‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 3)Chapitre 33 sur 127 · C. DE VERGY · texte numérisé non relu

C. DE VERGY

FRANÇOIS BONYALOT,

A CLAUDE DE VERGY

( Mémoires de Granvelle , V, 4)

Besançon, 7 juin 1 554-

Monsieur, pour satisfaire à ce qu'il vous pleut dernièrement m'escripre , de vous faire entendre mon advis sur la négociation de plus estroicte alliance, réciproquement défensive, avec messrs des Lighes, ayant de cette matière conféré avec Mr de Chastelrouillault, mon nepveur, et arraisonné le poids et le mérite d'icelle , mesmes ce

qu'est plus nécessaire à nostre sheurté et les moyens de plus facilement l'obtenir desdict Srs des Lighes; considérant aussi ce que le pays pourroit faire pour eulx en cas de besoing, il me semble que mieulx sera d'accroytre à tous les quantons la somme de la gracieuse recognoissance, soit en commung ou particulier, que d'obliger cedictpays à leur fournir pour leur defensión nécessaire le nombre de chevaulxque de leur part a esté mys en termes, ny pasjusques à cinq cens. Car, comme vous sçavez, monsieur, la noblesse de ce pays est ordinairement en assez petit équipaige, de manière que quant il est question de faire amas de gens de cheval pour nous garder nousmesmes, le nombre se treuve fort petit. Et vous sçavez qu'il se faut bien garder de promettre à ces seigneurs chose que Ton ne leur puisse tenir, et le mal que pourroit succéder de la faulte; avec ce que les deniers, comme je pense, leur seront beaucoup plus agréables, parce qu'ilz en feront profit et qu'ilz n'auront pas grand peine de nous garder de nos voisins, toutes et quantes fois qu'ilz vouldront à bon escient dire qu'on nous laisse en paix : car nosdictz voisins ont affaire d'eulx en plusieurs endroitz, qu'ilz estiment plus que la prise de cedict pays. Et de ce l'expérience du passé nous donne le témoignaige. Et pour ma part, je présume que la grande quantité de chevaulx qu'ilz nous demandent est pour gaigner le point de faire plus grande la somme de la recognoissance de la lighe défensive, ce que facilement l'on cognoistra par le discours de la négociation dudict Sr de Chastelroillault, lequel je tiens y fera tout le bon office qu'il pourra, par le debvoir et obligation qu'il a au service de l'empereur et au pays. Et velà, monsieur, tout ce que, sur ce faict, je vous puis respondre, m'offrant tousjours à obéyr en ce qu'il vous plaira me commander.

Je receuz devant-hier bien tard ung petit pacquet de Mr d'Arras quy me mandoit vous faire part du billet des occurans joinct aux présentes. A tant, monsieur, etc. Dez Besançon, vne de juin i 55^.

L'EMPEREUR

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