SDR LA CONDUITE QU'IL DEVRA TENIR EN ANGLETERRE
(Ambassades de Renard, III, 2 9 5.)
Sans date [juin ou juillet 1 554]-
Item, pour aiguiser le cueur des principaulx pour le parlement et assheurer la venue de son altèze, l'ambassadeur a offert pensions aux contes de Pembroc, Arundel, d'Arbie, Sbrosbery, de deux mil escuz anglois, que sont à chacun trois mil florins; aux contes de Sussex, aux millors Daicre, grand-trésorier, contrôleur, secrétaire Pieter Wardon, de mil escuz; aux Sudwel, Walgrave, Inglisfeld, dcbitis de Calaix, debitis de Guygnes , cinq cens escuz.
Item , ledit ambassadeur a fait présent de cinq mil escuz à plusieurs gentilzhommes et officiers qui se sont emploiez au service de la royne en la dernière rébellion et victoire, pour les attirer et affectionner, que l'empereur a paie.
Item, il convient que son altèze, entrant en ce royaume, accarasse toute la noblesse et soit conversable avec elle; qu'il se face veoir souvent au peuple; qu'il démonstre ne se vouloir autrement empescber de l'administration du royaume, sinon le remectre au conseil, et luy recommander justice et police; et accarassant les nobles, parlant avec eulx quant l'occasion l'adonnera, les menant à lâchasse, usant de libéralité, il n'y a doubte que non-seullement ilz obéiront et aimeront son altèze, ains l'adoreront.
Ces instructions furent rédigées par l'ambassadeur Simon Renard.
Item, conviendra faire démonstration requise envers le peuple, luy conformant espoir de bénignité , justice et de liberté.
Item, pour ce que son altèze ne scet le langaige anglois, il sera expédient eboisir un truchement qui pourra estre l'un des aides de la chambre, pour diviser et parler avec eulx, et se parforce d'apprendre quelques motz d'anglois pour les saluer, et avec le tanps son altèze prandra l'advis qu'il luy semblera mieulx convenir pour encheminer ses affaires.
Et pour ce faire , convient que son altèze forme ung conseil de personnaiges expérimentés et de diverses nations, qui perpétuellement entendent aux affaires d'estat, et qu'il se confie enPaiget, qu'a esté instrument avec l'ambassadeur pour conduicte et direction du mariaige, qui est homme d'esprit.
Item, son altèze entendra que le duc d'Alborquelque a laissé grande souvenance de luy, par la libéralité et bonne versation qu'il a eu en ce royaume, et y est fort désiré, tellement que, s'il plaisoit à son altèze l'amener avec luy, il serviroit grandement en l'encheminement des affaires, pour avoir la congnoissance du royaume et des personnes.
Item, il ne convient nullement que son altèze souffre venir dames d'Espaigne par deçà pour maintenant, ains que l'on diffère de ce faire jusques à ce que , aiant veu comme les choses passeront par deçà, l'on y prengne délibération.
Item , il ne convient que aulcuns souldars des navires désembarquent en terre, pour éviter la suspicion dont les François font courir le bruict, que son altèze veult par force conquérir le royaume.
Item, pour plus asseurer son altèze, pourroit traicter avec les S^rs et nobles qui viendront avec luy, que ou lieu des paiges et laquetz, ilz prengnent souldars qu'ilz habilleront de leurs livrées pour, s'il estoitde besoing, s'en ayder, et qu'ilz ayent acquebutes es cofres.
Item, que les nobles portent leurs armes, soubz couleur de la guerre qu'est entre l'empereur et le roy de France.
Item, que son altèze désembarquant soit armée acouvertement.
Item , que les navires demeurent à l'entour des ports