‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 28 sur 130 · MINISTÈRE DE LA MAI905 DE L'EMPEREUR ET DES BEAUX-ARTS · texte numérisé non relu

MINISTÈRE DE LA MAI905 DE L'EMPEREUR ET DES BEAUX-ARTS

Cabinet du ministre,

Pakis des Tniht'ics, te janvier ISCl.

Reçu de M. Thélin deux mille 'fi-mtcs, montant d'une année de la pension que S. M. l'Empereur veut bien accorder à M. Wyse (Napoléon-Lucien), aspirant de marine à bord de l'Amphiou. Dont quittance.

A Pari», ie 3 janvier iSCi.

Maréchal Vaillant.

2,000 francs.

Pièce corrptalU de la cassette de tCmpereiÊr.

Rapports de la presse avec le gouvernement.

La noie qui suit, non signée, et relative au journal le Pays, est évidemment de l'écriture de M. Granicr de Cassagnac. On a vu, dans un tableau reproduit ci-dessus (p. il,), que M. Grauier de Cassagnac touchait des sommes considérables sur la cassette impériale.

Note pour M. Conti.

Prière de dire à l'Empereur :

1° Qu'un mot séricusemenl dit à M. de Lacharrière, gérant des journaui réunis, le déterminerait à faire vendre le Pays dans plusieurs kiosques du boulevard, où il est vainement demandé tous les soirs;

2° Qu'une somme de 750 francs par mois pendant la session, 5,000 francs en tout, me permettrait de donner, en supplément, les débats législatifs, qui me prennent toute la place ; et qu'allégé de ces débats, le Pays pourrait avoir plus de rédaction et être plus utile.

Le Ministère de l'intérieur pourrait me donner ce petit supplément.

Je prends COO francs par mois sur ma rédaction pour envoyer le Pays aux prp''ets et sous-préfcls.

xxvn.

Affaires du Mexique. — Lettre de Maxîmîlien à- Napoléon.

Le nouvel empereur du Mexique remercie Napoléon de la protection accordée, et il regarde l'envoi du conseiller d'État M. Langlais comme une chance de salut. La situation est déjà dilEcile ; Maximilien est inquiet; cepeudaut la lettre parait conGaute.

Monsieur mon Frère,

C'est avec un vif plaisir et un sentiment de véritable reconnaissance que je viens de recevoir, par l'entremise de M. Langlais, l'aimable lettre de Votre Majesté, du 29 août. Les bons conseils de sincère ami que Votre Majesté me donne avec cette lucidité si remarquable qui la caractérise sont toujours pour moi du plus grand prix ; ils émanent du plus grand souverain de notre siècle , qui est certes le meilleur juge dans des questions aussi difficiles que celles qui nous préoccupent au Mexique. Du moment que Votre Majesté a confiance en M. Langlais, ce digne homme d'État peut être sûr de la mienne; son concours est pour moi plus que nécessaire, puisque la plus grande difficulté d'une position est le manque complet d'instruments utiles.

M. Langlais, comme ministre des finances, aura l'occasion de faire connaître à Votre Majesté la situation actuelle; elle est difficile, mais pas désespérée. Ce n'est que la guerre qui dévore les ressources; les autres branches de l'administration coûtent moins que dans tout autre pays, Dans les dépenses

de la guerre, ce sont ces malheureuses troupes auxiliaires, que le maréchal croit absolument nécessaires, qui coûtent des sommes exorbitantes et qui servent, d'après mon jugement, à fort peu de chose. Dans les autres parties de l'administration, il règne presque de la parcimonie. Le changement qui s'est effectué dans mon ministère vous montrera qu'on cherche l'harmonie la plus complète et des hommes probes et utiles,

M. Dano aura écrit à son ministre que l'affaire des réclamations est définitivement arrangée sur des bases que la reconnaissance du Mexique envers la , France nous a dictées.

M. Dano et le maréchal auront également informé le Gouvernement de Votre Majesté de la grande circonspection qu'on met ici dans toutes les questions délicates relatives à ms voisins. Les nouvelles que nous avon^ de Washington sont du reste rassurantes, et Famitié sincère de Votre Miijesté me donne cette ferme confiance dans l'avenir, qui, seule, rend possible une tâche si difficile.

Dans les derniers jours, tous nos travaux d'organisation politique, administrative et judiciaire, basés sur le statut du 10 avril, ont été terminés et paraîtront ces jours-ci en plusieurs \olnmes.

J'espère pouvoir envoyer ce travail à Votre Majesté avec le prochain courrier français. J'ai renoncé à mon voyage à Yucatan, où l'Impératrice ira seule, pour pouvoir me mettre assidûment au travail avec M. Langiais, qui a déjà gagné toutes mes sympathies. Le maréchal vous aura envoyé la loi draconienne que j'ai dû donner contre les guérilleros; le résultat de cette loi sera favorable.

On aurait àijh pu en finir depuis longtemps avec ce Iléau du pays, si les troupes n'avaient manqué.

Je prie Votre Majesté de me rappeler au bon souvenir de l'Impératrice et de croire aux sentiments de haute estime et de sincère amitié avec lesquels je suis,

De Votre Majesté, le bon fière,

Maximilien.

ChaDuUepcc, le 20 octobre 1SC5.

Derrière heure,

P.-S.-— J'apprends à l'instant que M. Langiais ne croit pas pouvoir accepter le portefeuille des finances avant d'en avoir référé directement à Votre Majesté. Les motifs qu'il m'allègue pour décliner pour le moment la direction officielle que je lui avais donnée me semblent d'une nature si délicate, que je crois devoir prier Votre Majesté de bien vouloir être l'arbitre dans l'enquête scrupuleuse des dépenses faites depuis que je me trouve à la tête du gouvernement. Les rapports que M. Langiais adressera successivement à Votre Majesté démontreront la justesse de ma demande,

XXYIII.

Conseil de régence constitué en prévision de la mort de l'Enipereur.

Quoique le litre de notre publication ne parle que des papiers saisis aux Tuileries, nous ne croyons pas devoir nous abstenir de donner place exceptionnellement à des documents provenant d'une autre source, lorsqu'ils sont intéressants.

La pièce suivante a été saisie che* M. llouher, président du Sénat. L'enveloppe qui la contenait portait, en écriture pénible et peu lisible, cette suscriplion de la main de Tex-cmpereur : Lettres patentes nommant le Conseil de régence.

Ce document, enfermé dans un second pli plus grand et cacheté soigneusement, avait été remis aux mains du Trésident du Sénat, le 7 octobre 18G9, époque où Napoléon fut tncs-éprouvé par la maladie.

Lettres patentes.

Voulant user du droit qui nous est conféré par le sénatus-consulte du 17 juillet 1856 concernant la régence de l'Empire, nous nommons par ces présentes les membres du Conseil de régence,

1° Pour le cas où l'Impératrice serait appelée à exercer la régence;

2" Pour le cas où, à défaut de l'impératrice, la régence serait dévolue au prince Napoléon (Jérôme).

Dans le premier cas, c'est-à-dire celui où l'Impératrice serait régente, le Conseil de régence sera composé de huit membres, et nous nommons pour en faire partie :

1" S. A. I. le Prince Napoléon; 2°M. Rouher, président du Sénat; Z" le Premier Président de la Cour de cassation qui sera en fonctions au moment de la régence; i" le Ministre de la guerre en fonctions à celte époque; 5° l'amiral Piigault de Genouilly; 6° le due de Persigny; 7° l'archevôque de Paris; 8» le marquis de Lavalelte.

Dans le second cas, celui où le prince Napoléon (Jérôme) serait régent, le Conseil de régence sera composé de dix membres, et nous nommons pour en faire partie :

1» M. Rouher, Président du Sénat ; 2* le Premier Président de la Cour de cassation en exercice; 5» M. le duc de Persigny; 4" l'Archevêque de Paris; 5' le marquis de Lavalette ; G° le Minisire de la guerre en fonctions à celte époque; 7" l'amiral Rigault de Genouilly; 8» M. Jérôme David; 9'* M. Laity; 10° le Commandant de l'armée de Paris en exercice.

Les membres du Conseil privé qui existe aujourd'hui et dont les noms sont omis dans le présent acte ne font pas partie du Conseil de régence.

A défaut de la régence de l'Impératrice, la garde du Prince Impérial ou, pour jnicuxdire, de l'Empereur mineur (1), est conliée à M. le général Frossard.

1 ait^u Palais de Saint-Cloud, le 7 octobre 18G9.

Napoléon.

I Lps mots en iuliqaet eoot ajouté* entre les deux fignei. Comme le reite du maDaierk, ili seul de la main

t» Naj uléuii.

Le Sénat et M . Emile Ollivier.

On a trouvé au Ministère de la Justice les minutes de dix-huit décrets nommant autant de sénateurs. Tous ces décrets sont datés de Saint-Cloud, 27 juillet, et signés de l'exempereur et de M. Emile Ollivier. Cette dernière signature manque toutefois au décret relatif à M. Piétri ; mais c'est là un simple oubli, puisque le nom et les considérants sont, dans ce décret comme dans les autres, de la main de M. Ollivier.

Voici, comme modèle, le texte intégral de l'un de ces décrets :

Napoléon, par la grâce de Dieu et la volonté nationale. Empereur des Français,

A tous présents et à venir, salut.

Sur le rapport de notre Garde des sceaux, Minist?e de la Justice et des Cultes ;

Vu l'article 24 de la Constitution : .\

Considérant les services que M. Emile de Girardin a rendus comme plubisciîe (\) (sic).

Avons décrété et décrétons ce qui suit :

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