XXIV PRÉFACE
rinde tous les manuscrits, tous les secours qui pouvaient c servir à Tavancement de ses connaissances, » ainsi qu'il le disait modestement.
D'autres lettres, non moins importantes, non moins pleines de faits, et embrassant une plus longue période (1834-1852), sont adressées à B. H. Hodgson, résident anglais au Népal ^ Ce savant, dont la libéralité égalait la vaste érudition, a pu, au cours de sa longue carrière dans l'Inde, enrichir sa patrie et la France de précieuses collections en histoire naturelle et en documents historiques et littéraires. Il avait eu la bonne fortune de découvrir dans le Népal les originaux des textes sanscrits concernant le buddhisme. Après en avoir envoyé des copies à la Société asiatique de Calcutta et à celle de Londres, il eut encore la générosité d'en donner ou d'en procurer des exemplaires, transcrits par ses soins, à la Société asiatique de Paris et à Eugène Burnouf lui-même, qui mit le plus grand empressement à les utiliser dans ses beaux travaux sur le buddhisme et à proclamer tout ce que la science devait aux habiles investigations d'Hodgson. Jamais
1. Sur la vie et les travaux de ce savant orientaliste, correspondant de rAcadémie des inscriptions et belles-lettres, qui mourut dans sa quatre-vingt-quinzième année, au mois de mai 1894, il faut consulter Touvrage intitulé : Life of B. H, Hodgson hy W. W. Hunter. London, 1896. — C'est à ce vénérable vieillard et à M"^ B. H. Hodgson, sa jeune et très distinguée compagne, que nous devons la communication des lettres publiées ci-dessous.
PRÉFAGB. ZXT
Burnouf ne s'est lassé de rendre hommage à la clairvoyance et à la libéralité de son savant ami ; ses lettres en font foi. Elles expriment toutes Fenthousiasme le plus vrai et la reconnaissance la plus sincère. La dernière de ces lettres, déjà insérée dans le recueil de 1 891 , a été reproduite ici pour ne pas laisser incomplet le petit groupe des lettres adressées à Hodgson. Elle est la vive expression de la dernière joie du savant qui devait mourir quelques semaines plus tard, au milieu de ses plus beaux travaux, ayant encore tant de matériaux à mettre en œuvre, tant de vastes projets à réaliser ! Qui pourrait nous reprocher de répéter deux fois l'écho d'une voix qui ne devait plus se faire entendre ?
Nous avons saisi l'occasion de placer au milieu de ces correspondances deux lettres adressées par Eugène Burnouf à Théodore Pavie, l'une, en 1840, pendant son voyage dans l'Inde, l'autre en 1 844, pour le remercier de la dédicace et de l'envoi de ses Fragments traduits du Mahàbhàrata, ce joli volume dont la préface contient le passage que nous avons rapporté plus haut. En publiant ces lettres a£fectueuses, nous avons voulu ofGrir un juste tribut de reconnaissance au disciple fidèle dont la science et le dévouement ont été si utiles à la publication du dernier livre d'Eugène Burnouf.
Des lettres de F. Rosen, de Stenzler, de Th. Goldstucker devaient prendre place dans l'Appendice ; elles contiennent l'explication de divers articles du Gâta-
XXTI PRÉFACE.
logue qui auraient beaucoup perdu à être privés de ces renseignements authentiques. Nous avons donné les deux premières in extenso et en allemand, jugeant qu'un abrégé ou une traduction en diminuerait Fintérêt.
Nous aurions pu faire une moisson plus ample encore, recueillir plus de souvenirs, plus de lettres, plus de témoignages d'admiration. Nous avons préféré, pour indiquer la grandeur et Tétendue des travaux d'Eugène Burnouf, laisser parler ses papiers eux-mêmes dans le Catalogue qu'en a dressé avec tant de savoir et d'abnégation M. Léon Feer.