‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 2 sur 153 · AUX HABITANTS DE LOUVAIN · texte numérisé non relu

AUX HABITANTS DE LOUVAIN

(Mémoires de Granvelle, lome I, P 3.)

Gand, ierjuin i4i6.

Jean, duc de Bourgongne, comte de Flandres, d’Artois et de Bourgongne, palatin, seigneur de Salins et de Malines. A nos chiers et bons amis les eschevins, conseil, bourgeois et habitans de la bonne ville de Louvain, salut. Combien que en la ville de Bruxelles, en la présence de nous et de nos très -chiers et très-amez neveux, Jean et Philippe , enfans de feu nostre très-chier ettrès-amé frère le duc de Brabant et de Lembourg1 (cui Dieu pardoint) mendres d’ans, [avions] fait remonstrer aux gens d’esglise , nobles et voz desputés et aux autres des bonnes villes du pays de Brabant, le droit que avons

1 Antoine, frère puîné du duc Jean-sans- Peur, avait succédé en i4o6 à sa grand’ tante maternelle la duchesse Jeanne, femme de Venceslas de Luxembourg, dans les duchés de Brabant et de Limbourg.

Tué à la bataille d’Azincourt, il laissa deux

PAPIERS d’ÉTAT. I.

fils mineurs, Jean et Philippe, qui décédèrent tous deux sans postérité légitime , le premier en 1427, le second en i43o. Philippe le Bon , duc de Bourgogne , recueillit la totalité de leur héritage.

et à nous compète et appartient ès bail , garde , mainbournie et gouvernement de nosdits neveux et de leurs pays, terres et seigneuries quelsconques; en oultre que d’icelui nostre droit voulions joïr et possesser comme raison le donne ; et que pour ce avons envoie et escript depuis, par plusieurs foiz, devers vozdits desputez et les autres desputez desdictes bonnes villes assemblez audit lieu de Bruxelles et en plusieurs autres lieux, à maintes journées: toutesfuoyes vous avez tousjours procédé par fintez, longueurs et délaiz, sans nous y avoir encore faict aucune response, dont ne nous pouvons trop esmerveiller, mesmement que nous désirons et voulons le bien de nosdits nepveux et de leurs pays, seigneuries et subjectz tant que plus povons. Si vous requérons et sommons très-instamment ceste fois pour toutes , et la dernière , que nostredit droit vueillez recognoistre, ce que ont fait et font lesdictes gens d’esglise et nobles, en nous faisant et laissant joïr et possesser plainement et entièrement sans nous y donner aucun destourbier et empeschement , et tant y faire que n’ayons de autrement y pourveoir, en nous certifiant souffissamment de vostre volonté sur ce par le Roi d’Artois, nostre héraut, porteur de cestes, que pour ceste cause envoyons pardevers vous, dedans le xe jour de ce présent mois de juing. Donné en nostre ville de Gand, le premier jour dudit mois de juing, l’an de grâce mil quatre cens et seize, soubs notre scel secret cy plaqué en absence du grand.

Par monseigneur le duc en son conseil :

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