‹ Papiers secrets et correspondance du second EmpireChapitre 69 sur 130 · Acte · texte numérisé non relu

Acte

A° Dans l'acte du couvent, dont le fond a été admis par Son Exccllonct-, nous pensons qu'il y a lieu de supprimer le mot de couvent, quand il est trop souvent répété, le mot de sœur trop prodigué, et toutes les épigrammes qui jetlent du ridicule sur les religieuses.

^t; Xu:eui-:M. L«an Go^iaD.

La maison de Fontevrault doit être plutôt une maison d'asile pour les filles nobles qu'un couvent véritable.

5* Une jeune femme, qui en ce moment gouverne la France, quoiqu'il y ait en France deux Bourbons, l'un assis sur le velours du trône, Vautre debout sur les marches du trône. ^

6" Le mot de courtisane appliqué à M"« de Prie.

7** Et le dernier mot de l'ouvrage mis dans la bouche de M°* de Prie : Enfin fai fait une reine, je vais régner.

Ce mot, qui avait attiré l'attention de M. le Ministre, a le double inconvénfent de résumer la pièce d'une manière inexacte et d'exagérer la portée du rôle de M'"« de Prfe, en présentant une pareille femme comme disposant de la couronne deïFrawce. ,

4 mai 1855.

L'auteur du Gâteau des Reines, après cinq conférences avec la commission, a enfin opéré toutes4es-suppressions et modifications de détail qui lui avaient été demandées, et auxquelles il s'était refusé jusqu'au dernier moment.

Les inconvénients inhérents au sujet ont été considérablement atténués par toutes ces modifications successives, qui devront être complétées par la mise en scène.

Dans cette position et la donnée de la pièce ayant été admise dès l'origine par Son Excellence, nous n'avons plus qu'à proposer l'autorisation.

LA PIERRE DE TOUCHE (1), Comédie en S aclee, en proM.

Paris, le 49 décembre 1853

Tels so;i!, PU icsuîué, l'impression et l'effet qui nous paraissent devoir résulter de la représentation de cette pièce, surtout après le soin que nous avons mis à faire disparaître ou à modifier certaines formules, telles que : La société est mal faite ; lé riche, dans les desseins de Dieu, n'est que le trésorier du pauvre, et quelques mots comme : l'insolence des riches; la protestation du déshérité ; Dieu n'est pas juste, etc., etc., qui, par leur application, auraient pu éveiller les susceptibililés d'une partie des spectateurs.

En conséquence, nous proposons l'autorisation, moyennant leschaiigemenls opérés sur Jes manuscrits.

THEATRE DES JEUiNES ÉLÈVES.

LKS DEUX DÎNERS,

Vaudoville en 1 acte.

turis, le 10 mai iKoS

Le vieux Vincent et sa fille Pauline sont menacés, par leur propriétaire, de

I Auteur : M. Emile \ugier.

la saisie de leurs meubles t '. d'être inis à là rue, faute de dix francs pour compléter leur terme.

Nous avons fait remplacer le propriétaire par un usurier, et, moyennait cette modilication opérée sur les manuscrits, nous proposons l'autorisation.

COMÉDIE-FRANÇAISE

LES JEUNES GENS (1), Comédie en 3 actes, en prose.

Paris, le 26 septembre 1834

Nous avons déjà plusieurs fois signalé de quelle portée sont pour les théâtres secondaires, cest-à-dire pour l'ensemble de la littérature dramatique, les ouvrages représentés sur le Théâtre-Français. Nous ne pouvons que rappeler nos instantes observations à ce sujet. Comment, par exemple, nous sera-t-il possible de nous opposer à l'invasion de l'argot sur les théâtres de vaudeville, si la Comédie-Française admet un jargon analogue?

Il nous paraît donc indispensable que l'autour nioditie sa pièce dans le sens que nous indiquons. A cette condition seulement nous pouvons proposer que la représentation en soit autorisée.

Paris, le 30 septembre 4SSi,

L'.iuleur s'est rendu aux obsei'vations énoncées dans le rapport ci-dessus, il a opéré de nombreuses modifications dans le rôle de Francisque, et fait disparaître du dialogue de ce personnage le ton qui nous avait paru inconvenant vis-à-vis de son père, et les locutions qui rappelaient trop les habitudes des scènes secondaires. Nous pensons que cette pièce, dans son état actuel, peut être représentée sur la scène du Théâtre-Français.

En conséquence, nous en proposons l'autorisation.

Lxxvm.

Lettre de M. Rouher à L'Empereur.

H conseille énergiquement de revenir au régime de 1852.

Ccrcey, le 27 septembre 1867 SiRE,

On a pendant si longtemps entretenu les classes populaires de fausses croyances en économie politique, qu'il ne faut pas trop s'étonner qu'après quatfe années seulement l'ignorance soit encore profonde sur les conditions

(4) Auteur : M. Léon Laya.

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d'oscillation des prix de la marchandise. Aussi bien, le commerce ae la boulangerie est placé sous un régime bâtard qui entretient dans les rangs secondaires de l'administration et parmi les boulangers des divergences ou des incertitudes tout à fait nuisibles au développement de la libre concurrence.

Pendant que les uns s'efforcent de dégager le gouvernement de toute responsabilité dans les crises alimentaires, en invoquant le principe du libre commerce, les autres cherchent à engager cette responsabilité sous toutes les formes : par la réglementation de la profession de boulanger, par la taxe, par les approvisionnements de réserve, par le système grandiose, mais décevant, de la compensation. Je ne veux pas nier que quelques-unes de ces mesures aient eu une vérité relative, alors que le commerce international n'était pas fondé et que même les communications de province à province étaient imparfaitement établies ; mais Votre Majesté fait luire la vérité d'un mol en constatant que la liberté du commerce du pain existe partout dans le monde.

Je me hâte d'ajouter, Sire, qu'en constatant ces anomalies dans le sein des administrations, je ne fais aucune allusion à M. le Préfet de la Seine; au contraire. Dans l'entretien que j'ai eu avec lui sur ce sujet, je l'ai trouvé parfaitement courtois, et peu disposé à rentrer, sans nécessité impérieuse, dans les anciens errements administratifs. Je serais plutôt enclin à croire que le préfet de police s'exagère un peu l'émotion populaire dans les faubouigs, et qu'il attache une trop grande importance à des assertions banales d'agents secondaires, d'autant plus que la concurrence des arrivages considérables constatés par la douane s'est déjà vulgarisée, et que tout le monde s'attend à une certaine baisse.

Je ne veux pas conclure, par ces ooservations, a i'inuiilité ae la brochure dont Votre Majesté désire la publication. Au contraire, cette propagation delà vérité me paraît toujours nécessaire et spécialement opportune dans les circonstances actuelles. Dès hier j'ai fait appeler un ancien rédacteur de V Avenir commercial, qui connaît à fond ces matières, qui appartient à la rédaction du Siècle et qui, ainsi, ne paraîtra pas avoir une attache gouvernementale; je le prierai de se livrer immédiatement à ce travail. Au besoin, je confierai une étude analogue à d'autres écrivains; j'ai, dans ce but, rendez-vous avec le préfet de police. Nous devons en même temps causer de cette question délicate d^e dissolution du cercle du Louvre, dont parle le dernier rapport de police.

Mes conversations à Paris roulent volontiers sur le thème traité dans les correspondances adressées à Votre Majesté. Cette confiance de commande manifestée par les opposants, ces découragements trop faciles de la part de nos amis, ne sont pas choses nouvelles. Il semble même que ces crises aient quelque chose d'endémique, et que leur périodicité soit marquée par l'arrièrelaison. L'Empereur na pas perdu le souvenir de ces inquiétudes fatidiques, et cependant dénuées de tout fondement, qui se sont propagées à d'autres époques. Ces symptômes ne me semblent pas plus redoutables aujourd'hui qu'alors. Cependant il est bon de chercher à s'en rendre compte et de trouver un remède au mal, s il y en a. Les préoccupations publiques me paraissent se

résumer dans deux points principaux : la prévision de la guerre, les excès quotidiens de la presse.

Sur le premier point, le débat se concentre dans celte unique question : Lp gouvernement impérial consentira-t-il ou non à l'incorporation imminente des États du Sud dans la Confédération du Nord? Votre Majesté peut-elle dès aujourd'hui, pour ainsi dire a priori, donner à cette question une solution précise et énergique? La prudence et la réserve du langage ne nous sont-elles pas imposées? Mais les intérêts privés et les passions de la polémique ne tiennent aucun compte de ces nécessités gouvernementales et diplomatiques. On demande un oui ou un non bien absolu et bien carré, comme si un gouvernement pouvait proclamer la paix quand même et quels que puissent être les événements ultérieurs ; comme si une déclaration semblable, en excitant les audaces rivales, n'était pas plus propre à conduire à la guerre que toute autre attitude. Quoi qu'il en soit, les appréhensions suivent une proportion géométrique, et la stagnation des aûaires, chaque jour plus accentuée, excite déjà les plaintes vives des centres industriels. Je suppose que Votre Majesté, lassée de cette position équivoque, veuille faire une déclaration explicite. Que dira-t-elle? Réclamera-t-elle la ligne du Mein comme la limite contractuelle de la Confédération du Nord, et la violation de cette limite comme un casus belli? Il est de toute éiridence qu'une pareille déclaration ^.jetterait l'alarme dans tous les intérêts et nous conduirait précipitamment, à travers des incidents diplomatiques très-rapides, à la guerre avec rAlleraagne., Or,. sommesnous prêts? , :-.-;. :' : . ■ •

L'Empereur ferait-il, au contraire, connaître- que l'union des États du'Sud avec ceux du Nord est une question de nationalité à laquelle la France demeure indifférente et étrangère, mais que l'intégrité de l'empire d'Autricheet celle de la Hollande devront être respectées absolument par la Prusse ?'

Celte résignation officielle, véritable provocation.rà l'unité, apaiserait peutêtre momentanément certains esprits; mais n'aurait-elie pas d'autres inconvénients bien graves? 1° Ne serait-elle pas contraire aux idées échangées à Salzbourg? 2° Ne produirait-elle pas dans l'armée, dont nous avons besoin, le plus détestable effet? 5» N'autoriserait-elle pas plus que jamais cette perflde, cruelle et incessante attaque dont tous les journaux opposants sont remplis : « La France est descendue au troisième rang? » Donc la nature des choses nous condamne à une politique d'expectative consacrée à fortifier le courage des gouvernements des États du Sud, à nous organiser militairement, à préparer nos alliances, et 'lestinée à prendre ultérieurement conseil de la situation générale de l'Europe, .soit pour consolider la paix, soit pour engager un duel redoutable avec la Prusse, soit pour prendre résolument autour de nous des compensations nécessaires.

Quant au second point, il est incontestable que le dévergondage de'la pre6^e jette un trouble profond dans les esprits et donne à nos amis un sentiment (le grande insécurité pour l'avenir. Accoutumés aux traditions antérieures, ils réclament l'interveniion delà main modératrice du gouvernement pour arrêter «es polémiques désordonnées qui irritent, déconsidèrent et affaiblis-

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