XLV1I
CHARLES Y
A FRANÇOIS Ie-
( Mémoires de Granvelle, tome I, f° 84.)
Sans date [étédei525].
J’ay receu deux vos lettres, l’une par le sieur de Reux, l’autre par le sieur de Bryon , lequel m’a dit sa crédence , et le tout bien entendu ; ce sont tant de bons propos et lionnestetez , que de la vertu
d’un tel prince que vous estes se doit espérer. Mais de vostre part, ny de celle de madame la régente , à laquelle vous m’escrivez que vous estez remis , ne m’a esté répondu aux moyens que j’avois mis avant , ny aussy m’a esté faict autre ouverture ; que n’est pas le chemin pour parvenir à la paix , laquelle je désire générale et durable pour le service de Dieu et bien de la chrestienté, y gardant mon honneur sans souiller le vostre , conservant mes amys et aussy désirant de vous veoir délivré , que lors connoistrez le bon vouloir que j’ay de vous estre et demeurer vray bon frère et amy.
CHARLES
FRANÇOIS F
A CHARLES V
(Mémoires de Granvelle, tome I, f° 83.)
Sans date [vers septembre 1 5 2 5 ].
La nouvelle de ma seur 1 ayant faict voile pour venir icy me semble, veu ce que m’at escript mon cousin le vice-roy, ne vous devoir estre cellée ; et aussy que l’occasion me seroit bien petite 2 si je pensois avoir le bien de vous escrire, queje la trouvasse grande; car après ne vous pouvoir voir, c’est le plus grand plaisir que puisse avoir celuy qui, si Dieu luy doint vie, a espérance de ne vous faire repentir de l’avoir appellò3 vostre bon frère et parfaict amy, esclave s’il vous plaist.
FRANÇOYS
1 Marguerite, duchesse d’Alençon, et
depuis reine de Navarre. Elle arriva à Madrid vers la fin de septembre, pour visiter le roi son frère, alors malade , et négocier
sa délivrance.
1 On lit peu dans une seconde copie de la même lettre.
5 Autre leçon : « de l’avoir permis de « vous appeler. »