A BOURGOGNE, ROI D’ARMES
(Apologie de Charles V, 287-288.)
Bayonne, 17 juillet i528.
Monsieur le roy d’armes, j’ay receu la lectre que m’avez escript par ce trompette du xvie du présent moys, par laquelle me faictes entendre que incontinant que eustes receu les lectres que vous ay escript derrièrement , dépescbastes la poste devers l’empereur pour l’advertir du contenu en icelles et savoir son bon vouloir et intención ; et que deppuis ledici seigneur vous a mandé me faire savoir que apportez l’asseurance du camp, et autres choses concernans le combat, et responce au cartel du roy mon maistre; n’ayant charge de dire vostre commission sinon à la majesté du roy mon maistre.
Quant est de cest affère, je me tais et déporte pour plusieurs raisons; bien vous veulx advertir que le roy mondict maistre, par le cartel qu’il a envoyé à l’empereur par son roy d’armes Guyenne , signé et scellé de ses armes, luy semble bien avoir satisfaict audict empereur à tout ce qu’il a dit et pourra dire par cy-après contre son honneur, comme celluy qui le veult rendre net et pur devant Dieu et le monde, et non point venir à escriptures et responce ainsi que par ledict cartel a assez protesté; ains bien à l’effect du combat qui fait cesser tous escriptz. A ceste cause, si l’empereur vostre maistre veult que aillez en France devers le roy, portant seullement le camp asseuré sans aultre chose, comme dit est, faictes le moy savoir , et tout incontinant envoyeray ung gentilhomme jusques à Hendaye, pour vous y recepvoir au sortir de Fontarabye et vous amener en ceste ville , là où vous feray bonne chère , puis vous feray conduire par les pays dudict seigneur, jusques à ce que serez devers sa majesté, où j’espère serez le bien venu; priant Dieu de, monsieur le roy d’armes, vous donner bonne vye et longue. De Bayonne, ce xvne de juillet mil cinq cent vingt-huit. Le tout vostre amy,
SAINT-BONNET