A GUYENNE, ROI D’ARMES
(Apologie de Charles V, 286.)
Paris, 29 juin 1528.
Guyenne , j’ay monstré au roy la lectre que luy avez escripte , par laquelle lui faictes savoir comme avez exécuté, au plus près de son vouloir et intención, la charge et commission qu ii vous avoit donné envers l’empereur; et pour ce que par vostredicte commission ledict seigneur, comme vray gentilhomme aymant son honneur, a entièrement satisfaict à ce dont l’empereur le vouloit charger ou vouldroit charger à l’advenir, il n’est besoing que ledict empereur envoyé icy hérault ne autre , que pour apporter audict seigneur le lieu du camp seur, si ledict empereur veult venir au combat. Pour ceste cause , ledit seigneur m’a chargé de vous escripre expressément que vous vous enquerez bien à la vérité de ce que apporte celluy qui vient avec vous ; et si ainsi est qu’il apporte le lieu dudit camp seur, en ce cas que vous l’accompaignez jusques icy , et luy faictes le meilleur traictement dont vous vous pourrez adviser par tout ce royaulme. Et là où vous serez adverty qu’il apporte aultre chose que ledict camp, ne i’accompaignez aucunement , ne laissez entrer dedans les pays dudict seigneur : car entendez qu’il ne veult en façon quelconque qu’il entre ambassadeur, héraulx, trompettes, ne autres personnaiges de par ledict empereur en son royaulme , s’il ne apporte ledict lieu du camp: car ledit seigneur ne veult plus estre mené par escriptures. Vous disant à Dieu, Guyenne , que je prie vous avoir en sa sainte garde. Escript à Paris , le xxixe jour de juin, l’an xvc xxvme. Le tout vostre,