LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES DANS L'ANTIQUITÉ
Dans l'antiquité ! Pourquoi pas? On a bien fait un volume sur les jaurnaux dans l’antiquité. A la vérité, il n’y avait pas de présidents dans les républiques antiques; mais entre les mains d'un écrivain industrieux, les éléments les plus ingrats se transforment d'eux-mêmes...
«a Comme l'argile dans les mains du potier. »
Timothée partait, comme de juste, du déluge;
Les patriarches étaient des présidents,
Présidents de républiques toutes patriarcales :
Ils allaient de pâturage en pâturage, chassant devant eux leurs troupeaux, sacrifiant au Dieu créateur et faisant la guerre aux tribus ennemies.
Seulement, ils n'étaient pas électifs .….
Car ils étaient héréditaires.
Timothée jepait ensuite un vague coup d'œil sur le bain de pieds d'Amasis, où il voyait un vestige incontestable de l'intervention populaire dans le choix des organes de la souveraineté publique. Après quoi il mettait en tas les archontes, les éphores..…
Devant qui les rois se levaient,
Les suïfètes, les vergobreiths et autres macistrats de pacotille.
Puis il abordait les consuls : c'était son plat de résistance. Bouillet n'est pas plus érudit ; il y avait même des traits que Bayle n'eût pas désavoués, et pour cause. Cependant, pour ne rien omettre, il ne faillit pas à parler du célèbre Don Sylvius,
Qui fut, de son vivant, trois fois consul de Rome,
Il plaisantait légèrement sur l’origine du nom de candidat, et sur la naive simplicité des vieux Romains, qui, sans autre finesse, se signalaient à l'attention publique en mettant du blanc sur leurs habits.
Ce n'est pas chez les Athéniens qu'aurait réussi une semblable malice; on y employait des moyens moins barbares pour poser sa candidature :
On coupait, par exemple, la queue de son chien. |
Ces Athéniens, d’ailleurs, ne faisaient rien comme tout le monde.
Ils avaient une coutume qu'on appelait l’ostracisme, parce que le bulletin de vote était une écaille d’huiître sur laquelle on écrivait le nom du candidat.
Singulier peuple!!!
Puis on recensait les bulletins de vote, je veux dire les écailles d'huitres. On prenait sans doute des écaillères pour scrutateurs.
Il est vrai que les écaillères d'Athènes en savaient plus long que les hommes d’État des autres pays !
Témoin cette dame de la halle qui reprit Théophraste sur son parler.
On recensait donc les bulletins de vote, et
celui qui avait la majorité...
On l’exilait ‘!!...
Singulier peuple '!°
On était candidat à la déportation, comme aujourd'hui on est candidat à la Présidence.
Et c'était aussi honorable.
Peuple singulier \:!
Peut-être aussi cet usage avait-il un sens plus profond, car rien n'est superficiel dans
les coutumes d'un grand peuple.
Les Athéniens voulaient peut-être , par ce symbole, rappeler à leurs hommes d'État la fable de l'Huître et les Plaideurs : ils leur disaient :
« Le pouvoir est une huiïitre dont nous mangeons la chair,
a Et nous vous donnons les écailles. »
Îl n’en est pas ainsi de nos jours :
Trop souvent les hommes d'État mangent l’huitre et donnent les écailles au peuple.
pres
Le Petit Journal était donc entré dans l'arène : son article était un peu radical à la vérité, mais il ne préjugeait rien et n'excluait personne. Chacun espéra que la feuille populaire adopterait sa candidature ; j'ai oui dire qu'on offrit à Primm, de différentes parts, trois cents préfectures, vingt-deux ministères et huit ambassades à Saint-Pétersbourg. Timothée, déjà diplomate, écouta tout, ne refusa rien et ne rebuta personne, mais s’excusa sur l'impérieuse nécessité d'écrire son article du jour, qui avait nécessairement pour titre :