LES ÉLECTIONS PRÉSIDENTIELLES AU MOYEN AGE
Les deux moitiés de Dieu, le Pape et l'Empereur,
faisaient les frais de ce second article. Timo-
thée ne s'égarait pas toutefois dans des considérations philosophiques qui auraient séduit certains esprits : il laissait dans un demi-jour celte effrayante perspective de l'Élection jouant le rôle suprême dans les origines de la société “moderne. Indulgent, aimable même pour le Conclave, il environnait de pourpre et d'or les élections impériales; puis il partait dé son pied léger pour faire un tour en Écosse, où il allait s'asseoir sur la fameuse pierre où se fait l'élection des rois. Revenu en France, et c'est ici que son élucubration prenait un caractère de haute actualité, il représentait Robert le Fort comme un chef élu, et trouvait une véritable élection dans les acclamations sym-
boliques du sacre des rois de France.
Pauvre Timothée, qui, entre trois étoiles et un interligne, résolvait bravement la question du droit divin ! Que d’ennemis il se faisait dans un paragraphe, qué de remords il se préparait | |
À cet attentat à cent mille exemplaires , un orage de menaces répondit. Timothée n’en tint compte : il avait son plan, sans aucun doute, et ce plan, — chose rare! — il le mettait à ” exécution. Ce soir-là, au cercle des Abrutis, un original paria pour Timothée contre tous les candidats à la présidence. On le crut fou, et on accepta ses paris.