DES AMBASSADEURS DE CHARLES-QUINT EN ANGLETERRE
A PHILIPPE, PRINt.E D'ESPAGNE. SON FILS.
(Ambassades de Renard, III, 2 43-2 44.)
Sans date [19 juillet 1 553 1-
Monseigneur, nous avons despesché le présent porteur exprès devers votre altesse pour luy participer l'occasion de nostre ambassade en ce royaulme d'Angleterre, et la négociation que y avons traicté, soubz le nom et par commandement de sa majesté, laquelle entendant l'estrange, longue et diverse maladie dont estoit atteint le feu Sr roy d'Angleterre, Edouard, les visites que les Françoys faisoient pour donner couleur et prétexte à leurs practiques , y aiant envoyé Laubespine, secrétaire d'estat, environ dix-huit jours avant son trespas, et mesme sçaichant l'ambition du duc de Northumberlant, par laquelle il a aspiré au royaulme et couronne d'Angleterre pour la transmectre en sa maison, commanda à nous soubscriptz , les sieurs de Couriere, Tholouze et conseilier Renard, de venir en
ce royaulme, à ce que, si trovions vivant ledici leu roy, le deussions visiter de sa part. Et comme ledict feu sieur roy , ung peu avant son décès, avoit envoie ambassadeurs devers sa majesté pour luy persuader la paix avec les Françoys et recommander le bien publique de la chrestienté , il nous enchargea de remercier cordialement ledict S1 roy du soing et mémoire qui avoit du bien et utilité de paix et de la tranquillité de la chrestienté , et que luy deussions faire part de la négociation du légat que, à ce mesme effect, avoit despesché le pape devers sa majesté, et de ce qu1 avoit traicté le [légat] que sa saincteté avoit despesché en mesme temps en France, y adjoustanl le succès de la conqueste de Thérouenne, place que Ton tenoit inexpugnable, que sa majesté avoit gaigné puys peu de temps; à ce que ses communications servissent de confirmation de bonne volunté et voisinance, pour défonder les trames et practiques françoyses. Et pour tumber au point principal , qu'esloit de promouvoir madame Marie, cousine de vostre alteze, à la couronne d'Angletere, et si la force dudict duc de Northumberlant estoit supérieure, et qu'il eust volunté , moien et assistance pour exécuter l'intention qu'il avoit de faire injure à madide dame Marie, et jusques en sa personne, adviser par tous moiens de asseurer la personne de madicte dame par toutes remonstrances servans à ceste fin , et par tous offices que verrions convenir.
Et amn que vostre alteze entende par le menu et particulièrement ce fait, vray est que, du temps du feu roy Henry dernier, question de divorce fut entre ledict feu roy Henry et feu madame Katherine, tante de vostre alteze; et par moiens indireetz, sur ce que Ion disoit, elle avoit espousé le frère dudict feu roy Henry auparavant et avoit esté consumé lemariaige, le divorce fut déclairé avoir lieu. Et depuis, ladicte déclaration fut révocquée et publié tout le contraire, tant par sentence que par le testament dudict feu roy Henry, par lequel il déclaira légitime madicte dame Marie, la nomma en premier degré, défaillant ledict feu roy Edouard, son filz, pour royne d'Angleterre, et en second degré madame Elisabet, d'une anitre
lemme ; et dès lors ladicte dame Marie a esté tousjours entretenue par-deçà comme légitime, avec traictement assez raisonnable pour la façon du pays et nom honorable, respectant les qualités, consanguinités et coustumes sur ce communément observez entre tous princes. Dois la mort dudict feu roy Henry, vostre alteze a peu comprendre et estre advertie des mutations qui sont advenues en ce royaulme, tant en la religion, au changement du gouvernement l ,
que les liens de nature sont indissolubles, que sa majesté ne povoit oblier son sang et sa cousine germaine, ains leur recommandoit à ce que tort et oppression ne luy fût faite; qu'ilz ne deussent croire aux parolles des Françoys; qu'ilz se deussent souvenir du passé, et qu'ilz sont esté tousjours anciens ennemis, et qu'ilz sont dangereux [estant] difnnitez 2 et réconciliez; que sa majesté savoil assez qu'ilz taichoient de troubler le royaulme , appeller à la couronne d'Angleterre la jeusne royne d'Escosse , femme du dauphin de France, et semer discorde et maulvaise intelligence entre sa majesté, ses royaulmes et pays, et Angleterre; et estoit point notable, la considération de la royne d'Angleterre3, pour aultant que, comme elle est de la seur aisnée, la feu dame Marguerite, estans excluses madicte dame Marie et Elisabet, l'action à la couronne luy seroit [dévolue]; et pour défonder les occasions qu'ilz avoient[mis en avant] contre ladicle dame Marie, pour la mal [imprimer vers] le peuple et calumnier contre elle, l'on leur [déclaroit que] sa majesté
n'entendoit aulcunement qu'elle s'allia4 ains que le conseil
et estatz du pays advisent [à ce] que seroit propre et convenable pour ladicte 5 oudict royaulme d'Angleterre ; qui n'entendoit qu'on deust innover ou changer le gouvernement, ny [faire acte] préjudiciable au pays et qu'elle se deust accomoder en tout ce que seroit requis pour la tranquillité du royaulme ; les prians et requérons
1 Lacune considérable par lacération. ' (Sans consentement. )
2 (Apaisés?) 5 (Alliance.)
3 (D'Ecosse?)
de [peser] et examiner toutes choses et les compasser par [la raison]. Que entendant sa majesté la façon que l'on a tenu pour priver et exclure madicte dame Marie de ses drois, comme l'on l'a appelle haptarde, il ne pouvoit sinon juger que les practiques françoyses eussent prévalu, et que les affections particulières eussent surmonté la généralité et estatz du pays; [qu'ils deussent] estre souvenant de la disposition contraire dudict feu roy Henry dernier : concluant nostre propoz par leur offrir continuation de voisinance et amitié. et pour l'accroistre par tous offices , ce que avions desjà faict entendre à aulcungs particuliers dudict conseil pour les imprimer de ce que dessus, nous estans en doubte que l'audience nous seroit déniée, soubz couleur que ceulx dudit conseil nous avoient faict dire que, puys que le roy Edouard estoit mort et que nostre ambassade s'adressoit à luy, nostre commission estoit faillie et finie.
Et, soit que la négociation eust servi, soit la force et industrie de madicte dame soit esté supérieure, ou que ceulx du conseil ayent eu peur ou aultrement, ilz ont fait publier, le dix-neuvième jour de ce moys, pour royne d'Angleterre madicte dame Marie, aians rappelle au conseil le millor Paiget que en avoit esté débouté par ledict duc. En laquelle publication le peuple a faict si grande démonstration de resjouissance que l'on ne sauroit estimer, tant en feugs de joie, en largesse publicque, en banequets publicques sur les rues, en crys de joie, son de cloches et artillerie, et autres telles allégories accoustumeez ; et, au contraire, quant ladicte fille de Suffoc fut publiée, il n'y eust une seulle apparence de contentement. Ceulx du conseil ont envoie ceste nuict devers madicte dame Marie pour luy annoncer la nouvelle. Vray est que l'on nous a donné advis que ladicte dame ne pose les armes qu'elle ne fût asseurée , craignant que . soubz ceste publication et soubdain changement, il n'y eust de la trahyson et conspiration, d'aultant que ledict duc est encoires en armes; dont avons adverti ladicte dame et confions qu'elle ne se fiera aux parolles , ains se arresterà aux effeetz et asseurera son royaulme par bon conseil sans négliger la force
L'EMPEREUR
A SES AMBASSADEURS EN ANGLETERRE
(Ambassades de Renard, II, i5-22.)
Bruxelles, 20 juillet 1 553.
Ghiers et féaulx : Nous avons reçu vos lettres des x, xi, xu et xvie du présent, et veu par icelles les termes que l'on vous a tenu par delà, ce que vous avez dit à milord Cobban et conseiller Maçon , en réponse de la communication qu'ils vous avoient fait de la part du conseil, et les cinq points que vous leur avez proposé, suivant vostre instruction et vostre détermination d'user de mesme à l'endroit de ceux dudit conseil, en cas qu'ils vous eussent donné audience. Et nous a semblé le tout très-bien et prudemment proposé, et les termes que jusques à oires avez tenus pour l'exécution de vostre charge, et pour éviter de leur donner occasion de s'attacher à vos personnes. Aussi avons-nous entendu , par vosdites lettres et pièces y jointes, les termes auxquels pour le présent toutes choses se retreuvent en ce coustel-là, et le port, faveur et assistance que madame nostre cousine treuve en aucuns des principaux du royaulme, et inclination devers elle du peuple, et la détermination que ledit duc de Northumbellant et ses partiaulx ont pris à l'endroit d'elle.
Sur quoi nous, considérant que avant que puissions mettre ensemble forces suffisantes pour assister nostredite cousine, l'occasion sera passée et jà sera le tout pour lors faict ou failly, et si pourroit aiséiiient advenir que, comme les Angloys sont naturellement soubçonneux et peu enclinans à estrangiers, s'ils appercevoint que nous nous en voulsissions mesler ouvertement et envoyer gens par delà, faci-
lement ils se pourroient joindre et allier ensemble pour nous en déboutter, et si se confermeroicnt par ce les argumens dont ledit duc et ses partiaux se servent pour mectre jalousie et soubçon contre nostredite cousine qu'elle veuille introduire estrangiers au royaulme, selon que , par l'escript imprime et publié , l'on connoit leurs fins et desseins. Et, le tout considéré, nous a semblé pour le mieux que jà çoit, pour les considérations contenues en vos lettres, vous vous fussiezpartis de Londres avant la réception de cestes, que, la recevant, vous reprenez votre cbemin vers ledit Londres, sur le fondement d'avoir de nous nouvelle commission devers ceux du conseil , auxquels, venant audit Londres, vous demanderez audience, et non à celle qu'ils tiennent pour royne.
Et après leur avoir présenté nos lettres de crédence que vous envoyons joinctes à cestes, vous leur direz que, après que avons entendu, par ce que nous avez escript, les dioses succédées en Angleterre depuis le trespas du feu roy, et Testât auquel, pour le présent, toutes choses se retreuvent, nous vous avons enebargez leur déclairer que , suivant ce qu'ils vous ont fait entendre par lesdits milords Cobban et Maçon qu'ils eussent aussi désiré, nous eussions bien voulu que fussiez arrivez à temps pour pouvoir faire entendre audit Sr roy tout ce que nous vous avions enebargé de déclairer par delà ; ou que du moins lesdits du conseil, avant que procéder à la publication qu'ils ont faicte des choses qu'ils dient avoir été advisées par ledit feu Sr roy, vous eussent ouy; et que nous tenons pour certain que, cognoissant nostre volente tant sincère et du tout enclinée, comme elle a tousjours esté, au bien, repos et tranquillité du royaulme d'Angleterre, sans y tenir autre fin quelconque, et beaucoup moins celle que par leurs écrits ils imputent à ladite dame Marie, nostre cousine, de y vouloir introduire estrangiers ou faire changement ny à la façon de l'administration du royaulme ny au surplus, nous tenons pour certain [disons-nous] que le tout fût esté amiablement considéré, commele mérite nostredite volente et affection en l'endroit dudit royaulme; et qu'ils eussent tenu plu?
de considération à la recommandation tant cordiale que faisions faire de nostredite cousine, pour en cas, comme il est advenu, que Dieu fût esté servi de prendre à sa part ledit feu sieur roy. Ayant t.reuvé fort étrange que, sans l'ouyr, l'on l'ayt voulu déclairer baptarde et priver de son droit, nonobstant que, par le parlement qu'est de l'auctorité qu'ils savent en Angleterre , et par ledit feu roy Henry et tous ceux du royaulme, elle soit tousjours esté et est tenue et réputée pour légitime; et que ce que nous sentons plus la nouvelleté attentée à l'encontre d'ycelle est pour la considération que nous avons des inconvéniens qui pourraient advenir au mesme royaulme par les divisions et partialités qui, à ceste occasion, s'y engendrent, dont pourroit facilement succéder entre eux effusion de sang et débilitation des forces dudit royaulme, que seroit le chemin pour donner aux Françoys le pied que de si longtemps ils ont prétendu: demonstran!, comme ils font, grand contentement du chemin que aulcuns ont voulu prendre pour vouloir avancer à la couronne la lille de la feüe duchesse de Suifolc, à couleur qu'elle soit descendante de la sœur1 du feu roy Henry VIIIe; mais que estant la reine d'Escosse égale en degré audit feu roi et fille de la sœuraisnée2, ilsvouldroient par ce boult fonder prétention à la couronne d'Angleterre pour le dauphin, espoux de ladite reine d'Escosse; qu'est bien le chemin pour mettre estrangers au royaulme et tant insolens comme ils les connoissent, et non pour l'éviter, comme l'on a voulu démonstrer que c'estoit la fin que l'on tenoit en l'exclusion prétendue par aulcun d'eulx de nostredite cousine, dont toutesfois ils n'ont cause de se doubter, estant son intention et la nôtre telle que vous l'avez jà déclairé. Et qu'ils peuvent bien considérer que, si les Françoys y mettoint le pied, nous ne pourrions délaisser de nous opposer de notre coustel jusques au bout du contraire.
Voir la note i" de la page 17 ci- roi d'Ecosse. De cette union naquit Jac-
devant. ques V, père de Marie Stuart, femme de
Marguerite Tudor, fdle aînée du roi François, alors dauphin de France. Henri VII, épousa en i5o3 Jacques IV,
Et les requerrez très-instamment de nostre part qu'ils veuillent meurement considérer combien il leur emporte de non donner ce pied aux anciens et naturels ennemis des Angloys, et que, pour Dieu, ils veuillent avoir regard à conserver les forces dudit royaulme entières pour le soustènement et substentation d'icelluy, et que ce différent suscité nouvellement se termine, non par la force et violentement, mais par l'auctorité ordinaire du parlement du royaulme, auquel appartient plustôt, en cas de difficulté, la décision à qui doit parvenir la couronne d'Angleterre que au conseil particulier; les asseurant qu'ils treuveront en nous toute entière volente et sincère correspondance pour observer la mutuelle amitié que nous et nos pays avons tousjours tenu avec le royaulme d'Angleterre ; et que procurerons de tout nostre pouvoir le bien, repos et tranquillité d'icelluy, comme il convient à nostre ancienne amitié, et avec la même volente que faisons celuy de nos propres royaulmes.
Et ferez ce que vous pourrez pour bien imprimer ce que dessus à ceux dudit conseil, tant en général que particulier, et aux millords, nobles et touts autres dont vous pourrez avoir le moyen; faisant de sorte que un cbacun, tant que faire se pourra, entende la première charge avec laquelle vous avons dépesché et cette seconde commission. Et en ceci ne devez avoir crainte si avant que n'excédez les termes de vostre charge, puisque vous savez quels sont les privilèges des ambassadeurs qui passent les limites de leur commission; et même que en cecy, comme voyez, il n'y a aigreur quelconque, mais toutte asseurance et témoignaige de nostre bonne volente envers le bien public dudit royaulme.
Et nous ferons tenir ici l'œil sur leurs ambassadeurs pour nous servir de contre-gage; et comme ils ne peuvent, par ce que dessus, prendre occasion d'aigreur à l'encontre de vous, nous tenons pour certain qu'ils se garderont bien d'en user, comme qu'il soit, en vostre endroit; et sera bien que sollicitez d'avoir response desdits du conseil sur cette vostre charge, et que leur faictes entendre qu'avez commission expresse de, après nous avoir adverty de ce
PAPIERS D'ÉTAT. IV. n
qu'ils répondront, non vous partir, comme qu'il soit, de là jusqu'à ce que vous faisions entendre, après avoir ouï leur response, ce que voudrons que négociez davantaige. Car nous considérons que pendant que vous êtes là, vostre présence, comme qu'il soit, donne laveur et réputation aux affaires de nostredite cousine, et que, si vous vous départiez, plusieurs de ceux qui tiennent son party perdroient la volente : au lieu que, vous voyant là, ils connoissent que nous ne nous départons du tout de ses affaires, et se soustiennent avec l'espoir qu'us peuvent prendre de ce que tost ou tard pourrait succéder de vostre négociation.
Et, pour austant que, par vosdittes lettres, nous advertissez du gentilhomme qui doit ici venir devers nous de la part de la prétendue royne, nous nous hasterons de prévenir sa venue, n'estant déterminé de l'ouïr en ceste qualité; et à ceste cause faisons compte d'appeler encore cejourd'huy les ambassadeurs anglois, pour leur desclairer le mesme que vous enchargeons dire auxdits du conseil. Et si ferons pénétrer dextrement le tout aux oreilles des marchants angloys résidants en Anvers, et tenons pour certain que si, avec la malveuillance que plusieurs portent au duc de Northumbellant, niesmes ceux qui sont ouliraigez et injuriez par luy, si ceux de Londres, pour l'affection que, comme escripvez, le peuple porte à nostredite cousine, se joignoint avec elle, ses affaires ne pourroint prendre que très-bon chemin, et tel qu'il convient au bénéfice du royaulme. Et tant plus emporte-t-il que publiez ausdits de Londres et au] tres, par touts les moyens que pourrez adviser, vostre charge.
Et puisque nous voyons aussi par vosdittes lettres que ledit duc de Northumbellant envoyé millor Dudley en France pour avoir port de ce coustel-là, et que, pour donner crainte à ceux qui vouldroient assister nostredite cousine, ils magnifieront les forces dudit France et les practiques qu'ils ont en tous costez à l'encontre de nous, il sera bien que faittes entendre où il vous semblera, comme chose dont avez seur advertissement, et comme de vous-mesmes et par
manière de récit de nouvelles, que, quoyque ledit roi de France ayt pourchassé d'assembler ce qu'il a peu de forces, il n'arrive, grâce à Dieu, aux nôtres, ny peut le Turc venir si puissant, comme ledit roi de France eut bien voulsu , l'ayant sollicité avec conditions et subtilitez estranges. Et davantaige qu'il a faict jusques à ores trèsgrand fondement sur les mouvements qui se suscitoient en la Germanie, espérant d'attirer ou l'une des parties, ou les deux à l'encontre de nous et de nos païs; et que, après s'estre faict, tant de nostre part que celle des principaux princes, touts offices pour appaiser iesditsdifférens de la Germanie et les assoupir par traitté amyable, s'estant à l'encontre de ce soubstenus lesdits différons par practiques françoyses pour leurs malheureuses fins susdites, il a pieu au Créateur en disposer aultrement et les terminer par termes plus rigoureux , les ayant conduits jusques à labataille que se donna assez près de Lunembourg, le neuvième de ce mois1, en laquelle grand nombre est demeuré d'un coustel etd'aultre, et mesmes les ducMauris, électeur2, ducs Carolus-Vito3 et Philippus-Magnus, fils du duc Henry de Brunswick, et un jeune duc de Lunembourg4; et le marquis Albert, blessé au bras, s'est retiré après avoir perdu la bataille, avec fort grande effusion de sang entre les particuliers ; que sentons grandement, pour la perte que en ce a faicte le sainct-empire; encore que, s'estant ainsi séparés les gens de guerre d'un côté et d'autre, il faut espérer que Dieu sera servy cl' appaiser son ire, et que après cecy pourra succéder plus grand repos audit sainct-empire, et non ce
1 Après la transaction de Passau, de échappant avec peine à la poursuite des
Tannée précédente , le margrave Albert vainqueurs.
de Brandehourg-Bareulh, qui avait refusé 2 Maurice, blessé à mort, probablement
de faire sa paix avec l'empereur, continua de la main d'un assassin, mourut deux
la guerre .ravageant la Franconie, les pro- jours après, à l'âge de trente-deux. ans. vinces rhénanes et la basse Saxe. Mis au 3 Ou plutôt Charles-Victor. Lui et son
ban de l'empire comme perturbateur de frère étaient (ils du duc Henri le jeune
la paix publique, il fut poursuivi à main de Brunswick-Wolfenbuttel et de Marie
armée par plusieurs princes, à la tête des- de Wurtemberg, sa première femme, quels était l'électeur Maurice, et entière, 4 Frédéric, fds d'Ernest , duc de Bruns
ment défait à la bataille de Sivershausen- wick-Lunebourg , âgé de vingt et un ans.
que lesdits Françoys prétendent , lesquels se treuveront tant plus empeschez, leur défaillant tant de cordes de leur arc; et qu'il n'aura grand moyen de troubler pour le présent l'Angleterre, si le royaulme veut regarder devant soy et éviter que les étrangiers n'y ayentpart. Et il est apparent que, s'entendant cecy par delà, qu'est tout véritable, il fera perdre cueur à ceux qui font fondement sur l'assistance de France, et que par ce boult il accroistra à ceux qui sont du coustel de nostredite cousine, qui en devoint avoir craincte.
Et pour non rien délaisser de ce que pouvons faire de nostre coustel , sans donner soupçon aux Angloys que voulsissions attempter aucune cbose de force à l'encontre d'eux , et toutesfois donner quelque espoir à ceux qui vouldront demeurer du coustel de nostredite cousine, nous sommes après pour faire apprester quelques basteaux de guerre, à couleur que ce soit pour assheurer la pesche des harans, qui serviront pour en user à la faveur de nostredite cousine , si l'on voyoit cy-après qu'il convînt et que l'on peust aussy estre prest à temps.
Qu'est tout ce que pour maintenant nous sçaurions escripre , remettant le surplus à vos discrétions pour faire, puisque vous estes sur le lieu, ce que verrez plus convenir; vous recommandant que le plus souvent que pourrez ayons de vos nouvelles, et que soyons de temps à aultre adverty de ce que passe par delà , puisque savez combien ce point emporte. Et ne vous donnons charge de faire aultre office envers nostredite cousine, pour ce que, se changeant de moment à aultre Testât des affaires en temps troubles, nous ne vous y pouvons donner loy certaine. Vray est que, publiant vostre commission telle que dessus, elle pénétrera jusques à ses oreilles. Bien ne trouverions-nous mauvais, si avez le moyen de faire passer jusques devers elle quelque personne confidente, de l'en faire advertir plus particulièrement, affin qu'elle congnoisse la continuation de nostre affection en son endroit, et désir qu'avons qu'elle parvienne à la couronne, l'animant que, puisqu'elle s'y est mise si avant, qu'elle perde la crainte et évite de non la donner ou cause
d'icelle, à ceux qui sont de son coustel, et qu'elle passe tout oultre A tant , chiers et féaulx , Nostre-Seigneur vous ait en sa garde De Bruxelles, le xxe de juillet i 553,
CHARLES
Et plus bas :
BAVE
L'EMPEREUR
A SES AMBASSADEURS EN ANGLETERRE
(Ambassades de Renard, III, 2 3-2 6.)
Bruxelles, 22 juillet 1 553.
L'empereur et roi.
Nous receusmes hier soir vos lettres du xixe du présent, et par icelles avons entendu non-seulement ce que les comtes de Shesberry et Maçon vous ont dit de la part du conseil , de la résolution que iceux avoint prins de déboutter celle que se prétendoit royne d'Angleterre, et de publier nostre cousine la princesse pour royne; se deschargeans de ce qu'estoit passé sur l'auctorité de trois ou quatre qu'avoient forcé le surplus dudit conseil; mais aussi que la publication ensuivant ce se soit faicte avec si grand contentement et exclamation du peuple, tant en la ville de Londres que en la Tour, avec les solemnités accoustumées; et davantaige, ce que nous escripvez du peu de port et faveur que ladite de Northumbellant a trouvé, et la nouvelle qu'avez eue des basteaux de guerre que se sont déclairez en faveur de nostredite cousine. Et s'étant faicte ladite publication si solemnelle et avec démonstration de si grand contentement
d'un chacun, quoi qu'il soit de la déclaration que vousafaicte la vieille, nous espérons que les choses se passeront bien, tant pour le bien dudit royaulme que pour l'establisscment de nostredite cousine à la coronile et administration d'icelle; s'alouhons'-nous touttesfois l'advertissement que luy avez donné de ce qu'aviez entendu, afïin que, y faisant le fondement tel qu'elle jugera convenir, elle en use selon ce.
Et ce nous ont esté les meilleurs nouvelles que eussions dû avoir de ce costel-là, et dont rendons grâces à Dieu qu'il aye si bien encheminé tourtes choses, faisant faveur manifeste où il lui plaît; et ne voulons délaisser, dessus le fondement de ceste bonne nouvelle, vous faire incontinent ce dépesche, pour vous envoyer la lettre que va ci-jointe que nous escripvons à nostredite cousine, de la teneur que verrez par la copie, avec laquelle lettre nous semble que vous devez incontinent encheminer devers nostredite cousine, où qu'elle soit; et, lui demandant audience, lui présenterez nosdites lettres, lui faisant nos cordiales et très-affectueuses recommandations, et lui congratulerez de nostre part cestuy sien advencement au royaulme, lui tesmoignant l'extrême contentement qu'avons receu de ceste nouvelle; l'exorlant de nostre part, encore que nous tenons pour certain il ne soit de besoin, à ce que reconnoissant la grâce que Dieu lui faict en ceci, usant de toutte gratitude à l'endroit de ceux qui ont tenu de son costei, elle procure de satisfaire à l'obligation en laquelle Dieu par cette assumption l'a mise, de procurer de tout son pouvoir le bien, repos et tranquillité dudit royaulme, tenant à ce la principale fin ; et que ce soit de sorte quelle donne toutte satisfaction raisonnable à ses subjects de toutte qualité. Et dadvantaige l'assurerez-vous de nostre côté de toutte amitié , voisinance et bonne correspondance, lui certiffiant que, outre l'affection tant cordiale qu'avons tousjours porté audit royaulme et soin qu'avons tousjours tenu d'icelluy, comme de nostre propre, se conj oignant maintenant avec ce la proximité de sang qu'avons avec elle, et la très-grande
1 Si approuvons.
affection que lui avons tousjours porté, nous serons tant plus encline et voluntaire à l'advancement de touttes choses concernant le bien dudit royaulme, et observerons tant plus la parfaicte et sincère amitié avec iceluy : vous offrans à icelle comme nos ambassadeurs par devers elle, pour faire tous les bons offices qu'elle vous vouldra encharger, et de nous advertir de tout ce qu'elle vous voudra commander. Et cecy luy pourrez-vous dire en l'audience publicque; mais à part, si elle vous donne la commodité de luy parler, quant Testât des affaires le pourra souffrir sans souspicion, vous lui pourrez plus particulièrement et par le menu faire entendre le fondement de vostre envoy par delà, et la charge qu'avez eu de encheminer ceste négociation par degrez, et de lui faire toutte assistance, les préparatifs que faisions faire en diligence, à couleur de assurer la pescherie, pour la secourir; n'ayant osé faire aultre démonstration, ne sçachant quelles forces elle pourroit avoir, et craindant que si nous fussions hasté de user de la force et ses adversaires eussent pu se saisir de sa personne, ils eussent peu prendre occasion de luy oster la vie, pour faire cesser toutte la faveur que lui eussions voulsu donner. Et lui ferez entendre la déclaration que dernièrement nous vous enchargeasmes de faire, tant afin que sesdits adversaires ne se servissent des forces de France, que pour conduire la décision du différent, en cas qu'elle ne fust esté la plus forte, à la détermination du parlement, dont tenons pour certain que n'aurez fai et semblant, puisqu'avez pu con naître que, s' étant faicte ladite déclaration en sa faveur, il ne sera esté de besoin.
Et oultre ce , luy direz que puisqu'il a peu à Dieu réduire toutes choses en si bons termes, que luy conseillons qu'elle tienne singulier regard de, pour le commencement, non se trop haster avec zèle de réduire les choses qu'elle trouvera n'être en bons- termes, mais qu'elle s'accommode avec toute doulceur, se conformant aux définitions1 du parlement, sans riens faire touttesfois de sa personne qui soit contre sa conscience et la religion , oyant seullement la messe
icisions.
à part dans sa chambre sans autre démonstration, dissimulant au surplus, sans que, pour maintenant, elle fasse constitutions contraires à celles qui sont pour le présent audit royaulme, et sans se laisser à ce, pour ce commencement, induire et persuader par aulcuns particuliers; ains qu'elle attende jusques elle aye opportunité de rassembler le parlement, gaignant ce qu'elle pourra la volunté de ceux qui y entreviennent pour, avec la participation dudit parlement, pourvoir ce que l'état du royaulme pourra comporter : réduisant peu à peu les choses aux meilleurs termes qu'elle pourra pour le bénéfice d'icelluy, et que non-seulement elle tienne cette fin principale du bien du royaulme, mais qu'elle fasse de sorte que touts ceulx de par delà entendent qu'elle n'a aultre fin. Et que sur touttes choses elle soit, comme elle doibt estre, bonne Anglaise, et comme dessus est touché, ils ne puissent juger qu'elle veuille faire les choses de soy-mesmes, mais avec la participation et adveu des principaux dudit royaulme, et, en ce que semblera être requis, du même parlement.
Et aussy lui direz-vous qu'il sera besoin que pour estre soustenue audit royaulme, emparée1 et deffendue, mesmes en choses que ne sont de la profession de dames, il sera très-requis que tost elle prenne party de mariaige avec qui il luy semblera estre plus convenable, tenant regard à ce que dessus; et que, s'il lui plaît nous faire part avant que s'y déterminer, nous ne fauldrons de, avec la sincérité de l'affection que lui portons, luy faire entendre libéralement, sur ce quelle voudra mettre en avant, nostre advis, et de l'ayder et favoriser en ce qu'elle se déterminera. Et de mesmes userons-nous en tout ce qu'elle nous vouldra consulter, comme à celui qui, oultre la proximité de sang qui nous oblige , lui est plus affectionné qu'aultre qui vive en ce monde; et la requerrez que, par vostre moyen, elle nous fasse souvent, et de temps à aultre, entendre de ses nouvelles, et nous lui correspondrons en touttes choses jusques au bout, et trouvera tousjours envers nous toute sincère amitié.
L'on a ici semé que le duc de Northumbellant soit pris, dont vos
1 (Protégée.)
lettres ne font mention; nous désirons bien que nousfaictes entendre ce qui en est, et que de temps à aultre vous nous advertissez bien particulièrement de tout ce que succédera en ce costel-là, selon que jà le vous avons si expressément recommandé par nos dernières, et [qu'Jil emporte tant à ceste conjoncture. A tant, chiers et féaulx, etc. De Bruxelles, le xxn de juillet 1 553.
CHARLES
Et plus bas :
B AV E
FRAGMENT D'UNE LETTRE
ÉCRITE A L'EMPEREUR PAR SES AMBASSADEURS EN ANGLETERRE. (Ambassades de Renard, III, 2 56.)
Sans date [22 juillet 1 553 ] .
Sire, la proclamation et publication de la royne d'Angleterre, faicte en la personne de madame Marie, a prins tel progrès, puis nos dernières lectres à vostre majesté, qu'elle est et demeure vray et héréditaire royne d'Angleterre sans difficulté, doubte ou empeschement. Et à ce que particulièrement vostre majesté entende ce que s'est passé puis nosdictes lectres , et ce que nous meust faire ceste confirmation si absolute, le mesme jour que le conseil de par-deçà fit ladicte publication, il dépescha le conte d'Arondel et millorPaiget devers ladicte royne Marie , pour luy annuncer la nouvelle et déclairer particulièrement leurs délibérations, et pour demander pardon et excuser la faulte commise à la réception de ladicte dame Jehanne
de Suffoc, et faire les cérémonies ordinaires et accoustumées pardeçà , quant il est question de demander pardon pour tel faict et crime, que Ton dict estre à deux genoulx, le poignard contre l'estomac, en recongnoissance de l'offence et pour submission de la peine. Ledi et jour, le conseil envoya lettres à Cambrice aux maire et officiers du lieu pour faire ladicte publication de royne, et escripvit lettres particulières au duc de Northumbellant, l'advertissant de la résolution qu'il avoit prins et l'occasion pourquoy il avoit changé d'opinion, le priant se accommoder et obéir pour le bien et repoz du royaulme et de son particulier. Et jà çois que ledict duc eust faict proclamer es lieux où il estoit madicte dame et les millors qui luy adhéroient traistres à la coronne, et brusloit deux villaiges desdicts millors; si est-ce ayant veu et pesé les lettres dudict conseil, il appella le conte d'Outhanthon1, l'admirai millor Grez et aultres des principaulx de sa compagnie, et leur déclaira haultement que ce qu'il avoit faict jusques alors avoit esté par l'advis, l'auctorité et consentement du conseil, dont il avoit bonne attestation scellée du grand sceaul d'Angleterre; que puis le conseil avoit réformé et changé d'advis, il ne vouloit désagréer ny porphyer2 contre ce qu'il avoit délibéré, présupposant qu'il eust faict pour bonnes causes et considérations; et que, quant à luy, il entendoit suyvre leur advis et s'y conformer: prians lesdicts Srs appeliez par luy faire le semblable, ce qu'ilz firent. Puis luy-mesme en personne assista le hérault qui fit ladicte publication, et proclama avec ledict hérault madame Marie royne d'Angleterre, à haulte voix et réitérées fois; que fut voix et spectacle miraculeux, actendu quii avoit les armes en main
Huntington, beau-frère du duc de ì (Forfaire.)
Northumberland.
L'EMPEREUR
A SES AMBASSADEURS EN ANGLETERRE (Ambassades de Renard, III, 27-2 g.)
Bruxelles, 29 juillet 1 553.
L'empereur et roy.
Nous avons receu voz lettres des xxii et xxive du présent, et veu la copie joincte de la responce qu'avez faicte à ce que la royne d'Angleterre, madame nostre bonne sœur et cousine, vous avoit faict entendre; et en préalable mercions Dieu le Créateur que ses affaires procèdent si bien et heureusement à son advancement à la coronne, et que jà soyent tumbez entre ses mains les principaulx promoteurs de ceulx que l'on prétendoit estre suscitez à l'encontre d'elle.
Et combien que iceulx et tous autres qui les ont adhérez ayent griefvement mesprins, toutesfois désirons-nous que l'exhortez de nostre part, à la première opportunité, à ce que, à ce commencement, chastiant les plus culpables et qui polroient encoires donner occasion à quelque nouveau trouble, qu'elle use de clémence envers le surplus, aultant que l'establissement de son règne le pourra comporter, monstrant en ce comme au surplus sa magnanimité; et que pour Dieu elle veulle modérer le désir de vengeance que aulcuns de ceulx qui ont suyvy son party, stimulez des injures qu'ilz ont receuz, pourroient avoir, lesquelz vraisemblablement l'exhorteront au surplus de rigeur, que polroit donner quelque altération et descontentement au peuple , et mectre aulcuns des acculpez et
qui ne se sentiront de tout netz, en désespération , dont polroient
succéder les inconvéniens que par sa grande prudence elle peut
considérer.
Vous avez très-bien faict de desconseillier à ladicte royne quelle list les obsèques du feu roy, ce qu'elle peult tant plus délaisser avecque le repoz de sa conscience, puisque, comme escripvez, il esl décédé soustenant jusques à la fin, selon qu'il avoit esté persuadé de depuis sa jeunesse, les opinions des desvoyez de nostre ancienne religion; par où Ion ne peult sans scrupule luy faire l'enterrement et obsèques accoustumez en nostredicte religion , et est bien que l'ayez persuadé par votredicte lectre à ladicte dilation.
Et au regard de l'instauration de la religion en ce coustel-là, vous polrez dire à ladicte royne que nous louons grandement son bon zèle et désir qu'elle a de rendre le debvoir qu'elle est obligée pour ladicte restauration , et recognoistre envers Dieu la prospérité que luy a donné; mais toutesfois nous ne pouvons délaisser de lui représenter les difïicultez que en ce commencement elle aura sur ce point. Et signamment seroit à craindre que les principaulx qu'ont tenu son party, pour estre grande partie d'iceulx, à ce que l'on entend, desvoyez, se polroient déclairer à l'encontre d'elle; et aussy est apparent qu'elle auroit contraire grande partie du conseil et le peuple qui luy est si favorable, mesmes celluy de Londres et de là à l'entour, que par faulse prédication a esté pour la pluspart séduict; et que, comme nous ne sçavons sa délibération sur ce poinct, ny le moyen qu'elle y vouldra suyvre, ny si elle aura pouvoir souffisant pour l'exécuter, et mesme si de soy-mesme elle le vouldra entreprendre ou consulter le tout avecq le parlement, pour se servir en ce de l'intervention et auctorité d'icelluy, nous ne sçavons quel conseil résolu nous luy polrions sur ce donner : mais qu'elle fera bien communicquer ce qu'elle vouldra faire avec ceulx qui luy sont plus coniidans, congnoissans Testât, condition du royaulme et ce que la saison présente polra comporter; et si, après avoir eu l'advis d'iceulx, eile nous faict sçavoir son intention, nous luy ferons entendre, avecq
l'amour et affection plus que paternelle que luy avons tousjours porté, ce que sur ce il nous semblera.
Aussi désirons-nous bien sçavoir ce qu'elle entend de faire quant à la convocation du parlement, qu'est ce que semble à plusieurs estre le premier qu'elle doibt faire, et pour se conformer au royaulme et gaigner la volunté d'ung chascun , et faire congnoistre qu'elle entend de suivre en l'administration dudict royaulme ce que ses prédécesseurs ont faict , délaissant ledict parlement en son auctorité accoustumée Et elle polra mieulx regarder avecq ceulx du pays ce que sur ce point convient; et mesmes se sera à propoz de convocquer audict parlement tous les estatz dudict royaulme, et non point aulcuns députez particuliers, chose, comme entendons, introduicte depuis peu de temps par le duc de Noirthumberlant, pour avoir meillieur moyen de par ce boult guider ce qu'il prétendoit. Et il feroit à espérer, que y appellant ceulx du Noort et de Cornuaille avec les aultres, comme ce sont ceulx qui sont demeurez plus fermes en la religion , et qui ont demonstré plus d'affection en son endroit , qu'elle treuveroit envers iceulx, pour tout ce qu'elle vouldroit ordonner, plus de faveur. A tant, etc. De Bruxelles, le xxixe de juillet i 553.
CHARLES
Et plus bas :
BAVE
L'EMPEREUR
A SES AMBASSADEURS EN ANGLETERRE
(Ambassades de Renard, III, 3i-32.)
Bruxelles, i" août 1 553.
L'empereur et roy.
Chi ers et féaulx : Nous avons reçu vos lettres du xxixe du passé, et par icelles entendu vostre arrivée devers la reine, et attendons d'entendre par vos premières ce que aurez négocié avec elle, et la déclaration qu'elle vous aura faict faire à part de l'état de ses affaires. Sur quoi nous a semblé de, sans dilación, vous [écrire] sur le
poini pour lequel vous avez ] qu'est principalement à l'occasion
des lettres escrites par le connétable au De[bitis] de Calaix2, offrant de la part du roi et sienne , de non-seulement du camp dudit roi, mais du si besoin faisoit, de l'y assister en personne.
Et nous tenons pour certain qu'il eust désiré que l'on se fût servi de sadicte assistance, puisque mettant le pied dedans Calaix, et, ... . ils eussent exclu pour tousjours les Anglois de ce qu'ils tiennent en terre ferme; et donne ceci clair tesmoignaige de leur bonne intention en la négociation tenue avec ledict de Northumbellant. Mais estant, grâces à Dieu, les choses es termes où les voyons, il leur sera mal possible d'exécuter leurs desseings, et mesmes pour faire chose où il soit de besoin grand effort; puisque estant nostre camp si proche, ils se garderont bien de attempter nouvelles emprinses, mesmes en ce coustel-là , attendu l'opportunité où est notredict camp
Cette lacune et quelques autres sont lettre du connétable, du 24 juillet, avec dues à l'état de mutilation de la dépêche. la réponse, dans les Ambassades de MM.de Le lord William Howard t. (Voyez la Noailles en Angleterre, I. II, p. 85-88.*
pour les suivre de près. Et aussi est fondé ce que escript ledict connétable , et la fin que vraisemblablement il doit avoir, sur la correspondance et assistance dudictduc, laquelle cessant, nous ne croyons que ladicte royne aye pour le présent besoin d'aultre chose que de pourveoir lesdictes places de personnaiges et créatures confidens , avec les gens qui seront mis seullement pour résister à quelque légier effort, que sera chose de peu de frais; et y en envoyerions des nôtres, n'estoit la jalousie que les mêmes Anglois pourroint avoir des estrangiers. Et, en cas que les François voulsissent emprendre chose de plus de fondement et avec grandes forces , vous pourrez asseurer ladicte royne que nous lui ferons toute assistance , et que jà fon a escript au prince de Piedmont affin quii y aye regard; et a esté aussy à propos l'advertissement que dois là vous lui avez donné. A tant, chiers et féaulx, Nostre-Seigneur vous ait en sa saincte garde! De Bruxelles, le premier d'aoust 1 553.
Et plus bas :
CHAULES.
BAVE