DEUXIÈME NOTE DIPLOMATIQUE
Pour entretenir en perpétuelle et indissoluble amytié les maisons de l’empereur et celle du roy très-chrestien, ainsi qu’elles sont joinctes et unies de présent , qui est chose revenant au bien universel de la chrestienté , semble estre très-expédiens de faire les mariaiges que s’ensuyvent :
C’est à savoir que monsieur le prince des Espaignes1 ayt à femme et espouse celle des filles dudict Sr roy 2 que ledict Sr empereur vouldra choisir ; que monsieur le daulphin 3 ayt la fille d’icelluy Sr empereur 4 ; monsieur d’Orléans5 ayt l’infante de Portugal, madame
1 Depuis Philippe II.
5 Elles étaient deux : Madeleine et Mar-
guerite ; la première épousa Jacques V, roi
d’Ecosse, la seconde Emmanuel-Philibert,
duc de Savoie.
5 François, mort à dix-huit ans et sans alliance, en i536.
4 Marie d’Autriche, qui devint la femme de l’empereur Maximilien II.
5 Depuis Henri II.
Marie, fille de la royne de France1, et mons. d’Angoulesme 2, l’une des filles du roy d’Hongrie.
Et affin que ces choses puissent estre de brief mises à effect, les députez desdicts Srs empereur et roy , ayans pouvoir sur ce souffisant, se trouveront aux lieu et jour qu’il sera advisé, pour accourder et conclure les pactes , convenances sur ce nécessaires , par lesquelles lesdicts Srs empereur et roy feront promesse l’ung à l’aultre de procurer effectueiiement iceulx mariaiges estre faictz et accompliz entre leursdicts enfans respectivement : c’est assavoir les fiansailles et espousailles quand ilz seront parvenuz chacung d’eulx ou temps et eage requis de droit à faire liansailles et espousailles; et sera besoing que le roy d’Hongrie, pour safille, face de mesme, et que la royne de France et le roy de Portugal donnent leur consentement quant à ladicte dame Marie.
Item , fauldra convenir quelz mariages et dotz se bailleront pour les princesses d’Espaigne, de Hongrie et de Portugal, et aussi pour la fille dudict Srroy, et comment et en quel temps elles seront payées; quel douayre chacune d’icelles aura , et en quel lieu ilz seront assignez, et comment se rendront, en cas de dissolution, icelles dotz. Pareillement fauldra sçavoir les appanaiges qui se donneront esdicts enfans dudict Sr roy; car, quant à celluy de l’empereur et de monsr le daulphin, ilz sont aisnez et chacun scet et entend à quoy ils doibvent succéder.
D’aultre part, il faudra sçavoir quelle seurté se bailleroit d’ung consté et d’aultre pour la parfection desdicts mariaiges ; et, après ces choses faictes, si le cas est que l’empereur viegne en ses Pays-Bas, ledict Sr roy se trovera volontiers au lieu qui sera advisé, afin qu’ilz s'entrevoyent , comme ledict Sr empereur a dict à Rabaudanges, et puissent ensemble converser familièrement et domestiquement, et parler de leurs affaires , tant présens que advenir ; et là se pourra faire quelque bonne conclusion contre les Turcq et luthériens , à
1 Et d’Emmanuel le Grand , roi de Por- 2 Charles , duc d’Angoulême , puis d’Or-
tugal. léans, mort célibataire en i 545.
l’honneur et louange de Dieu , exaltation et augmentation de la fov chrestienne, et aussi se pourra ratisfier et confermer ce qui aura esté faict par lesdictz ambassadeurs, touchant lesdicts mariaiges.
NOTE RESPONSIVE