‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 3)Chapitre 59 sur 127 · AU ROI DES ROMAINS · texte numérisé non relu

AU ROI DES ROMAINS

Sans date [juillet 1 555 ].

Sire, puys la date des lettres escriptes à l'empereur, desquelles copie va avec les présentes, les Srs légat Pôle et commissaires de la royne d'Angleterre ont interrogué l'ambassadeur du roy de France et son frère, s'ilz avoient charge ou pouvoir du roy leur maistre de négotier ou traicter de la paix, pour entendre si les offices du frère dudict ambassadeur, es véaiges si fréquens en ce royaulme, estoient simulés et suspectz ou fondez , et signantment si le roy de France avoit volunté à ladicte paix, pour selon ce se conduire et régler. Ausquelz lesdicts ambassadeur et son frère ont respondu n'avoir charge expresse de négotier aulire chose concernant ladicte paix, sinon d'entendre desdicts Srs commissaires ce qu'ilz vouldroient faire de plus de ce qu'a esté faict à l'assemblée dernière, et d'en faire rapport et donner advis au roy de France : les assurant néantmoins que, promouvans les affaires de ladicte paix, l'office sera aggréable audict roy, comme la désirant; qu'ilz avoient envoie ung corrier exprès au roy pour sçavoir son bon plaisir, et que estant de retour, ilz feroient entendre ce que leur seroit commandé.

Et néantmoins, par personnes interposées, ilz ontpoursuyz lesdicts commissaires en particulier pour dresser moien de tresves ou suspension d'armes; sur quoy lesdicts commissaires ont concludz d'envoier audict roy de France les articles et moiens qui leur semble se pouroient considérer pour appaiser les parties principales et les tiers intéressez, pour descouvrir l'entière volunté des parties, et selon ce

PAPIERS D'ÉTAT. IV. bj

cesser ou procéder. Bien s'apperçoit l'on que le pape ne faict office si diligent que seroit requis: car il n'a escript audict légat depuys qui luy envoia la confirmation de sa légation; qu'est ce que passe quant à ladicte paix, et si je puys recouvrer lesdicts articles, je les feray incontinant [tenir] à vostre majesté.

Erasso est venu par deçà, mandé du roy d'Angleterre, pour résoldre tous affaires publicques et particulières avec l'empereur, mesme l'entrevue dudict Sr roy avec son père1, le temps d'icelle, puysque la royne tarde son accouchement, et que l'on doubte si elle est enseincte, combien que les signes extérieurs soient bons et qu'elle confirme estre enseincte; si l'empereur ira en Espaigne ou ledict Sr roy? quel conseil d'estat l'on formera? de quelz personnaiges? comme l'empereur se résoldra sur l'administration et autorité dudict sieur roy es pays d'embas; ce que l'on pourra faire l'année venant, continuant la guerre ou se dressant la paix; quel ordre l'on donnera en ce royaulme, et conséquemment quelle intention l'empereur ha en tout et partout? Et pour mieulx achever ceste délibération, le sieur Ruy-Gomez'2, qu'est à présent conte de Melito, et son beau-père duc3, s'est parti avec ledict Erasso pour, à son retour, faire ce que sera conclud : en quoy je me doubte l'on tarde trop, et se pert le temps.

L'on a arresté les naves biscayennes en Anvers pour le véaige , et attend l'on la venue de Carvajal, qui amène cinq cens mil escuz pour fortifier et assurer le passaige , soit de l'empereur ou dudict Sr roy. La résolution eue, je ne fauldray plus particulièrement la deschi ffrer à vostre majesté.

1 Ce fut le 29 août suivant que le roi violente passion que sa femme, Anne de

Philippe quilta l'Angleterre pour aller Mendoza, avait inspirée à ce roi, et qu'en

trouver l'empereur dans les Pays-Bas. courtisan habile il se garda bien de con-

1 Ruy-Gomès de Sylva, successivement trarier.

comte de Melito et prince d'Eboli, jouit 3 Le duc de Franqueville,qui mourut à

de toute la faveur de Philippe II, qui l'a- Madrid, en 1578, en qualité de président

vait nommé son grand sommelier de corps. du conseil d'Italie. Sa haute influence s'accrut encore par la

EL OBISPO DE ARRAS

(Mémoires de Granvelle, V, 52-53.)

Bruselas, á 18 dejuliu 1 555.

*Las cosas de la dieta van muy frías, y se arriman mucho

los príncipes protestantes á lo que les parece convenir por crecer la parcialidad de los que concurren en sus errores, y lo que su majestad agora haze es procurar de apartarse desta obligación, pues se puede mal tractar desto sino en presencia , ganando las voluntades y haziendo officios en sus tiempos y coyunturas ; y lo quiere re-

TRADUCTION

L'EVEQUE D'ARRAS

A PHILIPPE II

Bruxelles, 18 juillet 1 555.

Les affaires de la diète germanique sont conduites bien froidement ,

et les princes protestants se rattachent avec force à tout ce qui leur paraît le plus efficace pour accroître le nombre de ceux qui partagent leurs erreurs. Aussi sa majesté se borne-t-elle pour le moment à éviter de prendre aucune espèce d'engagement, bien convaincue que de semblables négociations ne peuvent se traiter qu'en présence de ceux à qui l'on a affaire , et en cherchant au préalable

1 Les passages supprimés en téle de impériale sur les frontières des Pays-Bas , cette lettre contiennent des détails de et de nouvelles plaintes sur les intrigues marches et contre -marches de l'armée françaises en Allemagne.

mitir todo al rey de Romanos, como deride el principio de la dieta lo ha hecho, porque no querría venir á lo á que le obligaron en el ayuntamiento de Passaw.

Quanto á lo déla paz, verá vuestra magestad lo que el emperador le responde, á que me remito; y con esta yrá una instrucción que se ha havido por buen modo , la qual dio el rey de Francia al cardenal de Lorraine y al condestable, por donde verá vuestra magestad si venian armados; y también yrá copia de avisos que de Borgoña ha embiado monsieur de Sainct-Mauris, de lo que dende allí ha podido descubrir de las cosas de Francia.

ElLotino, secretario del cardenal Sancta-Flor, ha propuesto aquí, como de suyo , que , por quanto los Farneses no se osan declarar, ni entrar en negociación , sin dezirlo á Franceses , con vuestras magestades, para volverse al buen camino, por el miedo que tienen de que haziéndolo assi, descubriéndole después los Franceses podrían romper con ellos , y con esto quedarían desamparados y forçados

TRADUCTION

à se concilier leur bienveillance par des démarches faites en temps opportun. Elle se propose de remettre le soin de cette affaire au roi des Romains , comme elle l'a fait dès le commencement de la diète ; et cela dans la crainte qu'on ne lui impose quelques conditions de la nature de celles qu'on l'obligea d'accepter a Passau.

Quant à ce qui concerne la paix, votre majesté verra la réponse de l'empereur, à laquelle je n'ai rien à ajouter. Je lui envoie en même temps que la présente une instruction que nous avons réussi à nous procurer, et qui a été donnée par le roi de France au cardinal de Lorraine ainsi qu'au connétable. Votre majesté jugera par ce document si les négociateurs français venaient à nous armés de toutes pièces. J'y joindrai une copie de certain écrit envoyé de Rourgogne par M. de Sain t-Mauris , et renfermant les renseignements qu'il a pu se procurer sur la situation des affaires de France.

Lotin , secrétaire du cardinal de Santa-Fiore , vient de nous faire, comme de son chef, une proposition que je dois vous soumettre. Suivant lui, les Farnese n'osent entrer, avec l'empereur votre père et vous , dans aucune négociation

á venir á todo lo que vuestras magestades quisiessen; platicando algunas vezes sobre ello con el cardenal su amo , él le havia dicho que, como ordinariamente los desdenes pueden mas con los Italianos que otra cosa, y viendo que el cardenal Farnese con las indignidades que çufre, assi del cardenal de Ferrara, como de otros ministros Franceses en Italia, muchas vezes está por desesperarse, dezia que el dicho cardenal su amo juzga va que, si entonces él le hablasse como pariente, con saber él fasta donde vuestras magestades querrían venir en lo déla recompensa, y otras cosas que los Farnesios piden, él podria hazer officio con el qual se pudiessen quicá reduzir; y ahunque el dicho cardenal Santa -Flor se muestra tan servidor, como vuestra magestad sabe, se está todavía en dubda si seria bien fiarle tanto, señaladamente en negocio que toca á sus parientes; y también se tiene consideración á que este negocio de reduzirlos se encomendó primeramente al duque d'Alba, y después al de Florencia , con la intervención de don Francisco de To-

TRADUCTION

tendant à les remettre dans le bon chemin, sans en avertir d'abord les Français, par la crainte d'une rupture, si ceux-ci venaient à en être instruits, et dans l'appréhension d'êlre abandonnés entièrement par eux à la merci de vos majestés , dont les exigences deviendraient alors sans mesure. Dans plusieurs entretiens qu'il a eus à ce sujet avec son maître, celui-ci lui a fait observer que les manières dédaigneuses ayant plus de pouvoir sur les Italiens que tout autre genre de procédés , le cardinal Farnese l, poussé à bout par les avanies que lui font endurer le cardinal de Ferrare2 et les autres ministres français résidant en Italie, ne saurait bientôt plus où donner de la tête. Le prélat pense donc que , si lui-même entrait en pourparlers avec Farnese en qualité de son parent, ayant au préalable à sa disposition des renseignements satisfaisants sur la récompense et les autres garanties que pourraient exiger ce personnage et les autres membres de sa famille, il réussirait peut-être à les gagner complètement. Le cardinal de Santa-

1 Alexandre, frère du duc Octavio. Il 2 Voyez tom. III, p. 1 1 . Il avait obtenu

fut créé cardinal en i534. le chapeau en i538.

ledo, como ministro, los quales podría ser que se sintiessen de que el negocio se encaminasse agora por otra via. Y porque el dicho Lotino no ha passado mas adelante que de mover esto assi , sin pedir sobre ello respuesta , y se fué , se está también á ver lo que se devrá hazer; y ahun se pensava que quicá seria lo mejor avisar de lo que ha passado en esto al embaxador que está en Roma , con darle juntamente cuenta particular de todo el discurso desta negociación , y de los medios á que su magestad havia condecendido, para que, correspondiendo con el dicho duque d'Alba y con don Francisco de Toledo, se sirviesse con el cardenal de la ocasión que pudiesse nascer, por favorescer á esta reducción, sin entrar por agora en otra plática con el dicho cardenal Santa-Flor, sino que, de parte de su magestad, le agradeciesse la voluntad que tiene para ganarle servidores en Italia, y señaladamente aquellos sus parientes , con dezirle que, quando viesse coyuntura, por desden del cardenal Farnese, ó otra via, podria platicar sobre ello con el dicho embaxador,

TRADUCTION

Fiore a toujours fait preuve d'un attachement sincère pour votre majesté; néanmoins il y aurait peut-être de l'imprudence à s'en remettre entièrement à lui , surtout dans une affaire qui concerne ses parents ; nous ne devons pas oublier non plus que le soin d'attacher la maison de Farnese à votre cause avait été confié d'abord au duc d'Albe , ensuite au duc de Florence, avec l'entremise de don François de Tolède comme ministre , et que ces seigneurs pourraient voir avec peine cette négociation remise en d'autres mains. D'ailleurs, comme Lotin s'est borné à exposer sa proposition et est parti sans demander une réponse catégorique , nous aurons le temps de délibérer sur ce qu'il convient de faire. Peut-être que le meilleur serait d'informer notre ambassadeur à Rome de toute la négociation et des moyens auxquels sa majesté avait avisé , afin que, de concert avec le duc d'Albe et don François de Tolède , il mît à profit la première occasion favorable d'agir sur l'esprit du cardinal Farnese, sans prendre, pour le moment du moins, aucune espèce d'engagement a\ec le cardinal de Santa-Fiore. L'ambassadeur se bornerait à lui témoigner la vive gratitude qu'inspire le zèle avec lequel il cherche à procurer à l'empereur de fidèles serviteurs en Italie, et par-

el quai, como informado de la voluntad de su magestad, le assistiria y respondería á la plática, segund viesse convenir, con el parecer del mismo cardenal ; y entretanto verse ha si el papa moverá algo sobre lo que toca á estos de la casa Farnese, pues les muestra tanta voluntad. Suplico á vuestra magestad me mande avisar con brevedad si le parecerá otra cosa, paraque aquello se sigua como lo mas acertado.

El señor de Monaco da aquí grandes quexas por su agente, sobre que no es pagado en Sicilia ; y la falta dello es la impossibilidad que es en aquel reyno tan grande, como vuestra magestad sabe. El querría que se le mudassen sus galeras en otra parte, y yo no veo adonde, ni que determinación se puede tomar con ello, sino fuesse quando vuestra magestad se determinasse tomar resolución en lo que muchas vezes se ha apuntado de crecer el número de las galeras ; y quien pudiesse hallar alguna via para socorrer á las necessidades de Sicilia seria cosa de gran beneficio; mas yo lo veo todo tan

ticulièrernent dans sa famille; ajoutant que, lorsque les ennuis dont se plaint le cardinal Farnese ou tout autre motif, lui sembleraient ouvrir une voie favorable à quelque négociation avec ce prélat, il pourrait en conférer avec ledit ambassadeur qui, sulïisamment instruit des dispositions de sa majesté, l'aiderait dans cette affaire, et y prendrait part lui-même suivant l'exigence. En attendant, il sera bon d'observer si le pape fait quelque démonstration en faveur de la maison Farnese, à laquelle il témoigne tant d'affection. Je supplie votre majesté, dans le cas où elle aurait quelques autres vues sur cette affaire, de me les communiquer sans délai, afin qu'on puisse les adopter comme les plus convenables.

Le prince de Monaco1 se plaint ici hautement, par l'organe de son agent, de ce qu'on ne le paye point en Sicile; il est impossible, pour le moment, de lui donner satisfaction , à raison de l'extrême nécessité dans laquelle se trouve ce royaume, comme votre majesté le sait fort bien. Ce seigneur voudrait qu'on chan-

1 Honoré I Grimaldi, mort en i58i.

estragado que no sé de donde se pudiesse tomar, y entretanto que se va esperando algún remedio , voy le entreteniendo lo mejor que puedo con palabras, mas con estas ni se paga ni se satisfaze.

Quanto á lo de Sienna, yo he solicitado su magestad paraque tornasse resolución sobre la generalidad que vuestra magestad me scrivia; y su magestad, con esta ocasión, me leyó lo que vuestra magestad le havia scripto, y después de considerado todo, se ha resolvido al cabo en lo que vuestra magestad por Erasso entenderá , que es finalmente de sperar á ver como havrá tomado el duque de Florencia lo de la ratificación y que camino abrirá, según lo ha ofrecido, para satisfazer al desseo de vuestra magestad , que es de proveer á la seguridad de sus estados, y de los del dicho duque, pues juzga su magestad cesarea que , conforme á ello , se podrá tomar pié y fundamento mas cierto para todo lo que se querrá hazer. Y si vuestra

TRADUCTION

geât ses galères; pour moi, je ne vois pas comment cela pourrait se faire, ni quelle détermination l'on peut prendre à ce sujet , à moins que votre majesté ne se décidât enfin à exécuter le projet depuis si longtemps discuté d'augmenter le nombre de ces bâtiments. Certes, celui qui pourrait découvrir quelque moyen de subvenir aux nécessités de la Sicile rendrait un important service; malheureusement je vois les choses dans un tel désordre, que le remède me semble presque impossible. En attendant, je cherche à gagner du temps avec le prince de Monaco , et l'entretiens de promesses et d'espérances ; mais il ne semble pas disposé à se payer longtemps de pareille monnaie.

Quant à l'affaire de Sienne, j'ai sollicité sa majesté de prendre une résolution sur la généralité des points dont vous m'avez parlé dans vos lettres; et, à ce sujet, elle m'a communiqué ce que vous lui en aviez écrit à elle-même. Toutes choses considérées, elle a pris le parti qu'Erasso fera connaître à votre majesté, et qui consiste à attendre l'effet produit sur le duc de Florence par la ratification1, comme aussi l'exposé des moyens avec lesquels il s'est offert de seconder votre majesté dans son dessein de pourvoir à la sécurité de vos états et des siens; parce que , à la suite de ces communications, il sera possible à l'empereur

(Du traité qu'avait conclu ce prince avec les Siennois. )

magestad será servido mandar ver el vicariato que se le ha despachado, verá claramente que por él se ha proveydo á la mayor parte de lo que vuestra magestad pretende, y esto con muy buena forma, narrándose lo que el emperador Henrico quarto havia dado á Seneses, y las condiciones debaxo de las quales los havia creado vicarios del imperio ; las causas porque su magestad cesarea agora revocava asy el vicariado, y la revocación muy expressa, con privación; el desseo de que sean por adelante mejor governados, el cuydado de buscar persona, la elección de la de vuestra magestad, y las causas; la concession para él del vicariado que está fundado todo en el beneficio de la república, por justificar las acciones de su magestad; la authoridad que le da de meter persona que administre en su nombre, y de dar forma al govierno de la república, cobrar las rentas públicas y recibirlas para que vuestra magestad las pueda emplear ó man-

TRADUCTION

de disposer ses plans d'une manière plus assurée pour l'avenir. Si vous daigniez , sire, prendre connaissance de l'acte du Vicariat qu'on a expédié en faveur de votre majesté , vous verriez facilement qu'on a satisfait dans la meilleure forme à la majeure partie de vos prétentions. On y mentionne , en effet , le diplôme de concession fait par l'empereur Henri IV aux Siennois, et les conditions sous lesquelles il leur avait accordé le vicariat impérial ; les motifs qui engagent l'empereur actuel à révoquer cette libéralité , par le désir de les voir mieux gouvernés à l'avenir; le soin qu'on a pris de procurer pour cette dignité un personnage éminent et convenable ; le choix de votre majesté et les raisons déterminantes qui l'ont provoqué; la concession à vous faite dudit vicariat, exclusivement fondée sur le propre intérêt de la république; l'autorisation que l'empereur vous donne de déléguer vos pouvoirs, de déterminer la forme du gouvernement, de percevoir les revenus publics, afin que votre majesté les emploie ou fasse employer à ce qu'elle jugera convenable aux intérêts de la république, sans être tenu d'en rendre compte, à charge seulement de payer au trésor impérial les redevances qui lui sont dues. Reste un point unique à régler, celui qui est relatif à la disposition et au partage de l'état lui-même. Il ne faut pas se dissimuler que ce point sera difficile à établir d'une manière satisfaisante, surtout dans la situation actuelle des affaires , à moins d'obtenir le consente-

dar emplear en lo que juzgare convenir por el benefìcio de la dicha república, sin que sea obligado de dar cuenta ny razón de lo que délias se hiziére, con tanto que al imperio se pague su drecho. De manera que falta solo el punto de disponer y partir el estado , lo qual, por dezir la verdad, será dificultoso de fundar bien, señaladamente en el estado en que están las cosas, si ya no fuesse con consentimiento de los mismos de Siena, lo qual podria ser si pudiesse acabar con ellos, segund la esperança que da el duque de Florencia de poderse hallar forma por donde ellos vengan á consentir á todo lo que se quisiere; verdad es que la ratificación dada de los capítulos hechos por el duque de Florencia, ahunque hé quitado, donde su magestad habla en ella, todas las palabras que podrán importar perdón , y assimismo en la commission de don Francisco, todavía, viniendo incluydas en ella las condiciones otorgadas por el duque , parece que quita del derecho que se puede pretender por el despacho del vicariado ; mas también se puede dezir que ni la capitulación ni la ratificación della ha podido quitar á vuestra magestad el drecho que tiene ya adquirido al dicho vicariado, pues se entien-

TRADUCTION-

ment des Siennois ; ce qui ne serait pas impossible, si le duc de Florence ne nous a point abusés par l'espoir de les amener à composition. Il est vrai que la ratification des articles dressés par ce prince, renfermant aussi les conditions qu'il a octroyées , quoique j'aie eu soin d'y retrancher, aux divers endroits où sa majesté parle, tous les termes qui pourraient impliquer l'idée de pardon, comme je l'ai fait aussi dans la commission de don François, semblerait annuler le droit à la transmission dudit vicariat; mais, d'un autre côté, on peut dire que ni le traité ni sa ratification n'ont pu enlever à votre majesté son droit acquis sous ce rapport, parce que toutes les concessions possibles s'entendent toujours sans préjudice des droits d'un tiers; et ceci est un point qui pourrait nous servir beaucoup pour tout ce que les Siennois et le duc de Florence voudraient faire. Votre majesté peut avoir la certitude que je ne négligerai , dans cette circonstance ni dans aucune autre , rien de ce qu'exigent les intérêts de son service. Quant à la surintendance que votre majesté désirerait voir donner

den todas concessiones que se hazen , salvo siempre el drecho del tercero, que es punto que nos podría servir mucho para todo lo que Seneses y el duque de Florencia quisiessen hazer. Y soy cierto que vuestra magestad puede con razón confiar que yo no faltaré de hazer por servicio de vuestra magestad en esto y en todas cosas todo lo que yo supiere y pudiere. Tocante la superintendencia que vuestra magestad querria que dende agora se diesse al duque d'Alba de las cosas de Siena, la resolución que su magestad cesarea ha tomado en esto, después de haver pensado y repensado en ello, es la que al presente scrivo al secretario Erasso, por mandado de su magestad, conforme á la qual se despachará luego al duque d'Alba y á don Francisco de Toledo , que están en Siena , como conviene , que es eífecto lo mismo para proveer á la seguridad que vuestra magestad pretende, y parece á su magestad cesarea que quedará por esta via mas libre, para si, assentándose las cosas de Siena, pareciese á vuestra magestad dever se hazer otra provision. Con esto acabaré, rogando, etc. etc. etc. De Bruselas, á 18 de julio 1 555.

TBADUCTION.

dès ce moment au duc d'Albe sur les affaires de Sienne , la résolution prise par l'empereur, après mûre délibération , est celle que je transmets en ce moment au secrétaire Erasso par ordre de sa majesté. En conformité de cette pièce, on expédiera de suite au duc d'Albe et à don François de Tolède, qui se trouvent à Sienne , les instructions nécessaires. Par ce moyen , on arrivera également àia sécurité que votre majesté désire, et l'empereur considère, en outre, qu'il demeurerait ainsi lui-même plus libre pour le cas où , les affaires de Sienne venant à prendre une tournure satisfaisante , votre majesté jugerait à propos d'adopter d'autres mesures. Je terminerai, en priant Dieu notre Seigneur de vous accorder, etc. Bruxelles, 18 juillet i555.

EL OBISPO DE ARRAS

(Mémoires de Granvelle.V, 56.)

Bruselas, á 21 de julio 1 555.

S. R. Magestad,

Esta es solo por embiar á vuestra magestad un designo de la campaña donde se han visto los Franceses con los nuestros , cerca del fuerte de Givet , por donde , y la copia de una carta scripta del campo á monsieur de Praet, que va también con esta, verá vuestra magestad mas particularmente lo que ha passado. Después se han retirado del todo los Franceses en su frontera , ázia Maubert-Fontaine , y de camino han passado por Solour2 y Simay, y requeridoles que se rendiessen con sus trompetas y heraldos , y embiado gente para este efecto; mas como no llevavan artillería, hanles respondido á mosquetazos y muerto algunos dellos , y con esto se han ydo amenazando de que bolverán , mas podria ser que no lo hiziessen. Por un billete que también va con esta verá vuestra magestad como Franceses han hecho instancia á los Suyços de poder levantar hasta doze mil dellos; la respuesta seles devia dar ayer, presto veremos qual havrá sido; bien creo que les consentirán, mas el negocio será ver si los Franceses darán dineros para el levantamiento, ó no, y de allí se tomará la conjectura mas cierta de lo que pensarán hazer, y podria ser que no los levantassen, porque llegarían bien tarde.

Demás desto embio á vuestra magestad una relación de una es-

1 Relation sommaire de quelques enga- pagnole sur la frontière du nord. Hostigemenls entre les armées française et es- lites en Italie. — 2 (Solre-le-Château ?)

pia que solia acudir á monsieur de Dissey, y ha venido cerca del campo á dar su relación á monsieur de Barlaimont; en algunas cosas acierta, mas en otras ó se engaña ó, si es doble, nos quiere persuadir desatinos; todavía es bien ver lo todo por juzgar.

De Saxonia no tenemos otra cosa de importancia, mas déla generalidad que yva en mis postreras cartas , y lo que tenemos de Italia ya lo havrá vuestra magestad visto; gran nueva es haver llegado en salvo las galeras con la gente á Gaeta, y que Vulpian l se quiera tener hasta la fin deste mes; piega á Dios dar al duque d'Alba buena mano para que lo pueda socorrer, como scrive que andará en ello ! y yo le hé scripto, porque mire sobre Genova, pues hay avisos de Francia que concurren, diziendo que l'armada va allá. Guarde, etc. De Bruselas, a 21 de julio 1 555.

EL OBISPO DE ARRAS

Page 1