‹ Papiers de Joseph HubertChapitre 6 sur 11 · J. ^HUBERT · texte numérisé non relu

J. ^HUBERT

A Monsieur Boute/.

Saint-Benoit, le 20 septembre 1816.

Général,

Ce n'est que ce matin que j’ai reçu, par la poste, la lettre que vous m’avez fait l’honneur de m’écrire, le 14 courant.

D’après ce que m’a écrit M. Joseph Fin, il a dû se présenter chez vous jeudi dernier, à l’occasion de la réclamation que son frère Delcy lait de son emplacement dans la réserve, comme propriété acquise. Je lui ai envoyé tout ce que j’avais de renseignements à ce sujet, parce que j’ai la persuasion intime qu’il est fondé dans cette réclamation. M. Delcy a trop tardé à aller vous voir, au sujet de cet emplacement. 11 paraît, d’après ce qu’il m’a répondu, sur l’observation que je lui en faisais, qu’il n’a plus osé se présenter chez vous, vous croyant indisposé contre lui, et c’est même ce qui a lait qu'il en devait charger son Irère. Il est cependant bien différent de se présenter, comme la première fois, attaquant, comme faux, un mesurage fait par des hommes du goi.\ r ment, dont les fonctions et les connaissances conm.anuent la confiance, ou comme léclainant une propriété acquise envers des administrateurs justes. Cette démarche tardive de M. Delcy pouvait, j’en conviens, vous laisser des doutes sur la légitimité des prétentions que je vous annonçais devoir vous être présentées par M. Delcy.

Ce que je n’ai pas cru devoir insinuer à M. Delcy , et dont je crois devoir faire envers vous, Général , un sujet de considération, c’est que, si M. Delcy est obligé de payer son emplacement ou de le perdre faute de pouvoir le faire de suite, il aura son recours sur les héritiers Jean Sautron , qui seront ruinés , et j’aurai, moi, à me reprocher d’avoir persuadé au père qu’il avait le droit de vendre.

Quant à l’époque du paiement des réserves , je vous avoue, Général, que j’ai cru, d’après l’article 2 de la loi du 22 mai 1816 , et les derniers mots de l’article 6 , que ce ne serait qu’à la fin du mesurage en entier , et non d’une partie. Cette persuasion que M. Delcy et autres avaient aussi , les a nécessairement mis dans l’im**

possibilité de payer à ce moment. M. Delcy a du café , qu’il faut préparer, porter à Sainte-Rose et vendre. Cela demande du temps.

Dans la persuasion où je suis, Général, que vous m’honorez de votre confiance , et que vous croyez à mon impartialité , je crois pouvoir vous dire que je vois avec peine que l’affaire du mesurage a produit une animosité personnelle entre M, Bonniot et M. Delcy, et quelle s’est aigrie tellement , qu’il n’y a plus de ménagements dans les propos les plus injurieux. Je vois qu’il n’est plus possible de Iss rapprocher.

J. Hubert.

Saint-Denis, le 24 septembre 1816.

A Monsieur Hubert,

Monsieur ,

Il serait sans doute fâcheux qu’une famille fût ruinée; mais il n’en sera pas ainsi, car sûrement M. Delcy ne renoncera pas à son acquisition, et ne la remettra pas aux héritiers Sautron, pour ne pas payer huit sous par gaulette. Quoi qu’il en soit, il faut que le mesurage soit payé par ceux qui possèdent ; vous avez senti, comme moi, la justice de cette mesure, et ceux qui ont le plus à payer ne sont pas les plus à plaindre, puisqu’ils ont le plus de noirs et le plus de terre, et que, par conséquent, ils sont les plus riches.

Quant aux paiements , s’ils ne devaient avoir lieu qu’après le mesurage tout à fait terminé, la loi deviendrait nulle, à ce point que ce serait le Gouvernement, et non pas. les possesseurs, qui le paierait; car on pourrait faire durer ce mesurage indéfiniment , et le Gouvernement avançant les frais , comme il y serait obligé pour faire vivre ses employés, il serait de l’avantage des mesureurs et des mesurés d’allonger l’opération le plus possible.

Primitivement, j’avais pensé que le mesurage durerait trois mois. Il a commencé le 1er juin. A la fin de septembre, quatre mois seront écoulés, et il est bien juste que ceux qui jouissent depuis dix, quinze et vingt ans, sans aucun titre, payent enfin, sans un plus long

retard, les frais qu’occasionne leur mise en possession légale; ils auraient mauvaise grâce à faire la moindre difficulté.

Je suis fâché desdifîérends qui existent entreM. Delcy et M. Bonniot. M. Bonniot est l’homme que vous m’avez demandé, vous et M. Delcy, comme conciliant et capable de terminer promptement. Je ne puis que regretter de voir les esprits aigris comme ils le sont ; mais je dois tenir rigoureusement la main à l'exécution de l’ordonnance.

D’après ce que vous me mandez, je ne doute point que M. Delcy n’ait acquis son emplacement de bonne foi ; mais il faut savoir si celui qui lui a vendu était en droit de vendre, pour connaître la validité des droits du possesseur actuel. Dans tous les cas, ceci ne doit apporter aucun retard au paiement de ce qui est dû pour le mesurage, et M. Delcy, comme chef dans son quartier, doit ce bon exemple à ses concitoyens, d’être le premier à se conformer à la lettre de l’ordonnance.

De Bouvet.

Saint- Benoit, le 30 septembre 1816.

A Monsieur Bonniot.

Mon cher Monsieur ,

Il paraît que le temps et les secours secondent votre zèle, à en juger par la célérité de votre travail. Ce mesurage achevé, mes vœux seront accomplis ; ce sera une des grandes satisfactions que j’aurai éprouvées dans ma vie. Il manque actuellement à Saint-Joseph un chemin dans toute sa longueur, et de l’eau. Ce dernier article ne pourra se donner que par des citernes, pour les personnes aisées, des bailles et de petits réservoirs à chaux et à sable, pour les pauvres. Mais il me semble , quant aux chemins publics, que les habitants peuvent représenter qu’ils ont droit à réclamer des noirs de commune de toute la Colonie; car ils sont, la plupart, des habitants des autres cantons, où ils ont participé longtemps aux chemins publics. L’Administration ne peut pas, de son côté, laisser impraticable* ou à peu près, une partie du chemin qui fait le tour de l’île. Cela peut

être, il me semble, le sujet d'une délibération du Conseil de commune, ou, du moins, d’une démarche du Maire, que vous voudriez bien appuyer. J’agirais de mon côté.

Oui, mon cher Monsieur, je me joindrai à vous , pour régulariser le mesurage de la Basse-Vallée. J’ai déjà rassemblé quelques pièces à ce sujet, lesquelles constatent, pour les deux premières lignes, l’assentiment des concessionnaires, ce qui équivaut bien à une homologation.

J. Hubert.

Le 16 mai 1817.

Mon cher Monsieur Bonniot,

J’ai reçu, quelques jours après sa date, votre lettre du 30 avril , jour à jamais mémorable pour les concessionnaires de Saint-Joseph, qu’ils ne doivent pas plus oublier que la date du 22 mai 1816, dont le 30 avril n’est qu’une conséquence, et son exécution. Mais la loi a été laite dans un bureau; il n’en a pas été de même du mesurage que vous venez de terminer. La part que j’en ai faite me fait juger des peines que vous et MM. les arpenteurs avez dû éprouver, ainsi que des contrariétés par les pluies. On vous doit, de plus, Monsieur, d'avoir, autant que possible, dédommagé, par des arrangements , des pertes dépendantes des proportions ou extensions inévitables, dans la position où se sont trouvés les concessionnaires, pendant trente ans. M. Lafite m’a écrit que les premiers habitants de la Basse-Vallée, et lui particulièrement, doivent à votre esprit de conciliation de n’avoir point ét<é dérangés.

Pour peu que votre voyage ici soit retardé, il est possible que je lasse celui de Saint- Denis auparavant, ce dont je serais fâché. Mon Irère et moi devons aller visiter la capitale. L’époque de ce voyage dépend de mon frère. Nous y allons en calèche et à cheval. Mon frère n’a pas vu Saint-Denis, je crois, depuis 18 à 20 ans.

J. Hubert.

A Monsieur J. Hubert.

Saint-Denis , le 23 mai 1817.

Monsieur, nous vous adressons et nous vous prions d’accepter un plan du mesurage de Saint-Joseph; c’est le résultat de vos soins et de vos démarches, depuis trente ans ; c’est le tribut de la reconnaisance que nous vous devons, de nous avoir indiqué un moyen de plus de faire bénir le nom du Roi.

Nous vous prions, Monsieur, d’agréer l’assurance de nos sentiments très-distingués.

Les administrateurs en chef de l'îte Bourbon ,

De Bouvet. A. de La Nux. .

Mai J 817.

A. Messieurs Bouret et de La Nux.

Messieurs ,

Je souffre de ne pouvoir trouver d’expression pour vous témoigner la surprise agréable que j’éprouve, en ce moment, en recevant le plan du quartier Saint* Joseph, que vous avez bien voulu m’envoyer, ainsi que la lettre flatteuse qui l’accompagnait. Cette attention de votre part m’est si sensible , que vous en trouverez l’efïet dans le désordre de cette lettre.

Sans doute, Messieurs, j’aisuivi, avec bien du zèle et de la persévérance , les intérêts de ce quartier ; mais , pendant trente ans , ma sollicitude et mes démarches , poussées jusqu’à l’importunité, ont été sans succès auprès de tous les administrateurs , depuis la création de oe quartier jusqu’à vous. C’est donc à vous. Messieurs, que les habitants de ce quartier de l’île doivent l’assurance de leurs propriétés, et la fin des angoisses cruelles où ils ont été pendant trente ans , parla crainte de perdre leurs concessions et leurs travaux , si souvent menacés. Ces habitants et leur postérité vous devront d'éternelles bénédictions. Je partage bien vivement leur reconnaissance.

J. Hubert.

Saint-Denis, le 15 juin 1817.

A Monsieur Hubert.

Enfin , mon cher monsieur Hubert , vos désirs et les miens sont réalisés; le mesurage a été homologué le de ce mois , et dans toutes les règles, de sorte que la grande affaire est entièrement confectionnée. Je n’ai eu qu’à me louer du Général , dans cette circonstance. Il m’a non seulement donné une gratification , mais il m'a témoigné son contentement de la manière la plus gracieuse , par une lettre officielle, que je conserverai , en dépit de tous les changements possibles. Vous me comprenez.

Je suis au comble de la joie du cadeau que vous avez reçu, d’autant plus , mon cher monsieur Hubert , que j’en avais donné l’idée; mais je sais que, pour vous contenter entièrement , et pour que vous ayez le travail complet , vous ne seriez pas fâché d'avoir une copie de mon livre-journal, où sont détaillées les opérations journalières, par les plans partiels , ainsi que le tableau général des abonnements. Eh bien !' je vous donne ma parole que, si vous avez quelqu’un pour en faire la copie, je vous confierai les originaux, vous laissant, à votre volonté, le temps nécessaire pour les copier.

Bonniot.

22 juin 1817.

A Monsieur Bonniot.

Mon cher Monsieur Bonniot ,

Le filleul Eusèbe Posé m’a remis votre lettre du 15* courant. Il m’a dit que vous aviez maigri , ce qui ne m’étonne pas; c’est l’effet des fatigues et de la fièvre. Du repos, le régime et votre excellente constitution vous redonneront bientôt toute votre santé , et sans médecin. Puisque le chocolat peut y contribuer , je vous en envoie six livres, qui viennent d’être fabriquées , en attendant que vous en preniez chez moi.

Je suis très- content de la gratification que vous a

donnée Je Généra), ainsi que de la lettre qui l’accompa* gnait. Vous avez mérité ce témoignage de satisfaction , de la part des administrateurs, qui ne seront pas sûrement désapprouvés par leurs successeurs.

Mon voyage de Saint -Denis est actuellement subordonné a 1 époque ou l’Administration (celle-ci ou l’autre) s occupera des grandes routes. J’ai à proposer le projet de faire faire le ch- min de Saint-Joseph par tous les nuis de commune , joints à ceux des habiiants du quartier. Les chemins des autres quartiers de l’île se feront par des noirs de corvée, qui ne sortiront pas de leurs arrondissements , nourris par leurs maîtres , etc. ainsi que cela a déjà été fait, l’année dernière. Les habitants de feamt-Joseph ne sont pas tombés du ciel ; ils ont habité, eux ou leurs ancêtres, les anciens quartiers , et y ont travaillé aux grandes routes. 11 est juste qu’ils contribuent à celles de Saint- Joseph , d’autant plus que ce chemin sera très-utile comme communication. L’hu-? inanité , autant que l’intérêt des habitants , fait un devoir aux administrateurs de s’en occuper.

Nous avons une source à découvrir au Bois Blanc qui sera, avant tout , très- utile aux noirs qui travaillent a la route. Un habitant doit s’y fixer, pour recevoir les voyageurs, dès que cette source pourra lui donner de 1 eau. Si ma santé me le permet, j’irai moi-même suivre ce travail , qui ne sera pas long, ni coûteux.

Je pense que l'homologation doit rester à la mairie de Saint-Joseph. Je n’en sais rien; mais je sais que ce titre confirme tout, et que je suis bien content.

J. Hubert.

La Vigne, 11 juillet 1817.

A Monsieur Joseph Hubert .

Monsieur,

Vous avez su que, comme je vous l’ai dit la dernière fois que j’ai eu l’honneur de vous voir, en mettant les choses au futur très- prochain, vous avez su, dis je, que les derniers actes de concession pour Saint-Joseph sont enregistrés. C’est mon dernier acte de présidence au Tribunal terrier, le 23 juin. Je me félicite d’avoir pu

complètement terminer cette besogne. Le numéro du dernier acte est 302. Je remercie M. Bonniot de nous avoir aussi activement servis ; sur Je terrain et dans le cabinet, il a mis un zèle que je n’oublierai pas.

Vous avez déjà eu la complaisance de me donner une collection de productions volcaniques ; elle est parvenue au prince de Bouillon, à qui elle était destinée. Mais j’aurai encore recours à vous, pour en avoir une seconde. Un de mes amis est administrateur des mines, ou du moins, en parlant plus exactement, est membre de 1 administration des mines; il ne me pardonnerait jamais^ si je ne lui portais rien de notre volcan, dont il m’a tant parlé, et pour lequel il était très-tenté de faire, avec moi, le voyage de Bourbon. Si vous pouviez donc me réunir encore une collection semblable à celle que déjà vous avez eu la complaisance de me donner, je l’offrirais de votre part à M. Brochant (1), membre de l'administration des mines ; et, comme cet administrateur y ajouterait, sans doute, beaucoup plus de prix, la sachant rassemblée par vos soins, à vous, Monsieur, initié dans les mystères, que par les miens, à moi profane, je voudrais que, sur la caisse, vous missiez : « Collection des pro - (

<t ductions volcaniques de Bourbon, recueillies et clasa sées par M, Joseph Hubert y et offertes par lui à M .

« Brochant , membre de l administration des mines , et, a Paris. » Notre départ ne peut avoir lieu avant la fin du mois ^ ainsi vous pourriez peut-être suppléer à ce qui vous manque en ce moment.

De Bouvet.

Saint-Benoit, le 22 juillet 1817.

Mon cher Chasse riau,

Il m est revenu, de différentes parts, que M. de Richemont a des doutes sur le pouvoir, qu’avaient les der~ mers administrateurs, de concéder les prétendues réserves de Saint-Joseph. Convaincu de sa justice, je suis persuadé quil reviendra de cette opinion, lorsqu’il sera

(1) Brochant de Villiers, de l'Institut*

mieux instruit, et c’est pour cela que j’ai fait faire une copie de mon mémoire présenté aux administrateurs le 22 juillet 1815, auquel je viens de faire un supplément, qui ne lui laissera aucun doute que les rideaux réservés à Saint-Joseph ne sont pas des réserves inaliénables, mais des terres concessibles. Je crains de n’avoir pas bien exprimé mes observations. J’aurais bien désiré que vous en eussiez corrigé ies fautes de iangu , comme au premier ; mais soyez au moins mon commentateur, je vous prie. C’est dans cette vue que je vous prie, ou Montbrun, si vous êtes parti, de vouloir bien porter ces pièces à JVi. l’Ordonnateur. Je n’ai point parlé de tous les maux qui résulteraient de l’annulation de l’ordonnance du 22 mai 1816. Je suis persuadé que M. l’Ordonnateur en sera effrayé lui-même d’avance. J’ai écrit hier, pour tranquilliser les habitants de Saint-Joseph. Assez de tourments, mon Dieu ! Plus de 30 ans ! Faites observer à M. de Richemont que, des 100 gaulettes, 16 et demie ont été distraites pour les pas géométriques, et que M. Farquhar en a donné dix mille à Figaro.

J. Hubert.

Saint-Benoit, le 19 septembre 1S17.

Mon cher Chanvalon,

Votre lettre du 17 m’est arrivée le 18. De suite, je me suis mis à la recherche des renseignements que le général, chevalier de Lafitte, désire sur la création du quartier Saint- Joseph.

Le quartier Saint- Joseph faisait partie de celui de Saint-Pierre. Sa création est du 1er janvier 1785. En premier lieu, il ne s’étendait que depuis le Grand-Pays Brûlé jusqu’à la ravine à Panon ; en 1788, sur la demande des habitants compris entre la ravine de Manapani et la ravine à Panon, la limite fut portée jusqu’à la ravine de Manapani.

Le premier titre de cette création, ainsi que je viens de le dire, est du 1er jarfvier 1785. Ce titre me donnait, en même temps, le grade de major commandant ce. nouveauquartier.il émanait du gouverneur de file de France. Lorsque l’Assemblée coloniale ordonna de remettre aux municipalités toutes ies commissions de mi-

lice et autres, je ne crus pas que celui-là dût être livré aux flammes, mais déposé aux Archives, parce qu’il était aussi celui de la création de Saint Joseph Je l'envoyai au secrétaire de l’Assemblée coloniale. J’ignore ce qu’on en a fait, ni même s’il m’en a été accusé réception. Il y a 25 ans de cela. Quant aux lettres des administrateurs, et ordres particuliers, tout cela, originaux ou copies, a été confié par moi aux administrateurs Bouvet et de La Nux Monjol, et se trouve encore avec M. Bonniot, qui doit me le renvoyer, par première occasion. Je vais lui écrire d'en donner des copies au Général, et, s’il le désire aussi, de mon mémoire qui a provoqué l’ordonnance du 22 mai 1816, aussi juste que mémorable pour les pauvres. Il a aussi un supplément à ce mémoire, que j’ai fait à l’occasion des faux renseignements qu’on avait donnés à M. le baron de Richemont, sur la nature des prétendues réserves dé Saint- Joseph et leur valeur, et qui l’a désabusé.

J. Hubert.

Saint- Joseph, le 2 décembre 1817.

A Monsieur Hubert .

La présente, mon bon ami, vous sera remise par le bon et très-respectable M. Pastre, curé de Saint-Paul, que nous avons eu le bonheur de posséder chez moi, depuis mercredi dernier. Nous le voyons partir avec tout le regret possible. Il a eu la bonté de nous dire la sainte messe tous les jours, où il assistait beaucoup de monde, entre autres dimanche, où l’auditoire était au moins de cinq cents personnes. Ce prêtre très-méritant emporte tous nos regrets ; il nous a promis de se réunir à nous», si le vicaire de Saint-Denis ne se souciait pas d'y venir, comme curé. Je regarderais ce jour-là comme le plus beau jour de ma vie.

11 est à peu près décidé qu’on bâtira une église à Ja Rivière -des- Remparts, et je regarde aussi comme bien décidé que nous bâtirons une chapelle dans cette parois-. se-ci, qui, comme nous en sommes convenus, portera le nom de votre patron Saint-Hubert. Je vous avoue que je désire que notre chapelle soit faite avant celle de la Rivière-des-Remparts.

Dimanche, nous avons eu pain bénit; vous n’avez pas été oublié, puisque le bon M. Pastre est chargé de vous remettre une brioche, qui vous était destinée, comme vous le verrez par votre nom écrit dessus.

Fin Delcy.

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