‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 134 sur 153 · A LA REINE DE FRANCE, SA SOEUR · texte numérisé non relu

A LA REINE DE FRANCE, SA SOEUR

(Mémoires de GranveJle, II, 47 )

Bruxelles, 18 septembre i53i.

Madame ma meilleur seur, je receuz samedi derrier vos lectres du VIIe de ce mois par Cilly, et de celluy 1 présent ambassadeur du roy mons. mon bon frère, vostre mary, entendiz ce que luy aviez enchargé me dire touchant le voyage que tous deux faictes, approuchant les pays de par deçà, et le désir qu’avez à nostre veue et de la royne d’Hongrie nostre seur, et le surplus de sa charge. Et pour responce, madame ma meilleur seur, pouvez estre bien asseurée que je n’en ay moings de désir que vous; mais comme j’ay faict piéça entendre audict S* roy et vous, la journée d’Allemaigne est de longtemps assignée à Spire , et desjà le roy des Romains nostre frère est près de là, me surattendant, comme aussi font plusieurs princes de l’empire ; par quoy ne puis longuement différer de m’y treuver. Ce néantmoings, pour la grande confirmité2 que ledict Srroy vostre mary , mon bon frère , en ce me démonstre , et le grand désir que j’ay à ladicte veue, et qu’elle se face, je retarderay à cest efifect voluntiers mon partement pour aucungs briefz jours, comme l’enten- 1 Le sieur de Vély.

2 Confiance.

(Irez plus au long du Sr de Balançon, gentilhomme de ma chambre, présent pourteur, que avec mon ambassadeur j’envoye devers vous, et le surplus de ce que je luy ay enchargé vous dire de ma part : vous priant, madame ma meilleur seur, le croire comme moymesmes, avec ce que j’en ay dict èsdicts ambassadeur du roy et Gilly. De Bruxelles, le xviiE de septembre i53i.

Page 1