C. — Commandeurs
Le nombre des officiers de la Légion d'honneur au Sénat est de neuf.
Les trois sénateurs les plus anciens en grade sont :
M. le comte Monier de la Sizeranne, officier depuis le 18 décembre 1855 ;
M. le duc de Tarente, officier depuis le IG juin 1856 ;
M. de Gricourt, dont la nomination remonte au 5 janvier 1858.
M. Monier de la Sizeranne est celui qui, par sa longue carrière politique, a le plus de titres à une promotion au grade de commandeur.
M. le duc de Tarente a été nommé sénateur à une date trop récente. S'il avait des litres actuels à un avancement dans la Légion, ce ne pourrait être que comme chambellan.
M. de Gricourt se recommande par son dévouement absolu à l'Empereur,
(4) M. Rouher semble ignoror ici que Tarrèt de la cour d'appel qui décharge M. de Saint-Arnaud ett atta. que devant la eour de catwtion par un pourvoi qui n'est pas encore jugi.
qui remonte à des années bien antérieures au rétablissement de l'Empire, occupe une bonne position au Sénat,
Signé : Rouher.
D. — O/firicrs.
Deux si'naleurs seulement, M. le prince de Wagram et M. de Monljoyeux, sont clievaliers de la Légion d'honneur.
La candidature du prince de Wagram est écartée depuis longtemps par des circonstances inutiles à rappeler ici. Le prince ne prend d'ailleurs aucune pari aux délibérations du Sénat; il n'a même pas paru îi cette assemblée dans les circonstances solennelles qui ont marqué la fin de la session.
M. de Montoyeux est cbevalier depuis 18G(). Par son âge, son dévouement et ses lumières, il a droit à une promotion au grade d'olRoier.
Signé : Rouher.
Fortune mobilière de l'Empereur à l'étranger.
Depuis 1852 jusqu'en 1866, et probablement jusqu'à la fin de son règne, Napoléon III a eu un compte ouvert chez Baring frères, banquiers à Londres. Les notes annuelles qui établissent la balance de ce compte n'offrent rien de bien remarquable : un assez grand nombre de mandats de Mmes Walewska et de Cadore, diverses fournitures, des dépenses en somme modérées. Toutefois, la note du 31 décembre 1852 porte la trace évidente du coup d'État; elle porte au crédit impérial une somme de 767 livres sterling, reste de 36,370 livres 16 schillings. Mais le document vraiment précieux fourni par le dossier Baring est cette note, laissée par mégarde sans doute dans le compte de décembre 18G6. Elle est libellée en anglais.
Russian 5°/, (1822) 50,000 £
Russian ^%. . . 50,000
Russian 5 »/o 50,000
Turcos 6°/o(18y8) 100,000
Peruvian 4 i/a (old) 80,000
Peruvian 4 1/2 (new) 52,000
Canada 6% S0,000
Brazilian 41/20/0 50,000
Egyptian 1 % 50,000
American 8 •/» 100,000
Mississipi 6 »/o ........... 25,000
Diamonds 200,000
Uniforms 16.000
873,000 Beaujon 60,000
Total 935,000 £
Tout n'est pas expliqué dans cette note.
Que sont ces uniforma, porttis pour 10,000 livres sterling; ? Quant k Reanjon, (60,000 livres^, c'est sans doute le prix de terrains vendus, peul-étre achetés au peintre Gndin. Quoi qu'il en soit, le fait de 25,3'2o,000 francs économisés (sur la liste civile sans doute) et placés en sûreté n'en parait pas moins indiscutable.
En même temps que paraissait cette note, le journal le Siècle publiait une lettre sur la fortune personnelle du ci-devant empereur, signée Max Pol . Ces deux pièces provoquèrent des réclamations de M. Piétri, et de M. Thélin, le premier secrétaire particulier, le second trésorier particulier de Napoléon îll. Ij"Indépe7idancebehje,h qui elles étaient adressées, les accueillit, non sans réserve; elles sont en effet a côté de la question. Toutefois, elles valent la peine d'être reproduites, avec la lettre de' M, Max Pol :
Lettre de M. Max Pol à M. Piétri.
Vous osez dire, monsieur, que votre .Sire n'a pas un centime placé dans les fonds étrangers. — Je vais vous démontrer, par les chiffres, que vous n'êtes pas instruit ou que vous dissimulez la vérité.
I.a position que j'ai occupée à Paris me permet de parler savamment des finances de Louis-Napoléon Bonaparte, et je ne crains pas d'être démenti par son trésorier, M. Thélin, très-honnête homme du reste.
Voici les placements a l'étranger de Louis-Napoléon Bonaparte ;
En 185i chez Baring frères, à Londres 4,000,000
1835 à la Barac/c o/yic^mfl, id ..... ....... 0,000,000
185G chez /u«d/e/ et C«, à Vienne 3,000,000
1860chezJ.-P. J^f.'rer, au Mexique li,000,000
1865 sur l'emprunt tunisien 5,000,000
1864£ur l'emprunt ottoman 5,000,000
1866 à New-York, sur hypothèque par rcutr^inise de Biowu frères. 10,000,000
1867 sur l'emprunt russe par l'entremise de Funder et O, et de
Plitz, banquier, à Saint-Pétersbourg 0,000,000
1869 L'impératrice a acheté en son nom une propriété près de San-
tander, par l'entremise de Don Tnipita, pour 3,000,000
1870 La même a acheté une propriété à Alcoy près Alicanîe pour . . 2,000,000 A Amsterdam, placé chez Berg von Dussen pour achat de divers
titres ........ . , 7,000,000
Total. . . 65,000,000 (Soixante-trois millions !)
C'est à vous, monsieur, de nous dire à présent combien votre maître a placé sur les fonds français. Quant îi moi, je ne connais qu'une inscription de rente au prolit d'une petite dame; mais je n'en ('jvai pas le chifl're ni le nom de la bénéficiaire.
P.ecevez, etc.