‹ Papiers inédits du duc de Saint-SimonChapitre 25 sur 91 · Volume 299. Minute conservée par Saint-Simon · texte numérisé non relu

Volume 299. Minute conservée par Saint-Simon

premier de ces deux que V. E. allégua hier à la signature du contract le mariage et dont elle me fit ensuite l'honneur de me parler chez elle; je l'ai trouvée en tout si conforme à ce que V. E. m'a fait l'honneur de m' expliquer que je me contente entièrement de ce qu'elle m'a fait celle de me proposer sans rien dire au delà; c'est dire d'un des deux instruments en Espagnol qui ont été signés et d'une copie d'iceluy transcrite en Français certifiée et signée de D. Josephe Rodrigue. Je supplie Y. E. d'en vouloir bien rendre compte au Roy d'Espagne, de porter à ses pieds mes très humbles actions de grâce de la facilité et de la franchise pleine de bonté avec laquelle elle avoit bien voulu être disposée h m'en accorder d'avantage, et que V. E. veuille recevoir ma très humble reconnaissance d'en avoir bien voulu être elle-même un si digne instrument.

Leur Majesté Catholique ont tantôt rencontré en chemin un courrier de ma livrée, elle ont eu cette extrême bonté de le faire arrêter, de s'informer à luy des nouvelles de mon fils et de luy faire ordonner de me témoigner leur joye des bonnes nouveUes qu'elles en ont apprises; si la discrétion n'arrêtoit ma reconnaissance je partirois à l'heure même pour aller mettre à leur pied mes actions de grâces les plus respectueuses, les plus sensibles et les plus empressées; je conjure Y. E. de me faire la grâce de vouloir bien les y porter à mon défaut et d'être persuadé de toute la gratitude avec laquelle je recevray cet office.

Comme mon fils est absolument sans fièvre depuis quatre jours et que mon inquiétude cesse, je reprens le dessein que javais quité de voir Toleda, Arancoués et

l'Escurial pendant le cours du voyage de Leur Majesté Catholique vers Lerma ou je me rendray bien sûrement à leur arrivée avoir l'honneur de leur faire ma cour à la descente de leur carrosse; c'est un compte que je crois devoir rendre à V. E. pour qu'elle sache ce que je deviens, en cas qu'elle eut quelque ordre à me donner que j'exécuteray toujours avec tout l'empressement possible de luy plaire.

Nous avons été tantôt, M. le marquis de Maulevrier et moy, pour avoir l'honneur de prendre congé de Y. E. J'ai une vraie douleur de n'avoir pu avoir l'honneur de l'embrasser, de luy témoigner combien je la révère et que personne au monde n'est plus parfaitement que je

suis.

Monsieur,

de V. E.

le très humble serviteur.

AU ROI

Madrid, ce 27 novembre 1721.

Sire,

J'eus Ihonneur d'avoir le 25 de ce mois mon audiance publique de L. M. G. et des princes leurs enfants, J'y fus conduit avec M. le M. de Maulevrier en la manière, et avec les honneurs accoutumez aux audiances

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