A L'ESCRIPT A LUY ENVOYÉ DE LA PART DE M"** LA DUCHESSE DE LORRAINE
DO VIll* DE JUIN i564*.
( Mémoires de Granvelle, XII, 175-176.)
J*ay veu le discours et advertissement que m'avez envoyé , y ayant irespondu comme pourrez veoir, lequel j'ay trouvé en tout ce qui y est dict fort bon; si est-ce que je n'y peullz encoires rien comprendre, ny en ce que m'escripvez, que Ton peust rien changer en Tadvis que j'ay faict cy-devant, treuvantbien à propoz que les affaires se meurissent si bien et s'apprestent de si bonne sorte. Je rescriptz ce que m'en mandez et de toutes choses qui duyssent à monseigneur l'illustrissime cardinal, et mesmes des deux cens mil escuz que Ion requiert ; mais je me doubte que sur ce point il ne vouldra rien proposer à sa majesté catholicque sans qu'elle fust présente, ou bien qu'il fust prés d'elle, pour les raisons que jà tant de fois il a allégué, et mesmes que sadicte majesté n'y fera riens sans le communiquer es pays d'embas, où n'y estant la chaleur de tous costelz requise, l'on en treuveroit froide issue et une chose à la longue. Je pense qu'il respondra que le doibgez négocier et proposer vous-mesmes par quelqu'ung propre à la besoingne, en quoyje me vouldroye arrester, ne fust que je doubte, et il est apparent que, prenant ce chemin que d'estre renvoyé auxdicts pays d'embas, l'on ne vinst à publier le desseing, et peust-estre sans rien de profBt. Cela remectz-je à oppinion meilleure.
Sur ce qu'a cy-devant escript mondict sieiur le cardinal, et où avez
' Voir aa 3o mai, dans le volume précédent, n* CL VII.
respoodu qu'il y fauldra de l'argent et largement t quant à naoy, je ne faiz la chose si grande, combien que certes il en fault; car tous sçavez quelz grandz despens suyvent la guerre. Mais ce que je diminue du dire dudict sieur cardinal, c'est que j «spère qu'estans deans peys, l'on pourra tousjours treuver moyen d'en recouvrer, et vouldroye bien que nous fussions à ce poinct que les deux ceijs inilz escus fussent prestz, et ce que son altèze y vouldroit faire de surplus it^ar lors auroient quelque raison de cesser toutes difiicultez ; et aussi qu'il n'est à doubtcr que tous bons princes catholicques y vouldront faire quelque assistance , comme feroit le Suédois si l'on se fu6t résolu de le mectre en ligue et avoir son intelligence en la sorte, ou mieulx que je n'ay dict en mon premier advis.
Sur ce que l'on traicte la paix des occupateurs , je n'y congnois moyen qu'ilz se puissent accorder ; car, ayant le Suédois prins sur l'aultre plusieurs places, il ne les vouldrasi tost rendre, et encoires avec tout cela vouldra-il estre remboursé de ses fraiz de guerre , comme l'ayant sans cause [attaqué]; caç, par grande témérité, le Dannemarquois courut sus. De dire que l'électeiu* de Saxe n'y face l'effort, voyant les termes où son beaul-frère est, si fera; mais je ne peultz suader aultre [sinon] qu'ilz auront encoires la guerre.
Quant à ce que ledict sieur cardinal et moy avons advisé sur Lubeck, certes, pour le dire rondement, je n'y voiz que l'emprinse sur ledict lieu soit à propoz, et qu'il en puisse yssir aulcun fruict, mais plustost dommaige et perte.
PAPIERS D'ETAT. YIIl.
AL REY D. FELIPE IL
( Mémoires de Granvelle , XII , i Sa- 1 58. )
Baudoncourt, a 8 de junio i564.
Lo que se ha divulgado en todas partes, y especialmente
en Flândes y por acâ sobre mi partida , me daria' harto menos pena si viesse que con la opinion que dello han tomado se modérasse el odio por mi no merecido, como V. M. sabe, y que se hiziessen los negocios como havian hecho demoslracion de que se harian luego en saliendo yo de Flândes; pero lo que yo mas siento es ver que hasta qui no se ha hecho nada en las ayudas, ny mejoran las cosas; àntes veo
TRADUCTION