‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 109 sur 153 · DANS LES MAISONS DE FRANCE ET D’AUTRICHE · texte numérisé non relu

DANS LES MAISONS DE FRANCE ET D’AUTRICHE

FAITES À CHARLES V PAR FRANÇOIS l".

(Mémoires de Granvelle, II, 64-65.)

Sans date [fin de i53o], PREMIÈRE NOTE DIPLOMATIQUE.

Pour plus grande seurté, corroboration et perpétuelle amour et amytié de très-hault^;, très - puissans et très -excellens princes, Charles, par la grâce de Dieu, esleu empereur des Romains, tousjours auguste, roy de Germanie et des Espaignes, etc. et Françoys, par icelle mesme grâce , roy de France très-chrestien , en continuant le traicté d’alliance et confédération faict et conclud entre eulx, ledici Sr roy très-chrestien désire et aura pour agréable que mariaige se face entre ses très-chiers et très-amez enfans , et les filz et fille et niepees dudict Sr empereur. C’est à savoir : monsieur le dauphin, filz aisné dudict Sr roy très-chrestien , à la fille aisnée dudict Sr empereur, et le fils dudict Sr empereur à l’une des filles dudict Sr roy trèschrestien , au choix dudict Sr empereur, et monsieur d’Orléans à la niepee dudict Sr empereur, fille de la royne, etmons. d’Angolesme à la fille d’Hongrie, s’il plaît audict Sr empereur les accepter et y consentir ; et se feront iceux mariaiges avec tels paetz et conditions que lesdits Sr empereur et roy très-chrestien verront estre à faire. Et aussi s’adviseront les meilleurs moiens que se debvront tenir pour le reboutement du Turc, et pour estaindre, abbatre et extirper les hérésies qui sont et pulullent en chrestienté, et quelles forces lesdits Sgrs

pourront dresser pour ce faire , tant d’eulx que de leurs amys. Et est à croire que moiennant lesdites alliances, ce sera un mesme vouloir desdicts seigneurs, une âme en deux corps, et qui picquera i’ung, l’autre s’en resentira, comme si c’estoit une mesme maison, qui reviendra au grand prouffit, commodité et utilité desdicts seigneurs, leurs pays, terres et subjectz, et pourront eulx deux ensemble mectre la loy telle que bon leur semblera en ladicte chrestienté ; et telz les ont renduz tributaires durant leurs diiférendz , qui auront grande joie et plésir d’eulx réduire et estre en leurs bonnes grâces. Sur lesquelles choses ledict Sr roy très-cbrestien désire sçavoir l’advis et intention dudict Sr empereur ; et sur ce s’il treuve bon faire avec luy traicté plus estroict et particulier que celluy qui a esté dernièrement faict entre eulx, ledict Sr empereur advisera à ce dont il vouldra particulièrement traicter, et advertirá ledit Sr roy très-chrestien.

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