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pour le prince son fils, et sur la passion d'union intime entre Vos W"^ avec beaucoup plus d'estindûe, que je ne l'aurois crû, et après une conversation de plus d'un quart d'heure, il entra chez la Reine, ou incontinent il me fit appeller. Je fus près d'une demie heure avec L. M. et M. le M. de Maulevrier, et je ne puis exprimer a V. M. la joye, les sentiments et les expressions de la Reine sur votre futur mariage , sur tout ce qui regarde la personne de V. M. et sur l'union des deux couronnes; elle me fit voir avec beaucoup d'empressement un fort beau portrait de V. M., elle s'informa beaucoup si elle pouvoit compter, sur une parfaite ressemblance et reçut, avec surprise et grand plaisir, ce que j'eus l'honneur de luy dire, que V. M. est encore beaucoup mieux.
L. M. C, après une demie heure de conversation, qui ne fut qu'un épanchementde tendrese pour V. M., m'ordonnèrent de les suivre dans l'appartement des Infants, et je vis la plus belle famille et la plus accomplie qu'il soit possible de souhaiter. Jeûs l'honneur ensuite destre présenté a V Infante par L. M. G. et je ne puis exprimer a V M., ma surprise et ma joye extrême de l'avoir trouvée aussy accomplie.
Je ne luy dissimuleray point, que je navois pu croire tout ce qu'on a mandé d'une princesse de cet âge par le plaisir de pouvoir assurer, en même temps a V. M. que ce que jen ay vu, m'a paru beaucoup au dessus de ce qu'on en â écrit. La Reine voulut que j'eusse Vhonneur de la voir dancer, ce quelle fit avec beaucoup de grâce, et il est vray qu'on ne pourroit s'empêcher d'admirer, jusque dans la fille d'un parti-
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culier, une personne de cet âge faitte de tous points, comme est cette princesse. La Reine me fit l'iionneur de me dire, quelle commençoit a apprendre assez bien le François^ et le Roy ajouta quelle oiibliroit bien tost r Espagnol: sur quoy la Reines écria quelle souhaittait quelle oubliast non seulement cette langue, mais l'Espagne et eux-mêmes, pour ne s'attacher et n'aimer que Y. M. Après un assez longtemps je sortis de chez l'Infante a la suitte de L. M. G. et un moment ensuitte que je me fus retiré dauprès d'elles, elles me firent rappeler jjuur voir le prince des Asturies que je trouvay grand et parfaitlement bien fait. 11 me demanda avec beaucoup d'empressement des nouvelles de V-M. et ensuitte de M"^ de Montpensier et du temps de son arrivée. L. M, G. me firent la grâce de me témoigner beaucoup de satisfaction de la diligence que jay faitte et de me dire qu'ils auroient retardé leur voyage pour me donner le loisir, de me mettre en estât dacoir mes audiances ; elles me firent l'honneur de me demander quand tout seroit prest pour cela, et poussèrent leur bonté, jusqu'à n'en vouloir pas déterminer le jour. Je fus enfin obligé de proposer mardy ce qui eut demain 25 de ce i?iois dans l'espérance que tout sera a peu de chose près en estât, et il me parût que cette promptitude leur fit beaucoup de plaisir.
Le Roy d'Espagne me dit, qu'une seule audiance suffir oit pour demander et pour accorder V In fante^ que les articles pourront eslre signés la veille, et le contract le jour même de l'audiance, publique, et après avoir conféré un moment, avec la Reine II fixa son départ^ a jeudi prochain, 27 de ce mois et L. M. non seule-
ment me permirent, mais me firent l'honneur de me convier, a les suivre de près parce que l'incommodité des logements ne permet qu'a peine aux officiers les plus nécesaires de les accompagner dans la routte.
Lapres dinée je communiquay a M. le M. de Maulevrier le plein pouvoir, et l'instruction dont il a plust a V. M. de nous honnorer, et nous lusme ensemble les articles et le contract, après quoy nous fusmes chez M. le M. de Grimaldo, pour nous expliquer, avec luy, sur une lUffiailtc de for))ie.
Le préambule du contract s'explique de manière que ce n'est point le Roy et la Reine d'Espagne qui contractent, mais seulement des Com'" nommés par L. M. qui stipulent, en leurs noms, tant pour eux que pour l'Infante. Gela nous auroit engagé a nommer aussy des Commissaires, dont nous navons pas le pouvoir ; nous expliquasme cette difficulté a M. le M. Grimaldo, qui nous représenta, que telle estait la coutume d'Espag?ie^ que nos deux dernières Reines, ont esté mariées de la sorte, et que encore que le feu Roy, et le Roy d'Espagne Philippe IllI fussent en personne sur la frontière, au mariage de la Reine, le Roy d'Espagne, n'en avoit pourtant pas signé luy même le contract ; sur quoy il nous pressa fort de nous conformer à cet usage, et de donner des Gommi"'"' pour signer avec nous ; nous lui objectasmes nôtre déffaut de pouvoir a cet égard, et nous insistasmes sur ce que V. M. comptoit si fort sur la signature de L. M. G. que cela même estoit précisément porté, dans nos instructions. Apres une conversation, fort polie, plustost qu'une dispute, M. le M. de Grimaldo, me dit que le Roy son maistre avoit tant le désir de
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complaire a V. M. et de voir la fin d'une affaire si désirée, qu'il espéroit qu'il voudroit bien passer par dessus la coLitume d'Espagne, et signer luy même, avec la Reine, qu'il lui en rendroit compte dans la journée et a nous réponse le lendemain.
Hier matin je fus a X Audiance particulière de L.M.C. que je trouvay ensemble, a l'heure quelles m'avoient fait marquer, jeûs celuy de leur rendre les lettres de la main de V. M. quelles reçurent, avec les mesraes témoignage de joye et de tendresse pour elle, de satisfaction et de désirs d'une union indissoluble ; elles nous firent l'honneur de nous parler assez longtemps la dessus a M. le M. de Maulevrier et a moy, après quoy jeus celuy de leur présenter, M. le Comte de Lorges, M. le Comte de Cereste, M. l'abbé de Saint-Simon, et mon ««econd fils, l'ainé estant demeuré malade a Burgos.
Jeus incontinent après audiance du Prince des Asluries, a qui je remis la lettre de la main de V. M. et qui me chargea de l'en remercier, avec beaucoup de respect pour elle.
Nous fumes ensuite, M. de Maulevrier et moy, chez M. le M. de Grimaldo- il nous dit qu'il avoit rendu compte au Roy son maistre de nostre difficulté, et qu'il avoit consenti a la lever en signant luy même, avec la Reine; Dom Josephe Rodrigo, qui est le Secref^ d'Estat, qui doit seul expédier le contract de mariage, proposa qu'il y eût des témoins ; je repondis, que nous n'a\ions point d'ordres la dessus, et j'insistay fortement sur l'exemple du mariage de M'"* la Princesse de Modène, au contract de laquelle toutte la maison Royalie, a signé, d'une part, et d'autre part le plénipoîen-
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tiaire de Modène, seul sans aucun témoin, et sur ce que je n'en voyois point aux mariages de nos deux dernières Reines, qui est l'espèce précise dont il s'agit. Ces Messieurs ne se contentèrent point de cette réponse et alléguèrent qu'il falloit les mesmes formes pour tous les contracts de mariage, pour la validité de la chose en soy suivant la coustume des pays et des lieux, de quelque suréminente dignité que puissent estre les personnes contractantes ; qu'en Espagne, un seul notaire passe les contracts, avec la nécessité de la présence des témoins, et qu'ils ne pourroient se dispenser d'employer cette formalité. Nous respliquasmes, que n'y ayant rien dans nos instructions, nous ne pourrions admettre une formalité, qui nous estoit inconnue, et qui ne nous paroissoit point avoir été pratiquée ; ils nous repondirent que le Roy d'Espagne faisoit bien davantage contre l'exemple formel des deux derniers contracts de mariage de nos deux Reines Infantes d'Espagne, et singulièrement, de la dernière, ou le Roy son père estoit présent, L. M. C. passoient outre a signer elles mêmes, quelles y avoient condescendu. Sur ce que nous représentions que cette signature, estoit expressément portée dans nos instructions, et que nous navions point de pouvoir de nommer des Comm'" pour signer avec ceux d'Espagne; mais^ qu'a legard des témoins qu'on auroit pas besoin de pouvoir; cestoit une formalité a la quelle nous ne pourrions nous opposer, par aucune raison vallable. Ils nous demandèrent en même temps s'il y avoit la dessus quelque chose de contraire expressément marqué dans