoyer par le moyen de mes officiers de Vie. Toutesfois, je me délibère aller faire mon caresmeprenant avec monsieur et mesdames de Lorraine, et passer partye ducaresmeen mes maisons de Baccara et Rambeviller, où, si j'avoye ce bien de vous veoir, je mectroye peyne de tous faire toute la meilleure chière que je pourroye , et diviserions ensemblement de beaulcoup de choses. Vous voulant bien dire que je me suis retiré en ce lieu, après m'avoir esté faict à Paris par quelques seigneurs ung si maulvais tom* que je l'eschappay belle de n'y avoir esté tué ; mais Dieu m'en garda, et vous puis asseurer que telle entreprinse a esté

' (Impériale.) — * De Tarchiduo Charles avec la reine d'Éoosse.

treuvée du roy et de la royne, et de tous les gens de bien, fort maulvaise, et espère bien aussi m'en resentir ung jour. Vous priant, s'il vous vient quelques nouvelles de sa majesté, m'en faire part et des vostres, vous asseurant qu'elles seront tousjours bien venues en mon endroict, et que vous n'en sçauriez mander à personne qui soit plus à vostre commandement que vous me .trouverez tousjours en tout ce que vous me voiddrez employer, et d'aussi bon cueur que \ après mes bonnes reconunandations, je prie Notre-Seigneur vous donner, monsieur de Polweiler, entièrement ce que mieulx désirez. Dez Joinville, ce v* de febvrier i564.

Vostre meilleur amy.

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