‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 129 sur 153 · DE LA PART DU ROI DE FRANCE · texte numérisé non relu

DE LA PART DU ROI DE FRANCE

( Mémoires de Granvelle , II , 33-34. )

Sans date [juillet 1 53 1 ]

Combien que de la part du roy très-chrestien n’ayt esté faicte mention du réachat des terres transpourtées, ny touchant les pièces contentieuses entre messieurs de Clèves et de Nevers, depuis ce qu’en fut respondu à Ausbourg, et successivement à Coloigne, et que l’empereur ayt tousjours retenu à soy de déclarer lesquelles terres se pourroient réacheter les premières , et qu’il empourteroit beaucoup à sa majesté que les aultres terres fussent réachetées premier que celles de madame de Vendosme, que sont les meilleurs, plus importantes, utilles et rnieulx revenans, et que les aultres sont reçues à beaucoup plus grande assiete qu’elles ne vaillent ny s’en peult recouvrer; néantmoings sadicte majesté, pour complaire audict S%r roy son bon frère , sera content que lesdictes terres de Vendosme soient réachetées les premières, en parfurnissant , pour approucher à la moitié du pris desdictes terres transpourtées , de celle d’Avrincourt , et moyennant que le réachat s’en face à une fois deans quatre mois à compter du jourd’hui, et toutes et quantes fois qu’il plaira cependant audict Sr roy; et soit le paiement faict réallement ès villes d’Anvers, Bruxelles, ou Valenciennes, en escuz soleil, selon et au poix et de l’alloy que contient le traicté de Cambray. Et aussi que aultres terres soient baillées seheures et bien revenans ou

PAPIERS D’ÉTAT lieu des susdictes litigieuses , deans ung mois prochain , selon qu’a esté traicté et expressément convenu , et debvroit de piéça estre faict; ou du moings que le pris en soit furny réallement deans ledict mois , de la valeur, poix et alloy que dessus. Et se ledict réachat et paiement ne se faict effectuellement deans ledict temps de quatre mois, sadicte majesté entend d’en demeurer en son entier quant au choix des terres que se réachèteront les premières.

L’empereur ayant receu les lectres du roy très-chrestien son bon frère, et de la royne madame sa meilleur seur, et entendu ce que l’ambassadeur dudict Sr roy très-chrestien a dit à sa majesté, touchant le faict de la restitution des terres et seignories acquises par sadicte majesté sur messire Robert de la Marche et les siens, et la chose consultée et bien entendue, ne trouve qu’il puist convenablement condescendre à ladicte restitution d’icelles places et seignories , advenues et appartenans à sa majesté par droit, raison, et à la cause et moien que chacung scet; aussi, actendu la situation et importance d’icelles, et les dommaiges qu’en ont suppourté les pays de sa majesté par deçà, pour raison desquelz et leur seurté à l’advenir, Hz ont, et en général et particulier, cy-devant supplié à sadicte majesté non vuider, comme qu’il soit, ses mains desdictes places et seignories; et ne voit sadicte majesté qu elle en puist pour ceste et aultres considérations aultrement faire. Et puisque lesdictes terres appertiennent et sont acquises à sadicte majesté par si évident droit et raison, et que la restitution n’est fondée et comprinse ès traictez de Madril et Cambray, mais bien expressément par iceulx regectée, et avec les considérations susdictes et aultres plusieurs que sont de respect et conséquence, sadicte maiesté confie que ledict Sr roy très-chrestien, son bon frère, aura ceste responce et excuse agréable, dont ledict Sr empereur le prie très-affectueusement, et avoir regard comme dessus que ceste chose est d’importance et considération telle qu’il peult entendre, et concernant grandement les pays

et subjeclz dudict Sr empereur. Et au surplus, il favorisera en toutes choses convenables les subjectz et serviteurs dudict seigneur roy, comme les siens propres.

LEMPEREUR

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