‹ Papiers d'état du cardinal de Granvelle (volume 3)Chapitre 79 sur 127 · AU COMTE DE LALAING · texte numérisé non relu

AU COMTE DE LALAING

(Ambassades de Renard, IV, 20. )

Bruxelles, 2/1 décembre 1 555.

Mons1, sambedi dernier j'arrivay en ce lieu à dix heures du matin, et feiz incontinant entendre à monsr le duc2 nostre négociation, et après le disné j'en feiz rapport au roy, qui l'a feit entendre à l'empereur, et en après séparéement à la royne. Lundi au matin je feiz le mesme au conseil d'estat, et feiz donner les lettres de crédence à l'empereur. Mais, pour estre jà informé des affaires, et se treuver aucunement indisposi, il ne luy a semblé estre nécessaire que je luy en feisse répétition. Que nostre négociation soit esté bien ou

1 François de Vendôme. 2 De Savoie.

mal prinse, je ne le puis dire par lettres; mais l'on a voulu persuader que le pied du revenu d'une année seroit au désavantaige; que nous n'avions fait mention, par l'accord, des pupilles, ni semblablement des prisonniers qui sont aux particuliers : et combien j'ai respondu particulièrement que hors l'escript nous y avions pourveu, si est-ce qu'il a esté advisé que l'on mectroit par escript ce qu'en avions résolu.

Quant au faict de la paix, je vous ay prédict ce que j'ay trouvé; car l'on a conclu que l'on renouvellera le recès de la journée de Marques avec les médiateurs, sans ce que l'on nous veulle donner pouvoir de passer oultre en l'affaire, fondans qu'il n'est raisonnable que la royne d'Angleterre en soit excluse. J'ai faict instance pour avoir mandement patent pour faire ledict renouvellement; mais l'on a dit qu'il soufïiroit d'avoir un escript pour monstrer aux François, et entend l'on que nous doigeons entretenir le temps et la practique, soubs umbre des prisonniers. Les practiques que l'on a tenu pour parvenir à ce sont telles que les trouverez préjudiciables au publicque, comme je l'ay dit publicquement, jusques à dire que je me doubtois de roupture. La royne a présidé audict conseil que c'est assemblé ce jourd'huy ; me remectant , quant à la particularité , à mon arrivée devers vous, que ne pourra estre devant dymenche ou lundi.

J'ay parlé à mondici Sr le duc touchant les soldats de Cambray, qu'il m'a dict avoir esté résolu et le dépesche envoyé.

Le pape envoyé le conte de Montorio pour parler de paix , en conformité de ce que les cardinaulx françois ont parlé au pape et au consistoire.

J'ay donné les propoz tenuz par le Ringrave à Blondeau audict

Sr duc. A tant, monsieur, je prie le Créateur, etc A Bruxelles,

le xxime de décembre i 555.

\ostre humble serviteur,

SIMON RENARD

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