‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 56 sur 130 · LXXVI · texte numérisé non relu

LXXVI

Los États-Unis jugés par un diplomate du second Empire.

Washington, le 98 juin 18o7.

Cher Monsieur (1),

J'ai un prétexte et une raison pour vous écrire : le prétexte, une réponse à une lettre de recommandation quelconque au bas de laquelle vous avez mis votre signature ; la raison, un service à vous demander, le cas de le rendre se présentant.

L'Empereur a dit h M""^ de Sartiges, qui me l'a incontinent r:' Hé, qu'il ne Rous laisserait pas aux États-Unis. Ce sont ces bonnes parole* qu'une bouche

H) La l«Hre est adressée k U. CeBAea«.

amie aurait à invoquer aujourd'hui à noire intention. Le comte de Morny revient(l); un travail se prépare au département; je demande à y êtte compris pour une simple mutation de poste. Tout m'est bon : l'Espagne, la Belgique, le Piémont, la Hollande. Je sais le département terriblement assiégé par de jeunes concurrents qui assurent que les États-Unis sont bien bons pour fes anciens de la carrière, des vieux de 1809 ; mais j'ai pour moi les dieux et ne crains les mortels que parce que je suis loin de l'Olympe! J'écris au comte Walewski tout comme je vous écris, et je le prie de mettre mon nom sous les yeux de l'Empereur. S'il le fait ou si on le fait, je suis parfaitement certain que l'Empereur me trouvera une autre garnison que celle de Washington. Sij: années d'étude sur la liberté, dans ce pays où la loi protège le coquin et où l'honnête homme a à se protéger lui-même, suftisent à mon éducation politique; envoyez ici, à ma place, quelqu'homme d'État attardé, pour lui faire commencei' la sienne.

Quand vous verrez M"® Saulnier, faites-lui, je vous prie, mes tendresses, et croyez, cher Monsieur, que vous puissiez ou non rencontrer l'occasion de m'être wlile, qiie je suis et que je resterai parfaitement votre obligé et votre tout dévoué.

SARTrr.Ks.

P. S, Voulez vous me mettre aux pieds de M-'^ Conneaii ?

La commission de censure des ouvrages draoïatiquos, qui vient d'être supprimée par le minisire de l'instruction publique, a laissé au ministère des lettres, sciences et beauxarts, un volumineux dossier dont la publication remplirait plusieurs livraisons. Nous avons choisi, dans le nombre, quelques rapports qui donnent la mesure des restrictions imposées aux auteurs par la censure, et auxquelles n'ont échappé ni AI. Alexandre Dumas liis, ni même Alfred de Musset.

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