APERÇU DU MOIS DE JUIN
Mourmelon (Marne), 4« a-compte sur 100,000 fr. . fr. 10,000
M. Granier de Cassagnac, Z" à-compte sur 160,000 fr. . 16,000
M. Bachon, 6« à-compte sur 72,000 fr 6,000
Baron David, pour juin 5,000
Vases antiques pour Saint-Germain, solde de 16,000 fr. 4,000
Annales de l'Empire, solde de 6,000 fr 1,000
Représentation de M"e Niisson au bénéGce des artistes . 1,000
Société des médaillés de Sainte-Hélène d'Avicj^on . . 1,000
M. Torchy, travaux du général Favé 1,000
M. Bulliot, travaux du commandant de Ht liyi-. , , . 3,000
M. Mouchot, idem 1,000
M. Ganneron S,000
M. Soulié - . . 24,000
M. Cornu, tableau 20.000
Quelques iatéressés paraissent avoir mal interprété certaines indications consignées dans notre résumé alphabétique. Ainsi le mot dot suivi d'un point d'interrogation a fionné lieu aux insinuations les plus maladroites et les plus blessantes pour la personne qui en est l'objet. Un grand nombre de filles de militaires ont reçu en dot, il est facile de s'en convaincre en parcourant les pages qui précèdent, des sommes de 20 ou 23,000 francs. Le point d'interrogation ne suppose donc qu'une destination fort probable et fort avouable. Rien de plus et rien de moins.
Quant aux puritains signalés par certains anonymes, ils voient avec plaisir une œuvre éminemment morale soulever les récriminations des complices et des complaisants. Le coup a porté. Oii donc serait la responsabilité politique el sociale, si ceux qui ont sollicité ou accepté les faveurs du 2 décembre devaient échapper aux yeux de la génération que leurs capitulations de conscience ont condamnée à l'humiliation et aux désastres?
Au dernier moment, nous retrouvons encore les documeîits suivants qui ncuS paraissent de nature à être publiés à la suite de notre travaiL
te journal le Piniple français a reçu chez Marcnnrd- André.
1869, 1er mars fr. SO.OOO
iw avril yO,000
27 avril 40,00(1
29 avril hO,nt)0
2juin bO,OUO
14 juin î)0,000
1« juillet 50,0(!()
21 juillet 50,00(»
2 août 50,000
17 août 50,000
2 septembre bO,000
46 septciiihi'c 50,000
2 octobre 50,000
13 octobre 50,000
2 novenibie 50,000
13 novembre 50,000
2o novembre 50,000
7 décembre 27,000
17 décembre 50,000
1870. 5 janvier 50,000
17 janvier 50,000
S février 50,000
26 février 50,000
25 mars 50,000
1 1 avril 50,000
30 avril 50,000
l"juin 50.000
9 juillet 50.000
30 juillet . 50,000
Total. . . . fr. 1,417,000
liste des pensions accordées aux anciens serviteurs de S. M. la reine Hd'tense, de S. M. l'Empereur et aux hommes (sic) de Boulogne.
Ancel fr. 300
Bellier 900
Borlini 900
Brunet 900
Buzenet 300
Mme veuve Clèrc 360
Crcrtne : 900
Demangeot 2,400
Finckbohner . 500
Frère , 3,000
Gillemand 1,200
Mme Guibout 300
Haumeyer (Georges) ... .... 500
Jardein 900
M^e Lefebvre . , 300
Lemaitre 600
Mlle Lob (AnnQ) 600
La vieille Madeleine 30O
Prudhomme 900
Rickembach (Fritz) 300
Singer (Marianne) 500
Thevoz . . . . 900
Vitry ' . . . . 60O
Weber (Jacob) 300
Wezyck 800
Winher 500
Bernard (Joseph), à Jlondi-u^oii. .... 600
Nota. Ce dernier nom écrit au «rayon.
La simple mention du nom de Lcbarbier de Tinan nous a valu, de la part de la famille, la communication suivante
€ Parmi les allocations qui figurent au chapitre Dons et secours, dans les comptes de
• la liste civile, une somme de mille francs est portée comme ayant été reçue par Lebar- I hier de Tinan.
» 11 résulte d'informations précises k cet égard que cette somme n'a été touchée par » aucun des membres qui portent, de leur chef, le nom de cette famille. La personne » qui l'a reçue est madame fliercédès Lebarbier de Tinan, née Merlin de Thionville. » Titulaire d'un bureau de tabac et inspectrice des écoles de lilles dans le département > de la Seine, cette dame pouvait, à ce dernier titre, se trouver chargée de distributions
• charitables. >
Pour compléter cette note, ajoutons que madame Lebarbier de Tinan a encore reçu, et à titre personnel, 2,500 francs le U avril 1865, et 1,000 francs le 9 mai 1870.
Un mot maintenant sur une réclamation récemment adressée au journal le Temps.. Nous n'entendons pas contester à M. Frédéric Degeorge le titre de républicain ; nous regrettons seulement que beaucoup de républicains d'avant 1848 aient été bonapartistes. ^'ous avons sous les yeux deux reçus de 200 francs datés de décembre 1838 et signés ï's^i^,»' if' Degeorge.
Wote sur le rôle de la Presse dans les élections de 1569 (par M. F. Giraudeau).
30 mars <8G3,
Jusqu'à ce jour, le Ministère de rintérieur a cru nécessaire de décourager toutes les candidatures qui pourraient se produire à côté de la candidature officielle, de traiter en ennemi de l'empire quiconque n'aurait pas reçu le patronage administratif.
L'opposition en a profité. Elle a excité, circonvenu, choyé toutes ces am< bitions contrariées. Sous prétexte d'union libérale, elle a peu à peu attiré veri elle tous ces candidats équivoques, dont la plupart eussent accepté, dont beaucoup avaient sollicité l'investiture officielle.
Elle les a fait siens, et le Gouvernement sembla battu quand le suffrage universel lui envoyait des hommes qui ne demandaient qu'à le servir.
Test ce mal qu'il faut éviter. C'est sur ces candidatures équivoques que doit se porter toute l'attention du Gouvernement; car c'est par elles qu'on arrive au second tour; et c'est au second tour (on peut en être certain) que se feront les élections de 18G9. A Paris seulement, l'opposition compte présenter une liste appuyée par la coalition des journaux hostiles. Partout ailleurs elle compte susciter autant de candidatures indépendantes qu'il s'en pourra trouver, afin de concentrer, au second tour, sur un seul nom tous les suffrages disséminés à la première épreuve.
C'est là le point essentiel, l'objectif qu'il ne faut pas perdre de vue.
On pourrait craindre qu'une transaction affaiblît le principe des candidatures officielles, ce qu'il faut soigneusement éviter. La candidature officielle est une nécessité gouvernementale. Habilement, modérément pratiquée, dégagée des maladresses et des excès qui l'ont trop souvent compromise, elle défiera toutes les attaques.
11 y aurait un moyen, selon moi, de concilier ce double intérêt.
C'est ce moyen que vous m'avez demandé de vous exposer. Je vais essayer de le faire.
Élections de Pans,
Les élections de 1865 ont été mauvaises.
Si l'administration suivait les errements classiques, celles de 1869 seraient plus mauvaises encore. Les noms des députés de Paris auraient une couleur bien plus tranchée que ceux des derniers élus. On parie déjà de porter Félix Pyat, Victor Hugo, etc.
Sur quel moyen comi>te l'opposition pour réussir? Snr le moyen par lequel elle a réussi en 1865 : sur une coalilionjde journaux.
\\ faut empêcher cette coalition de se former, ou plutôt il faut la retourner contre l'opposition : c'est possible.
Le vote de la loi sur la presse et sur le droit de réunion, la présence de tous les ministres à la chambre, transformation libérale du régime de 1832, inspirent à la partie éclairée de l'opposition le regret de s'être engagée dans la voie de l'hostilité dynastique.
Elle comprend que le moment arrive, que le moment est venu oîi elle pourrait, avec de sérieuses chances de succès, aspirer à la vie politique. Or, il faut bien le dire, la principale cause de l'hostilité de la jeunesse (et c'est la seule hostilité véritablement dangereuse), ce n'était pas une question d'intérêt. Elle regrettait surtout le régime parlementaire, parce qu'il permettait à toutes les capacités de se faire jour, et que l'Empire n'offrait pas aux jeunes talents de plume ou de parole d'assez larges issues.
Mais, l'empire devenant libéral, la vie publique se ranime; la parole reconquiert son influence et son prestige. M. Pinard est porté fort jeune au ministère par sa réputation d'orateur. Le rôle de la presse s'accroît. De plus grandes destinées s'offrent partout à la jeunesse intelligente. On le sent et l'on attend (1). Qu'attend-on ? La première occasion d'entrer dans la voie de l'opposition sans arrière-pensée, de l'opposition dynastique, de l'opposition constitutionnelle.
La lettre du 19 janvier devait être cette occasion. Mais les généreuses intentions de l'Empereur furent si gauchement exécutées, que la confiance ne vint pas et que l'élan fi*t pour ainsi dire arrêté avant de s'être produit.
Une réaction commence à se manifester. On apprécie plus sainement les concessions faites. Que le Gouvernement par ses paroles, que l'administration par sa pratique quotidienne se mette en harmonie avec la situation nou* velle et l'occasion perdue renaîtra d'elle-même.
Le ministre de l'Intérieur, par son dernier discours, a déjà esquissé ce programme. Que le Gouvernement, sous une forme ou sous une autre (Voir l'annexe A), adresse un nouvel appel à l'accord sur le terrain constitutionnel : H sera entendu. L'opposition se scindera en deux parts. La meilleure, la plus intelligente, la plus vivace se séparera des ennemis systématiques.
AU Union libérale, si elle tente encore de grouper ses débris, elle opposera L'Union dynastique (2).
L'Union dynastique se formerait par la presse, sans que le Gouvernement dût intervenir. On procéderait de la sorte :
L'administration présenterait, comme de coutume, une liste de candidatures officielles que soutiendraient La France, Le ConsliluUonnel, La Patrie, L'Étendard et Le Pays.
L'opposition radicale, légitimiste et républicaine, aurait également ses can-
(1) Comme tous les jeunes avocats avaient, il y a six ans, les yeux fixés sur M. Emile Ollivier, prêts b Is suivre s'il eût réussi, tous les jeunes écrivains ont aujourd'hui les yeux fixés sur M. C. Uuveruois, impatients de savoir s'il sera plus habile ou plus heureux qie son devancier de la tribune.
(1) Cette dénomination ne m'appartient pas. Elle a été trouvée par M. Duvernois, qui, de son côté, sa préoccupait du second tour et cherchait (par d'autres combinaisons) à opposer ii V Union libérale, cetta ligue de tous les méconlenls, une ligue de conservateurs de toute nuance et d'amis de tous degrés, n aUhéierait i< oe programme. U se ferait l'instigateur et l'organisateur principal de L'Union dans la presse dj Caris et de province.
d^^àts, qn'elle voudrait fondre en une liste placée saus le patronage éclectique
de L'Union libérnlc.
Le pourrait-elle si UUnion dynastique s'était assuré les concours des journaux suivants :
L'Éjwque ;
La Liberté ;
Le Journal des Débats ;
Le Temps ;
La Presse;
Le Journal de Pans ;
L'Avenir National; |
Le Courrier tlançais (ou tout autre journal économique populaire, créé ou f^
} créer) ;
L'Univers;
Le Monde;
Le Figaro.
Devant un tel faisceau que pourraient faire Le Sîèch et VOpînion nationale, la Gazelle de France et L'Union?
Pourraient-ils seulement s'unir?
Or, pour former ce faisceau, il suffirait de donner à chacun de ces journaux un candidat dont il considérât la réussite comme un succès personnel.
Ainsi on pourrait prendre (je n'ai pas naturellement la prétention de dresser une liste; j'indique seulement des noms-types) :
Pour La Liberté, M. Emile OlUvicr.
Pour L'Époque, M. C. Duvernois.
Pour Le Temps, M. Ilébrard.
Pour le Journal de Paris, M. Hervé.
Pour L'Univers, M. de Melun.
Pour Le Monde, M. Cochin (contre M. Guéroult).
Pour le Journal des Débals, M. J. Lemoinne.
Pour La Presse, M. C. Clarigny.
Pour L'Avenir national, M. Pinart.
Pour Le Courrier Français (ou tout autre journal ouvrier), un ouvrier.
Il serait facile de vous citer tel ouvrier, très-populaire, qui, par son mérite^ serait parfaitement digne de siéger au Corps Législatif et qui, par la modération de ses idées, pourrait inspirer au Gouvernement une entière sécurité.
Le F/(/aro n'apporterait pas de candidat à la liste. Mais il y aurait bien d'autres moyens de l'intéresser à son succès (1).
Tous ces candidats s'engageraient (sans qu'il leur en coûtât beaucoup) à signer une profession de foi nelteraent dynastique. Élus, ils siégeraient au centre.
(1) L'Union dynastique n'otTiirait pas seulement aux journaux de Paris des eandidaUires ii Paris: la Dooibra en est trop rettreiiu. TouHes journalistes importants ont en province une circwecription «il Ut r4v«ut de se potter un jour.
En formant une liste qui rt^uniralt ainsi, depuis M. rorliin jusqu'à un ouvrier, toute la gamme de l'oppositiou eonstitutionnelle, on cumblerait l'abîme qui sépare aujourd'hui les « amis du premier degré » des ennemis déclarés. Contrairement à la politique qui a prévalu jusqu'à ce jour et qui traitait en ennemi (et par cola seul rendait souvent ennemi) quiconque manifestait quelque velléité d'indépendance, on élargirait assez les cadres de l'armée napoléonienne, on adoucirait assez sa discipline pour que tout ce qui n'est pas radicalement hostile y pût prendre place.
Ce n'est pas tout : pour que cette conversion soit efficace, il faut qu'elle soit préparée de longue date. Dès que le plan de campagne serait arrêté, les journaux coalisés sentiraient eux-mêmes la nécessité de rentrer sur le terrain constitutionnel.
Il est permis de penser que la victoire les y maintiendrait.
Mais ce plan est chimérique?
Mais une telle alliance, facile à combiner sur le papier, ne pourrait s'effectuer?
N'en croyez rien :
Je ne me serais pas permis de vous exposer un tel système, si je n'avais acquis la certitude qu'avec un peu d'adresse, de persévérance et d'activité on le réaliserait aisément.
Des indices nombreux (que je jwurrais vous énumérer de vive voix) me permettent de vous l'affirmer : si tous les journaux ci-dessus désignés n'adhéraient pas à la ligue, il s'en faudrait de bien peu ; ni Le Temps ni le Journal de Paris n'y manqueraient, et M, de Girardin, pensant en avoir eu la première idée, mènerait la campagne (1).
On conçoit, sans qu'il soit nécessaire de les énumérer, les avantages d'une telle combinaison.
La liste de L'Union dynastique passe-t-elle? c'est pour le gouvernement un faible échec. Comparativement au succès de la liste radicale de 1863, surtout de la liste radicale de 18G9, c'est un triomphe.
Est-elle battue? Elle aura du moins semé la division, empêché les deux tronçons extrêmes de la coalition de s'unir, diminué le nombre de voix des candidatures hostiles.
Et peut-être, à la faveur de cette division, plusieurs des candidats officiels réussiront-ils à passer.
A-t-elle réuni le plus grand nombre de voix sans avoir atteint le chiffre nécessaire pour assurer l'élection au ;)remier tour? (C'est l'hypothèse la plus
(1) Pour L'Jvenir national, une courte explication e:>t nécessaire. Assurémenl l'allore radicale qoe lai ont donnée 3151. Peyrat et F. Morin ne le prépare guère "a fitrurer dans celte union dynastique. Mail L'Avenir national appartient il M. Pinart, candidat officiel de 1865, que tes opinions modérées désignent naturellement pour une semblable liste. M. Pinart désire vivement être élu. II a grandement besoin (pour bien des causes] de la bienveillance du Gouvernement. U se séparerait de .MM. Peyrai et Morin ^ous le (uétexta de faire une plus large place, dans son journal, à l'élude des question* écenbmiques et des giaudg problèmes sociaux, n donnerait la direction de L'.Jrenir, ainsi réorganisé, ^ l'un de ses rédacteurs aetuelt, M. Barn, économiite sans passions politiques, qui écrivit autrefois dans plusieurs feuilles gouveruemeatale* «iqui reviendrait aisément à la modération. Tous les autres rédacteurt pourraient également rester.
probable.) Placé, cetfe fois, entre ceux qui se disent ses amis et ceux qui s'avouent ses ennemis, le Gouvernement soutient les premiers de tous ses efforts. Il convertit ainsi leur victoire en un succès personnel.
Je ne me fais nulle illusion : i^usieurs de ceux qu'il aura fait ainsi réussir pourront mal voter ; ils pourront causer des embarras, plus d'embarras peutêtre que certains députés radicaux, mais qu'importe? Pour la masse du public, à qui les nuances échappent, pour la province, pour l'étranger surtout, un seul fait subsistera : Ceux qui se disent ennemis de la dynastie sont battus ; ceux qui se disent amis de la dynastie sont élus.
Or, en politique, Yeffet produit est tout. Un gouvernement n'est malade que si on le croit malade. 11 n'est battu que lorsqu'on le dit, lorsqu'il se dit luimême battu.
Élections des départements.
Dans les départements, je l'ai dit, l'opposition compte multiplier les candidatures de premier tour. Elle tentera d'enrôler tous ceux qui, par leurs relations personnelles, leur influence locale (et le nombre en est grand) , pourraient réunir 2,000 voix, 1,000 voix, 500 voix, en leur faisant prendre l'engagement de reporter ces voix, au second tour de scrutin, sur celui d'entre eux qui aura obtenu le plus grand nombre de suffrages. Tactique formidable, irrésistible, si à cette ligue les amis du Gouvernement n'opposent pas une contreligue organisée par leurs soins.
LUnion dynastique paraîtra donc partout où VUnion libérale essayera de se former. Partout où celle-ci voudra multiplier les candidatures hostiles» prenant les devants, elle multipliera les candidatures sympathiques.
Le candidat officiel est-il bien choisi? II passera au premier tour, ou bien il obtiendra le plus grand nombre de voix. En ce cas, les voix de l'Union dynastique (à qui le candidat officiel aura, en son nom personnel, promis la réciprocité) lui seront presque assurément acquises.
Si c'est, au contraire, un candidat de VUnion dynastique qui a réuni le plus grand nombre de voix, le candidat officiel reverse sur lui les siennes, et, si elle le juge convenable, l'administration le soutient.
En agissant ainsi, elle justifierait les candidatures officielles ; car elle montrerait que le Gouvernement cherclie sincèrement à traduire le vœu du pays ; qu'il ne met pas ses préférences personnelles au-dessus des manifestations ^u scrutin. Cette façon d'agir lui permettrait enfin d'attaquer les candidatures hostiles avec une certaine énergie. Tandis qu'il est choquant de la voir combattre ardemment certains candidats se disant dévoués à l'Empereur, nul ne pourrait trouver mauvais qu'elle traitât sans ménagements ceux qui se seraient proclamés les ennemis du trône et de la dynastie.
Un tel programme peut, à première vue, sembler chimérique ; il a du moins l'avantage de ne rien compromettre. Il n'enlève pas une voix aux candidats du Gouvernement; il ne divise que les forces hostiles. N'obliendrait-on que la moitié, que le quart des résultats poursuivis, ce sera toujours autant de pris
sur Vennemi. Là où le Gouvernement doit triompher, on lui rendrait le triomphe plus facile; là où il doit être vaincu, on lui donnerait l'apparence du succès en arrachant aux candidats équivoques l'étiquette de l'opposition pour leur mettre une étiquette dynastique.
Que risiiuerait-on à tenter l'entreprise?
Annexe A (p. 573.)
Pour formuler plus nettement ce programme, ne pourrait-on, six mois avant le scrutin, s'adresser aux électeurs parla voie d'une brochure ?
Cette brochure rappellerait successivement par des chiffres et par des faits ce que chaque catégorie de citoyens doit à l'Empire,
Elle comparerait la situation politique, morale, économique de la France impériale avec celle des autres pays, avec celle de la France sous les autres régimes; elle en tirerait la preuve évidente qu'aucun pays, qu'aucune date de notre histoire ne saurait nous faire envie.
Ceci posé, elle mentionnerait l'appel adressé tant de fois par l'Empereur aux hommes des anciens partis (I). Elle le renouvellerait. Elle dirait que l'Empire solUcite tous les concours, toutes les intelligences, et que ceux qui voudront se tenir en dehors du large terrain oii il vient de se placer ne sont pas seulement les ennemis de l'Empire, niais les ennemis du suffrage universel, les ennemis de la France (2).
Cet écrit serait l'annexe et complément naturel des Titres de la dynastie. 11 ferait ressortir la grande pensée contenue dans cette publication et que la mauvaise foi des journaux hostiles comme l'inertie des feuilles gouvernementales ont étouffée.
cxxin.
Lettre de M. de Persigny et de M. de Heeckeren à M. Mocquard, de M. Pietri à MM. Delangle et de Persigny.
CABIMET BU VINISTBE S-G l'iNTÉHIEVK.
— Pans, le29 mai iSes.
Mon cher Mocquard,
i^otre collègue, le baron de Heeckeren, qui revient du Haut-Rhin, m'a remis une requête formée par un grand nombre des habitants de la ville de
(t] c Je veux concourir U la conciliation de tous les partis dissidents et ramener dans le courant du a grand fleuve populaire toutes les dérivations hostiles qui vont %e perdre sans profit pour personne. » {ïiiscouTi de Bordeaux.)
« Je veux inaugurer une ère de paix et de conciliation, et j'appelle sans distinction tout ceux qui veu-> « lent franchement concourir avec moi au bien public. > (DiscouTS d'ouverture , 1832.)
< Le cercle de notre constitution a été largement tracé. Tuut honnête homme peut s'y mouvoir à l'aise, • puisque chacun a la faculté d'exprimer sa pensée. . . Aujourd'hui plus d'exclusion. > [Réponse au cardi nal de Bonnechase.)
(î) J'ai dans les mains de nombreux documents qui pourraient figurer utilement dans oe tableau récapi- Wlatif . Je pourrais, li vous le désiriez, Ir; remettre 'd la personne qui serait désignée pour i'écrirt.
Thann, qui supplient instamment l'Empereur d'accorder au sieur \V.... (C...), instituteur adjoint des écoles primaires, la remise de la peine de huit mois de prison, à laquelle il vient d'être condamné par le tribunal correctionnel de Colmar, pour outrages aux mœurs.
il résulte d'un grand nombre de certificats joints à cette demande et même d'un lettre spéciale adressée au procuieur impérial par les parents des élèves de cet instituteur, que, malgré sa faute, le sieur W...., par ses bons antécédents, ne serait pas indigne de la clémence qu'on sollicite pour lui. J'ajouterai, en outre, que le baron de Heeckeren m'a assuré que, si les habitants de Thann pouvaient espérer et savoir que, dans quelque temps, l'Empereur daignerait accueillir leur requête, la grâce de cet individu produirait le meilleur effet dans la circonscription électorale où le Gouvernement combat la candidature de M. Keller. Je vous serai donc très-obligé de vouloir bien parler très-brièvement de cette affaire à Sa Majesté et de me faire connaître la réponse de l'Empereur.
Agréez, mon cher Mocquard, l'expression de mes sentiments bien dévoués.
Le Ministre de rintérieut
F. DE Persigny.
MIKIâTÈllE DE L'lNT<RIECt.
CACl^F.T Dl' MIMSTKB.
Paris, le 29 mai 18Gô,
Mon cher collègue,
II est de la dernière urgence que celte affaire soit expédiée demain matin à M. Delangle, qui la connaît et qui l'attend, afin de lui donner une solution immédiate.
De mon côté, je dois envoyer à Thann une dépêche télégraphique dont l'effet sera très-important.
Je recommande donc cette transmission à tous vos soins obligeants.
Agréez, mon cher collègue, l'assurance de mes sentiments les plus affectueux.
Baron de Heeckeren.
A Monsieur Mocquard.
Lettre à son Excellence le Ministre de la Justice.
CiEnFT IiE L EMFEnEOa.
Uinute n* 6401.
Palais des Tuilerios, le 50 mai 186S,
Mon cher Delangle, Tu attends, me dit-on, pour lui donner une solution immédiate, le recours
en grâce ci-joint en faveur du sieur W , auquel s'intéresse M. de
Heeckeren, et qui m'est transmis par M. de Pcrslgny. Je m'empresse de le l'envoyer.
Tout à toi,
L« Chef Sun» titre.
Fr. Pîetri.
A son Excellence le Ministre de l'Intérieur.
Mon cher Persigny,
Suivant l'ordre de l'Empereur, je me suis empressé de transmettre à M. Delà ngle, qui, d'après la lettre de M. de Heeckeren, doit lui donner une
solution immédiate, le recours en grâce en faveur du sieur W .faisant
l'objet de votre lettre du 29 mai.
Votre ; dévoué,
Le Chef, tans titra.
Fr. Pîetri.
cxxiy.
Letti'e'de M. Louvet, député, à lempereur, '
au sujet -de la ceinture de la Vierge.
Saumur, 17 novembre ISjï,
Sire,
L'église du Puy-Nolre-Dame, près Saumur, possède une des plus précieuses reliques de la chrétienté. C'est une ceinture.de la Sainte Vierge, donnée par Guillaume Vi, duc d'Aquitaine, qui l'avait rapportée des croisades. La tradition dit qu'elle fut tissée par Marie elle-même. Les archives de l'église du Puy et de nombreux documents historiques attestent l'authenticité de cette relique. Les rois de France ont eu de tout temps une grande foi en cette ceinture. Anne d'Autriche la portait à Saint-Germain-en-Laye dans l'année 1628, quand elle accoucha d'un prince qui fut Louis XIV. S'il vous plaisait, Sire, de placer Sa Majesté l'Impératrice sous la protection de cette relique pendant le grand événement qui va couronner votre bonheur domestique et consolider le repos de la France, je ne doute pas que le curé et Ms"" l'Évèque ne s'empressassent de déférer au désir de Votre Majesté.
J'ai l'honneur d'être avec le plus profond respect, Sire, de Votre Majesté, le très-humble et très-ohéissant serviteur et sujet.
Le Uaiie de Suiimur, ilépulé au Corp$ Ligùlutif, ï.niIVFT