‹ Papiers d'état du cardinal de GranvelleChapitre 86 sur 153 · A DON FRANÇOIS DE BEAULMONT, CAPITAINE GÉNÉRAL DU ROUSSILLON · texte numérisé non relu

A DON FRANÇOIS DE BEAULMONT, CAPITAINE GÉNÉRAL DU ROUSSILLON

( Apologie de Charles V, 285-a86.)

Béziers, 7 juillet 1 5î8.

Monsieur de Beaumont, j’ay receu présentement une lectre qu’il a pieu au roy m’escripre, par laquelle me fait entendre qu’il a receu celle que son héraiilt Guyenne luy a envoyé , l’advertissant avoir exécuté la charge qu’il luy avoit donné, qu’estoit de présenter à l’empereur ung cartel pour satisfère à son honneur et [à] tout le monde des choses que ledici empereur l’ avoit , contre vérité , voulu ou vouldroit par cy-après charger. Et pour ce que la responce a d’estre 1 l’asseurance du camp que par ledict cartel luy a esté mandé, pour venir au combat, qu’est la fin de toutes escriptures, et qu’il est adverty par ledict Guyenne que ledict empereur envoyé, pour luy fère responce, l’ung de ses héraulx, nommé Bourgoingne , qu’il veult et me mande que si ledict Bourgoigne vient sur la frontière de Languedoc apportant l’asseurance du camp, comme le roy pense qu’il doit fère, que en ce cas je le recuille et recovre , ou faise recuillir et entrer en son royaulme , luy faisant tout le bon traictement qu’il sera possible , et le faisant passer seurement, tant luy que serviteurs et chevaulx , sans qu’il y aye en aucune chose destourbier ny empeschement , ce que je vous assure sur mon honneur faire. Mais si tant estoit qu’il vînt appourter aultre responce que ladicte asseurance du camp , veu que par ledict cartel le roy a protesté qu’il ne veult en recevoir nul aultre : en ce cas ledict seigneur ne veult ny entend que ledict hérault 1 ( Doit être ?)

entre en son royaulme ny aulire offreur1 d’armes, ni trompette quel qu’il soit, si ce n’est qu’il apportasi l’asseurance dudict camp, comme dit est, et ouquel cas je le feray passer seurement, et auront tousjours telle seurté et saulf-conduit qu’ilz le demanderont. J’envoye audict hérault d’armes Guyenne une lectre que monsieur le grand-maistre luy escript touchant cest affère, laquelle vous prie luy faire tenir et me fère responce de la réception des présentes, par le mesme porteur d’icelles. J’escriptz aussi audict Bourgoigne une lectre , ensuyvant l’intencion du roy, vous priant luy faire tenir, ensemble celle dudict grant-maistre. Monsieur de Beaumont, je prie Nostre-Seigneur vous donner bonne vye et longue. De Bésiers, ce vne juillet. Le tout à vostre commandement et service.

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