‹ Papiers d'Eugène Burnouf conservés à la Bibliothèque NationaleChapitre 12 sur 40 · Choix de lettres éCE. Bumouf^ p · texte numérisé non relu

Choix de lettres éCE. Bumouf^ p

ZX PRÉFACE.

de poche et par les affiches des cours du Collège de France, nous voyons que, pendant ces vingt années d'enseignement, le sujet le plus habituel du cours de sanscrit a été l'explication du texte et des commentaires de Manu et du Rig-véda, et pendant plusieurs semestres le Ràmayâna, ou quelqu'autre grand poème épique.

Un savant disciple d'Eugène Bumouf, Théodore Pavie, en lui dédiant, en 1844, une traduction de fragments du Mahâbhârata, donne, dans la préface, des détails intéressants et tout à fait ignorés sur le cours de sanscrit dont il fut longtemps l'auditeur assidu; nous en citerons seulement ce passage, qui met bien en relief le dévouement du professeur et l'intérêt de ses leçons :

c II y a quelques années, M. Eugène Bumouf ajouta c à ses trois leçons de chaque semaine une quatrième c leçon supplémentaire destinée à l'explication de c l'ouvrage qui nous occupe (le Mahàbhàrata). Le c maître inspirait ainsi à ses élèves le goût de cette c poésie, épique et philosophique à la fois, dont il a c l'intelligence si parfaite, qu'il développe avec tant c de lucidité et de précision, et avec laquelle il lutte c si victorieusement dans sa magnifique publication c du Bhàgavata Puràna. »

L'excellence et la supériorité de ce cours de sanscrit sont également attestées par un autre de ses plus fervents auditeurs, Barthélemy-Saint-Hilaire, dans les

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articles déjà souvent cités; on en trouve encore une éclatante confirmation dans Tempressement des jeunes orientalistes étrangers à venir profiter de ces fructueuses leçons rendues plus attrayantes par le charme d'une parole facile et brillante.

Par leurs travaux, leurs publications ou leur enseignement, tous les disciples d'Eugène Bumouf, français ou étrangers, lui ont fait grand honneur, et le plus illustre d'entre eux, le seul survivant aujourd'hui, le Professeur Max Millier, lui rendait naguère ce touchant hommage, en s'adressant à ses conh^ères de l'Institut :

€ Vous m'avez fait l'honneur de m'élire corresc pondant et ensuite membre associé de l'Institut, je c pense parce que j'avais publié la première édition c du livre le plus ancien du monde aryen, sinon du € monde entier, le Rig-véda, le livre sacré des Brah- € mânes. Eh bien ! la première idée d'entreprendre € cet ouvrage m'est venue de Burnouf. C'est lui qui c m'a encouragé souvent quand j'étais au désespoir c devant les obscurités du texte et encore plus du c conunentaire. C'est donc à Eugène Bumouf que € revient vraiment l'honneur que vous m'avez fait, à c Bumouf, un honune plein de savoir, plein d'esprit, c plein de bonté pour ses élèves, et, ce qui vaut mieux c que tout, plein de droiture ^ . »

i. Allocution du Professeur Max MûUer au banquet du Centenaire de rinstitut de France, le 24 octobre 1895.

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