‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 36 sur 130 · HO · texte numérisé non relu

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Aujourd'hui la vérification matérielle est impossible, puisque, au moment où M. CoUet-Meygret a quitté la direction générale, tous les dossiers ont été anéantis.

Je dois faire remarquer que M. Saintomer affirme que l'ordre à la suite duquel ont été remises les deux notes relatives à M"»" de Castiglioni», a été donné par M. Giraud; M. Giraud le nie.

Correspondance de Sa Majesté VEmperenr.

L'assertion de M. Giraud, que la correspondance de l'Empereur lui-même n'a pas été respectée, n'est point prouvée. M. Saintomer, M. Jugla, chef de bureau, M.Laurot, M. CoUet-Meygret sont d'accord pour dire que jamais une lettre n'a été vue à la direction générale. M. Giraud suppose que les tentatives ont été sans résultat ; c'est l'esprit de ses notes et de ses déclarations.

Lors de ma dernière entrevue avec lui, il m'a dit dans le cours de la conversation qu'un jour Votre Excellence aurait fait cette réflexion : « Dans tout cela, il n'y a pas de lettres de l'Empereur. »

J'ai fait remarquer à M. Giraud qu'il mêlait pour la première fois le nom de Votre Excellence à ses allégations; qu'il n'avait parlé de cette réflexion ni dans ses notes écrites, ni dans les longues conversations que nous avions eues; que M. Coliet-Meygret avait spontanément déclaré qu'il aurait trahi le ministre et l'Empereur, s'il s'était permis de faire rechercher les lettres de Sa Majesté ; qu'il n'était donc pas possible d'admettre l'exactitude de ce qu'il venait de dire.

A ces observations il a répondu que la réflexion indiquait de la part du ministre plutôt un sentiment de satisfaction qu'un regret.

J'ai insisté en lui faisant remarquer que la satisfaction, comme le regret, aurait supposé une surveillance exercée et continue.

M. Giraud n'a rien dit.

Actions du gaz.

Un autre ordre de faits est signalé par M. Giraud.

D'après ses notes, M. Coliet-Meygret aurait prolilé de la mission qui lui aurait été donnée de négocier avec MM. Pereire, Rothschild etMargueritte l'affaire de l'éclairage au gaz, pour réclamer avec dureté et menaces cinq cents actions .

Enfin, on n'aperçoit pas à quel titre l'exigence de M. Coliet-Meygret se serait manifestée dans une occasion où, de l'aveu de tout le monde, il n'a rien fait et n'a eu aucune influence. ^

J'ai appris que M. Coliet-Meygret était intéressé avec M. Margueritte dans une aiîilire de charbonnage. J'ai dû rechercher si cette afl'aire n'aurait pas servi à déguiser la remise des actions du gaz.

Les renseignements que j'ai reçus sont entièrement rassurants.

Il s'agit d'une société formée pour l'exploitation d'une mine de houille située dans le bassin de Graissessac. L'afi'aire n'est point, suivant l'expression usitée, lancée; les actions ne sont point cotées à la Bourse. L'acte a été reçu

par M» Dufour, notaire ; les actionnaires sont M. Margueritte père, M. Mtrguerittefils, le beau-père de ce dernier, M. Moreau (de l'Aube), M. Lévy,juge au tribunal de commerce, tous hommes honorables, éclairés, qui ne seraient ni faciles à tromper, ni disposés à se prêter à une fraude.

Journal La Vérité.

L'acquisition du journal la Vérité a été faite par M. Collet-Meygret, sous le nom de M. Bordot, au mois de juillet 1856.

Elle a eu lieu moyennant 120,000 fr. payés comptant.

M. Mirés est intéressé dans l'affaire.

Peu de temps après l'acquisition, l'autorisation de vendre le journal sur la voie publique fut accordée au gérant.

Ce journal a enfin été revendu, le 25 février 1857, à M. Prost, moyennant 245,000 francs.

Il a depuis cette époque été rédigé dans un esprit hostile au gouvernement .

M. Giraud supposait que M. Collet-Meygret nierait son concours dans l'opération et qu'il chercherait à faire considérer M. Bçrdot comme le véritable propriétaire.

M. Collet n'est point entré dans cette voie ; il a du premier mot et trèsnettement reconnu que l'acquisition avait été faite pour son compte.

Ainsi, il est constant qu'il a acheté un journal politique, sous le nom d'un tiers, ayant la presse dans ses attributions.

Quelle a été son intention?

Il affirme qu'il n'a point songé à faire une spéculation, ni à acquérir une influence politique personnelle; qu'il a voulu empêcher que le journal ne tombât entre les mains de M- Emile de Girardin; qu'il a cru qu'il serait utile au Gouvernement de le publier, comme journal du soir, à très-bas prix.

Il prétend que la différence considérable qui existe entre le prix d'acquisition et le prix de la revente est absorbée par les dépenses considérables qui ont été faites pour la publication d'un journal n'ayant que 5,000 abonnés, et sans annonces, par les indemnités auxquelles ont droit le gérant et les employés, et enfin par les honoraires dus à M Dufour, notaire.

M. Bordot, gérant, m'a remis, à l'appui de cette assertion, un registre, des comptes, quelques pièces et une note.

M. Collet-Meygret a ajouté que des membres du Corps législatif, notamment MM. Dalloz et Murât, dont il croyait pouvoir obtenir la patronage, ne le lui ont pas accordé ; que la concurrence qu'aurait faite à la Patrie un journal du soir à bas prix a été un obstacle à l'exécution du projet qu'il avait conçu ;

Qu'il n'avait point entendu conserver pour lui l'acquisition qu'il avait faite, qu'il a d'abord essayé de constituer une société pour l'exploitation du journal ; qu'il a ensuite engagé une négociation avec M. Millaud, pour le lui vendre, que rien o'a réussi ; que notamment Votre Excellence n'a pas voulu permettre que la vente fût faite à M. Millaud, parce qu'une partie du prix consistait en une part d'intérêt dans le nouveau journal et qu'ainsi la position équi-

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tocfue serait maintenue ; qu'enfin il s'est hâté de céder le journal à M. Prost, son camarade de collège.

Que, si l'autorisation de vendre le journal sur la voie publique a été accordée, c'est parce que la demande formée par M. l'abbé Migne, avant la vente, n'avait rencontré ajcune opposition de la part de M. le Piélet de police, fct aurait été accordée à tout propriétaire du journal.

Que, bil a été ensuite rédigé dans un mauvais esprit, on ne peut l'imputer à M. Prost; que c'est M. Félix Mornand, rédacteur principal, qui lui a donné cette couleur ; que M. Prost, usant du droit qu'il s'était réservé, a éloi.:Tné M. Mornand et a fait rentrer leCourrierde Paris dans un ordre d'idées moins hostiles.

On ne peut admettre que la seule pensée d'empêcher le journal la Vérité de tomber dans des mains ennemies et le désir de créer un nouvel organe de publicité favorable au gouvernement aient engagé M. Collet-Meygret à exposer une partie importante de sa fortune; mais il serait injuste d'affirmer que ces sentiments ont été complètement étrangers à sa détermination ; peut-être n'ont-ils pas été sans quelque influence sur une résolution qui a été principalement inspirée par l'espérance d'acquérir de la puissance politique et de faire en même temps une spéculation avantageuse.

Les livres et les comptes produits par M. Bordot prouvent que les dépenses faites ou à faire diminuent considérablement la somme de 425,000 francs, qui forme la différence entre le prix de l'achat et celui de la vente ; mais il n'est point établi, que cette somme soit entièrement absorbée. D'ailleurs, le fût-elle réellement, il faudrait en conclure que la spéculation n'a pas réussi et non que la spéculation n'a pas eu lieu.

Le fait ainsi présenté n'est pas établi; il est même certainement faux.

M. Pereire, qui n'est point animé de dispositions trop favorables pour M. Collet-Meygret, rend compte d'une entrevue qu'il a eue avec lui dans les bureaux du Crédit mobilier, le jour où le Conseil des ministres, réuni à la chancellerie, délibérait non sur l'affaire du gaz, mais sur le projet d'émission d'obligations du Crédit mobilier. Dans cette occasion, M. Collet-Meygret n'a rien demandé; M. Pereire n'a rien eu à refuser. Seulement celui-ci, s'expliquant avec une extrême réserve, avec une répugnance marquée, fait entendre que la visite de M. Collet-.Meygret avait un but intéressé.

Pressé par une question, soit dans une première, soit dans une seconde entrevue, M. Pereire, s'en référant à ce qu'il aurait dit à l'Empereur, a laissé entrevoir que plus tard M. Margueritte a remisa M. Collet-Meygret, non pas 500, mais 200 actions de la Compagnie du gaz.

Ces actions ont-elles été efîeciivement remises soit à titre de don, soit au pair avec le bénéfice d'une prime?

C'est ce que j"ai essayé d'éclaircir, en appelant M. Margueritte fils, que je supposais instruit des affaires de son père, aujourd'hui décédé.

M. Pereire, à qui j'ai dit mon intention, m'en a détourné ; il m'a prévenu que M. Margueritte fils était étranger à ce que son père avait cru devoir faire.

J'ai persisté. M. Margueritte s'est rendu à mon invitation. Il m'a déclaré qu'il était initié à toutes les négociations auxquelles l'affaire du gaz avait

donné lieu, et il l'a prouvé par l'exposé qu'il m'en a fait, et qui est en harmonie avec celui de M. Pereire. Il a reconnu que des actions ont été données pour obtenir certaines influences que l'on croyait utiles, même auprès de personnes qui approclient de l'Empereur, en ajoutant toutefois que peut-être les intermédiaires qu'on avait employés avaient fait naître des espérances qui ne s'étaient pas réalisées. Il a refusé, sur la demande pressante que je lui ai adressée, de donner des explications plus précises et plus complètes. Mais il a déclaré qu'il ne savait pas, qu'il ne croyait pas que M. CoUet-Meygret eût reçu des actions. Il m'a dit qu'il ne comprendrait même pas pourquoi on lui en aurait donné, puisqu'il n'avait évidemment aucune influence à exercer, et que personne ne pouvait supposer qu'il en eût dans cette affaire.

Une autre personne que j'ai entendue, M Auguste Chevalier, m'a déclaré, en manifestant le regret qu'il avait d'être appelé dans l'enquête, qu'il avait été témoin de l'indignation de M. Pereire, le lendemain du jour où M. Collet- Meygret lui avait demandé les actions.

Il ya évidemment confusion. M Pereire a pu parler du but qu'il a supposé que M. Collet-Meygret se proposait dans sa démarche, mais non d'une demande qui n'a jamais été faite.

Ainsi d'e.xigence formelle, présentée avec dureté et menaces, il n'y en a pas eu.

Sur la remise faite en secret, postérieurement, par M. Margueritte père, d'un certain nombre d'actions, à M. Collet-Meygret, il y a du doute.

D'une part, les déclarations de M. Pereire, quelque ménagement qu'il y mette,' sont d'un grand poids. Celles qu'il a faites à l'Empereur ont vraisemblablement été plus explicites. Comment supposer de la part d'un homme comme M. Pereire une allégation calomnieuse?

D'un autre côté, M. Margueritte fils est très-positif, et, malgré ses relations avec M. Collet-Meygret, sa déclaration a de l'autorité.

Ce qui est dit de l'autorisation de vendre sur la voie publique est exact.

L'esprit dans lequel a été rédigé Le Courrier de Paris depuis qu'il est la propriété de M. Prost ne peut être reproché à M. Collet-Meygret. Quand il a vendu, il était pressé par sa situation financière, parles ordres mêmes de Votre Excellence ; il s'est empressé d'accepter l'oflFre qui lui était faite, sans s'occuper de ce que deviendrait le journal dans les mains auxquelles il allait être livré. Cependant rien ne devrait faire supposer qu'il y eût là un véritable danger.

Le Figaro. — Af-^ Berdalle.

Sur le reproche adressé à M. Collet-Meygret d'avoir usé de ménagements extrêmes envers Le Figaro, afin de le rendre favorable à M"* Berdalle de la Pommeraye, il a répondu que Le Figaro avait loué M"* Berdalle quand elle était au Conservatoire et qu'il ne la connaissait pas; que plus tard, quand elle a débiUé à l'Opéra, Le Figaro l'a vivement attaquée.

Au surplus, il paraît que c'est M»"* Billault qui s'était intéressée à M"'' Ber-

(lajle, qu'elle connaissait comme une jeune personne très-honnôte ef digne d'encouragement.

Brochure Daijet.

M. CoIIet-Meygret n'est point nommé dans la brochure de M. Dayet ; mais cet écrit dénonce le fait de la suppression arbitraire du journal La Liberté, publié à i^ille par M. Dayet dans un excellent esprit politique, et qui avait une valeur de 500,000 francs.

La brochure ajoute que cet acte de spoliation a été consommé pour en faire profiter un protégé très-peu lettré du bureau de la Presse, qui s'assurait ainsi 15,000 francs de rentes; que l'administration avait si peu à se plaindre de M. Dayet, qu'il avait été conservé comme rédacteur par le gérant du nouveau journal fondé pour remplacer La Liberté.

La responsabilité de ces faits, s'ils étaient vrais, retomberait nécessairement sur M. Collet-Meygret.

Pour la repousser, il répond :

Que le journal de M. Dayet était rédigé dans le sens de l'opinion légitimiste et religieuse ; qu'il était placé sous le patronage de M. Kolb-Bernard, chef avoué du parti catholique dans le Nord ;

Que le Préfet et le Procureur impérial attachaient une grande importance à la suppression de ce journal;

Que sa suppression n'a pas été prononcée en vertu du pouvoir discrétionnaire confié à l'administration ; qu'elle a été la conséquence forcée de l'article 32 du décret du 17 février 1852, après deux condamnations ;

Que le Préfet a demandé au directeur général son concours pour la fondation d'un nouveau journal ;

Que M. Lardin père, qui avait été gérant d'un journal à Lyon, qui était connu du Préfet, fut envoyé à Lille ;

Qu'il a traité M. Dayet avec toute sorte d'égards, qu'il lui a payé une indemnité de 20,000 francs, et qu'il l'a conservé comme rédacteur aux appointements de 4,000 francs;

Que M. Dayet, plusieurs fois condamné pour faits de violence, n'est pas un homme recommandable ;

Qu'il a perdu sa position au journal, sur la demande du Préfet ;

Qu'enfin la brochure qu'il a publiée à été une machine électorale, dans l'intérêt de M. Brame, candidat de l'opposition , qu'elle a été payée par celui-ci 500 francs.

M. Collet-Meygret a produit quelques lettres de M. Besson, préfet du Nord; elles justifient (notamment celle du 10 février 1854) ce qui a été dit sur les causes et lescirconstances de la suppression du journal.

Tous les autres faits ne sont pas également établis ; mais la suppression, qui est la base de l'accusation, ne pouvaui être sérieusement iiicriminéc, la responsabilité de M. Collet-Meygret ne me paraîtrait point engagée, si, dans les déclarations qu'il m'a faites, il ne m'avait dit que M. Lardin n'avait poini de ressources financières. J'ai dû alors m'enquérkr ^s moyens qu'il avait

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employés pour faire face aux frais de rexploitation d'un journal et pour payer des indemnités à M. Dayet et à d'autres. M. Coliet-Meygrel m'a répondu qu'il avait fait prêter à M. Lardin des sommes assez importantes, qu'il s'était personnellement rendu garant du remboursement, et qut', selon toute apparence, il serait obligé de payer 55 ou 40,000 francs qui restent encore dus.

Cette révélation fait naître des doutes sur le motif qui a porté M. Collet- Meygret à agir comme il a agi. A-t-il poussé le zèle et le désintéressement jusqu'à hasarder ses fonds ou son crédit dans l'intérêt public? A-t-il, au contraire, été mû par des vues d'ambition ou de spéculation?

Telle est la question, qui ne semble pas pouvoir être résolue dans un sens favorable à M. CoUet-Meygret.

Récriminations de M. Collet-Meygret.

Pour présenter l'ensemble des considérations qui peuvent atténuer, d'une part, le caractère des faits imputés à iM. Collet-Meygret et, d'un autre côté, la confiance qui est due aux allégations de M. Giraud, je ne crois pas pouvoir me dispenser de dire quelques mots des récriminations du premier et des réponses du second.

M. Collet-Meygret rappelle que M. Giraud lui a dû sa position ; qu'il lui a témoigné pendant longtemps la plus vive affectioi) ; qu'il est coupable envers lui d'ingratitude; qu'il a été éloigné du ministère parce qu'il avait manqué à ses devoirs; qu'après sa sortie il a révélé des faits dont il avait acquis la connaissance dans l'exercice de ses fonctions ; qu'il a dénoncé des actes auxquels il a concouru ; que notamment il a pris une part active à la rédaction du journal La Vérité; qu'il s'y est intéressé pour une somme importante; qu'il a voulu ensuite retirer ses fonds; qu'il les a retirés en effet, ainsi que le prouve une quittance de 4,000 francs, émanée de lui, pour solde.

M. Giraud répond qu'il a été l'ami et l'obligé de M. Collet-Meygret, mais que, sacrifié par lui, il a usé de représailles; que, s'il a concouru à des actes qu'il blâme, il n'a fait qu'obéir aux ordres de son supérieur ; qu'en parlant de la remise des actions du gaz, il a seulement répété ce que la rumeur publique avait déjà révélé; qu'il a voulu surtout écarter de lui les soupçons de corruption qu'il savait exister contre tout le personnel de la Direction de la sûreté publique;

Qu'il avait donné au journal La Vérité des renseignements qu'on donnait à tons les autres journaux ; qu'il ne s'est point intéressé à l'entreprise, qu'il a seulement prêté de l'argent qu'on lui a rendu à grand'peine.

Qu'il n'a point dévoilé les secrets de l'administration ; qu'il a même refusé de les faire connaître à M. le comte de Persigny; que c'est seulement à l'Empereur et sur son ordre qu'il a dit ce qu'il savait.

Ces débats n'ont qu'un intérêt secondaire, mais je n'ai pas cru devoir les passer sous silence.

L'Empereur, dans sa haute sagesse, appréciera quelle influence ils peuvent avoir sur les faits qui ont été l'objet de mes investigations.

J'aurais désiré, Monsieur le Ministre, parvenir à éclaircir complètement tout ce qui reste encore douteux. Je me suis demandé si, pour y parvenir, je devais faire de nouveaux efiforts et, par exemple, appeler devant moi les agents subalternes, les facteurs, les concierges qui sont désignés par M. Giraud. Après mûre réflexion, je n'ai pas cru devoir recourir à ce moyen ; c'eiît été faire perdre à l'enquête le caractère confidentiel qu'elle devait conserver; d'ailleurs, auprès des personnes d'une certaine condition, le magistrat armé d'une autorité menaçante peut seul avoir quelque influence; enfin, si l'on examine la mission qui est donnée aux agents subalternes, on reste profondément convaincu que leurs dépositions n'auraient point fait découvrir la vérité. Leurs déclarations n'auraient point révélé des secrets auxquels il ne sont pas initiés.

Je vous transmets donc le résumé de mes investigations, en regrettant que sur quelques points elles n'aient pas été plus utiles.

Je prie Votre Excellence d'agréer l'hommage de mon profond respect.

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