DONNÉS PAR L’EMPEREUR A L’ARCHIDUCHESSE MARGUERITE
POÜR TRAITER DES ALLIANCES DE MARIAGE ENTRE SES ENFANTS ET CEUX DU ROI DE FRANCE.
(Mémoires de Granvelle, 1, 2 1 5 . )
Bologne-la-Grasse ’, 8 novembre 1629.
Charles, etc. à tous ceux qui ces présentes verront, salut.
Comme depuis le traicté de paix dernier, faict et conclud en la cité de Cambray, entre très-hault, très-excellent, et très-puissant nostre très-chier et très-amé bon frère, cousin et allyé Françoys, par la grâce de Dieu, roy de France très-chrestien , et nous, soyons esté adverty de par nostre très-chière et très-amé tante, dame Marguerite, archiducesse d’Austrice, duchesse et contesse de Bourgongne, etc. que aucungs propos soient esté tenuz entre elle et madame la duchesse d’Angousmois, mère dudit sieur roy très-chrestien, de faire plus estroictes intelligences et traicter allyances de mariage des enffans dudit sieur roy très-chrestien et nostres, pour le bien et establissement de ladite paix , et icelle soulder et rendre perpétuelle. Nous, désirant de tout nostre pouvoir et cueur, nonseullement observer ladite paix , mais l’establir et rendre durable et indissoluble à tousjours entre ledit sieur roy très-chrestien et nous, et nos hoirs et les siens, sçavoir faisons que ces choses considérées , et pour la très-grande , parfaite et entière confidence qu’a-
1 Charles-Quint était dès le 4 novembre de ce pontife, la couronne de Lombardie, dans cette ville, où le pape l’attendait. Il et trois jours après celle de l’empire, y reçut, le 20 février suivant, des mains
vons de nostredite dame et tante comme de nous-même , et de son expérience et prudence, laquelle s’est employée à la conduicte , conclusion et perfection de ladite paix fête à Cambray; avons icelle nostre tante constitué et ordonné, constituons et ordonnons par ces présentes , nostre procuratrix générale et spéciale et irrévocable , en luy donnant et ouctroyant tout plain pouvoir, puissance, auctorité et mandement spécial par ces présentes, de pour, au nom de nous, et représentant nostre personne, pourparler, communiquer, traicter, accorder, et conclure avec ledit sieur roy très-chrestien, et ladite dame duchesse d’Angousmois , sa mère, ou leurs procureurs, ambassadeurs et députés souilisamment fondés de pouvoirs et procurations quant à ce, telles plus étroictes intelligences et aussi alliances de mariages entre les enfans dudit roy très-chrestien et les nostres, d’ung ou de plusieurs, iianceailles , espousailles par mots et parolles de présent et futur, pactz et convenances tant des dottes et assignations d’icelles , successions d’enfans , que aidtres choses quelconques que à madame nostredite tante semblera bon, expédient et convenable; pour lesdites plus estroictes intelligences et alliances de mariage et establissement de perpétuelle paix et indissoluble amytié, et généralement faire , besoigner, traicter et conclure, quant aux choses dessusdites , toutes et singulières leurs circonstances et deppendances , tout ce que nous-même en nostre propre personne ferions et pourrions faire, oyres que ce fût chose requérant de soy mandement, pouvoir, procuration, déclaration et spécification plus ample , expresse et espéciale que ces présentes. Promectans en parole d’empereur et roy catholique, et soubs l’obligation de nos royaulmes, pays, seignories et biens quelconques présens et advenir, que nous aurons ferme, estable, et perpétuellement agréable, et observerons tout ce que par madame nostredite tante et procuratrix sera convenu , traicté , capitulé et accordé quant auxdites intelligences, alliances de mariage et choses dessusdites, circonstances et deppendances d’icelles, et d’en bailler noz lettres souffisantes et pertinentes de ratilfication, toutes fois que requis en serons, sans en
aucune manière dire , faire ne venir au contre , tacitement ni expressément. En tesmoing de ce nous avons signé ces présentes de nostre nom et à icelles faict mectre nostre grand scel. Donné en la cité deBouloingne-la-Grasse, le vmejour de novembre, l’an de grâce mil cinq cent vingt neuf, et de nos règnes : assavoir des Romains, le xie, et des Espaignes et aultres, le xime.