CAMP DE NEVERS LE CHEF DU GÉNIE
Meauce, # janvidr #871.
Monsieur L***, lieutenant commandant la ® compagnie du génie à Bois- Vert.
Le bruit commence à se confirmer d’un armistice de vingt et un jours et d'élections pour le 8 février. Ayez votre compagnie én main.
Tenez vos hommes. sans aucune faiblesse .
Sont-ils à vous?
Il ne s’agit pas de faire des baraques ou des fours, mais des soldats, des hommes, des ci-
toyens.
Voyez vos sous-officiers et caporaux; faites-
leur des théories sur ce que vous voudrez.
Veillez à ce que vos gradés voient les hommes, aient de l’action sur eux, de l'autorité et
en fassent usage.
Je ne puis pas envoyer à la cible tant que mon armement n'est pas organisé, sacré nom!
Combien de fois vous ai-je parlé de tous ces détails? Vous avez trois paresseux d'armuriers. Il faut, il faut que tout l'armement soit prêt dans deux jours, ou je me fâche.
Achetez de la graisse à souliers; j'ai des sou-
liers pour vous.
Cantonnez-vous mercredi dans les baraques, officiers et soldats; il ne s'agit plus de lan-
terner.
Quand je vous dis de faire des ceinturons, c'est que cent de nos hommes en manquent.
Vos ouvriers sont mous comme des chiques.
Un peu moins de menuiserie.
Si je m'adressais à vous comme officier soumis à mes ordres, je n'aurais pas le droit de vous demander l'impossible. Etes-vous venu ici comme soldat ou comme patriote ? Si comme soldat, vous êtes bon à rejoindre en Allemagne vos trois ou quatre cent mille cama rades. Vous êtes venu comme patriote; je vous demanderai l'impossible, et vous le ferez. Tâe
chez de vous y accoutümer dès aujourd'hui.
Votre ami,
ROSSEL