XXII PRÉFACE
Nous avons essayé d'indiquer l'étendue et la variété de la collection des papiers d'Eugène Bumouf ; nous avons pu regretter que tant de savantes recherdies fussent demeurées inédites et sans emploi. Les progrès qu'ont faits les études orientales depuis un demisiècle ne permettent pas d'espérer, nous le savons, qu'on puisse trouver aujourd'hui quelqu'utilité pratique à ces papiers, mais la Collection n'en conserve pas moins une réelle valeur pour l'histoire de la science. On y admirera toujours, à côté des exemples les plus frappants de sagacité et de pénétration, le courage avec lequel Bumouf, réduit à ses seules forces, engagea et poursuivit sans défaillance une lutte contre des difficultés en apparence insurmontables, telles que l'incorrection des textes, l'absence de caractères orientaux, et enfin la privation des secours les plus indispensables à la publication de travaux si neufs sur des sujets jusqu'alors presque ignorés. L'aspect seul de ces papiers suffit pour donner une idée de la méthode rigoureuse qu'Eugène Bumouf employait pour résoudre les problèmes les plus difficiles, et du travail obstiné auquel il avait dû se livrer pour obtenir, il y a soixante ans, des résultats matériels auxquels il est maintenant bien facile d'arriver.
L'état de beaucoup de ces documents, mêlés confusément par la reliure, ne permettait pas toujours de déterminer à quel travail se rapportent certains caliiers, certains feuillets isolés ou certaines notes. U
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importait cependant de savoir à quelle époque et dans quelles circonstances ces matériaux avaient été recueillis et élaborés. Les lettres écrites par Eugène Burnouf et celles qu'il a reçues fournissent à cet égard des renseignements précieux. Nous donnons à la suite du Catalogue, et sous forme d'Appendice, plusieurs des lettres que nous avons pu recueillir depuis notre première publication en 1891.
La correspondance échangée entre J.-L. Burnouf et F. Bopp, ainsi que les lettres d'Eugène Burnouf à Christian Lassen, ont été publiées dans le Choix de lettres d'Eugène Burnouf (Paris, 1891). Nous nous bornons à y renvoyer le lecteur désireux de voir l'origine, le plan et le développement des travaux d'Eugène Burnouf, et, comme nous l'avons déjà dit, on trouvera les lettres à Lassen dans toute leur intégrité, conservées à la bibliothèque de l'Université de Bonn ^ .
Une correspondance active, quoique de courte durée (1 836-1 846), avec un célèbre Parsi, Manackjee Cursetjee^, montre à chaque page le zèle enthousiaste d'Eugène Burnouf et son empressement à se procurer dans
1. GrAce à Tobligeance du Professeur Paul de Lagarde, nous avons pu prendre de ces lettres une copie intégrale, qui viendra plus tard se joindre aux papiers de Burnouf, avec les lettres autographes de Lassen écrites de 1825 à 1852.
2. Nous devons la copie de ces précieuses lettres à Tamitié de M"* D. Menant, qui s'est acquis parmi les Parsis de Bombay un respect et une autorité bien dus à son beau livre sur leur histoire et à son dévouement à leurs intérêts.