‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 3)Chapitre 105 sur 127 · C. DE VERGY · texte numérisé non relu

C. DE VERGY

LE DUC DE SAVOIE

A L'AMBASSADEUR RENARD

(Ambassades de Renard, V, 110.)

Gand, i2 septembre i 556.

Le comte de Mansfield x retournant en France pour satisfaire à la promesse qu'il avait donnée au connétable, l'ambassadeur doit faire tous ses efforts pour que ce seigneur, qui est du nombre des prisonniers de guerre , obtienne promptement sa mise en liberté moyennant une rançon modérée.

FRANCOIS BONVALOT

A CLAUDE DE VERGY

(Mémoires de Granvelle, V, 1A1-142.)

Besançon, i3 septembre 1 556-

Monsr, j'ay veu et pesé voz lectres du xe de ce mois, èsquelles j'ay différé faire response, attendant la vostre sus celles que le jour

1 Pierre -Ernest, comte de Mansfeld, avait été fait prisonnier des Français au gouverneur du duché de Luxembourg, combat d'Ivoi, en i552. Plus tard il de-

mesme je vous avoye escript, laquelle j'ay ce jourd'huy eue par celluy que je vous avoye envoyé. Et pour satisfaire à toutes deux voz lectres, après avoir examiné celles démons1- d'Arras, je treuve, comme vous, suspecte la venue de ces princes de Lorraine à Nancy, et auroye la mesme double que vous, si la saison d'entreprendre n'estoit desjà bien avancée.

Et quant à la retardación de la diette des Lighes, remise à l'onzième du mois prochain, si elle a esté dilayée à la sollicitacion des Françoys, je ne pense pas qu'elle se puisse redresser par l'allée de monsieur de Dissey, ny des sieurs de Romain et trésorier de Salins, quy feroient une grande despence de nul effect. Et en tous advénementz, quant ores l'on vouldroit anticiper leur voyaige, il ne seroit maulvais d'attendre quelle responce l'on aura de l'amy, afin de se servir du temps; et que ce pendant ledict Sr de Dissey se treuve tousjours prest pour s'encheminer sy tost que l'on l'advertira. Bien treuveroye-je bon qu'il vous pleut mander à diligence audict Sr trésorier une copie de l'article queje vous ay envoyé des lectres de monsr d'Arras, luy ordonnant d'aller incontinent devers ceulx qu'il sçait estre affectionnez au bien et repoz de ce pays, pour entendre d'eulx discrètement ce qu'il pourra de l'intention et poursuittes des Françoys et desdicts Srs des Lighes. Et ne sera besoing qu'il voise devers l'amy, puisque Ion y a desjà envoyé; de quoy aussy, si vous plaict, vous l'advertirez, afin que ledict amy ne se fâche et se tienne suspitionné par l'envoy de tant de gens à luy. Pour une aultre cause, pensé-je que l'anticipation du voyaige dudict Sr de Dissey nous seroit peu profitable, qu'est pour la démonstration de trop grande craincte sans fondement, joinct que, par la responce du roy de France sus l'observance de la neutralité que ne peult tarder, nous aurons les yeux plus ouvertz pour sçavoir ce que nous debvrons faire. Avec ce, monsr, j'ay faict par monsr de Vaulcluse intéresser son cousin, An-

vint gouverneur général des Pays-Bas , et sa seconde femme, Dorothée, comtesse fut créé prince du saint-empire. Le comte de Solms. Ernest, mort en i 532 , avait eu ce fds de

thoine de Diesbach, quy luy a respondu qu'il n'est nouvelles à Berne de ce dont nous nous craignons. Il se part demain pour Champlite; vous en pourrez assentir de luy plus particulièrement.

Je sens bien avec vous, monsr, qu'il est mal pour ce pays que monsr d'Arras se soit deschargé des affaires d'icelluy, et tiens que l'on s'appercevra tous les jours plus de la faulte que nous en aurons. Le peu de grey qu'il a eu des services que feu nions1 de Grandtvelle et luy ont faict en pourroit, comme je pense, avoir esté cause : mais pourtant ne lairra-il, ny nous tous, de tousjours faire nostre debvoir. J'enverray à Franchet voz lectres et luy manderay, puis qu'il vous plaict, ce qu'il aura à négotier aux Lighes, sans luy donner la peine de venir icy et pour gaigner temps. Vous avez raison , nions', de souhaicter que monsr de Chastelroillault fût icy; car, de vray, il a bonne congnoissance et beaucoup d'amys entre eulx.

Page 1