‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 3)Chapitre 31 sur 127 · DE CHARLES -QUINT EN ANGLETERRE A CET EMPEREUR · texte numérisé non relu

DE CHARLES -QUINT EN ANGLETERRE A CET EMPEREUR

Londres, 18 janvier i553, V. S.

Sire, par les lettres de M1' d'Arras, escriptes le xmi de ce mois, avons entendu que la dispense du pape sur le mariaige de monseigneur nostre prince et de cette royne est expédiée et en briefz doit estre en ce lieu , de laquelle toutesfois ne nous pourons servir sans le pouvoir de son altèze que attendons de jour en jour à grand désir, afin que nostre négociation se puisse du tout bien et heureusement terminer, et que seurement toutes choses se puissent passer sans contredict ou empeschement , que les François, par leurs indeues ou coteleuses practiques, estudient par tous moiens mectre et semer en ce royaume, selon que vostre majesté congnoistra plus amplement par les lettres particulières de Mr le lieutenant d'Amont , que avons par ensemble bien veu et pesé; estant de telle importance, que si promptement n'y est porveu tant de ce coustel que par le moien de vostre majesté, il y en pouroit sordre inconvénient et dommaige irréparable. A quoi supplions icelle donner tel ordre et remède que l'urgente nécessité le requiert, et selon que sa très-porveue prudence sçaurabien faire. Nous en avons donné presse à ceste royne et son conseil , afin de temps et d'heure y obvier : espérans qu'elle s'y employra, ordonnant à ceulx de sondit conseil faire le debvoir qu'il y appertient. Si sadite altèze envoyoit sondit pouvoir et avançoit sa venue, toutes lesdites practiques s'empescheroient fa-

cillement, voire absolutement s'estaindroient; et jusques à ce, lesdits François, accompaignez desdits malvuillans et auleuns héréticques, ne cesseront machiner quelque traverse à leur accoustumé. Ayant les inm escus que lesdites lettres contiengnent nous debvoir estre envoyez, adviserons, sire, les départir là où y semblera pour le mieulx convenir entre ceulx qui peuvent plus nuyre et ayder, afin de les gaigner si aulcunement faire se peut. Et quant aux aultres personnaiges aians traicté avec nous, et dudit conseil ayans bien mérité d'estre recongneuz pour le bon office qu'ilz ont fait en traictant ceste alliance, nous envoyons les noms à vostrcdite majesté en ung billet, icelle advertissant que, si le prêt est petit, ils n'en feront compte et le mésestimeront: car ce sont grandz personnaiges, riches et ayans gros crédit, tant vers ladite dame que les nobles et populaire de ce royaume; et mieulx vauldroit riens donner que, à l'occasion de petit don de vostre majesté et sadite altèze, [leur oster] la bonne et sincère affection qu'ilz ont jusques oires démonslré et porté. A tant, sire, prions nostre Créateur, etc. De Londres, ce xvm janvier i553.

De vostredite majesté très-humbles et très-obéissans serviteurs,

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